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  • La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    Comme je l’ai expliqué ici et là, le premier juillet est une journée compliquée pour moi, indépendantiste. C’est mon anniversaire, ma date de naissance. Toutefois, je vois aussi que ce « plus meilleur pays du monde » est un rêve magnifique que je partage de tout cœur. En outre, à 18 ans, je signais mon serment d’allégeance envers la Reine, serment que je continue d’honorer sincèrement du mieux que je peux. Donc, à tous ceux qui fêtent ce Jour de la Confédération, je souhaite une belle journée.

    En entrant dans l’armée, nous devons signer un tel serment et, finalement, partager un peu ce rêve de pays idéal où la liberté, l’égalité et le respect seraient des valeurs de base, une sorte d’acquis. Pour cet idéal, nous serions prêts à mourir, à donner notre vie, à défendre les êtres humains, leurs droits. Rien n’a changé pour moi quant à ce rêve, bien que je sois indépendantiste, peut-être plus souverainiste il est vrai, mais indépendantiste par dépit. Un dernier retranchement advenant que le rêve ne se réalise pas, advenant le non-respect des droits humains, advenant que ce magnifique rêve devienne un cauchemar.

    J’ai donc signé en 1983 mon serment d’allégeance, comme vous pouvez le voir sur la photo. En 2006, les Forces armées canadiennes reconnaissent rétroactivement une erreur dans le traitement de mon dossier, que la mention « médical » aurait dû apparaître. Ça peut sembler banal, mais cette mention m’aurait donné droit à des soins appropriés et à une pension, sinon à un meilleur soutien de la part de mes frères d’armes. Depuis, malgré la reconnaissance de cette erreur, mon dossier est toujours perdu dans les limbes de la bureaucratie au Ministère des Anciens Combattants ! 14 ans après que l’Armée ait elle-même reconnu son erreur, je reste en attente. On parle d’une erreur ayant été commise il y a plus de 34 ans ! 34 ans !!

    Il faut absolument voir la stratégie ici : la stratégie du temps, de l’épuisement, de l’abandon, celle de casser tout être normalement constitué. Mais je suis autiste.

    En signant ce serment, dans mon esprit je ne signais pas seulement pour entrer dans les Forces, mais pour servir quelque chose de plus grand que mon pays le Canada. Je signifiais à la Reine qu’elle pouvait compter sur moi pour faire valoir son idéal, pas son idéal personnel, mais un idéal pour l’humanité, un monde où la paix serait possible tout en préservant, comme je le disais, la liberté, l’égalité et le respect.

    Par le fait même, on comprend, on nous l’enseigne, que nous sommes signataires de différents traités internationaux, que nous participons à des missions de paix de l’ONU et que, finalement, ce que nous défendons est le droit humain partout dans le monde, partout où nous sommes appelés à servir. Merveilleux. Tout cela correspond à mes valeurs d’amour sain pour mon prochain. Une vie pleine de sens : aider les gens à réaliser leur potentiel, à grandir, à profiter du moment présent.

    Le rêve est « beau, très beau ». La réalité est autre.

    Je vis dans un pays où le racisme est institutionnalisé dans la Loi sur les Indiens, un racisme systémique qu’on refuse de changer, qu’on refuse de corriger sinon que par de belles paroles et de petites compensations financières saupoudrées pour faire taire, pour montrer qu’on fait notre possible. On gagne du temps…

    Je vis dans un pays où ma culture différente, unique au monde, est niée. La moindre tentative de vitalisation est expressément accusée de raciste à tel point qu’il devient honteux de montrer le drapeau de l’État, de notre nation niée, qui tient lieu de cœur à cette culture. Avec le temps, on compte la faire disparaître, la diluer, lui faire perdre de plus en plus de vitalité jusqu’à sa mort complète ou du moins jusqu’à un niveau contrôlable, manipulable. Le temps…

    Nier une culture, l’identité d’un peuple, peut conduire jusqu’à des excès inhumains. Ça peut se faire brutalement ou de façon plus subversive, moins apparente. Le temps est crucial dans les deux cas.

    9 mars 2026


    Canada Day

    As I have explained here and there, July 1st is a complicated day for me, an independentist. It is my birthday, my date of birth. However, I also see that this « best country in the world » is a magnificent dream that I share with all my heart. Furthermore, at 18, I signed my oath of allegiance to the Queen, an oath that I continue to honor sincerely as best I can. So, to all those celebrating this Confederation Day, I wish you a beautiful day.

    Entering the army, we must sign such an oath and, ultimately, share a bit of this dream of an ideal country where freedom, equality, and respect would be basic values, a kind of given. For this ideal, we would be ready to die, to give our lives, to defend human beings, their rights. Nothing has changed for me regarding this dream, even though I am an independentist—perhaps more of a sovereignist, it is true, but an independentist by default. A last stand should the dream not come true, should human rights not be respected, should this magnificent dream become a nightmare.

    So I signed my oath of allegiance in 1983, as you can see in the photo. In 2006, the Canadian Armed Forces retroactively recognized an error in the processing of my file, that the mention « medical » should have appeared. It may seem trivial, but this mention would have entitled me to appropriate care and a pension, or at least better support from my brothers-in-arms. Since then, despite the recognition of this error, my file is still lost in the limbo of the bureaucracy at the Department of Veterans Affairs! 14 years after the Army itself recognized its error, I am still waiting. We are talking about an error committed more than 34 years ago! 34 years!!

    One must absolutely see the strategy here: the strategy of time, of exhaustion, of abandonment, that of breaking any normally constituted being. But I am autistic.

    By signing this oath, in my mind, I was not just signing to join the Forces, but to serve something greater than my country, Canada. I was signifying to the Queen that she could count on me to uphold her ideal—not her personal ideal, but an ideal for humanity, a world where peace would be possible while preserving, as I said, freedom, equality, and respect.

    By that very fact, we understand, we are taught, that we are signatories to various international treaties, that we participate in UN peacekeeping missions, and that, ultimately, what we defend is human rights all over the world, everywhere we are called to serve. Wonderful. All of this corresponds to my values of healthy love for my neighbor. A life full of meaning: helping people realize their potential, grow, and enjoy the present moment.

    The dream is « beautiful, very beautiful. » The reality is different.

    I live in a country where racism is institutionalized in the Indian Act, a systemic racism that we refuse to change, that we refuse to correct except through fine words and small financial compensations sprinkled to silence, to show that we are doing our best. We are gaining time…

    I live in a country where my different culture, unique in the world, is denied. The slightest attempt at vitalization is expressly accused of being racist, to the point that it becomes shameful to show the state flag, the flag of our denied nation, which serves as the heart of this culture. Over time, the plan is to make it disappear, to dilute it, to make it lose more and more vitality until its complete death or at least until a controllable, manipulable level. Time…

    Denying a culture, the identity of a people, can lead to inhuman excesses. It can be done brutally or in a more subversive, less apparent way. Time is crucial in both cases.

    March 9, 2026