
«L’auteur argue que sa descente aux enfers n’est pas le résultat d’une faillite personnelle, mais d’un engrenage systémique où l’autisme, les préjugés familiaux et la rigidité administrative se sont conjugués pour créer une « terreur » totale. Il postule que l’expression légitime de sa détresse a été retournée contre lui par les institutions (DPJ, hôpital, fisc) pour valider une fausse identité de « malade », le privant simultanément de son rôle de père et de son autonomie financière.»
Chronique de l’ombre: La terreur rend stupide
Finalement, ça aussi j’en ai parlé. Le processus a été décrit sous différents angles. Mon divorce – ma séparation, en fait – a plongé ma fille et moi dans une détresse inattendue. Dans la mesure où mon ex faisait tout pour que je quitte, alors que la probabilité que ma fille veuille venir avec moi était forte – la détresse de mon ex nous a davantage surpris. Mais, voilà, la détresse de l’une augmentait celle des autres. Vice-versa. L’emballement.
Ma famille, complice aveugle de mon ex, dans le déni complet de son ignorance de qui je suis – appuyée uniquement sur ses préjugés –, a poussé la détresse jusqu’à la terreur. Ma fille envoyée à la DPJ, moi à l’hôpital sans possibilité de communiquer avec elle, je me vois vider de mes avoirs sans pouvoir rien faire. Vider de l’intérieur et de l’extérieur.
Plus débile que jamais. Terrorisé par l’enlèvement de mon enfant d’amour, accolé à une fausse identité, sans rien ni personne pour me défendre, je vivais ma terreur seul. Plus que cela, même: isolé. L’expression de mes sentiments devenait une preuve qu’il fallait m’enlever mon enfant. Parallèlement, on expliquait à ma fille qu’elle pouvait m’aimer, malgré que j’étais profondément malade. Évidemment, ma fille sait bien qu’elle me ressemble… Nous sommes autistes! Père terrorisé, fille terrorisée.
Ni elle ni moi n’étions à notre meilleur, hein? Nos ressources intellectuelles cherchaient un point d’appui dans cette folie qu’était la réalité. Stupides et asservis.
Puis, j’ai laissé le «morceau de fromage»*. Je me résous à payer les dettes familiales et les frais d’avocats engendrés par ma famille pour refaire ma vie. Peine perdue, le fisc m’attendait dans le détour. Pour prendre de l’argent dans mon CRI, il fallait démobiliser la totalité et prendre le petit montant souhaité avant de remettre le reste dans le CRI. Ainsi, Revenu Québec m’imposait sur la totalité de mon CRI plutôt que seulement sur le retrait. Méchant changement de braquet d’imposition! Bref, proposition de consommateur parce qu’Impossible de prendre entente. Je ne cessais de m’enfoncer.
C’est comme ça que je suis devenu un monstre stupide, isolé.
*Allusion au livre « Qui a piqué mon fromage ? » de Spencer Johnson
« The author argues that his descent into hell was not the result of personal failure, but of a systemic gears-grinding where autism, family prejudice, and administrative rigidity combined to create total « terror. » He postulates that the legitimate expression of his distress was turned against him by institutions (Youth Protection, hospital, tax authorities) to validate a false identity of being « ill, » simultaneously stripping him of his parental role and financial autonomy. »
Shadow Chronicle: The Anatomy of a Forced Descent
Finally, I spoke about this too. The process has been described from various angles. My divorce—my separation, actually—plunged my daughter and me into unexpected distress. Given that my ex was doing everything to make me leave, while the probability of my daughter wanting to come with me was high, my ex’s distress surprised us even more. But there it was: the distress of one increased that of the others. Vice-versa. A downward spiral.
My family, blindly complicit with my ex, in complete denial of their ignorance of who I am—relying solely on their prejudices—pushed this distress to the point of terror. My daughter sent to the DPJ (Youth Protection), me in the hospital with no way to communicate with her, I saw myself stripped of my assets, unable to do anything. Emptied from the inside and the outside.
More broken than ever. Terrorized by the abduction of my beloved child, saddled with a false identity, with nothing and no one to defend me, I lived my terror alone. More than that: isolated. The expression of my feelings became proof that my child had to be taken away. Meanwhile, they explained to my daughter that she could love me, despite me being « deeply ill. » Obviously, my daughter knows well that she is like me… We are autistic! Terrorized father, terrorized daughter.
Neither she nor I were at our best, were we? Our intellectual resources were searching for a foothold in the madness that was our reality. Stupid and enslaved.
Then, I let go of the « piece of cheese »*. I resolved to pay the family debts and the legal fees incurred by my family to rebuild my life. A lost cause; the taxman was waiting for me around the corner. To take money from my LIRA (Locked-in Retirement Account), the whole thing had to be unlocked to take the small desired amount before putting the rest back. Thus, Revenu Québec taxed me on the entire LIRA rather than just the withdrawal. A brutal shift in tax brackets! In short, a consumer proposal, because an agreement was impossible. I just kept sinking.
That is how I became a stupid, isolated monster. *Allusion to the book « Who Moved My Cheese? » by Spencer Johnson

Laisser un commentaire
Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.