Chronique de l’ombre : Campagne préréférendaire
Une expression utilisée durant l’émission : « campagne préréférendaire ». On perçoit tout le ras-le-bol qu’elle véhicule. Une formule pour décrire l’élection du Parti québécois et la tenue d’un référendum à une date indéterminée durant le prochain mandat. N’est-ce pas ironique ?
Le Canada demande au Québec de le soutenir face aux menaces expansionnistes de notre voisin du Sud anglophone. Faire bloc nous avantage rarement ; la culture anglophone demeure la priorité absolue du pays. C’est un paradoxe, alors que ce même voisin menace de l’engloutir. N’empêche, le Québécois francophone ne lui veut pas de mal et l’appuie dans sa défense et son affirmation. Un geste comparable à se tirer dans le pied. Malheureusement.
À l’intérieur d’une relation familiale ou amoureuse, j’appelle ce schéma du « chantage affectif ». Au nom d’un amour — entendez ici un attachement affectif — ma mère, pour prendre cet exemple, me faisait miroiter une situation qui changerait tout. Enfant, cela pouvait me faire croire que nous passerions enfin du temps ensemble. Mais une fois le moment venu, une nouvelle urgence passait toujours avant moi : « Tu devrais lire, si tu t’ennuies. » La fin de mon isolement n’aura été qu’une illusion. Voilà comment le Canada agit avec le Québec francophone.
Le pays anglophone protège ses intérêts depuis toujours et en tout temps. Il est constamment en campagne pour ses propres priorités, bien distinctes des nôtres. Le français n’est pour lui qu’un attribut, pas une identité, contrairement au Québec. Un attribut, c’est comme « un petit chose » avec lequel on compose, qu’on nomme par convenance : un élément décoratif prouvant une certaine ouverture. Cela ne change rien aux priorités du parent.
C’est aussi dans cette mesure que le Canada peut accueillir des immigrants sans limite. Sa langue et sa culture n’en sont pas menacées ; l’identité anglophone reste intacte. Un Québec indépendant ferait de même : le français et sa culture serviraient de référence commune.
*Une référence au livre d’Alphonse Daudet, Le Petit Chose
MAJ 12 mars 2046
Shadow Chronicles: Pre-referendum Campaign
A term used during the broadcast: « pre-referendum campaign. » You can sense the sheer exasperation it carries. It is a formula used to describe the election of the Parti Québécois and the holding of a referendum at an undetermined date during the next mandate. Isn’t it ironic?
Canada asks Quebec for support against the expansionist threats of our English-speaking neighbor to the south. Standing together rarely benefits us; Anglophone culture remains the country’s absolute priority. It is a paradox, as that very same neighbor threatens to swallow it whole. Nevertheless, the Francophone Québécois bears no ill will and supports Canada in its defense and self-assertion—a gesture akin to shooting oneself in the foot. Unfortunately.
In the context of a family or romantic relationship, I call this pattern « emotional blackmail. » In the name of love—read here: emotional attachment—my mother, to use this example, would dangle a situation before me that promised to change everything. As a child, it made me believe we would finally spend time together. But once the moment arrived, a new emergency always took precedence over me: « You should read if you’re bored. » The end of my isolation was nothing but an illusion. This is how Canada behaves toward Francophone Quebec.
The Anglophone country has always protected its interests, at all times. It is constantly campaigning for its own priorities, which are quite distinct from ours. To Canada, French is merely an attribute, not an identity—unlike in Quebec. An attribute is like a « Little What’s-His-Name » (un petit chose) that one puts up with, naming it out of convenience: a decorative element proving a certain openness. It changes nothing regarding the parent’s priorities.
It is also for this reason that Canada can welcome immigrants without limit. Its language and culture are not threatened by it; the Anglophone identity remains intact. An independent Quebec would do the same: French language and culture would serve as the common point of reference.
The Quebecois « Little What’s-His-Name » speaks too loudly; he disturbs the parent in their own identity-driven world.
*A reference to Alphonse Daudet’s book, « Le Petit Chose » (The Little Good-for-Nothing).
Updated Mars 12, 2026


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