

Vivre pleinement son impuissance / Living one’s powerlessness to the fullest
Mon commentaire
D’une immense tristesse. Mes plus sincères sympathies à tous ceux et celles qui le portaient dans son coeur.
« L’impuissance face à l’injustice de la Cité est le miroir de notre propre fragmentation psychique. En habitant l’archétype de l’enfant accusé à tort à l’âge de 9 ou 10 ans, le Je revit le traumatisme initial de la dépossession de ses droits. Le déplacement de la structure du Ça vers une soirée de Savard réactive la dynamique de la Fake pyramide, où l’inversion des valeurs protège l’agresseur et condamne le cobaye innocent. Vivre pleinement son impuissance n’est pas une soumission, mais une gestation nécessaire pour briser la bulle de verre et laisser émerger le code éthique du Sanctificateur. »
Chronique de l’ombre : Vivre pleinement son impuissance
Je vous ai raconté cette histoire de Steinberg, n’est-ce pas? J’avais 9 ou 10 ans et, pour nous faire un peu de sous, nous allions au service à l’auto pour aider à mettre les sacs dans les coffres des clients. Un gars de ma classe a échappé son côté du bac et a dit très spontanément que c’était de ma faute. J’étais tellement surpris. Je n’ai rien dit, j’ai sûrement marmonné non. Après, le supermarché ne voulait plus nous voir là. L’argent était celui des pourboires.
Je vous en reparle parce que j’ai eu ce flash la fin de semaine dernière. Je sors danser à une soirée de Fred Savard. Plein de monde comme ça se peut pas. Rapport, pas rapport, je le crois à gauche et pense qu’il attire surtout ses gens dans ses soirées. Je suis là avec mon t-shirt de motard, le chapitre de la Montérégie. J’imagine que c’est classé de droite, les motards. Pour autant, on participe à plusieurs événements caritatifs. Quoi qu’il en soit, je m’accote sur le comptoir de la fille qui s’occupe de la projection des images psychédéliques. Je le croyais bien ancré comme le bar, mais non, il recule un peu avant que je ne cesse de m’appuyer. Aucun dommage. Mais dans le mouvement, un autre gars appuyé sur ce comptoir accroche un verre en s’enlevant. Aussitôt, il pointe une fille en me disant que je dois lui payer son verre. Vous voyez pourquoi j’ai eu ce flash?
Je ne me vois nullement responsable ni ne vis de culpabilité, mais je reste estomaqué devant le culot du gars. Franchement, plus jeune, je me serais certainement énervé et lui aurais fait ravaler son accusation mensongère. Plus jeune, mais pas trop parce que j’ai agi de la même manière qu’à mes 9 ou 10 ans.
Mais bon, je dis à la fille qui dansait de venir me voir plus tard, mais elle n’est jamais venue. Une fille, peut-être la même, peut-être une autre, je ne pouvais pas la reconnaître, a déposé son verre à côté de moi avant de partir. Je me suis demandé si c’était elle et que son geste ne se voulait pas un reproche. Quant au gars, il a continué comme si de rien n’était.
À gauche ou à droite, il y a des idiots. Est-ce là la leçon à tirer?
« Le choc culturel entre la droite et la gauche au sein de la Cité s’efface devant la structure universelle du mensonge. Le t-shirt de motard devient un écran où se projette l’incompréhension sociale : perçu comme un symbole de domination, il n’est pour le cobaye qu’un ancrage fonctionnel. L’effet miroir de l’accusation injuste du verre brisé démontre la persistance du syndrome de répétition. La Cité, aveuglée par la Fake pyramide, préfère valider la ruse pure plutôt que de reconnaître la vérité nue de l’individu isolé. »
Living one’s powerlessness to the fullest
My comment
Of an immense sadness. My most sincere sympathies to all those who carried him in their heart.
« Powerlessness in the face of the City’s injustice is the mirror of our own psychic fragmentation. By inhabiting the archetype of the child falsely accused at the age of 9 or 10, the I relives the initial trauma of the dispossession of his rights. The displacement of the Id structure toward an evening at Savard’s reactivates the dynamics of the Fake pyramide, where the inversion of values protects the aggressor and condemns the innocent guinea pig. Living one’s powerlessness to the fullest is not submission, but a necessary gestation to break the glass bubble and let the ethical code of the Sanctificateur emerge. »
Shadow Chronicle : Living one’s powerlessness to the fullest
I told you that story about Steinberg, didn’t I? I was 9 or 10 years old and, to make a little change, we went to the drive-in service to help put the bags in the customers’ trunks. A guy from my class dropped his side of the bin and said very spontaneously that it was my fault. I was so surprised. I said nothing, surely mumbled no. After that, the supermarket didn’t want to see us there anymore. The money was from tips.
I am talking to you about it again because I had this flash last weekend. I go out dancing at an evening of Fred Savard’s. Packed with people like you wouldn’t believe. Relevant or not, I believe he is on the left and think that he mostly attracts his people to his evenings. I am there with my biker t-shirt, the Montérégie chapter. I imagine that bikers are classified as being on the right. Even so, we participate in several charitable events. Anyway, I lean on the counter of the girl who handles the projection of psychedelic images. I thought it was well anchored like the bar, but no, it moves back a bit before I stop leaning. No damage. But in the movement, another guy leaning on this counter catches a glass as he leaves. Immediately, he points to a girl, telling me that I must pay for his glass. Do you see why I had this flash?
I do not see myself as responsible in the least nor do I experience guilt, but I remain dumbfounded by the guy’s nerve. Frankly, when I was younger, I certainly would have gotten upset and made him swallow his false accusation. Younger, but not too much because I acted the same way as when I was 9 or 10 years old.
But anyway, I tell the girl who was dancing to come see me later, but she never came. A girl, maybe the same one, maybe another, I couldn’t recognize her, placed her glass next to me before leaving. I wondered if it was her and if her gesture was meant as a reproach. As for the guy, he carried on as if nothing had happened.
On the left or on the right, there are idiots. Is that the lesson to be drawn?
« The cultural clash between the right and the left within the City fades before the universal structure of the lie. The biker t-shirt becomes a screen where social misunderstanding is projected: perceived as a symbol of domination, it is for the guinea pig nothing more than a functional anchor. The mirror effect of the unjust accusation of the broken glass demonstrates the persistence of the repetition syndrome. The City, blinded by the Fake pyramide, prefers to validate pure cunning rather than recognize the naked truth of the isolated individual. »


Laisser un commentaire
Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.