Chronique de l’ombre: Un autre regard sur la menace référendaire
Si vous êtes assez vieux pour avoir vécu le dernier référendum, vous avez passé à travers la menace référendaire. Depuis, on entend les indépendantistes parler d’un peut-être référendum. La menace a été encadrée par « les conditions favorables ». L’air de rien, voulant bien faire, les indépendantistes ont scellé le sort du Québec.
À partir du moment où l’on sait dans quelles conditions il y en aura un, il suffit de travailler contre l’établissement de ces conditions. En mettant cela au clair, au lieu d’aider la cause, ils lui ont involontairement nui. Les conditions gagnantes deviennent des perdantes dans le prisme des opposants.
La menace référendaire via le « peut-être » est dorénavant uniquement dans le camp des fédéralistes. On raconte des peurs. Le Québec n’a pas les moyens. Les anglophones historiques perdront leurs droits. Les immigrants seront des citoyens de deuxième classe. Des peurs sans fin. Les Américains envahiront un Québec indépendant!
Bref, l’autre menace référendaire est celle dans laquelle le référendum devient un écran pour projeter chaque peur que l’enfant blessé en soi peut s’imaginer. Chacun et chacune est interpellé dans ses peurs les plus profondes. Un monstre sous le lit qui attend le lendemain d’un Oui gagnant. Misère.
Voyons les choses autrement. Le Canada pourra vivre son fait anglais majoritaire partout puisque le Québec sera ailleurs, dans sa réalité unique. Une guerre de moins pour Ottawa. Une guerre qui vise, bon gré mal gré, un affaiblissement de la culture québécoise francophone. C’est implicite, systémique.
Une culture trop forte au Canada fragilise l’ordre établi. Les droits britanniques révèlent leur biais cognitif et l’aspect domination apparaît. La constitution canadienne implique ce biais dominant, alors qu’il a été renforcé dans le rapatriement de 1982 et, étonnamment, dans la Charte des droits et libertés. Au Canada, le français est considéré minoritaire, sauf au Québec où l’on juge que le français est majoritaire. Ainsi, il perd son statut de protection de la minorité pour devenir le symbole d’un affaiblissement de l’anglais!
Shadow Chronicle: Another Look at the Referendum Threat
If you are old enough to have lived through the last referendum, you survived the « referendum threat. » Since then, we’ve heard sovereigntists talk about a « maybe » referendum. This threat has been framed by « favorable conditions. » Aiming to do the right thing, the sovereigntists have—without realizing it—sealed Quebec’s fate.
The moment you define the specific conditions under which a referendum will happen, your opponents simply have to work against the establishment of those conditions. By being transparent, rather than helping the cause, they have inadvertently harmed it. In the eyes of the opposition, « winning conditions » become targets to be defeated.
The threat of the « maybe » now belongs solely to the federalist camp. They peddle fear. Quebec can’t afford it. Historical Anglophones will lose their rights. Immigrants will be second-class citizens. Endless fears. The Americans will invade an independent Quebec!
In short, the other referendum threat is the one where the vote becomes a screen onto which every fear that the wounded child within can imagine is projected. Every man and woman is triggered in their deepest insecurities. A monster under the bed waiting for the morning after a « Yes » victory. Misery.
Let’s look at it differently. Canada could live out its English majority everywhere else because Quebec would be elsewhere, in its own unique reality. One less war for Ottawa. A war that aims, whether intended or not, to weaken French Quebec culture. It is implicit, systemic.
A culture that is too strong within Canada weakens the established order. British rights reveal their cognitive bias, and the aspect of dominance appears. The Canadian Constitution carries this dominant bias, which was reinforced in the 1982 repatriation and, surprisingly, in the Charter of Rights and Freedoms. In Canada, French is considered a minority language—except in Quebec, where it is judged that French is the majority. Thus, it loses its protective status as a minority to become a symbol of the weakening of English!


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