Auteur : Christian Legault

  • De bonne foi

    De bonne foi

    English Version Below

    De bonne foi

    L’autre rive

    La méchanceté

    À partir de quel moment quelqu’un devient-il méchant ? Quand pouvons-nous le condamner ? Mais aussi, où tracer la ligne entre la conséquence d’une erreur, d’un acte méchant, d’un comportement répétitif, nocif et volontaire ? Quelqu’un qui partage sans cesse la même vision est-il méchant ou se sent-il incompris ?

    Comment y répondre ? Est-ce que la conséquence peut devenir elle-même un acte de méchanceté ? À quelqu’un qui répète sa vision, doit-on lui rappeler sans cesse la nôtre ? Est-ce du harcèlement, d’un côté ou de l’autre ?

    Je n’ai évidemment pas de réponse ; c’est un peu à chacun de faire son examen de conscience. Néanmoins, en société et sur les réseaux sociaux, on se questionne de plus en plus ouvertement sur le manque de règles sociales, tant pour évaluer le comportement que pour y répondre.

    Faux diagnostics J’utilise cette drôle d’expression sur les réseaux sociaux. Je me réfère à une autre, couramment utilisée : « faux positif », pour dire que le résultat d’un test médical donne faussement un résultat positif. Des indicateurs sont activés et le résultat sort positif, mais il est quelquefois erroné pour différentes raisons.

    En psychiatrie, en psychologie ou en neuropsychologie, par exemple, il y a aussi des grilles d’évaluation pour identifier différentes maladies mentales, troubles psychologiques ou troubles du développement. Peu importe la cause, il existe de faux diagnostics.

    Comment s’assure-t-on que le diagnostic est le bon ? Comment fait-on le ménage dans son dossier médical pour faire enlever ces mauvais diagnostics quand cela fait cinq ans qu’on nous traite pour la mauvaise maladie ? Qui sera responsable d’avoir peut-être brisé la vie d’un patient ou d’un client, de l’avoir emprisonné dans une fausseté ? A-t-on vraiment le droit de laisser planer un doute sur la santé mentale d’un être humain en prétextant le droit à une opinion professionnelle ? De bonne foi ? Ce ne serait pas moral de le faire pour une maladie physique. Où est la responsabilité de ces professionnels ?

    « Fake news » Il a suffi que quelqu’un lise, dans mon profil, que j’étais journaliste pour qu’il crie à la « fake news » dans le but de me discréditer. Nous avions un désaccord aucunement lié au journalisme, mais sur le sens de ses affirmations à lui et de leurs implications.

    Pour d’autres, il suffit de voir que je suis un Blanc, un homme, un autiste, un souverainiste, etc. N’importe quoi sert de prétexte pour détruire l’adversaire. Mais pourquoi vouloir anéantir son adversaire ? À quel besoin cela répond-il ?

    Tous et chacun, développons notre sens critique. Orientons-nous vers une solution en prenant connaissance du passé, en tirant des leçons des épreuves vécues.

    (Lecture suggérée sur le développement du sens critique : Améliorer son esprit critique)

    Le combat « Ne fais pas à ton ennemi tout le mal que tu pourrais lui faire, parce qu’il peut devenir ton ami. » (Proverbe)

    Dans la mesure où les Québécois forment un peuple, que tous sont citoyens, est-ce judicieux d’écraser son adversaire ? Lorsqu’on garde à l’esprit que l’adversaire est un allié potentiel, peu importe ce qui semble nous séparer, on ne combat pas de la même façon. Le débat est plus nuancé.

    Dans L’art de la guerre, Sun Tzu dit : « En règle générale, il est préférable de préserver un pays plutôt que de le détruire, un corps d’armée plutôt que de le détruire, un bataillon plutôt que de le détruire, une escouade plutôt que de la détruire, une brigade plutôt que de la détruire. »

    Les opinions opposées peuvent nous dévoiler nos erreurs, nos oublis. L’erreur est humaine. Notre devoir est d’avancer, de se perfectionner, de se dépasser. Individuellement et comme collectivité.

    MAJ 4 mars 2026


    In Good Faith

    The Other Shore

    Malice

    At what point does someone become malicious? When can we condemn them? And where do we draw the line between the consequence of an error, a mean act, and repetitive, harmful, willful behavior? Is someone who constantly shares the same vision malicious, or do they simply feel misunderstood?

    How do we answer this? Can the consequence itself become an act of malice? Should we constantly remind someone who repeats their vision of our own? Is it harassment, on one side or the other?

    I obviously have no answer; it is up to each individual to examine their conscience. Nevertheless, in society and on social media, there are increasingly open questions about the lack of social rules, both for evaluating behavior and for responding to it.

    False Diagnostics I use this odd expression on social media. I am referring to another commonly used term: « false positive, » meaning a medical test result that falsely indicates a positive result. Indicators are triggered, and the result comes out positive, but it is sometimes erroneous for various reasons.

    In psychiatry, psychology, or neuropsychology, for instance, there are also assessment grids to identify various mental illnesses, psychological disorders, or developmental disorders. Regardless of the cause, false diagnostics exist.

    How do we ensure a diagnosis is correct? How do we clean up a medical file to remove these incorrect diagnoses when we have been treated for the wrong illness for five years? Who will be responsible for perhaps shattering a patient’s or client’s life, for imprisoning them in a falsehood? Do we truly have the right to let a doubt linger regarding a human being’s mental health under the guise of a professional opinion? In good faith? It would not be moral to do so for a physical illness. Where is the responsibility of these professionals?

    « Fake News » It only took someone reading in my profile that I was a journalist for them to cry « fake news » in an attempt to discredit me. We had a disagreement entirely unrelated to journalism, but rather on the meaning of their own assertions and their implications.

    For others, it is enough to see that I am white, a man, autistic, a sovereignist, etc. Anything serves as a pretext to destroy the opponent. But why wish to annihilate one’s adversary? What need does that fulfill?

    Let us all develop our critical thinking. Let us move toward a solution by learning from the past and drawing lessons from the trials we have lived through.

    (Suggested reading on developing critical thinking: Improving one’s critical spirit)

    The Combat « Do not do to your enemy all the evil you could do to them, because they may become your friend. » (Proverb)

    Since Quebecers form a people and all are citizens, is it wise to crush one’s opponent? When we keep in mind that the adversary is a potential ally, regardless of what seems to divide us, we do not fight in the same way. The debate becomes more nuanced.

    In The Art of War, Sun Tzu says: « In general, it is better to preserve a country than to destroy it, an army corps rather than to destroy it, a battalion rather than to destroy it, a squad rather than to destroy it, a brigade rather than to destroy it. »

    Opposing opinions can reveal our errors and omissions. To err is human. Our duty is to move forward, to refine ourselves, to surpass ourselves. Individually and as a collective.

    Updated March 4, 2026

  • Le débat

    Le débat

    Le débat

    English version below


    Cela fait quelques débats que nous tenons sur le thème de la laïcité, à moins que ce ne soit toujours le même qui perdure sans fin. Qu’importe le thème, un débat a la plupart du temps une structure commune. Chaque camp fait valoir ses arguments pour influencer les autres. Le gouvernement se doit de trancher pour y mettre fin. Le statu quo gagne lorsqu’il n’y a pas de décision. Ne rien faire ne signifie pas qu’il n’y a pas de choix.

    Peu importe la décision, il y aura des mécontents. Il y a des passionnés de toute part et, finalement, leurs réactions font peur. Quel climat s’installera lorsqu’un gouvernement ira de l’avant avec son orientation privilégiée ?

    Qu’est-ce que débattre ? Le débat est une discussion où chacun fait valoir son point de vue dans le but de convaincre un maximum de personnes, sinon son interlocuteur. Mais plus encore, c’est la qualité des arguments qui va faire réfléchir, qui pourra amener un autre regard sur la situation. Grâce à des visions opposées, le débat s’enrichira.

    Pour ce faire, il faut trouver les arguments qui font que l’on décide de regarder la situation de telle façon. Parce qu’il y en a. Cela peut être pour des raisons inconscientes, mais elles sont là. Donc, dans un premier temps, on se fait une idée sur un sujet — normalement, c’est une hypothèse — on l’appuie avec ces arguments conscientisés et on les partage dans le débat. Chaque camp fait de même ; il se prépare.

    La confrontation des arguments opposés peut amener à invalider certains d’entre eux. Ce n’est pas un mal : cela permet au débat d’avancer avec une plus grande qualité. Ensuite, les arguments qui demeurent seront sûrement nuancés pour englober le plus possible le point de vue de l’autre, de celui qui s’oppose. Cela veut dire que l’on a écouté la position adverse, qu’on y a réfléchi et qu’on la comprend. Ce processus se répète à de multiples reprises pour en arriver à un consensus élargi. C’est à ce moment que l’on met un terme à la discussion, au débat.

    Mais il y a des risques de dérapage lorsque nous utilisons des termes toxiques et irresponsables. Insérer dans la discussion des images qui conduisent le débat sur un autre terrain — un terrain où la violence existe, par exemple — est irresponsable puisque cela ouvre un chemin, cela fait craindre le pire et des réactions peuvent s’ensuivre. Les mots ont une portée, des conséquences. Faire peur, intimider ou insulter, plus ou moins clairement, ne sont pas non plus des arguments de qualité.

    Il faut donc comprendre et travailler sur la qualité de nos arguments. Cela ne peut être qu’une question d’image, d’émotion ou de vague impression. C’est le devoir de chacun d’enrichir le débat, d’ajouter de réels arguments dans le but ultime d’engendrer le plus grand consensus possible, le plus sain possible. Le but n’est pas d’avoir raison, mais de trouver la meilleure solution possible.

    MAJ 5 mars 2026


    The Debate

    We have held several debates on the theme of secularism, or perhaps it is always the same one that persists endlessly. Regardless of the theme, a debate usually follows a common structure. Each side puts forward its arguments to influence others. The government must eventually decide in order to bring it to a close. The status quo wins when no decision is made. Doing nothing does not mean that no choice has been made.

    Regardless of the decision, there will be those who are dissatisfied. There are passionate people on all sides, and ultimately, their reactions are frightening. What kind of climate will settle in when a government moves forward with its preferred direction?

    What does it mean to debate? A debate is a discussion where everyone puts forward their point of view with the aim of convincing as many people as possible, if not their direct interlocutor. But even more so, it is the quality of the arguments that prompts reflection, that can bring a different perspective to the situation. Through opposing visions, the debate is enriched.

    To do this, one must find the arguments that lead to deciding to look at the situation in a certain way. Because they exist. They may stem from unconscious reasons, but they are there. So, first, we form an idea on a subject—usually a hypothesis—we support it with conscious arguments, and we share them in the debate. Each side does the same; they prepare.

    The confrontation of opposing arguments can lead to the invalidation of some of them. This is not a bad thing: it allows the debate to move forward with higher quality. Then, the remaining arguments will likely be nuanced to encompass as much as possible the point of view of the other, of the one who opposes. This means that we have listened to the opposing position, reflected on it, and understood it. This process repeats multiple times to arrive at a broad consensus. That is the moment when the discussion, the debate, is concluded.

    However, there are risks of things going off the rails when we use toxic and irresponsible terms. Inserting images into the discussion that lead the debate into another territory—a territory where violence exists, for example—is irresponsible because it opens a path; it sparks fear of the worst, and reactions may follow. Words have reach, and they have consequences. Spreading fear, intimidating, or insulting, whether overtly or subtly, are not quality arguments either.

    We must therefore understand and work on the quality of our arguments. It cannot merely be a matter of image, emotion, or vague impression. It is everyone’s duty to enrich the debate, to add real arguments with the ultimate goal of generating the largest and healthiest consensus possible. The goal is not to be right, but to find the best possible solution.

    Updated March 5, 2026

  • Le rêve

    Le rêve

    Le rêve

    English version below


    Peu importe le parti politique, finalement, ce qui est vendu est du rêve. Tout le monde souhaite une vie meilleure, une vie avec moins de fardeaux. Que ce soit à travers un projet collectif ou grâce à une offre précise à une clientèle dont on fait partie, l’esprit se libère dans le rêve. Temporairement, c’est de l’évasion.

    Dans le Larousse, on peut lire : « Littéraire. Se représenter par l’imagination ce qu’on souhaite d’une manière plus ou moins chimérique : Rêver pour les siens un avenir merveilleux. » C’est un peu comme lorsque nous parlons de promesses électorales. C’est un peu amusant, un peu frustrant. Au réveil, on se rend compte qu’il y aura du travail à faire pour que cela se réalise, quand on ne se dit pas que ce n’était qu’un rêve.

    Faire rêver le citoyen grâce à un programme et à des promesses : je veux bien, mais comment ? Est-ce un programme réaliste ? Sera-t-il lu et compris ? Qui l’analysera et le commentera ?

    D’une part, les programmes ont-ils l’attrait d’être lus ? Selon moi, la forme des programmes électoraux est déficiente ; elle n’offre pas clairement une vision d’ensemble et sa lecture ressemble à celle d’une liste d’épicerie. Le programme devrait faire rêver, me semble-t-il.

    Justement, il faut aussi faire rêver le journaliste et l’analyste grâce à des débats, des discussions, mais aussi des mises en scène honnêtes et pédagogiques. Il est possible de planifier des débats sains.

    Je crois qu’il y a un avantage à voir le journaliste comme un allié, comme un professionnel de l’information qui raconte sa vision. L’important est de permettre de simplement distinguer l’opinion de l’information. Je crois que la plupart sont prêts à discuter de leurs points de vue, à en débattre. Nul besoin de faire changer d’idée qui que ce soit, il suffit de faire valoir les bons points. Cela enrichit la discussion.

    Je parle surtout des réseaux sociaux, car c’est là que je suis le plus présent. Je vois le cynisme de la population qui découle de promesses irréalistes, de promesses qui impliquent tellement de changements qu’elles ne pourront jamais se réaliser, ou de promesses trahies. Cela engendre frustration, colère et cynisme. Il est aussi de la responsabilité de tous de démasquer l’incohérence.

    Peu importe le palier de gouvernement, il faut déterminer le chemin pour atteindre la cible. Il y a toujours des obstacles, des imprévus. Néanmoins, en fixant l’objectif et en comprenant que des concessions seront à faire, l’avancement est possible. Le travail pour l’accomplissement est toujours requis.

    Passons de l’évasion à la réalisation. J’ai un beau rêve…

    MAJ 5 mars 2026


    The Dream

    Ultimately, regardless of the political party, what is being sold is a dream. Everyone desires a better life, a life with fewer burdens. Whether through a collective project or a specific offer to a group we belong to, the mind finds freedom in dreams. Temporarily, it is a form of escape.

    In the Larousse dictionary, we read: « Literary. To represent through the imagination what one desires in a more or less chimerical way: To dream of a wonderful future for one’s own. » This is much like when we talk about election promises. It is a bit amusing, a bit frustrating. Upon waking, we realize there will be work to do to make it happen—if we don’t simply tell ourselves it was only a dream.

    To make the citizen dream through a platform and promises: I am all for it, but how? Is the platform realistic? Will it be read and understood? Who will analyze and comment on it?

    On one hand, do platforms have the appeal to be read? In my opinion, the format of election platforms is deficient; it does not clearly offer a global vision, and reading them feels like looking at a grocery list. A platform should inspire dreams, it seems to me.

    Precisely, we must also inspire the journalist and the analyst through debates, discussions, but also through honest and pedagogical presentations. It is possible to plan healthy debates.

    I believe there is an advantage in seeing the journalist as an ally, as a professional of information who shares their vision. The important thing is to simply allow for a distinction between opinion and information. I believe most are ready to discuss their points of view, to debate them. There is no need to change anyone’s mind; it is enough to highlight valid points. This enriches the discussion.

    I am speaking primarily about social media, as that is where I am most present. I see the cynicism of the population stemming from unrealistic promises—promises that involve so much change they can never be fulfilled, or betrayed promises. This breeds frustration, anger, and cynicism. It is also everyone’s responsibility to unmask inconsistency.

    Regardless of the level of government, the path to the target must be determined. There are always obstacles and unforeseen events. Nevertheless, by setting the goal and understanding that concessions will have to be made, progress is possible. Work is always required for fulfillment.

    Let us move from escape to realization. I have a beautiful dream…

    Updated March 5, 2026

  • L’idéal et la colère

    L’idéal et la colère

    L’idéal et la colère

    English version below


    Sur Twitter, je suggérais qu’une des causes de la mauvaise presse du PQ était sa passion, à la fois belle et colérique.

    Cette armée de militants, d’indépendantistes, qui cherchent une terre à eux, qui se battent pour un lieu bien à eux : je trouve cela beau et attirant, comme beaucoup, comme peut-être plus de 50 % de la population. On aura compris que ce n’est pas cette beauté qui nuit au Parti Québécois.

    C’est plutôt la frustration de voir que l’indépendance n’est pas encore faite qui fait du tort ; le fait que ce ne soit pas comme souhaité, que l’idéal ne soit pas réalisé. C’est aussi l’attaque, quelquefois acharnée, de certains militants envers certaines personnes. Des commentaires où la colère transpire, où l’adversaire est déshumanisé.

    On retrouve cette façon de faire dans tous les partis politiques, surtout parmi les militants les plus passionnés. Toutefois, après 50 ans d’existence, le revers de la médaille commence à être connu et la réputation a pris le dessus. La colère est maintenant appréhendée.

    Leur adversaire a toujours été le Parti libéral du Québec (PLQ). Si l’on garde la même vision, on y voit aussi de la beauté et de la colère, mais sous une autre forme. Le PLQ se bat pour l’unité canadienne, un idéal attrayant. Par contre, la Confédération n’en est pas une, et c’est la crise d’un océan à l’autre. Un mirage, finalement, où personne ne trouve sa place.

    Tout militant indépendantiste qui cherche à prendre sa place au sein du Canada est visé avec colère. « Pourquoi aurait-il une place que nous-mêmes n’avons pas ? Comment se fait-il que celui-ci puisse ouvertement s’attaquer à notre unité canadienne ? C’est une trahison. » Et il est déshumanisé.

    Un nouvel adversaire du PQ est Québec solidaire (QS). Mais encore là, toujours sous ce même regard, on voit un bel idéal attirant — plusieurs idéaux, en fait — et une colère. Les idéaux des militants de QS tournent autour de la reconnaissance de l’être humain, de la nécessité de l’intégrer dans un système où il est devenu un objet, un dossier. « Être humain » est l’avenir.

    Mais un idéal sans compromis, intransigeant, conduit inévitablement à de la colère. Tout ce qui entrave la réalisation de ces idéaux, tout ce qui entrave l’être humain, doit disparaître. Tout. L’adversaire est déshumanisé.

    La Coalition avenir Québec (CAQ) me semble plus difficile à regarder sous cet angle. Il ne m’est pas aisé de définir simplement l’idéal visé. Peut-être un Québec autonome dans un Canada uni ? La position peut sembler conciliante et générer peu de colère. Il y a même des signes d’ouverture du « Reste du Canada ». Peut-être que finalement, avec les changements appropriés d’un peu tout le monde, chacun pourrait y avoir une place respectée.

    On ne peut qu’espérer que la CAQ continue de travailler positivement avec les autres partis politiques et trouve, dans l’essence des idéaux de chacun, un lieu commun.

    MAJ 5 mars 2026


    Ideal and Anger

    On Twitter, I suggested that one of the causes of the PQ’s bad press was its passion—at once beautiful and angry.

    This army of activists, of independence seekers, who search for a land of their own, who fight for a place truly theirs: I find this beautiful and attractive, as do many, perhaps more than 50% of the population. It is understood that it is not this beauty that harms the Parti Québécois.

    Rather, it is the frustration of seeing that independence is not yet achieved that causes harm; the fact that things are not as desired, that the ideal has not been realized. It is also the sometimes relentless attack by certain activists against specific individuals. Comments where anger seeps through, where the opponent is dehumanized.

    This way of operating is found in all political parties, especially among the most passionate activists. However, after 50 years of existence, the flip side of the coin has become well known, and reputation has taken over. Anger is now anticipated.

    Their adversary has always been the Quebec Liberal Party (PLQ). If we maintain the same perspective, we also see beauty and anger there, but in a different form. The PLQ fights for Canadian unity, an attractive ideal. On the other hand, the Confederation is not truly one, and there is a crisis from coast to coast. A mirage, ultimately, where no one finds their place.

    Any independence activist seeking to take their place within Canada is targeted with anger. « Why should they have a place that we ourselves do not have? How is it that this person can openly attack our Canadian unity? It is a betrayal. » And they are dehumanized.

    A new adversary for the PQ is Québec Solidaire (QS). But here again, under this same gaze, we see a beautiful, attractive ideal—several ideals, in fact—and an anger. The ideals of QS activists revolve around the recognition of the human being, the necessity of integrating them into a system where they have become an object, a file. « Human being » is the future.

    But an ideal without compromise, uncompromising, inevitably leads to anger. Everything that hinders the realization of these ideals, everything that hinders the human being, must disappear. Everything. The opponent is dehumanized.

    The Coalition Avenir Québec (CAQ) seems more difficult to look at from this angle. It is not easy for me to simply define the targeted ideal. Perhaps an autonomous Quebec within a united Canada? The position may seem conciliatory and generate little anger. There are even signs of openness from the « Rest of Canada. » Perhaps, finally, with appropriate changes from everyone, each could have a respected place.

    One can only hope that the CAQ continues to work positively with other political parties and finds, within the essence of each person’s ideals, a common ground.

    Updated March 5, 2026

  • Égalité

    Égalité

    Égalité

    English version below


    On peut croire que c’est un rêve fou. Pourtant.

    Comment s’est installée la dérive selon laquelle tel être humain serait supérieur à tel autre ? À partir de quelle théorie devient-on inapte à aimer et à être aimé ? À partir de quand une victime devient-elle la personne à contrôler, à emprisonner ? À partir de quand sacrifie-t-on son humanité ?

    Je comprends que l’autisme me rende différent, que les liens que je fais ne soient pas toujours accessibles aux neurotypiques. Je comprends aussi qu’en tant qu’homme blanc, je suis peu crédible pour dénoncer la violence conjugale que j’ai subie, même si j’ai été drogué à mon insu.

    Pourquoi ne pas l’avoir dénoncé avant ? Comment se fait-il que tu ne t’en souvenais pas et que maintenant tu puisses le dire ? Pourquoi restais-tu dans cette situation ? Il y a tellement de questions où tout semble dépendre de moi.

    Une telle « grande » psychologue, qui a mille et une théories sur la santé mentale de son frère, ne réalise pas qu’il est simplement autiste, n’accepte pas qu’il ait été victime de violence conjugale et en fait un objet de haine, de rejet, qu’il faut déshumaniser aux yeux de tous.

    Un tel frère, un « grand » travailleur social, fait des liens pour aider. Des liens de maladie mentale, évidemment. Toujours l’absence d’autisme, l’absence de remise en question : il ne conçoit pas qu’il puisse être lui-même dans l’erreur, que sa vision soit fausse. Il est supérieur, comme sa sœur.

    Pourtant, je ne demandais que le droit à l’égalité. J’ai essayé de vivre avec leurs théories, j’ai pris sur moi ces maladies. Mais l’autisme n’est pas quelque chose à soigner, c’est une personne à aimer. Et cela, l’amour, leur manquait cruellement.

    Est-ce que si j’avais été une femme, par exemple, cela aurait été différent ? La question se pose légitimement. Sur quelle base m’aurait-on identifiée comme « différente » ? Quelle théorie aurait-on fait valoir pour m’enlever mon droit à l’égalité ?

    C’est une colère normale qui naît devant tant d’injustice, devant tant de méprises. Rien ne justifiait qu’on m’enferme dans cette réalité, sauf peut-être ces fausses théories qu’on refusait de remettre en question, sauf cette supériorité de ces personnes qui me regardaient. D’où venait leur désir de vengeance et cet acharnement sur moi ? Je voyais de la haine, de l’ignorance aussi. C’était un labyrinthe sans issue.

    Je ne peux me battre toute ma vie pour faire valoir que je suis autiste, que je ne suis pas malade mental, que je ne manque pas d’intelligence, que je ne suis pas paresseux, que je ne suis pas antisocial, etc. Ce n’est pas une vie que de passer son temps à prouver qu’on est un être humain.

    Le fond de l’histoire est que ma différence est l’autisme. Mon esprit fonctionne différemment. Je réagis aussi à des événements différents. Je m’exprime différemment. Suis-je moins humain ? Suis-je inférieur ? Est-ce que cela donne le droit à qui que ce soit de me violenter ? Suis-je indigne d’avoir un enfant ?

    On peut croire que c’est un rêve fou que de réclamer l’égalité. Ce n’est pourtant pas une faveur qui est demandée, c’est la base que de considérer son prochain comme un être humain.

    Toi, quelle est ta différence ?

    MAJ 5 mars 2026


    Equality

    One might think it is a foolish dream. And yet.

    How did the drift take hold, suggesting that one human being is superior to another? By what theory does one become unfit to love and be loved? At what point does a victim become the person to be controlled, to be imprisoned? At what point does one sacrifice their humanity?

    I understand that autism makes me different, that the connections I make are not always accessible to neurotypicals. I also understand that as a white man, I have little credibility when denouncing the domestic violence I suffered, even though I was drugged without my knowledge.

    Why didn’t you report it before? How is it that you didn’t remember it and now you can speak of it? Why did you stay in that situation? There are so many questions where everything seems to depend on me.

    A certain « great » psychologist, who has a thousand and one theories about her brother’s mental health, fails to realize that he is simply autistic, does not accept that he was a victim of domestic violence, and turns him into an object of hatred and rejection, to be dehumanized in the eyes of all.

    A certain brother, a « great » social worker, makes connections to « help. » Connections to mental illness, obviously. Always the absence of autism, the absence of questioning: he cannot conceive that he himself might be in error, that his vision might be false. He is superior, just like his sister.

    Yet, I was only asking for the right to equality. I tried to live with their theories; I took those illnesses upon myself. But autism is not something to be cured; it is a person to be loved. And that—love—was what they so cruelly lacked.

    If I had been a woman, for example, would it have been different? The question is a legitimate one. On what basis would I have been identified as « different »? What theory would have been asserted to strip me of my right to equality?

    It is a normal anger that is born in the face of such injustice, such misunderstandings. Nothing justified locking me into this reality, except perhaps those false theories they refused to question, except for the superiority of those people looking down at me. Where did their desire for revenge and their relentless pursuit of me come from? I saw hatred, and ignorance too. It was a labyrinth with no exit.

    I cannot fight my whole life to prove that I am autistic, that I am not mentally ill, that I do not lack intelligence, that I am not lazy, that I am not antisocial, etc. It is no life to spend one’s time proving that one is a human being.

    The bottom line is that my difference is autism. My mind functions differently. I also react to different events. I express myself differently. Am I less human? Am I inferior? Does that give anyone the right to violate me? Am I unworthy of having a child?

    One might think it is a foolish dream to demand equality. Yet it is not a favor being asked; it is the very foundation of considering one’s neighbor as a human being.

    You, what is your difference?

    Updated March 5, 2026

  • La passion du combattant

    La passion du combattant

    La passion du combattant

    English version below


    Dans ma compréhension, le but est d’avancer tout en gardant un équilibre entre les différentes parties de notre société. C’est aussi comme cela que j’ai essayé de me construire.

    J’ai étudié comme j’ai pu. Je ne savais pas encore pourquoi j’avais autant de difficultés à l’école. Quoi qu’il en soit, je suis entré dans les Forces armées canadiennes dès que j’ai pu le faire sans avoir besoin de la signature de mes parents, bien que je leur en aie parlé.

    J’ai appris, en tant que recrue, que je ne devais pas être le maillon faible de mon groupe. Cela voulait dire que je devais m’entraîner et apprendre à m’occuper de moi et des autres, de ceux qui en avaient le plus besoin. J’ai fait corps avec mon groupe.

    C’est le parcours type d’un combattant : se développer, s’intégrer au groupe et l’amener à être meilleur. Devenir un atout pour soi et pour les autres. C’est bien la démarche que j’ai lue ici.

    Avec une détermination à toute épreuve, nous avançons vers l’objectif ultime du groupe. Et cela passe par l’unité. Plus on se spécialise, plus l’équilibre est difficile. La bataille initiale en cache quelques autres. La répétition nous donne force et expérience. On devient plus efficace.

    La passion qui nous habite cherche à s’exprimer continuellement. Elle nous pousse. On pourrait se trouver face à un mur ; c’est plus fort que soi, il faut le défoncer, le faire tomber pour le dépasser.

    Il y a des murs qu’on fait tomber avec fracas et, quelquefois, avec d’autres stratégies. La vitesse, par exemple. Il y a des murs impossibles à faire tomber. Il faut apprendre à vivre avec ces limites.

    Se trouver une bonne équipe qui nous permettra d’avancer tout en nous aidant à respecter cet apprentissage de soi. C’est un long parcours, certes. Comme au début, on peut bien croire que c’est impossible, que c’est un rêve fou. Pourtant.

    MAJ 5 mars 2026


    The Fighter’s Passion

    In my understanding, the goal is to move forward while maintaining a balance between the different parts of our society. This is also how I have tried to build myself.

    I studied as best I could. I did not yet know why I had so much difficulty in school. Regardless, I joined the Canadian Armed Forces as soon as I could do so without needing my parents’ signature, although I did speak to them about it.

    I learned, as a recruit, that I must not be the weakest link in my group. This meant I had to train and learn to take care of myself and others—those who needed it most. I became one with my group.

    This is the typical journey of a fighter: developing oneself, integrating into the group, and leading it to be better. Becoming an asset to oneself and to others. This is indeed the approach I have read here.

    With unwavering determination, we move toward the group’s ultimate goal. And this requires unity. The more we specialize, the more difficult balance becomes. The initial battle hides a few others. Repetition gives us strength and experience. We become more efficient.

    The passion within us seeks continuous expression. It drives us. We might find ourselves facing a wall; it is stronger than oneself, it must be smashed through, torn down to be overcome.

    There are walls we bring down with a crash, and sometimes, with other strategies. Speed, for example. There are walls impossible to knock down. One must learn to live with these limits.

    Finding a good team that will allow us to move forward while helping us respect this self-learning process. It is a long journey, certainly. Just as at the beginning, one might well believe it is impossible, a foolish dream. And yet.

    Updated March 5, 2026

  • Pause

    Pause

    Pause

    English version below


    Il n’y aura pas de texte ce vendredi 15 mars.

    MAJ 4 mars 2026


    Pause

    There will be no text this Friday, March 15.

    Updated March 4, 2026

  • La justice participative**

    La justice participative**

    La justice participative

    English version below


    Comprendre l’humanité chez soi et chez les autres, donc. Apprendre à s’aimer, imparfaitement. Affirmer son amour de soi tout en acceptant ses erreurs qui nous rendent humains, sans jamais relâcher l’effort pour devenir meilleurs. C’est du droit à l’erreur que je parlais dans un texte précédent. Ce droit est aussi une responsabilité.

    Je fais des représentations mentales, c’est-à-dire que je reconnais chez les gens des aspects que j’idéalise. Je valorise un certain trait d’une personnalité publique et je construis un modèle avec cela. Avec l’ensemble de ces aspects que je prends ici et là, je me crée un modèle de personne idéale, ce que je souhaite devenir.

    Prendre une personne comme modèle est aussi quelque chose qui se fait. On idéalise, dans son ensemble perçu, une personnalité publique ou un membre de la famille, par exemple. Malgré tout, on finit par comprendre l’humanité de ces modèles. Tout le monde tombe. Évidemment. Pas tous ne se relèvent, pas tous n’apprennent, pas tous ne deviennent meilleurs, dit-on.

    Je fais une erreur. J’en prends conscience. Je répare ce qui est possible et/ou je compense par des implications sociales qui aident les personnes touchées ou celles qui sont le plus dans le besoin, selon mes forces. C’est ma conception bien personnelle de ce qu’est une justice réparatrice*, une justice participative**.

    Comment puis-je réparer mes erreurs et les compenser ? À défaut, une punition s’impose pour me faire réfléchir afin que je comprenne ce que j’ai fait et pour amener, on l’espère, un changement de comportement, une amélioration. Le système juridique canadien et québécois offre une justice réparatrice plutôt que punitive lorsqu’elle est appropriée.

    « […] Finalement, le but de la punition est d’amener un changement de comportement suite à une prise de conscience. » (Extrait d’un message que j’ai publié sur Twitter.)

    La justice participative va dans ce sens ; les différentes parties impliquées déterminent les dommages et cherchent des solutions pour réparer l’erreur, la compenser et déterminer un nouveau modèle, lequel se veut une amélioration. Le tout sera approuvé par un juge.

    Je sais bien que cette justice réparatrice ou cette justice participative ne peut s’appliquer en tout temps. Il y a assurément des circonstances où la punition est nécessaire. Je ne suis pas juriste et ne connais pas toutes les subtilités de ces alternatives. De plus, chaque cas est particulier et il faut posséder l’ensemble des faits pour se positionner. Tout de même, j’y ai fait référence à quelques reprises sur les réseaux sociaux et j’ai cru bon d’en parler un peu plus longuement pour partager ma compréhension.

    **La justice participative, Barreau du Québec

    *La justice réparatrice, Ministère de la Justice du Canada

    MAJ 5 mars 2026


    Participatory Justice

    Understanding humanity in oneself and in others, then. Learning to love oneself, imperfectly. Asserting self-love while accepting the mistakes that make us human, without ever relaxing the effort to become better. This is the « right to make mistakes » I spoke of in a previous text. This right is also a responsibility.

    I create mental representations—that is, I recognize aspects in people that I idealize. I value a certain trait of a public figure and build a model with it. With the combination of these aspects taken from here and there, I create a model of an ideal person, what I wish to become.

    Taking a person as a model is also something people do. We idealize a public figure or a family member, for example, in their perceived entirety. Nevertheless, we eventually come to understand the humanity of these models. Everyone falls. Obviously. Not everyone gets back up, not everyone learns, not everyone becomes better, so they say.

    I make a mistake. I become aware of it. I repair what is possible and/or I compensate through social involvement that helps the people affected or those most in need, according to my strengths. This is my very personal conception of what restorative justice* or participatory justice** is.

    How can I repair my mistakes and compensate for them? Failing that, a punishment is necessary to make me reflect so that I understand what I have done and to bring about, hopefully, a change in behavior, an improvement. The Canadian and Quebec legal systems offer restorative justice rather than punitive justice when appropriate.

    « […] Ultimately, the goal of punishment is to bring about a change in behavior following a realization. » (Excerpt from a message I posted on Twitter.)

    Participatory justice moves in this direction; the different parties involved determine the damages and seek solutions to repair the error, compensate for it, and determine a new model, which aims to be an improvement. The whole process is then approved by a judge.

    I am well aware that this restorative or participatory justice cannot be applied at all times. There are certainly circumstances where punishment is necessary. I am not a legal expert and do not know all the subtleties of these alternatives. Furthermore, every case is unique, and one must possess all the facts to take a position. Still, I have referred to it several times on social media and thought it wise to speak about it at greater length to share my understanding.

    **Participatory Justice, Barreau du Québec

    *Restorative Justice, Department of Justice Canada

    Updated March 5, 2026


  • Parcours du combattant

    Parcours du combattant

    Parcours du combattant

    English version below


    Il y a quelques années, j’ai décidé de prendre ma retraite. Je recevais des rentes pour personnes handicapées. Mes revenus sont excellents, voire exceptionnels.

    Néanmoins, le poids du passé demeurait, essentiellement pour deux raisons : je devais continuer mon combat pour obtenir justice et réparation, et je devais trouver un moyen de sortir de ce labyrinthe de folie.

    Il a fallu beaucoup de force et de résilience pour identifier ce qui m’handicapait suite à l’accident d’auto. Il n’y avait pas de programme gouvernemental pour le traumatisme crânien sévère à cette période. De plus, j’étais un jeune militaire peu connu de mes supérieurs ; ils n’avaient donc pas la possibilité de comparer l’avant et l’après. Parce que je n’étais plus le même. Le petit gars était mort, et le bébé naissant était un jeune adulte.

    Cela s’ajoutait au fait que l’année précédente, alors que j’étais nouvellement militaire, j’avais été poignardé et qu’un syndrome de stress post-traumatique s’en était suivi, faute de soins appropriés. L’accident d’auto a aussi eu comme répercussion un deuxième syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Les cauchemars, les images intrusives et l’hypervigilance allaient bon train : couteaux, poursuites, mur de béton en face de l’auto, etc.

    Je comprends la difficulté des diagnostics. Est-ce que je crois avoir été traité avec respect et diligence ? Non. Est-ce que je crois qu’on a tenté d’abuser de ma naïveté pour fermer le dossier rapidement ? Oui. Mais…

    Je me suis battu et j’ai fait appel aussi souvent qu’il m’était possible de le faire parce que, finalement, jamais une expertise n’expliquait complètement ma situation. Aucune ne parlait de l’importance du traumatisme crânien sévère sur le développement de la personnalité, ni même ne mentionnait le SSPT. Jusqu’au point où les Anciens Combattants ont reconnu le syndrome de stress post-traumatique. Puis, en fouillant dans mon dossier militaire, j’ai trouvé un rapport médical qui parlait du traumatisme crânien sévère. La reconnaissance des handicaps a commencé à débouler.

    Dans tout ce processus, le besoin d’aimer et d’être aimé était énorme. Je frappais continuellement des murs. Que ce soit à travers une violence conjugale subie ou à travers une famille qui s’obstinait à me discriminer, j’étais démuni. On me ramenait sans cesse à des problèmes de santé mentale. J’en ai développé une peur immense d’être traité faussement de malade mental. Même après la psychanalyse déjà mentionnée dans un texte précédent — psychanalyse qui a soigné les SSPT. Dans ce processus pour recouvrer ma vie, j’essayais d’apprendre à aimer de mieux en mieux et, par la même occasion, d’être aimé en retour.

    Je n’avais pas de modèle, malheureusement. Ma situation singulière me rendait assurément trop différent de tous. Je pouvais bien avoir de l’admiration pour un tel ou une telle, tenter d’aller chercher du courage à travers une lecture ou un film, il n’en demeurait pas moins que je restais pris dans mon labyrinthe sans issue. J’ai, au fil du temps, adopté un comportement inadapté lorsque je faisais face à des situations liées à la maladie mentale. J’étais encore démuni, atteint.

    C’est en m’impliquant sur les réseaux sociaux, en donnant de mon temps, en partageant mes réflexions et, ma foi, un certain don avec les structures, que j’ai commencé à me sentir en relation avec les autres. Ce don, c’est ce qu’on a fini par comprendre et me faire savoir : cela s’appelait l’autisme. Trop bizarre. Mais quel soulagement. C’était la dernière pièce du casse-tête avec lequel je jonglais ma vie, la toile de fond. Ainsi, c’est en donnant ma vie sur les réseaux sociaux, en redonnant ce que la société me donnait à travers des rentes et des soins appropriés, à travers une reconnaissance, que j’ai pu aller encore plus loin dans ma compréhension de l’humanité.

    MAJ 5 mars 2026


    Obstacle Course

    A few years ago, I decided to retire. I was receiving disability benefits. My income is excellent, even exceptional.

    Nevertheless, the weight of the past remained, primarily for two reasons: I had to continue my fight for justice and reparation, and I had to find a way out of this labyrinth of madness.

    It took a great deal of strength and resilience to identify what was disabling me following the car accident. At that time, there was no government program for severe traumatic brain injury (TBI). Furthermore, I was a young soldier little known to my superiors; they thus had no way to compare the « before » and « after. » Because I was no longer the same. The « little guy » was dead, and the newborn baby was a young adult.

    This was compounded by the fact that the previous year, as a new soldier, I had been stabbed, and post-traumatic stress disorder (PTSD) had followed due to a lack of proper care. The car accident also resulted in a second post-traumatic stress disorder. Nightmares, intrusive images, and hypervigilance were in full swing: knives, chases, the concrete wall in front of the car, and so on.

    I understand the difficulty of diagnostics. Do I believe I was treated with respect and diligence? No. Do I believe there were attempts to take advantage of my naivety to close the file quickly? Yes. But…

    I fought and appealed as often as I possibly could because, ultimately, no expert assessment ever fully explained my situation. None spoke of the significance of severe traumatic brain injury on personality development, nor did they even mention PTSD. This continued until Veterans Affairs recognized the post-traumatic stress disorder. Then, while digging through my military file, I found a medical report mentioning the severe traumatic brain injury. The recognition of my disabilities began to snowball.

    Throughout this process, the need to love and be loved was enormous. I was constantly hitting walls. Whether through domestic violence or a family that persisted in discriminating against me, I was helpless. I was constantly steered back toward mental health issues. I developed an immense fear of being falsely labeled as mentally ill. Even after the psychoanalysis mentioned in a previous text—which cured the PTSD—I was still struggling. In this process of reclaiming my life, I was trying to learn how to love better and, by the same token, to be loved in return.

    I had no role model, unfortunately. My singular situation made me undoubtedly too different from everyone else. I could admire this person or that one, try to find courage through a book or a film, but the fact remained that I was stuck in my dead-end labyrinth. Over time, I adopted maladaptive behaviors when faced with situations related to mental illness. I was still vulnerable, still affected.

    It was by getting involved on social media, giving my time, sharing my reflections, and—frankly—a certain gift for structures, that I began to feel in relationship with others. This gift is what people eventually understood and let me know: it was called autism. So strange. But what a relief. It was the last piece of the puzzle I had been juggling my whole life, the background canvas. Thus, by giving my life on social media, by giving back what society gave me through benefits and proper care, through recognition, I was able to go even further in my understanding of humanity.

    Updated March 5, 2026


  • La protection

    La protection

    La protection

    English version below


    J’ai choisi d’aimer, donc. L’estime est un apprentissage. Au début, les parents représentent tout pour l’enfant que nous sommes. Plus tard, la fratrie représente les premières socialisations où l’autre est distinct de soi, à moins que ça ne se passe dans un centre de la petite enfance. C’est ma vision.

    L’estime de soi se construit à partir de l’amour, de l’approbation bienveillante qu’on reçoit. Par le fait même, moins on en reçoit, plus c’est difficile de la développer, de la cultiver. Cela influence notre façon d’évaluer ; soi et les autres.

    Peut-être est-ce ce choix que je faisais jour après jour qui m’a permis de passer au travers de toutes ces épreuves et qui me donnait le courage nécessaire pour me relever lorsque je tombais ? Parce que, comme vous tous, je suis tombé.

    C’est normal, j’apprenais à marcher. Puis à parler. À développer mon autonomie. À vivre seul et avec les autres. J’apprenais à aimer. Toujours de mieux en mieux, de plus en plus. C’est un défi de tous les jours, pour tous et chacun, sans exception. On peut le relever, s’y attaquer, ou simplement l’abandonner.

    Une chose apprise est le droit à l’erreur. C’est la base si on veut avancer. Dans un texte précédent, je parlais de résilience. Elle est là, la résilience, dans le droit à l’erreur. C’est aussi dans la responsabilité de comprendre son erreur, d’en tirer une leçon, un apprentissage qui me fasse grandir.

    Le devoir est de comprendre la leçon et de la mettre en pratique. Assurément la mettre en pratique. Dans les faits, tout le monde tombe. La symbolique est forte. Se relever est un rêve qui ne se concrétise qu’avec des efforts, du détachement, de l’action. Tout le temps.

    Comprendre ce qui s’est passé, faire le point, établir un plan. Pas à pas, on fait le ménage dans sa vie pour protéger cet amour qui nous habite, pour protéger aussi ceux à qui nous avons donné notre amour. « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

    Se relever, faire le ménage, implique des deuils et un réapprentissage à s’aimer et à aimer les autres encore d’une nouvelle façon. Garder son sang-froid, prendre le temps de bien faire chacune des étapes et développer une saine fierté de notre cheminement.

    Envers et contre tous. Parce que cette fierté, on voudra l’éteindre. Quelquefois par incompréhension du cheminement, d’autres par jalousie. Je me réjouis lorsque quelqu’un réussit, ça ne m’enlève rien. Au contraire, cette joie que j’éprouve pour la réussite me montre que c’est possible de se relever, que c’est possible de réaliser son rêve.

    Suffit-il de réaliser son rêve ? Je crois sincèrement et profondément qu’une fois que le rêve se réalise, il grandit à travers la concrétisation des rêves de ceux qu’on aime. L’amour, c’est une protection. Il faut en comprendre la symbolique.

    MAJ 5 mars 2026


    Protection

    I have chosen to love, then. Self-esteem is a learning process. At the beginning, parents represent everything to the child we are. Later, siblings represent the first socializations where the other is distinct from oneself—unless this happens in an early childhood center. That is my vision.

    Self-esteem is built from the love and benevolent approval we receive. By the same token, the less we receive, the harder it is to develop and cultivate it. This influences the way we evaluate; both ourselves and others.

    Perhaps it was this choice I made day after day that allowed me to get through all those trials and gave me the courage necessary to get back up when I fell? Because, like all of you, I fell.

    It’s normal; I was learning to walk. Then to speak. To develop my autonomy. To live alone and with others. I was learning to love. Always better and better, more and more. It is a daily challenge for each and every one, without exception. We can rise to it, tackle it, or simply give up.

    One thing learned is the right to make mistakes. This is the foundation if one wishes to move forward. In a previous text, I spoke of resilience. Resilience is there, in the right to make mistakes. It is also in the responsibility to understand one’s mistake, to draw a lesson from it—a learning experience that makes me grow.

    The duty is to understand the lesson and put it into practice. Most certainly to put it into practice. In reality, everyone falls. The symbolism is powerful. Getting back up is a dream that only becomes concrete through effort, detachment, and action. All the time.

    Understanding what happened, taking stock, establishing a plan. Step by step, we clean up our lives to protect this love that lives within us, and also to protect those to whom we have given our love. « You become responsible, forever, for what you have tamed. »

    Getting back up, cleaning up, involves grieving and relearning to love oneself and others in a new way. Keeping one’s cool, taking the time to complete each step well, and developing a healthy pride in our journey.

    Against all odds. Because people will want to extinguish that pride. Sometimes out of misunderstanding the journey, other times out of jealousy. I rejoice when someone succeeds; it takes nothing away from me. On the contrary, the joy I feel for success shows me that it is possible to get back up, that it is possible to realize one’s dream.

    Is it enough to realize one’s dream? I sincerely and deeply believe that once a dream is realized, it grows through the fulfillment of the dreams of those we love. Love is a protection. One must understand its symbolism.

    Updated March 5, 2026


Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »