Nommer la différence

Capture d'écran d'une publication de tou.tv

« Retisser les liens », un documentaire sur tou.tv.

Chronique de l’ombre : Nommer la différence

Mon commentaire

Comme plusieurs — probablement une grande majorité — j’ai hâte de voir les Autochtones se libérer de la souffrance du passé. Le partage est important, mais ce qui l’est plus encore, c’est de découvrir et de nommer.

En écoutant le documentaire, où l’on dénonce le racisme lié à la dénomination des Autochtones, l’idée du titre de la présente chronique m’est venue.

Chronique de l’ombre : Nommer la différence

Jeunes, nous utilisions des mots sans en comprendre la portée. Pas seulement les jeunes, d’ailleurs, mais la société tout entière à l’époque. J’en parlais dans un autre texte : on racontait des histoires de « Newfies » — on comprenait « un gars niaiseux » — avant de réaliser, des années plus tard, que cela désignait un peuple et une culture.

De la même façon, j’imagine fort bien de jeunes Québécois nommer les Autochtones par un nom spécifique, la charge psychologique étant complètement occultée parce qu’on ne cherche qu’à « nommer la différence ». Il s’agit d’identifier l’origine d’une personne par rapport à soi. « Un tel est un Anglais », disait-on aussi à la même époque.

Nous n’avions aucune connaissance de la guerre franco-britannique, ni même des notions de domination ou de vainqueur. Dire « c’est un Anglais » servait simplement à identifier une différence par rapport à ceux qui se parlaient, probablement des Canadiens français. Ces mêmes Anglais ne nous nommaient-ils pas les « Frogs »?

Quoi qu’il en soit, il m’apparaît comme un réflexe humain de vouloir à tout prix nommer la différence. Tout au long des années, j’ai dénoncé les faux diagnostics parce qu’ils nommaient mal qui j’étais. Mauvaise identification. C’est majeur. Je ne suis ni fou, ni déficient : je suis autiste. On est ailleurs.

Nommer la différence: une question de bonne ou de mauvaise foi.


Chronicle from the Shadows: Naming the Difference

Comment

Like many—likely the vast majority—I look forward to seeing Indigenous peoples free themselves from the suffering of the past. Sharing is important, but what is even more vital is the act of discovery and naming.

While watching the documentary, which denounces the racism inherent in how Indigenous people are labeled, the idea for the title of this chronicle came to me.

Chronicle from the Shadows: Naming the Difference

When we were young, we used words without understanding their weight. It wasn’t just the youth, but society as a whole at the time. I mentioned this in another piece: we used to tell « Newfie » jokes—to us, it just meant a « silly guy »—before realizing, years later, that the term referred to an entire people and culture.

In the same way, I can easily imagine young Quebecers labeling Indigenous people with specific names, the psychological burden completely overlooked because the only intent was to « name the difference. » It was about identifying someone’s origin in relation to oneself. « He’s an Englishman, » we used to say back then, too.

We had no knowledge of the Franco-British wars, nor any concept of domination or the « victors » of a war. Saying « He’s an Englishman » simply identified his difference from those speaking—likely French Canadians. And didn’t those same English speakers call us « Frogs »?

Regardless, it seems to be a human reflex to want to name difference at all costs. Throughout the years, I have denounced false diagnoses because they misnamed who I was. Misidentification. This is major. I am neither « crazy » nor « deficient »: I am autistic. That is an entirely different reality.


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