Révélation
Je m’appelle humain
Je m’appelle humain, un film documentaire de Kim O’Bomsawin avec Joséphine Bacon. À voir absolument. Voici quelques mots ou idées qui m’ont frappé : « Ne pas avoir marché sur les pas de son père », « privée de voir c’est quoi une famille… la tendresse, l’affection », « ne pas savoir ce que ça fait d’avoir une famille (pas d’exemple) », « c’est comme un grand vide » et « ça fait mal d’en parler ».
En complément
- Je m’appelle humain primé par le festival Cinemania
- Le documentaire Je m’appelle humain primé à Cinemania
- La bande-annonce : « Terre Innue est une société de production autochtone basée à Maliotenam sur la Côte-Nord du Québec. »
Des souvenirs qui me sont revenus « en regardant l’horizon lointain » ? De l’illusion de présence de ma famille d’origine, il ne reste rien. Un grand vide. À l’occasion, je pense à eux. Ce n’est jamais élogieux. Je m’y vois cherchant à créer un lien, à chercher une confirmation que j’existe pour eux lorsque je ne suis pas physiquement là. Il n’y avait rien. Un faux diagnostic, tout au plus. Une famille humainement malade.
L’une cherchait encore son « homme », l’autre en voulait à mon argent ou à ma réussite, un autre regardait mon épouse… et quoi encore ? 500 $ pour payer à deux reprises sa chambre d’hôtel alternative ? Il y avait aussi le traître qui me faisait des déclarations d’amour tout en protégeant sciemment ceux qui détruisaient mon avenir, après m’avoir fait renoncer à mes droits humains. Le pire salaud.
Malgré tout, je suis en paix avec moi-même ! Au-delà de cette famille, je me suis connecté à une humanité qui ne me quitte pas. La présence est réelle, cette fois-ci.
Un extrait de L’enfer de Dieu
« Bientôt, toutes les planètes de mon système solaire furent surpeuplées. Et la pensée scientifique s’était installée. Les habitants savaient contrôler les naissances. Les stratégies de défense, au lieu d’instaurer la paix, provoquaient des guerres. La peur d’être ensevelis par la matière les empêchait de vivre pleinement.
« Le Premier m’implora à nouveau avec ses rites traditionnels. Cette fois, j’avais compris plus rapidement puisque j’avais reconnu ce qu’il faisait : un cérémonial précédait chaque appel. Mais c’était dans son recueillement, le cœur brûlant d’amour, que j’entendais sa supplication et que j’accueillais ses préoccupations.
« Encore une fois, j’avais répondu à sa demande pressante. Les planètes se sont alors écartées, ici et là dans l’univers infini, et d’autres planètes et soleils sont venus meubler l’espace. Je leur avais insufflé le mouvement.
« Les six planètes habitées par les Rosiliens se trouvaient isolées les unes des autres, sans possibilité de communiquer. Certaines possédaient un soleil dans leur orbite, d’autres non. L’une était complètement isolée de l’univers des autres. La vie s’est adaptée !
« La première planète rosilienne, celle où le Premier habitait, était maintenant de glace. Elle occupait une nouvelle position dans l’univers, ce qui avait détruit sa complexion antérieure. Même si elle avait son soleil propre, aucune vie, du moins en apparence, n’existait là, mais une surprise de taille m’attendait !
« Une des conséquences de la réponse apportée à la prière du Premier avait été de voir disparaître des millions de Rosiliens aux formes primitives. Certains étaient morts des suites des bouleversements : changements climatiques, tremblements de terre, éruptions volcaniques, raz-de-marée et autres cataclysmes. D’autres étaient morts de peur. D’autres encore de folie.
« Comprenez. Depuis des siècles, ces habitants avaient constaté, à la mesure de leurs observations, que leurs planètes étaient figées. Dans sa bonté, Dieu les avait protégés, de telle sorte que jamais ces peuplades n’avaient subi les affres causées par l’horreur des désastres naturels. Certains s’étaient épanouis. D’autres, ceux qui détenaient le seul savoir, ceux qui avaient fermé leur cœur ou ceux qui possédaient une conscience cristallisée, avaient préféré, souhaité et même choisi leur mort.
« Je ne me consolais toutefois pas de les avoir déçus. Ce que j’avais créé était si beau ! Cette innocente beauté me coûtait finalement un prix beaucoup trop élevé. Je savais pertinemment que j’aurais pu épargner la vie de ces millions d’habitants simiesques. J’aurais pu trouver d’autres façons de les aider à survivre ; maintenant, il était trop tard. J’avais tué tant d’êtres que j’avais aimés et chéris. Combien je m’en voulais ! Je me sentais terriblement coupable. J’avais essayé d’en parler à ma psy. J’avais abordé le sujet vaguement par la symbolique en lui parlant de tous ces morts que l’humanité porte en elle. Elle n’avait rien compris. Peut-être aurait-il fallu que je lui avoue que j’étais le Christ et que j’avais créé une nouvelle espèce de vie. Avouer aussi que, quelques jours plus tôt, pour aider ces malheureux Rosiliens, j’avais dû en tuer des millions. Quelle tragédie ! »*
Je relis ces lignes écrites il y a plus de 25 ans et constate que de cet univers que j’avais créé en moi, j’ai retiré de grands enseignements. J’y ai trouvé une connaissance incroyable de l’autre en réalisant que chacune de ces créatures était une partie de moi. En même temps que je suis eux, ils représentent des parties de moi et forment l’ensemble de ce que je suis devenu. Il s’agit certainement d’une expérience difficile à expliquer, peut-être même impossible. Leurs vies ne faisaient qu’une avec la mienne. Nous sommes dorénavant la même personne.
*Charles Laferrière, L’enfer de Dieu, Ed. Baccara 2007 V1, p.119.
9 mars 2026
Revelation
Je m’appelle humain (I Call Myself Human)
Je m’appelle humain (I Call Myself Human), a documentary film by Kim O’Bomsawin with Joséphine Bacon. A must-see. Here are a few words or ideas that struck me: « Not having walked in her father’s footsteps, » « deprived of seeing what a family is… tenderness, affection, » « not knowing what it’s like to have a family (no example), » « it’s like a great void, » and « it hurts to talk about it. »
In addition
- Je m’appelle humain awarded by the Cinemania festival
- The documentary Je m’appelle humain awarded at Cinemania
- The trailer: « Terre Innue is an Indigenous production company based in Maliotenam on the North Shore of Quebec. »
Memories that came back to me « while looking at the distant horizon »? Of the illusion of my original family’s presence, nothing remains. A great void. Occasionally, I think of them. It is never laudatory. I see myself there trying to create a link, seeking confirmation that I exist for them when I am not physically there. There was nothing. A false diagnosis, at most. A humanly sick family.
One was still looking for her « man, » another wanted my money or my success, another was looking at my wife… and what else? $500 to pay twice for his alternative hotel room? There was also the traitor who made declarations of love to me while knowingly protecting those who were destroying my future, after having made me renounce my human rights. The worst bastard.
Despite everything, I am at peace with myself! Beyond this family, I connected with a humanity that never leaves me. The presence is real, this time.
An excerpt from L’enfer de Dieu (God’s Hell)
« Soon, all the planets in my solar system were overpopulated. And scientific thought had taken hold. The inhabitants knew how to control births. Defense strategies, instead of establishing peace, provoked wars. The fear of being buried by matter prevented them from living fully.
« The First implored me again with his traditional rites. This time, I had understood more quickly because I had recognized what he was doing: a ceremonial preceded each call. But it was in his inner stillness, his heart burning with love, that I heard his supplication and welcomed his concerns.
« Once again, I had responded to his urgent request. The planets then moved apart, here and there in the infinite universe, and other planets and suns came to fill the space. I had breathed movement into them.
« The six planets inhabited by the Rosilians were isolated from each other, with no possibility of communicating. Some had a sun in their orbit, others did not. One was completely isolated from the universe of the others. Life adapted!
« The first Rosilian planet, the one where the First lived, was now made of ice. It occupied a new position in the universe, which had destroyed its previous complexion. Even though it had its own sun, no life, at least in appearance, existed there, but a surprise of a major scale awaited me!
« One of the consequences of the response to the First’s prayer had been to see millions of Rosilians of primitive forms disappear. Some had died from the aftermath of the upheavals: climate change, earthquakes, volcanic eruptions, tidal waves, and other cataclysms. Others had died of fear. Still others of madness.
« Understand. For centuries, these inhabitants had observed, to the extent of their observations, that their planets were frozen. In His goodness, God had protected them, so that these peoples had never suffered the woes caused by the horror of natural disasters. Some had flourished. Others—those who held the only knowledge, those who had closed their hearts, or those who possessed a crystallized consciousness—had preferred, wished for, and even chosen their death.
« I did not console myself, however, for having disappointed them. What I had created was so beautiful! This innocent beauty finally cost me a price that was far too high. I knew perfectly well that I could have spared the lives of these millions of simian inhabitants. I could have found other ways to help them survive; now, it was too late. I had killed so many beings I had loved and cherished. How I blamed myself! I felt terribly guilty. I had tried to talk to my shrink about it. I had approached the subject vaguely through symbolism by telling her about all these dead that humanity carries within itself. She understood nothing. Perhaps I should have confessed to her that I was the Christ and that I had created a new species of life. Confess also that, a few days earlier, to help these unfortunate Rosilians, I had had to kill millions of them. What a tragedy! »*
I reread these lines written more than 25 years ago and realize that from this universe I created within myself, I have drawn great lessons. I found there an incredible knowledge of the other by realizing that each of these creatures was a part of me. While I am them, they represent parts of me and form the whole of what I have become. It is certainly an experience difficult to explain, perhaps even impossible. Their lives were one with mine. We are now the same person.
*Charles Laferrière, L’enfer de Dieu, Ed. Baccara 2007 V1, p.119.
March 9, 2026

