Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés – une réflexion inspirée
Exposition au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Il faut aller voir cette exposition et prendre le temps d’en comprendre la portée.
Il y a moins d’années qui nous séparent de la vie de Cléopâtre que son existence de la construction des grandes pyramides d’Égypte. Environ 2 500 ans avant la naissance de Cléopâtre, les grandes pyramides étaient construites. Elle a vécu il y a environ 2 100 ans, soit durant la conquête romaine de l’Égypte.
Je me souviens d’une question de ma fille lorsqu’elle était jeune enfant : « Est-ce qu’il y avait des dinosaures lorsque tu étais petit ? » Pareille situation vous est sûrement arrivée. À un moment donné, le nombre d’années sort de notre entendement. Cléopâtre vivait 33 ans avant la naissance de Jésus.
Au Québec, nous retrouvons des traces de la présence autochtone d’il y a 10 000 ans. Contrairement aux Égyptiens, les Autochtones n’ont pas développé un système d’écriture pour consigner leur histoire. Je me suis toujours imaginé leurs vies en harmonie avec la nature, leurs spiritualités en phase avec leur environnement. Le lien entre le territoire et leurs vies est sacré. J’ai aussi tenu pour acquis une sagesse humaine transmise verbalement. D’ailleurs, la nature nous raconte son histoire, notre histoire, lorsqu’on l’écoute.
Quoi qu’il en soit, lorsque les Européens sont arrivés ici, ils ont été confrontés à une culture différente, quasiment invisible à leur regard et qui a fini par être complètement niée. « Pourquoi ne travaillent-ils pas ? Pourquoi ne parlent-ils pas français ? Anglais ? » Voilà des paroles entendues ou lues. Pas d’écriture, pas d’histoire, pas d’existence propre.
Pourtant, la fin de semaine dernière, nous faisions une marche historique à Montréal ; 500 000 personnes rassemblées pour dénoncer l’inaction face à la destruction progressive de la planète et de la diversité de la vie sur Terre, ainsi que pour crier l’urgence de cesser de polluer outrageusement Dame Nature. Nous sommes rendus à ce point où nos enfants s’inquiètent pour leur qualité de vie future ou même s’ils pourront avoir des descendants.
Nature vs Culture : gros débat philosophique, complètement absent de la réalité de la population en général. Nous effleurons la culture et commençons à peine à regarder la nature que nous piétinons. On rêve de la sauvegarde de l’une comme de l’autre. Le premier pas est certainement de cesser de nier le droit à l’existence et de mettre en place des comportements qui permettent un développement sain et harmonieux, quelque chose qui soit en équilibre entre les leçons du passé et les promesses du futur. Le présent est un lieu de réconciliation, un lieu d’action.
L’abonnement VIP du Musée des Beaux-Arts de Montréal permet d’assister sans frais supplémentaires à des visites guidées. Comme souvent, j’ai fait les choses à l’envers. J’ai d’abord visité l’exposition et ensuite fait la visite guidée. Une phrase de la guide m’a frappé : « Une momie est un être humain décédé. » On revient toujours à ça, finalement : au sens du sacré.
MAJ 6 mars 2026
Egyptian Mummies: Restoring the Past, Unveiling Mysteries – An Inspired Reflection
Exhibition at the Montreal Museum of Fine Arts. One must go see this exhibition and take the time to understand its scope.
Fewer years separate us from the life of Cleopatra than separated her existence from the construction of the Great Pyramids of Egypt. The Great Pyramids were built approximately 2,500 years before Cleopatra’s birth. She lived about 2,100 years ago, during the Roman conquest of Egypt.
I remember a question my daughter asked when she was a young child: « Were there dinosaurs when you were little? » You have likely experienced a similar situation. At a certain point, the number of years escapes our understanding. Cleopatra lived 33 years before the birth of Jesus.
In Quebec, we find traces of Indigenous presence dating back 10,000 years. Unlike the Egyptians, Indigenous peoples did not develop a writing system to record their history. I have always imagined their lives in harmony with nature, their spiritualities in phase with their environment. The bond between the land and their lives is sacred. I have also taken for granted a human wisdom transmitted orally. In fact, nature tells us its story—our story—when we listen to it.
Regardless, when Europeans arrived here, they were confronted with a different culture, almost invisible to their eyes, and one that ended up being completely denied. « Why don’t they work? Why don’t they speak French? English? » These are words heard or read. No writing, no history, no distinct existence.
Yet, last weekend, we took part in a historic march in Montreal; 500,000 people gathered to denounce the inaction toward the progressive destruction of the planet and the diversity of life on Earth, as well as to shout the urgency of ceasing the outrageous pollution of Mother Nature. We have reached the point where our children worry about their future quality of life or even if they will be able to have descendants.
Nature vs. Culture: a major philosophical debate, completely absent from the reality of the general population. We touch upon culture and are only beginning to look at the nature we trample. We dream of saving both. The first step is certainly to stop denying the right to existence and to implement behaviors that allow for healthy and harmonious development—something in balance between the lessons of the past and the promises of the future. The present is a place for reconciliation, a place for action.
The VIP membership at the Montreal Museum of Fine Arts allows for guided tours at no extra cost. As I often do, I did things backward. I visited the exhibition first and then took the guided tour. A phrase from the guide struck me: « A mummy is a deceased human being. » We always come back to that, in the end: the sense of the sacred.
Updated March 6, 2026

