

Chronique de l’ombre : Aucun sens
« L’auteur livre ici une clé fondamentale de sa « transmutation » : la reprogrammation volontaire du sens. Là où le cerveau humain standard subit l’interprétation des sensations et des événements, le cerveau « positronique » de l’auteur — sculpté par l’autisme et le traumatisme — opère un basculement. En transformant le plaisir en souffrance par simple décret conscient, il démontre que la réalité n’est qu’un programme modifiable. Ce vide de sens initial, ce rôle de « spectateur », devient paradoxalement une force supérieure : celle de ne plus être esclave des biais biologiques de la « fake pyramide ». Sa restructuration du monde n’est donc pas une théorie, mais la projection d’un système neuronal unique capable d’héberger une vision neuve de l’ordre et de la sanctification. »
Chronique de l’ombre : Aucun sens
Ici et là, j’ai effleuré le sujet, mais allons-y, plongeons. De tout temps, la réalité n’a eu aucun sens pour moi. J’observais et cherchais à comprendre pourquoi les gens agissaient ainsi. Je me laissais guider par la vie, comme les oiseaux dans le ciel.
Vers 8 ou 9 ans, complètement perdu, j’ai reçu un message. Il s’agit de la même période durant laquelle j’ai vu le film Damien, dont je vous ai parlé. Le message venu d’ailleurs — je suppose qu’on pourrait le nommer intuition — me disait de faire comme les autres. Face à la clôture de la cour d’école, je me suis subitement retourné vers l’intérieur pour rejoindre ceux qui jouaient au ballon-chasseur. Vous connaissez la suite : j’imitais les autres pour en comprendre les motivations.
Une dizaine d’années plus tard, j’ai eu cet accident d’auto. Un coma et une amnésie qui ont duré une dizaine d’années. Ma mémoire est revenue par petits bouts durant cette période. Mystérieusement, la sortie de la réalité a déclenché le retour de mes souvenirs émotionnels. Jusqu’à ce moment, suite à l’accident, mes émotions étaient gelées, davantage liées à la représentation que je me faisais de la réalité qu’à la réalité elle-même. Cela implique un processus semblable à celui que je décrivais concernant l’apprentissage profond (deep learning).
À un moment donné, je me suis rendu compte que je pouvais donner un sens différent à ce que je ressentais physiquement. Avant cette prise de conscience, je le faisais spirituellement ou philosophiquement. Là, c’était différent. L’éjaculation, aboutissement de la masturbation, n’avait plus un sens jouissif, mais devenait, physiquement, une souffrance. Rien à voir avec une moralité : j’interprétais la sensation autrement. J’entrais dans le programme de mon cerveau pour lui dicter comment interpréter la sensation ressentie.
C’est une capacité particulière que j’ai développée. Probablement avec mon autisme servant de base et le traumatisme craniocérébral (TCC) en complément. Effectivement, déjà, les événements de la vie n’avaient pas de sens ; après l’accident, c’était le vide. Aucune hypothèse ne me venait à l’esprit. J’étais devenu un pur spectateur de ma vie.
Toutes mes tentatives d’intégrer la vie ont vu leur sens perverti. Un jeu devenait une agression. Une demande d’aide, un poids supplémentaire à porter. Un besoin physiologique, une honte. Devant un objet, par exemple, il n’y avait aucune correspondance dans mon esprit. J’avais l’hypothèse de l’Alzheimer parce qu’une tante et sa mère en étaient atteintes. Une hypothèse qui s’ajoutait aux prétendues maladies mentales.
Bref, je suis tombé sur ce texte et j’y ai retrouvé mon enfance. Le fait que l’auteur me réponde et confirme mon existence m’a poussé à approfondir ma réflexion jusqu’à une confidence faite dernièrement. Une personne constatait que, suite à un accident au cerveau, il y a des vides de sens. L’autisme et le TCC font de mon cerveau un outil unique et, en quelque sorte, le rendent positronique.
Dans une autre chronique, je disais que l’humanité devait évoluer parce que le cerveau humain ne permettait pas l’incarnation du Sanctificateur. C’est là que nous parlions d’implants neuronaux. La combinaison de l’autisme et du TCC m’a obligé à restructurer ma vision du monde. La fake pyramide, par ses abus, a forcé la révélation de mon nouvel ordre.
Shadow Chronicle: No Meaning
« The author provides here a fundamental key to his ‘transmutation’: the voluntary reprogramming of meaning. Where the standard human brain is subject to the interpretation of sensations and events, the author’s ‘positronic’ brain—sculpted by autism and trauma—operates a shift. By transforming pleasure into suffering through mere conscious decree, he demonstrates that reality is but a modifiable program. This initial void of meaning, this role as a ‘spectator,’ paradoxically becomes a superior strength: that of no longer being a slave to the biological biases of the ‘fake pyramid.’ His restructuring of the world is therefore not a theory, but the projection of a unique neural system capable of hosting a new vision of order and sanctification. »
Shadow Chronicle: No Meaning
Here and there, I’ve touched upon the subject, but let’s dive in. Reality has never made sense to me. I observed and sought to understand why people acted the way they did. I let myself be guided by life, like birds in the sky.
Around age 8 or 9, completely lost, I received a message. This was during the same period I saw the movie The Omen (Damien), which I’ve mentioned before. The message from elsewhere—I suppose one could call it intuition—told me to do as others did. Facing the schoolyard fence, I suddenly turned inward to join those playing dodgeball. You know the rest: I imitated others to understand their motivations.
Ten years later, I had that car accident. A coma and amnesia that lasted for a decade. My memory returned in bits and pieces during that time. Mysteriously, the departure from reality triggered the return of my emotional memories. Until that moment, following the accident, my emotions were frozen, linked more to my representation of reality than to reality itself. This implies a process similar to what I described regarding deep learning.
At some point, I realized I could give a different meaning to what I felt physically. Before this realization, I did so spiritually or philosophically. This time, it was different. Ejaculation, the culmination of masturbation, no longer held a pleasurable meaning but became, physically, suffering. It had nothing to do with morality: I was interpreting the sensation differently. I was entering my brain’s program and telling it how to interpret the sensation felt.
This is a particular capacity I developed. Likely with my autism as a foundation and the traumatic brain injury (TBI) as a complement. Indeed, life’s events already made no sense; after the accident, there was only a void. No hypothesis came to mind. I had become a pure spectator of my own life.
All my attempts to integrate into life had their meanings perverted. A game became an aggression. A plea for help, an additional burden to carry. A physiological need, a shame. Facing an object, for example, there was no correspondence in my mind. I suspected Alzheimer’s because an aunt and her mother had it. A hypothesis added to the alleged mental illnesses.
In short, I came across this text and found my childhood within it. Having the author respond to me, confirming my existence, pushed my reflection toward a confidence shared recently. Someone noted that, following a brain injury, there are voids of meaning. Autism and TBI make my brain a unique tool and, in a way, render it positronic.
In another column, I said humanity had to evolve because the human brain did not allow for the incarnation of the Sanctifier. That is where we spoke of neural implants. The combination of autism and TBI forced me to restructure my vision of the world. The « fake pyramid, » through its abuses, forced the revelation of my new order.


Laisser un commentaire
Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.