Auteur : Christian Legault

  • Québec

    Québec

    Québec

    Il y a dans les fontaines quelque chose de fascinant. En voyage, je m’arrête toujours auprès de l’une d’entre elles : un rituel. À la fois œuvre d’art à contempler, il s’en dégage une magie, un vécu ; elles marquent aussi un lieu de rencontre. En complément d’information : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Tourny

    Mon texte : Québec

    Dans mon texte Montréal, je divisais ma vie en trois grandes périodes où ici, à Québec, se retrouve celle du milieu. Jusqu’à relativement récemment, je voyais davantage mes traumas comme des étapes significatives, allant jusqu’à parler de mort comme démarcation puisque j’ai vécu plusieurs expériences de mort imminente.

    Mon vécu m’a amené à consulter en psychologie, j’en ai longuement parlé. Après quelques années à Québec, cette situation a quelque peu changé. J’ai rencontré des médecins qui voulaient en savoir plus sur ma condition décrite dans les rapports médicaux ; plusieurs diagnostics se contredisaient. Si on tenait ces faux diagnostics pour acquis, ils auraient une autre personne devant eux.

    De fil en aiguille, d’investigation en investigation, il en est ressorti deux grands courants : ceux qui opinaient pour un syndrome de stress post-traumatique, avec certains aspects en rémission, alors que d’autres y allaient avec le polytraumatisme crânien sévère. L’un et l’autre représentaient un avancement significatif, un bilan constructif, quelque chose que je pouvais travailler, des diagnostics qui représentaient des réalités que j’avais vécues sans avoir eu de soins appropriés.

    Les Forces armées canadiennes ont aussi joué un rôle majeur durant cette période. Après différents tests réussis pour une qualification, on a approfondi l’examen de mon dossier. C’est là qu’on a trouvé l’erreur, celle que je dénonçais précédemment. Cet approfondissement a permis d’entreprendre des démarches pour faire valoir mes droits. Vous connaissez la suite, je suis toujours en démarche légale plus de 34 ans après l’erreur.

    En plus de ces avancements majeurs, j’ai aussi pu cumuler différentes réalisations qui m’ont apporté une grande force pour faire face aux difficultés de la vie. Tout cela impliquait des deuils. On oublie souvent, me semble-t-il, que tout changement implique la fin d’un fonctionnement auquel on s’est habitué, voire attaché. La plus grande de mes réalisations est cet outil que j’ai développé en psychanalyse avec deux médecins de Québec. C’est lui, en fin de compte, qui me permet de mieux vivre avec les structures que je vois.

    Le côté champêtre de Québec m’a plu tout de suite. Une projection de mon avenir était facile. La Ville m’apparaissait sécuritaire et à dimension humaine, l’idéal pour y fonder une famille. Les maisons étaient aussi moins chères qu’à Montréal. Je pouvais découvrir plus amplement d’autres régions, telles Charlevoix, la Côte de Beaupré et l’Île d’Orléans, étant donné la proximité. Toutefois, la petite ville a rapidement commencé à grandir, à prendre de l’expansion. Une nouvelle compréhension de la Capitale-Nationale s’est ouverte à moi, ou disons une meilleure vision de la fierté que cela implique. J’en ai appris davantage sur son histoire, sur les emblèmes autres que le Château Frontenac, et ressenti dans la population un sens de la Nation québécoise.

    Le pont de Québec n’est pas simplement une route qui permet de traverser un cours d’eau, mais un monument avec son passé unique et son empreinte de fierté. Un combat pour son entretien et sa mise en valeur a commencé durant ces années. La porte Saint-Jean a pris une signification particulière alors que je la passais fréquemment. Tranquillement, je dessinais dans mon esprit une ville fortifiée avec des remparts, avec des canons, avec les Plaines d’Abraham et la présence militaire encore active, en outre le R22eR à la Citadelle de Québec et, pas si loin, la base militaire Valcartier. La Promenade Samuel-De Champlain est une réalisation qui met en valeur notre beau fleuve et la Ville de Québec, notre Capitale-Nationale.

    Ce qui m’apparaissait être une ville de fonctionnaires est devenue à mes yeux un lieu de vie beaucoup plus diversifié. Une augmentation de l’économie du secteur privé s’est ajoutée à celles générées par les Forces armées canadiennes, les différents ministères et l’Assemblée nationale du Québec, l’Assnat, où nous envoyons nos représentants s’occuper de la chose publique, veiller à la mise en valeur du bien commun et définir notre identité à partir des choix de société que nous faisons pour notre Nation.

    Au fond, c’est bien à Wendake que j’ai eu mon premier vrai contact avec le monde autochtone. Ma fille y suivait des cours de taekwondo, et peu après je me suis impliqué dans cette école pour finalement pratiquer ce sport moi aussi. J’ai vu Tourisme Wendake naître et prendre un tournant important, ainsi que l’hôtel-musée devenir un attrait très apprécié.

    Le Centre Vidéotron a été construit pour préparer le retour des Nordiques, mais aussi pour présenter des spectacles culturels et sportifs dans un amphithéâtre moderne de catégorie supérieure. On rêve de revoir le tandem NordiquesCanadiens avec cette belle compétition passionnée. La Sûreté du Québec, un corps policier national, veille, entre autres, sur l’Assemblée nationale. À tort ou à raison, je leur attribue le devoir de garder l’équilibre entre les pouvoirs, pour le respect de la démocratie dans notre Nation.

    Mon fonctionnement fait en sorte que je sois continuellement en mode infiltration, que toujours je m’imprègnerai de ce qui m’entoure avec ce besoin insatiable de comprendre profondément les structures qui supportent nos réalités. Comme pour ma psychanalyse, le but ultime est de faire un tout cohérent et harmonieux avec l’ensemble.

    9 mars 2026


    Quebec City

    There is something fascinating about fountains. When traveling, I always stop at one of them: a ritual. Both a work of art to contemplate, they give off a magic, a lived experience; they also mark a meeting place. For additional information: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Tourny

    My text: Quebec City

    In my text Montreal, I divided my life into three major periods where here, in Quebec City, the middle one is found. Until relatively recently, I saw my traumas more as significant stages, going as far as to speak of death as a demarcation since I have had several near-death experiences.

    My experience led me to consult in psychology; I have spoken about it at length. After a few years in Quebec City, this situation changed somewhat. I met doctors who wanted to know more about my condition described in the medical reports; several diagnoses contradicted each other. If one took these false diagnoses for granted, they would have another person in front of them.

    One thing leading to another, from investigation to investigation, two main trends emerged: those who opted for post-traumatic stress disorder, with certain aspects in remission, while others went with severe traumatic brain injury. Both represented a significant advancement, a constructive assessment, something I could work on, diagnoses that represented realities I had lived through without having had appropriate care.

    The Canadian Armed Forces also played a major role during this period. After passing various tests for a qualification, the examination of my file was deepened. That is where the error was found, the one I previously denounced. This deepening made it possible to undertake steps to assert my rights. You know the rest; I am still in legal proceedings more than 34 years after the error.

    In addition to these major advancements, I was also able to accumulate various achievements that gave me great strength to face life’s difficulties. All of this involved mourning. We often forget, it seems to me, that every change involves the end of a functioning to which one has become accustomed, even attached. The greatest of my achievements is this tool that I developed in psychoanalysis with two doctors in Quebec City. It is this, in the end, that allows me to live better with the structures I see.

    The rustic side of Quebec City appealed to me immediately. A projection of my future was easy. The City appeared safe and on a human scale to me, ideal for starting a family. Houses were also cheaper than in Montreal. I could further discover other regions, such as Charlevoix, the Côte de Beaupré, and Île d’Orléans, given the proximity. However, the small city quickly began to grow, to expand. A new understanding of the Capitale-Nationale opened up to me, or let’s say a better vision of the pride it implies. I learned more about its history, about landmarks other than the Château Frontenac, and felt within the population a sense of the Quebec Nation.

    The Quebec Bridge is not simply a road that allows one to cross a body of water, but a monument with its unique past and its imprint of pride. A struggle for its maintenance and enhancement began during those years. The Saint-Jean Gate took on a particular meaning as I passed it frequently. Quietly, I drew in my mind a fortified city with ramparts, with cannons, with the Plains of Abraham and the still active military presence, notably the R22eR at the Citadel of Quebec and, not so far away, the Valcartier military base. The Promenade Samuel-De Champlain is an achievement that showcases our beautiful river and Quebec City, our National Capital.

    What appeared to me to be a city of civil servants became in my eyes a much more diversified living environment. An increase in the private sector economy was added to those generated by the Canadian Armed Forces, the various ministries, and the National Assembly of Quebec, the Assnat, where we send our representatives to look after public affairs, ensure the enhancement of the common good, and define our identity based on the societal choices we make for our Nation.

    Actually, it was in Wendake that I had my first real contact with the Indigenous world. My daughter took taekwondo lessons there, and shortly after I got involved in this school to finally practice this sport myself as well. I saw Tourisme Wendake being born and taking an important turn, as well as the hotel-museum becoming a highly appreciated attraction.

    The Videotron Centre was built to prepare for the return of the Nordiques, but also to present cultural and sporting shows in a modern, superior-category amphitheater. We dream of seeing the NordiquesCanadiens tandem again with that beautiful, passionate competition. The Sûreté du Québec, a national police force, watches over, among other things, the National Assembly. Rightly or wrongly, I attribute to them the duty to maintain the balance between powers, for the respect of democracy in our Nation.

    My functioning ensures that I am continually in infiltration mode, that I will always soak up what surrounds me with this insatiable need to deeply understand the structures that support our realities. As with my psychoanalysis, the ultimate goal is to create a coherent and harmonious whole with everything.

    March 9, 2026

  • La crise

    La crise

    La crise

    USS Greyhound : la bataille de l’Atlantique

    USS Greyhound : la bataille de l’Atlantique, avec Tom Hanks. Film loué sur Apple TV+ qui relate un événement de guerre « tiré du roman Bergers sur la mer (The Good Shepherd, 1955) de C. S. Forester »*. Cette histoire prend tout son sens grâce à la présence de cet acteur formidable.

    *Extrait de Wikipédia, juillet 2020.

    Mon texte : La crise

    Tout va bien. Puis, peu à peu, un dérangement prend de l’ampleur. Quelquefois, ce sont plusieurs petites situations problématiques qui se multiplient, apparemment sans rapport les unes avec les autres. Une crise se dessine.

    Je déteste ces moments où tout semble devenir discordant, où tout ce qu’on fait ne sert qu’à s’enfoncer dans la crise. Un mauvais sort ? Rien n’est impossible. Le karma de quoi ? Je ne cesse d’aider les gens, de les aimer, souvent des personnes que je ne connais même pas malgré l’utilisation du mot ami, comme si je ne faisais aucune distinction. En tout cas, ces moments me rebutent au plus haut point, bien que d’une certaine manière j’aie l’impression de courir vers ces difficultés et de tout faire malgré moi pour que la tempête se produise.

    À chaque crise, il y a au moins un apprentissage à acquérir. Est-ce qu’il y a un lien entre ces nœuds d’insatisfaction ? L’ennemi invisible que je dois reconnaître et comprendre.

    Une nouvelle coordination de notre réalité intérieure ou extérieure cherche à s’installer. Je ne sais pas. Tout à coup, chaque erreur commise, chaque moment d’inattention devient d’une lourdeur incroyable. L’image que j’ai de moi en prend un coup. Quelque chose veut s’incarner, alors que je me déconstruis à tel point qu’il m’apparaît impossible de revenir à la vie. C’est la fin, me semble-t-il. Je suis démoli.

    Nous vivons tous des crises qui mettent notre foi à l’épreuve, qui installent un doute sur notre désir de vivre. Nous sommes alors prêts à nous accrocher au moindre indice qui nous sortirait de cette noirceur.

    Au cœur de ce champ de bataille, une relation plus intime avec ce que je suis commence à se faire sentir. Si je porte attention, je découvre une présence. Soudain, je peux faire face à la situation, tout cela prend graduellement un sens. Nos convictions sont confirmées ; en la science ou en Dieu, si jamais une réelle différence existe entre les deux.

    Je pressens un lien mystique entre ces différentes parties de moi qui se combattent. Je tente de verbaliser ce vécu, de nommer l’explication. Je discute avec les autres, je lis, j’apprends. Je suis à la conquête d’une nouvelle conscience ou, plus simplement, il s’agit de mon besoin de libération qui s’exprime.

    Même chose pour mes problèmes du quotidien. Je vais au-delà de la forme de chacun d’eux et trouve une nouvelle organisation qui me permette de solutionner ceux-ci. Sinon, dans son essence, il y a une modification à faire pour qu’ils ne se reproduisent plus. Trouver le plus petit changement de comportement « global » qui apporte la meilleure solution possible pour ces difficultés rencontrées.

    Ainsi ce virus pandémique nous a permis d’identifier les points faibles de nos sociétés et de comprendre qu’il était presque impossible de prospérer sans une justice sociale adéquate, sans commencer à réparer humainement ce qui est brisé. Une nouvelle organisation coordonnée, communautaire, humaine, est nécessaire.

    9 mars 2026


    The Crisis

    USS Greyhound: The Battle of the Atlantic

    USS Greyhound: The Battle of the Atlantic, starring Tom Hanks. A film rented on Apple TV+ that recounts a war event « adapted from the novel The Good Shepherd (1955) by C. S. Forester« *. This story takes on its full meaning thanks to the presence of this formidable actor.

    *Excerpt from Wikipedia, July 2020.

    My text: The Crisis

    Everything is fine. Then, little by little, a disturbance grows. Sometimes, it is several small problematic situations that multiply, seemingly unrelated to each other. A crisis takes shape.

    I hate those moments when everything seems to become discordant, where everything one does only serves to sink deeper into the crisis. A curse? Nothing is impossible. The karma of what? I never stop helping people, loving them, often people I don’t even know despite the use of the word friend, as if I made no distinction. In any case, these moments repel me to the highest degree, although in a certain way I have the impression of running toward these difficulties and doing everything in spite of myself so that the storm occurs.

    With every crisis, there is at least one lesson to be learned. Is there a link between these knots of dissatisfaction? The invisible enemy that I must recognize and understand.

    A new coordination of our internal or external reality seeks to establish itself. I don’t know. Suddenly, every mistake made, every moment of inattention becomes incredibly heavy. The image I have of myself takes a hit. Something wants to manifest, while I deconstruct myself to such an extent that it seems impossible to return to life. It is the end, it seems to me. I am demolished.

    We all experience crises that put our faith to the test, that instill doubt about our desire to live. We are then ready to cling to the slightest clue that would lead us out of this darkness.

    At the heart of this battlefield, a more intimate relationship with what I am begins to be felt. If I pay attention, I discover a presence. Suddenly, I can face the situation; it all gradually takes on meaning. Our convictions are confirmed; in science or in God, if a real difference ever exists between the two.

    I sense a mystical link between these different parts of myself that are fighting each other. I try to verbalize this experience, to name the explanation. I talk with others, I read, I learn. I am on a conquest for a new consciousness or, more simply, it is my need for liberation expressing itself.

    The same goes for my daily problems. I go beyond the form of each of them and find a new organization that allows me to solve them. Otherwise, in its essence, there is a modification to be made so that they do not happen again. Finding the smallest « global » behavioral change that brings the best possible solution for these difficulties encountered.

    Thus, this pandemic virus allowed us to identify the weak points of our societies and to understand that it was almost impossible to prosper without adequate social justice, without beginning to humanly repair what is broken. A new coordinated, community-based, human organization is necessary.

    March 9, 2026

  • Montréal

    Montréal

    Montréal

    Cursed : La Rebelle

    Une série sur Netflix que je commence à peine à regarder. Une histoire de magie, de défense d’un peuple, de lien avec la nature et l’humanité, avec Katherine Langford. J’approfondirai avec plaisir cet ajout à la fameuse légende de Merlin (Gustaf Skarsgard) en continuant son écoute.

    Mon texte : Montréal

    Natif de Montréal et y ayant habité l’essentiel de la première partie de ma vie, je ne réalisais pas à quel point cela définissait ce que j’étais avant de quitter cette ville définitivement.

    Durant cette première période, j’ai vu le transport électrifié disparaître. J’ai de vagues souvenirs de discussions autour de la pollution visuelle des fils électriques qui alimentaient les tramways, alors que nous étions dorénavant propriétaires et producteurs d’électricité. On voulait que la ville soit belle. Pour compenser, je suppose, le métro a été inauguré à l’occasion de l’exposition universelle de 1967 (Expo 67). Montréal devenait moderne et souhaitait être sous son plus beau jour pour cet événement unique.

    J’ai plus de souvenirs de l’époque des Jeux Olympiques de 1976. J’habitais relativement près du stade. Toutefois, les billets étaient apparemment trop chers pour penser amener des enfants. Néanmoins, ce fut une fierté que d’apparaître comme une ville d’intérêt dans le monde. Encore une fois, on existait.

    Pourquoi vois-je encore mon père faire son air mi-fâché mi-désolé en disant qu’apparemment des « Indiens » étaient violés dans les orphelinats ? C’était une rumeur qui circulait dans certains milieux de Montréal, disait mon père à cette même époque, me semble-t-il. L’aéroport de Mirabel nous a été présenté comme une nécessité pour nous « mettre sur la map », pour devenir une destination internationale. On connaît la suite et le passage souvent obligé par Toronto.

    Je n’ai pas compris cette histoire des Floralies, sinon que bien plus tard dans ma vie. Mes préoccupations à ce moment se trouvaient davantage dans ma recherche de copains et dans l’espérance quasiment utopique d’avoir une blonde. Les études n’avaient plus d’intérêt pour moi. Malgré ma présence physique la plupart du temps, j’avais décroché.

    Bref, tout cela s’est passé dans ma jeunesse sur un fond de compétition économique entre Toronto, Canada et Montréal, Québec. Je n’étais pas très politisé et la représentation se résumait à ça, à une sorte de guerre économique basée sur une option démocratique où un peuple difficilement définissable tentait de se lever, de montrer son goût de vivre, de dépasser simplement la survie.

    La recherche plus explicite de mon identité est apparue justement dans ce contexte social et dans les années 80. Suite au polytraumatisme crânien et à l’amnésie qui s’en est suivie, je ne savais plus qui j’étais. Par moments, cette quête me décourageait totalement. Tous ces événements qui faisaient partie de moi n’avaient plus de sens. J’avançais clairement à contre-courant. Aucune signification de mon passé n’existait.

    À l’étape suivante de ma vie, la deuxième, j’habitais la Capitale nationale. La ville de Québec a pris de l’expansion durant ces années. Aucun lien avec ma présence, mais j’étais témoin. J’y reviendrai dans un prochain texte.

    De retour à Montréal, pensant retrouver ma famille et y recommencer une vie après un mariage toxique et un divorce horrible, d’autres déceptions m’attendaient. Mon avenir a été volé, comme je disais il y a quelques jours. J’ai donc graduellement coupé avec ma famille. Puis, finalement, j’ai eu ce diagnostic d’autisme d’un niveau quelconque, mais qu’on appelait auparavant Asperger.

    Ma vie a ainsi changé. Il n’était plus question d’attaquer mon intégrité psychique avec de faux diagnostics de maladie mentale. Mon fonctionnement est différent, sans plus. Un nouveau regard sur ma vie est maintenant possible, un retour aux sources pour un nouveau départ avec une identité plus consciente, plus harmonieuse, dans un contexte social différent.

    La présente administration de la plus grande ville française en Amérique a entrepris de changer graduellement ses autobus qui utilisent le pétrole par d’autres fonctionnant à l’électricité. Cela s’inscrit dans un plan vert plus global. Nous parlons de pollution de l’air, d’écologie, de transport en commun plus diversifié, de milieu de vie sain et humain. La notion de beauté a également évolué. On veut davantage développer une vie de quartier. Pour ce faire, il y a création de parcs, d’espaces publics, de rues piétonnières et de voies réservées pour les vélos. Une vision pour une nouvelle ville. Être « sur la map » ne suffit plus, il faut interagir avec la « map ». La Ville est vivante.

    Au-delà de la sensibilisation à la réalité des Autochtones existe le besoin d’agir avec compréhension pour une justice réparatrice. Renouer avec l’importance de notre lien avec la nature s’inscrit parfaitement dans la reconnaissance de la culture autochtone qui intégrait une relation particulière avec la nature ; un sentiment d’harmonie entre l’environnement et le mode de vie qui en découlait. Une réalité enfin souhaitée et partagée, ce qui nous fait mieux voir la culture autochtone trop longtemps niée.

    La future ligne rose favorisera le transport à Montréal et éliminera le besoin d’utilisation d’une auto pour encore plus de personnes. Cette offre de services est plus complète et cohérente avec une vue d’ensemble. Montréal est en transformation, en respect avec les choix de société que nous faisons présentement pour un avenir plus durablement sain, plus humain.

    Déjà auparavant, sous l’ancienne administration, un tournant avait été entrepris, signe de l’essoufflement de cette guerre idéologique. Quelques nouveaux emblèmes de fierté pour la Ville : « – prolongement du métro sur la ligne bleue jusqu’à Anjou ;

    • trois anniversaires qui convergent en 2017 (375e de Montréal, 150e de la Confédération, 50e de l’Expo) ;
    • la Grande Roue ;
    • le pont Jacques-Cartier illuminé ». *

    *Source : Radio-Canada.

    9 mars 2026


    Montreal

    Cursed

    A series on Netflix that I am just starting to watch. A story of magic, of defending a people, of connection with nature and humanity, with Katherine Langford. I will enjoy deepening this addition to the famous legend of Merlin (Gustaf Skarsgard) by continuing to watch it.

    My text: Montreal

    A native of Montreal and having lived there for the bulk of the first part of my life, I did not realize how much it defined who I was before leaving that city for good.

    During that first period, I saw electrified transport disappear. I have vague memories of discussions about the visual pollution of the electric wires that powered the streetcars, while we were now owners and producers of electricity. We wanted the city to be beautiful. To compensate, I suppose, the subway was inaugurated on the occasion of the 1967 World’s Fair (Expo 67). Montreal was becoming modern and wanted to be at its best for this unique event.

    I have more memories of the era of the 1976 Olympic Games. I lived relatively close to the stadium. However, tickets were apparently too expensive to think about bringing children. Nevertheless, it was a source of pride to appear as a city of interest in the world. Once again, we existed.

    Why do I still see my father making his half-angry, half-sorry face while saying that apparently « Indians » were being raped in orphanages? It was a rumor circulating in certain circles in Montreal, my father said at that same time, it seems to me. Mirabel Airport was presented to us as a necessity to « put us on the map, » to become an international destination. We know the rest and the often-mandatory passage through Toronto.

    I did not understand the story of the Floralies, except much later in my life. My concerns at that time were more in my search for buddies and in the almost utopian hope of having a girlfriend. Studies held no interest for me. Despite my physical presence most of the time, I had dropped out.

    In short, all this happened in my youth against a background of economic competition between Toronto, Canada, and Montreal, Quebec. I was not very politicized and the representation boiled down to that, to a kind of economic war based on a democratic option where a difficult-to-define people tried to stand up, to show its zest for life, to go beyond simple survival.

    The more explicit search for my identity appeared precisely in this social context and in the 80s. Following the traumatic brain injury and the amnesia that followed, I no longer knew who I was. At times, this quest totally discouraged me. All those events that were part of me no longer made sense. I was clearly moving against the current. No meaning of my past existed.

    In the next stage of my life, the second one, I lived in the National Capital. Quebec City expanded during those years. No link to my presence, but I was a witness. I will return to this in a future text.

    Back in Montreal, thinking I would find my family and start a life over after a toxic marriage and a horrible divorce, other disappointments awaited me. My future was stolen, as I said a few days ago. I therefore gradually cut ties with my family. Then, finally, I got this diagnosis of autism of some level, but which was previously called Asperger’s.

    My life thus changed. There was no longer any question of attacking my psychic integrity with false diagnoses of mental illness. My functioning is different, nothing more. A new look at my life is now possible, a return to roots for a new start with a more conscious, more harmonious identity, in a different social context.

    The present administration of the largest French city in America has undertaken to gradually change its buses that use oil for others running on electricity. This is part of a more global green plan. We are talking about air pollution, ecology, more diversified public transit, a healthy and human living environment. The notion of beauty has also evolved. We want to further develop neighborhood life. To do this, there is the creation of parks, public spaces, pedestrian streets, and reserved lanes for bicycles. A vision for a new city. Being « on the map » is no longer enough; one must interact with the « map. » The City is alive.

    Beyond raising awareness of the reality of Indigenous people, there is a need to act with understanding for restorative justice. Reconnecting with the importance of our bond with nature fits perfectly into the recognition of Indigenous culture, which integrated a particular relationship with nature; a sense of harmony between the environment and the resulting way of life. A reality finally desired and shared, which makes us better see the Indigenous culture too long denied.

    The future Pink Line will promote transport in Montreal and eliminate the need to use a car for even more people. This service offering is more complete and consistent with an overall view. Montreal is undergoing transformation, in respect of the societal choices we are currently making for a more sustainably healthy, more human future.

    Already before, under the former administration, a turning point had been undertaken, a sign of the exhaustion of this ideological war. Some new emblems of pride for the City: « – extension of the subway on the Blue Line to Anjou;

    • three anniversaries converging in 2017 (375th of Montreal, 150th of Confederation, 50th of Expo);
    • the Giant Wheel;
    • the illuminated Jacques-Cartier Bridge ». *

    *Source: Radio-Canada.

    March 9, 2026

  • L’autisme

    L’autisme

    L’autisme

    Les Morissette

    J’ai apprécié ce spectacle à Québec. Il est actuellement disponible sur TouTV. J’ai appris leur implication avec l’autisme avant même que je reçoive mon diagnostic. D’ailleurs, je n’en faisais pas grand cas jusqu’à ce que je réalise l’impact que cela avait aussi pour les autres. D’apprendre que j’étais autiste a été un soulagement, comme je l’ai déjà mentionné, il me semble. En même temps, j’étais sous le choc sans m’en rendre compte, étranger à moi-même. Je devais revoir toute ma vie sous ce nouvel angle de mon identité : je pense différemment. J’ai d’abord compris l’implication de Véro et Louis via la Fondation Véro et Louis, surtout par les réseaux sociaux ; on parlait de maisons, de briques et de chandails. La sensibilisation à d’autres formes d’autisme s’est faite de cette façon. Voilà le lien qui me ramène à leur spectacle, aujourd’hui.

    Mon texte : L’autisme

    Voici selon quels critères les experts définissent l’autisme : https://autismcanada.org/about-autism/diagnosis/diagnostic-criteria-dsm-5/?lang=fr

    Laissez-moi plutôt expliquer des brindilles de mon vécu.

    J’ai constaté une confusion chez plusieurs quant au regroupement de l’appellation d’autisme et d’Asperger. On pense, apparemment, à des crises ou à du « flapping » lorsqu’on parle d’autisme. Ça frappe l’imaginaire, c’est vrai. Ainsi, on me dit, peut-être même avec un air suspicieux, que ça ne paraît pas.

    Toutefois les symptômes apparents ne se présentent pas de la même façon pour moi, bien que je vive cet envahissement, source de ce débordement d’émotion que je décris quelquefois comme un trop-plein d’informations qui m’arrive en même temps ; tout ne pouvant pas être intégré instantanément. De plus, mon comportement répétitif est intellectuel : des enquêtes que je ne peux m’empêcher de poursuivre jusqu’à leur solution : l’identification de leur source et de leur finalité. D’où vient cette structure ou par quel chemin peut-elle en arriver à ce point que je vois ? Pourquoi ?

    L’envahissement est en commun, mais avec une réaction différente pour moi. Le sentiment est là, quoique pas toujours clairement identifié. L’origine est quelquefois mystérieuse, mais l’impression d’agression est bien réelle. On peut donc facilement comprendre qu’un contact physique agressif est encore plus intrusif. Ce n’est pas une question de contrôle de soi, mais d’acceptation du concept qu’une agression est subie de ma part. C’est donc tout le contraire de ce qui est convenu par les neurotypiques. On nie ma réalité en minimisant la violence que je subis.

    Y voit-on plus un trouble de la personnalité en comorbidité ? Peut-être s’agirait-il davantage d’une déficience dans l’enseignement ?

    Assurément, il y a incompréhension du déficit social même par certains experts. Un angle mort, pas seulement pour moi. Peut-on dire à quelqu’un qui n’a pas de main qu’il tient mal un objet, que son comportement est mésadapté ? On ferait abstraction complète de sa réalité.

    Ça peut paraître simple de socialiser pour des gens qui ont tous plus ou moins les mêmes références, des personnes qui voient la même réalité. Par exemple, tout le monde a deux mains. Toutefois, la réalité que je vois semble plus complexe, en tout cas différente de ce qu’on en rapporte, comme si j’avais accès à l’inconscient, à l’invisible ou que cette réalité que je nomme « structure » m’était plus directement perceptible ou « conscientisable ». Les non-voyants développent leur ouïe…

    Les bases sur lesquelles je réfléchis sont différentes de la plupart et on ne devrait pas porter un diagnostic sur moi sans avoir connaissance de cette fondation. Je suppose en plus que cette conscience omniprésente du miroir complexifie ma situation et, par le fait même, ma socialisation.

    Il n’en demeure pas moins que j’ai un angle mort, un aspect de la vie que je ne peux expérimenter. Il est absent du miroir. À cet endroit, je suis dans le noir ; démuni et souvent abusé. Voilà la source de tous ces faux diagnostics : une déficience dans la connaissance de ces professionnels, une incompréhension de cet espace. Il me manque quelque chose qui me permettrait d’appréhender adéquatement la vie sociale.

    De mon fonctionnement, je constate apprendre grâce à la réflexion dans le miroir, image de laquelle je suis généralement absent, sinon avec une grande distorsion. Je ne peux que m’opposer aux images proposées puisque la base réfléchie est fausse.

    Je suis donc en perpétuel recommencement, en continuelle reconstruction de cette image à chaque relation. Voilà mon labyrinthe sans issue : passer mon temps à défendre mon intégrité psychique ou à m’isoler socialement.

    Il y a tout de même possibilité de saine socialisation, mais avec un apprivoisement, avec une délicatesse, le temps de me familiariser avec chacun ou avec un groupe. Pour le reste, tout me semble assez similaire bien qu’évidemment l’inconscient des gens me sera toujours accessible, essentiellement sous forme de structures, et que je ne sache pas constamment quoi en faire. Un délai est nécessaire dans certaines circonstances. La plus grande difficulté, la plus anxiogène, est lorsqu’il y a de mauvaises intentions à mon égard, conscientes ou non.

    9 mars 2026


    Autism

    Les Morissette

    I enjoyed this show in Quebec City. It is currently available on TouTV. I learned about their involvement with autism even before I received my diagnosis. Besides, I didn’t think much of it until I realized the impact it also had for others. Learning that I was autistic was a relief, as I’ve already mentioned, I think. At the same time, I was in shock without realizing it, a stranger to myself. I had to review my whole life under this new angle of my identity: I think differently. I first understood Véro and Louis’s involvement via the Véro and Louis Foundation, especially through social media; we were talking about houses, bricks, and sweaters. Awareness of other forms of autism was raised this way. This is the link that brings me back to their show, today.

    My text: Autism

    Here are the criteria by which experts define autism: https://autismcanada.org/about-autism/diagnosis/diagnostic-criteria-dsm-5/?lang=fr

    Let me instead explain bits [brindilles] of my experience.

    I have noticed confusion among many regarding the grouping of the names autism and Asperger’s. Apparently, people think of meltdowns or « flapping » when talking about autism. It strikes the imagination, it’s true. Thus, people tell me, perhaps even with a suspicious look, that it doesn’t show.

    However, the apparent symptoms do not present themselves in the same way for me, although I experience this encroachment [envahissement], the source of this overflow of emotion that I sometimes describe as an information overload arriving all at once; not everything being able to be integrated instantly. Furthermore, my repetitive behavior is intellectual: investigations that I cannot stop myself from pursuing until their solution: the identification of their source and their purpose. Where does this structure come from, or by what path can it arrive at this point that I see? Why?

    The encroachment is common, but with a different reaction for me. The feeling is there, though not always clearly identified. The origin is sometimes mysterious, but the impression of aggression is very real. One can therefore easily understand that aggressive physical contact is even more intrusive. It is not a question of self-control, but of accepting the concept that an aggression is being suffered on my part. It is therefore the exact opposite of what is agreed upon by neurotypicals. My reality is denied by minimizing the violence I endure.

    Do they see more of a co-morbid personality disorder? Perhaps it is more a deficiency in teaching?

    Certainly, there is a misunderstanding of the social deficit even by some experts. A blind spot, not just for me. Can you tell someone who has no hand that they are holding an object poorly, that their behavior is maladapted? You would be completely ignoring their reality.

    It may seem simple to socialize for people who all have more or less the same references, people who see the same reality. For example, everyone has two hands. However, the reality I see seems more complex, or at least different from what is reported, as if I had access to the unconscious, to the invisible, or as if this reality I call « structure » were more directly perceptible or « conscientizable » to me. Non-sighted people develop their hearing…

    The bases on which I reflect are different from most, and one should not make a diagnosis of me without knowing this foundation. I suspect, moreover, that this omnipresent awareness of the mirror complicates my situation and, by the same token, my socialization.

    The fact remains that I have a blind spot, an aspect of life that I cannot experience. It is absent from the mirror. In that place, I am in the dark; helpless and often abused. This is the source of all these false diagnoses: a deficiency in the knowledge of these professionals, a misunderstanding of this space. I am missing something that would allow me to adequately apprehend social life.

    From my functioning, I observe that I learn through reflection in the mirror, an image from which I am generally absent, or else with great distortion. I can only oppose the proposed images since the reflected base is false.

    I am therefore in a perpetual restart, in a continual reconstruction of this image with every relationship. This is my dead-end labyrinth: spending my time defending my psychic integrity or isolating myself socially.

    There is still the possibility of healthy socialization, but with a taming, with a delicacy, the time to familiarize myself with each person or with a group. For the rest, everything seems quite similar to me, although obviously people’s unconscious will always be accessible to me, essentially in the form of structures, and I do not constantly know what to do with it. A delay is necessary in certain circumstances. The greatest difficulty, the most anxiety-inducing, is when there are bad intentions toward me, conscious or not.

    March 9, 2026

  • Le voyage

    Le voyage

    Le voyage

    Jolie Turquie

    Il y a quelques mois, je suis allé voir Jolie Turquie, avec Geneviève Borne, au cinéma Beaubien. Un film qui tente de partager l’expérience unique du voyage, ce qui me rejoint beaucoup.

    Mon texte : Le voyage

    Dans le voyage, je cherche à m’imprégner de la façon de vivre et de penser des habitants, à trouver les préoccupations des gens de la rue, des employés de commerce, etc. Voir la manière dont ces personnes se lient entre elles, entre sexes et avec l’étranger, identifier les similitudes et les différences d’avec ce que je connais. Tenter de partager la foi du peuple, ses espérances, de percevoir son idéal.

    Plusieurs visites sont nécessaires. Je découvre un peu plus à chaque fois, différemment aussi. Je suis dans du connu, évidemment, mais tout me semble nouveau. Mon regard porte au-delà de la fois précédente.

    C’est fou les informations que mon inconscient accumule lors de mes marches interminables, apparemment sans but, à passer 1000 fois par le même chemin. Ajouter, grandir. Je nourris quelque chose en moi, je le sens, pourtant je ne pourrais rien identifier si on me le demandait. Une nouvelle expérience saine et positive, l’émerveillement de découvrir une nouvelle réalité que je n’arrive jamais à nommer. L’expérience est humaine, finalement.

    Le goût d’en connaître davantage se développe, le besoin de revenir pour approfondir cet autre univers que j’ai l’impression d’avoir à peine effleuré, de m’être simplement rendu compte de son existence. Je veux l’embrasser, en faire partie.

    Lors d’un voyage à New York, je faisais le tour de certaines places emblématiques. Principalement en marchant, quelquefois sur de longues distances. Puis, je me suis risqué à prendre le métro. Était-ce cette journée où je voyais des hommes et des femmes avec une tache dans le front ? En tout cas, ce mercredi des Cendres s’est révélé à moi de cette façon. De retour à Montréal, j’ai pu répondre sur Twitter qu’un tel présentateur de nouvelles avait cette marque parce que c’était cette fête religieuse.

    Mon dernier voyage était au Guatemala, ce sera probablement aussi le prochain. J’en ai parlé un peu dans les textes que j’ai écrits durant ce séjour.

    Par un hasard presque programmé, un événement se produit et un repère m’apparaît. Jamais je ne l’avais vu, mais je le reconnais pour ce qu’il est : une pierre d’assise. Une structure s’est mise en place ; les 1000 parcours deviennent subitement 1000 petits liens pour créer cette image dans le miroir.

    Durant ces voyages, je sors de moi, de l’expérience habituelle de ma vie. En même temps, je garde toujours contact avec mes racines, avec ce qui me relie à la vie, en moi et à l’extérieur de moi. Mon expérience humaine s’enrichit, se diversifie. Je comprends mieux ma différence, pas pour la juger, plutôt pour la vivre plus pleinement.

    9 mars 2026


    The Journey

    Jolie Turquie

    A few months ago, I went to see Jolie Turquie, with Geneviève Borne, at the Beaubien cinema. A film that attempts to share the unique experience of travel, which resonates with me a lot.

    My text: The Journey

    In travel, I seek to immerse myself in the way of life and the way of thinking of the inhabitants, to find the concerns of people on the street, shop employees, etc. To see the way these people relate to each other, between sexes and with the stranger, to identify the similarities and differences with what I know. To try to share the faith of the people, their hopes, to perceive their ideal.

    Several visits are necessary. I discover a little more each time, and differently too. I am in the familiar, obviously, but everything seems new to me. My gaze reaches beyond the previous time.

    It’s crazy the information my unconscious accumulates during my endless walks, apparently aimless, passing 1000 times by the same path. Adding, growing. I am nurturing something within me, I feel it, yet I could not identify anything if I were asked. A new healthy and positive experience, the wonder of discovering a new reality that I can never name. The experience is human, ultimately.

    The taste for knowing more develops, the need to return to deepen this other universe that I feel I have barely touched, of which I have simply realized the existence. I want to embrace it, to be part of it.

    During a trip to New York, I was touring some emblematic places. Mostly by walking, sometimes over long distances. Then, I ventured to take the subway. Was it that day when I saw men and women with a mark on their forehead? In any case, this Ash Wednesday revealed itself to me in this way. Back in Montreal, I was able to answer on Twitter that a certain news anchor had this mark because it was this religious holiday.

    My last trip was to Guatemala; it will probably also be the next. I spoke about it a little in the texts I wrote during that stay.

    By an almost programmed coincidence, an event occurs and a landmark appears to me. I had never seen it before, but I recognize it for what it is: a foundation stone. A structure has fallen into place; the 1000 paths suddenly become 1000 small links to create this image in the mirror.

    During these journeys, I step out of myself, out of the usual experience of my life. At the same time, I always keep in contact with my roots, with what connects me to life, within me and outside of me. My human experience is enriched, diversified. I understand my difference better, not to judge it, but rather to live it more fully.

    March 9, 2026

  • Le compromis

    Le compromis

    Le compromis

    Dark, une série écoutée sur Netflix. Une histoire intrigante où certains cherchent une façon de briser le cycle presque infernal dans lequel ils se trouvent. Nous en sommes à la saison 3.

    Mon texte : Le compromis

    À l’intérieur : Un compromis entre la vitalité d’une culture dite laïque et l’embrassement des autres cultures quelquefois plus religieuses. Voilà comment je vois la loi 21. Sous cet angle culturel, avec la compréhension du recul constructif face à la religion que la société québécoise a entrepris il y a quelques dizaines d’années, on réalise que cette distance est davantage liée à notre histoire plutôt qu’à la différence des croyances. Dans ce sens, l’approche québécoise n’est pas du tout raciste, elle est une recherche de bonne entente entre différentes cultures sans nier notre propre cheminement, nos choix de société passés.

    Cette loi n’est acceptable que dans la mesure où la discrimination envers les religions et particulièrement envers les Musulmans cesse, évidemment. Chacun faisant son bout de chemin pour rejoindre l’autre dans la paix, sachant bien que tous devront faire un certain deuil. Reconnaissons le vécu implicite de cette démarche, la volonté sincère d’accueil de nos différences qu’on soit d’un côté ou de l’autre.

    À l’extérieur : Avoir une relation d’égal à égal avec les autres nations demande plus qu’une volonté d’être respectée. Cela vient avec des responsabilités : en tant que pays, les politiques internes humaines doivent être en harmonie avec notre participation active pour la paix dans le monde et l’accueil des réfugiés. Un tout cohérent. Ceci incluant la nécessité de sécuriser et rendre plus saines les conditions de vie des pays en difficulté, afin d’éviter le déplacement d’êtres humains lorsque ce n’est pas souhaité de leur part.

    Un accompagnement devrait être disponible pour aider à cheminer vers une plus profonde humanité dans le respect des cultures des différents pays et nations. Trouver des moyens adaptés à chacun pour favoriser l’éducation universelle, des soins de santé de qualité accessibles, pour faciliter le rayonnement de leur culture et, bien sûr, inciter des investissements respectueux créateurs d’emplois afin d’améliorer les conditions de vie partout dans le monde.

    Le pont : Un gouvernement responsable est aussi un exemple pour ses citoyens. Traiter les autres avec respect, empathie et de façon constructive n’est pas valable que pour les relations internationales, mais également pour chaque citoyen. Vice-versa.

    Finalement, en résumé : Je me répète, c’est très important. Il ne s’agit pas de faire le tour des pays et de montrer à quel point nous sommes bons, mais plutôt d’offrir un accompagnement vers une plus profonde humanité dans le respect des cultures des différents pays et nations. Ainsi en va-t-il pour les individus avec l’amour sain de son prochain.

    9 mars 2026


    The Compromise

    Dark, a series watched on Netflix. An intriguing story where some search for a way to break the almost infernal cycle in which they find themselves. We are at Season 3.

    My text: The Compromise

    Internally: A compromise between the vitality of a so-called secular culture and the embracing of other cultures that are sometimes more religious. This is how I see Bill 21. From this cultural perspective, with the understanding of the constructive step back from religion that Quebec society undertook a few decades ago, we realize that this distance is more linked to our history than to the difference in beliefs. In this sense, the Quebec approach is not at all racist; it is a search for good understanding between different cultures without denying our own journey, our past societal choices.

    This law is only acceptable to the extent that discrimination against religions, and particularly against Muslims, ceases, obviously. Each person doing their part to meet the other in peace, knowing full well that everyone will have to undergo a certain mourning. Let us recognize the implicit experience of this process, the sincere will to welcome our differences whether we are on one side or the other.

    Externally: Having a relationship of equals with other nations requires more than a will to be respected. It comes with responsibilities: as a country, humane internal policies must be in harmony with our active participation for world peace and the welcoming of refugees. A coherent whole. This includes the need to secure and make healthier the living conditions of countries in difficulty, in order to avoid the displacement of human beings when it is not desired on their part.

    Support should be available to help journey toward a deeper humanity in respect of the cultures of different countries and nations. Finding means adapted to each to promote universal education, accessible quality healthcare, to facilitate the influence of their culture and, of course, to encourage respectful job-creating investments in order to improve living conditions throughout the world.

    The Bridge: A responsible government is also an example for its citizens. Treating others with respect, empathy, and in a constructive way is not only valid for international relations, but also for each citizen. Vice versa.

    Finally, in summary: I repeat myself, it is very important. It is not about going around countries and showing how good we are, but rather offering support toward a deeper humanity in respect of the cultures of different countries and nations. So it goes for individuals with a healthy love for one’s neighbor.

    March 9, 2026

  • Immigration

    Immigration

    Immigration

    Mon texte : Immigration

    Un peu partout dans le monde, nous réalisons le besoin d’un amour sain pour son prochain. Au Québec, l’héritage catholique revu et corrigé a pris une forme particulière. Les valeurs fondamentales du christianisme ont été intégrées dans notre idéal de vie. Au-delà de la pratique religieuse, plus ou moins délaissée, nous gardons un attachement certain pour ce patrimoine qu’on voit encore sacré, avec un relatif respect.

    N’empêche que notre rapport avec Dieu a changé. Dorénavant, notre idéal est projeté plus volontiers sans l’intermédiaire d’un prêtre ou d’un religieux. Nos églises sont peu fréquentées, mais plusieurs sacrements sont encore souhaités. Quand ça va mal, on cherche un accompagnement pour nous aider. On peut aussi prier secrètement. Quand ça va bien, on a tendance à remercier Dieu ou la vie ; une gratitude.

    Je ne connais pas toutes les causes de cette distance avec la religion. Je crois que les scandales sexuels jouent un rôle important, sinon majeur dans ce besoin de prendre un recul. Peut-être aussi que de réaliser une séparation entre la politique et la religion nous est apparu plus libérateur que pour d’autres.

    Ainsi, la laïcité québécoise nous permettait de contrer la guerre des religions, mais dans l’acceptation des croyances de chacun. Une approche plus française, je suppose. Le peuple s’appropriait les pouvoirs de l’éducation, des soins médicaux et les femmes commençaient à se sortir du carcan de la simple reproduction, alors que la religion traînait avec elle une vision ancestrale des us et coutumes d’un autre temps imbriqués dans le sacré.

    Cette position complexe, à mi-chemin entre la reconnaissance du sacré et la nécessaire liberté pour s’épanouir comme être humain, implique un travail considérable de compréhension. Quelquefois cela peut prendre l’aspect d’un rejet complet de la religion ou même de Dieu tout en contraste avec des démonstrations d’attachement à son patrimoine culturel. On va peu dans les églises sans vouloir les voir disparaître. Leur présence nous sécurise.

    L’idée serait donc d’en finir avec la discrimination religieuse, dans le compromis d’une certaine laïcité de l’État. Le compromis doit se faire de part et d’autre, sinon ce n’est pas un compromis : acceptation des croyances de chacun, respect de notre cheminement culturel typiquement québécois.

    Inévitablement, l’immigration se ferait sur la base du respect des cultures, sur la reconnaissance de la culture unique du Québec. Cette reconnaissance évite la diabolisation de l’autre parce que la culture québécoise n’est plus niée. Cela change tout.

    Quitter son pays, tout ce à quoi on s’identifie, c’est un grand deuil à faire ou, plus précisément, beaucoup de petits deuils qui se poursuivront pendant des décennies ; une mort lente et quotidienne, en quelque sorte. Il y a besoin d’être accueilli avec compassion, avec la compréhension de la démarche que ces personnes traversent.

    Même si on quitte pour le mieux, c’est humain et sain de regarder derrière et de prendre le temps d’assumer ce qu’on laisse. Il s’agit d’un processus de guérison pour réapprendre à vivre, pour vivre autrement aussi, mais probablement toujours avec un fond de nostalgie. L’amour de nos racines.

    Au Canada nous accueillons les nouveaux arrivés en leur disant que toutes les cultures peuvent coexister, qu’il n’y a rien à changer ou très peu. On n’explique pas du tout la culture distincte du Québec, le besoin de la revitaliser, de la renforcer pour qu’elle puisse s’épanouir. Cet aspect est nié. L’accueil se fait donc par le Canada, toujours avec ce fond britannique, implicitement de langue anglaise.

    On ne saurait réduire la culture d’une nation à sa langue, bien que cette dernière soit néanmoins fondamentale. Ainsi, le Québec a sa propre culture qui ne se limite pas à sa seule langue.

    L’accueil officiel de l’immigration donne une sécurité aux nouveaux arrivants, une preuve d’être citoyen d’un nouveau pays, d’une nouvelle organisation politique. Cette sécurité doit être conservée en ajoutant une meilleure connaissance de la réalité québécoise, de sa culture multiethnique unique, voire un multiculturalisme avec un fond français.

    Même besoin de sécurité pour les Autochtones face à des droits conférés par des traités avec la monarchie britannique tout en ayant besoin d’être réassurés sur leurs droits ancestraux et leur relation spirituelle avec la nature. Il ne suffit pas de leur dire nos bonnes intentions, il faut agir, incarner des solutions viables et constructives pour eux aussi.

    Cela est tout aussi essentiel pour le peuple québécois d’origine française. On ne peut toutefois pas passer sous silence la participation des Québécois anglophones dans l’épanouissement du Québec. Il doit y avoir une reconnaissance explicite pour eux aussi, pour une saine sécurité de tous.

    Je crois sincèrement que ceci représente les bases d’une société distincte, paisible et prête à prendre son envol. Dans un amour sain pour les uns et les autres et dans un respect mutuel des cultures de chacun, en gardant présent à l’esprit que de nier une culture est destructeur.

    9 mars 2026


    Immigration

    My text: Immigration

    All over the world, we realize the need for a healthy love for one’s neighbor. In Quebec, the revised and corrected Catholic heritage has taken a particular form. The fundamental values of Christianity have been integrated into our ideal of life. Beyond religious practice, which has been more or less abandoned, we maintain a certain attachment to this heritage which we still see as sacred, with relative respect.

    Nonetheless, our relationship with God has changed. From now on, our ideal is projected more readily without the intermediary of a priest or a religious figure. Our churches are sparsely attended, but several sacraments are still desired. When things go wrong, we seek accompaniment to help us. We can also pray secretly. When things go well, we tend to thank God or life; a gratitude.

    I do not know all the causes of this distance from religion. I believe that sexual scandals play an important, if not major, role in this need to step back. Perhaps also, realizing a separation between politics and religion appeared more liberating to us than to others.

    Thus, Quebec secularism [laïcité] allowed us to counter the war of religions, but within the acceptance of each person’s beliefs. A more French approach, I suppose. The people took over the powers of education and medical care, and women began to emerge from the straitjacket of mere reproduction, while religion carried with it an ancestral vision of customs and habits from another time, embedded in the sacred.

    This complex position, halfway between the recognition of the sacred and the necessary freedom to flourish as a human being, involves a considerable work of understanding. Sometimes this can take the form of a complete rejection of religion or even of God, in contrast with demonstrations of attachment to one’s cultural heritage. We rarely go to churches without wanting to see them disappear. Their presence reassures us.

    The idea would therefore be to end religious discrimination, through the compromise of a certain secularism of the State. The compromise must be made on both sides, otherwise it is not a compromise: acceptance of each person’s beliefs, respect for our typically Quebec cultural journey.

    Inevitably, immigration would take place on the basis of respect for cultures, on the recognition of the unique culture of Quebec. This recognition avoids the demonization of the other because Quebec culture is no longer denied. That changes everything.

    Leaving one’s country, everything one identifies with, is a great mourning to undergo or, more precisely, many small mournings that will continue for decades; a slow and daily death, in a way. There is a need to be welcomed with compassion, with an understanding of the process these people are going through.

    Even if one leaves for the better, it is human and healthy to look back and take the time to assume what one leaves behind. It is a healing process to relearn how to live, to live differently too, but probably always with a background of nostalgia. The love of our roots.

    In Canada, we welcome newcomers by telling them that all cultures can coexist, that there is nothing to change or very little. We do not explain the distinct culture of Quebec at all, the need to revitalize it, to strengthen it so that it can flourish. This aspect is denied. The welcome is therefore done by Canada, always with this British background, implicitly English-speaking.

    One cannot reduce the culture of a nation to its language, although the latter is nonetheless fundamental. Thus, Quebec has its own culture which is not limited to its language alone.

    The official welcoming of immigration gives security to newcomers, proof of being a citizen of a new country, of a new political organization. This security must be maintained by adding a better knowledge of the Quebec reality, of its unique multi-ethnic culture, even a multiculturalism with a French background.

    The same need for security exists for Indigenous people regarding rights conferred by treaties with the British monarchy, while needing to be reassured of their ancestral rights and their spiritual relationship with nature. It is not enough to tell them our good intentions; we must act, embody viable and constructive solutions for them too.

    This is just as essential for the Quebec people of French origin. One cannot, however, overlook the participation of English-speaking Quebecers in the flourishing of Quebec. There must be explicit recognition for them as well, for a healthy security for all.

    I sincerely believe that this represents the foundations of a distinct, peaceful society ready to take flight. In a healthy love for one another and in a mutual respect for each other’s cultures, keeping in mind that denying a culture is destructive.

    March 9, 2026

  • Le Ciel et l’Enfer

    Le Ciel et l’Enfer

    Le Ciel et l’Enfer

    Le dernier pape ?

    Un documentaire sur « la prophétie de saint Malachie [qui] affirme que le pape François 1er serait le dernier de sa lignée. » Suis-je le seul à spontanément penser à l’Apocalypse avec tout ce qui se passe actuellement dans le monde ? En tout cas, j’ai apprécié ce film qui mettait ensemble quelques histoires entendues au fil des ans. Certains parlent aussi de Révélation ou d’un Nouvel ordre.

    Mon texte : Le Ciel et l’Enfer

    J’ai déjà écrit sur la nécessité de diaboliser l’ennemi, celui qu’on cherche à dominer, celui qui possède les ressources qu’on veut acquérir. Il s’agit d’un passage obligé : déshumaniser l’adversaire afin de mieux le combattre. C’est une façon de nous motiver, de nous donner le courage de l’affronter, bien sûr, mais aussi de faire face à nos propres réticences intérieures. La guerre est toujours double : intérieure et extérieure.

    Cette dynamique d’opposition, de combat perpétuel, est bien ancrée en nous. Elle est humaine. On nous enseigne cette notion de bien et de mal tout au long de notre vie : dans la famille, à l’école ou même en politique. Nos systèmes de croyances religieuses sont modelés sur ce principe. En contrepartie, certains affirment qu’il n’y a ni bien ni mal, que tout est possible, sans limite.

    Ainsi, on souhaite dominer ou même exterminer cette partie à laquelle on ne veut tout simplement pas s’identifier et, en même temps, on projette une haine sur ce qui nous apparaît comme le mal. Comme c’est malsain !

    Que se passe-t-il après la conquête ? Quelle relation est-il possible de construire avec celui ou celle qu’on a diabolisé, dominé et blessé ?

    Quoi qu’il en soit, chacun sait que le bien et le mal sont là pour rester, l’un complétant l’autre pour former un tout, une sorte d’équilibre essentiel à la vie. Il me semble plus important de trouver comment harmoniser en nous ces deux aspects qui s’opposent, de faire la paix en soi pour finalement la faire autour de nous. Une harmonisation des royaumes.

    Si nous pouvions accueillir dans la paix celui que nous avons combattu, effectivement la vie serait belle. Tel n’est pas le cas. Cet adversaire, cette personne conquise, est blessé par la guerre, par notre diabolisation, par ce contraste de bien et de mal qu’on lui a imposé. La trame de fond de l’humanité.

    Il faut donc davantage créer une justice réparatrice et participative, une base à la vie paisible, un moyen pour soigner les blessures et enlever le poids du passé de part et d’autre. Faire aussi en sorte qu’il y ait un suivi pour que cette réparation soit le plus automatisée possible.

    Présentement, nous avons l’opportunité de profiter de la crise sanitaire pour grandir, pour amorcer les changements dans le but d’humaniser nos relations en nous et autour de nous. Une réalité s’est révélée à nous à travers ce virus, la COVID-19. C’est l’occasion de mettre un terme à nos façons de faire qui nous enferment dans des systèmes dysfonctionnels.

    Au Québec vit un peuple essentiellement pacifique, ce qui ne l’a pas mis à l’abri d’erreurs dans sa recherche d’identité, comme déjà mentionné dans des textes précédents. Culturellement, nous prenions conscience de nous-mêmes, de notre différence.

    De ce que je comprends, à l’international on s’entend pour distinguer les cultures, pour reconnaître le besoin de les protéger, d’où le principe onusien de multiculturalisme. Le bon fonctionnement de ce principe repose sur la reconnaissance des cultures ainsi que sur l’acceptation de leurs différences. C’est fondamental pour que toutes les nations se sentent respectées. Ainsi, de nouvelles nations pourraient se voir reconnues, basées sur la culture et sur des relations constructives avec les autres.

    Dans cette optique de nouvelle justice universelle, je vois davantage le Saint-Père comme un pape réparateur, plutôt qu’un dernier pape. Peut-être le dernier de cette ancienne lignée et le premier d’une nouvelle ? Pour moi, il n’y a pas de sang, ni de violence, mais une prise de conscience plus profonde de notre humanité, pour une nouvelle voie plus harmonieuse. (Référence à l’Épître aux Romains.)

    Ma protection.

    9 mars 2026


    Heaven and Hell

    The Last Pope?

    A documentary on « the prophecy of Saint Malachy [which] claims that Pope Francis I would be the last of his line. » Am I the only one to spontaneously think of the Apocalypse with everything currently happening in the world? In any case, I enjoyed this film which brought together several stories heard over the years. Some also speak of Revelation or a New Order.

    My text: Heaven and Hell

    I have already written about the necessity of demonizing the enemy, the one we seek to dominate, the one who possesses the resources we want to acquire. It is a mandatory passage: dehumanizing the adversary in order to better fight them. It is a way to motivate us, to give us the courage to face them, of course, but also to face our own internal reluctance. War is always double: internal and external.

    This dynamic of opposition, of perpetual combat, is well anchored in us. It is human. We are taught this notion of good and evil throughout our lives: in the family, at school, or even in politics. Our religious belief systems are modeled on this principle. Conversely, some claim that there is neither good nor evil, that everything is possible, without limits.

    Thus, we wish to dominate or even exterminate that part with which we simply do not want to identify and, at the same time, we project hatred onto what appears to us as evil. How unhealthy!

    What happens after the conquest? What relationship is it possible to build with the one we have demonized, dominated, and wounded?

    Be that as it may, everyone knows that good and evil are here to stay, one completing the other to form a whole, a kind of balance essential to life. It seems more important to me to find how to harmonize within ourselves these two opposing aspects, to make peace within oneself to finally make it around us. A harmonization of kingdoms.

    If we could welcome in peace the one we fought, life would indeed be beautiful. Such is not the case. This adversary, this conquered person, is wounded by war, by our demonization, by this contrast of good and evil imposed upon them. The background narrative of humanity.

    We must therefore create more of a restorative and participatory justice, a foundation for peaceful life, a means to heal wounds and remove the weight of the past from both sides. Also ensure that there is follow-up so that this reparation is as automated as possible.

    Currently, we have the opportunity to take advantage of the health crisis to grow, to initiate changes with the aim of humanizing our relations within and around us. A reality revealed itself to us through this virus, COVID-19. This is the opportunity to put an end to our ways of doing things that lock us into dysfunctional systems.

    In Quebec lives an essentially peaceful people, which has not shielded it from errors in its search for identity, as already mentioned in previous texts. Culturally, we were becoming aware of ourselves, of our difference.

    From what I understand, internationally there is agreement to distinguish cultures, to recognize the need to protect them, hence the UN principle of multiculturalism. The proper functioning of this principle rests on the recognition of cultures as well as on the acceptance of their differences. This is fundamental for all nations to feel respected. Thus, new nations could see themselves recognized, based on culture and on constructive relations with others.

    In this perspective of a new universal justice, I see the Holy Father more as a restorative pope, rather than a last pope. Perhaps the last of this old lineage and the first of a new one? For me, there is no blood, nor violence, but a deeper awareness of our humanity, for a new, more harmonious path. (Reference to the Epistle to the Romans.)

    My protection.

    March 9, 2026

  • La relation toxique

    La relation toxique

    La relation toxique

    La Servante écarlate

    J’ai commencé à écouter la série La Servante écarlate sur Club Illico, une adaptation du roman de science-fiction de Margaret Atwood. La série est aussi disponible sur d’autres plateformes. Un passé et un futur s’entremêlent, du moins dans les premiers épisodes que j’ai écoutés, où notre réalité quotidienne nous vient à l’esprit en regardant cette fiction. C’est choquant, cette superposition. Elisabeth Moss interprète le rôle principal, elle est excellente.

    Mon texte : La relation toxique

    De toutes les discriminations, celle qui regroupe le plus de personnes est certainement celle qui vise les femmes, les 50 % de l’humanité. Inutile de tout énumérer, chacun sait très bien la plupart des grandes injustices qu’elles vivent.

    Suffit-il de faire accroire qu’on fera des changements pour obtenir un répit de toute revendication, pour qu’elles cessent de réclamer une quelconque égalité ? Les femmes ont une très bonne conscience de la pesanteur qu’on leur fait porter, à tel point que la moindre promesse leur apparaît un avancement inouï, un soulagement total. Pourtant.

    Nous sommes dans un labyrinthe sans issue, dans une relation toxique entre les femmes et les hommes. La moindre tentative d’affirmation d’une femme, de la Femme, fait face à un mur. À chaque tournant, elle est attendue, prise au piège des accusations et des jugements élaborés au fil des siècles. Il n’y a rien à faire, elles sont dépossédées de tout pouvoir. Ultimement, l’excuse est tout simplement qu’on n’a pas les moyens d’offrir l’égalité. Déshumanisation.

    Cette réalité est la même pour les hommes. Toutes tentatives de réalisation profonde, d’avancement ou d’affirmation d’une masculinité passent par la femme, par celle qui est justement privée de son propre pouvoir. L’image qu’elle nous retourne de nous, hommes, s’en trouve nécessairement affectée. C’est frustrant.

    Ainsi nous entrons dans une spirale malsaine, déshumanisante. On l’accuse de nous rabaisser volontairement, de nous priver de notre réalisation. L’équilibre est rompu et il devient facile, simple ou même normal de vouloir remplir, quelquefois presque à tout prix, ce vide laissé en nous.

    Hommes et femmes sont pris au piège. Sous l’apparence de privilèges se cachent des besoins d’égalité, de reconnaissance de l’autre, d’une prise de conscience de l’unité de l’humanité. Détruire l’autre brise le reflet qu’on nous renvoie.

    Le jeu change de forme, bien sûr. Lentement, on adapte les règlements. L’absence de pouvoir n’est plus aussi complète qu’auparavant, bien que rien ne puisse être tenu pour acquis. Dans l’ensemble, la frustration demeure et certains se demandent ou affirment que la solution est dans le passé. Pour d’autres, une stratégie du temps, de l’essoufflement, d’un étranglement lent fait de promesses vides qui ne se réaliseront jamais ou trop tard, est utilisée. La solution finalement adoptée n’aura plus de sens lorsque mise en place, le temps ayant fait son œuvre. Nous serons déjà rendus ailleurs.

    On voit pleurer certains, au nom de tous et chacun présenter des excuses pour le mal causé sciemment par l’inaction, par un laisser-faire, ou carrément par la négation des droits les plus fondamentaux tels l’éducation, les soins de santé ou même l’utilisation de son propre corps. Je ne me demande pas s’il est plus triste d’entendre ces excuses vides que de faire le constat de cette injustice, je le sais.

    Au Canada, un gouvernement pro-femme, pro-choix, pro-égalité, majoritaire, ne fait pas avancer LA cause, sinon de façon cosmétique, de façon théâtrale. Par la suite, il est frustré de ne pas être réélu majoritaire. Nous le savons tous, hommes et femmes, que les dés sont pipés. Il n’y a aucune intention de ne plus maltraiter les femmes, ce 50 % des citoyens sacrifiés. Le système en serait bouleversé.

    Si au bout du compte la pression devient trop forte, il faut diluer la proposition, la solution longuement étudiée, une promesse vide sera à l’ordre du jour. Il faut gagner du temps pour laisser s’épuiser la colère. Je n’y crois plus à cette vie par procuration.

    La crise sanitaire actuelle est une occasion unique pour faire ces modifications, pour mettre en place cette justice réparatrice, pour en finir avec cette toxicité. Nous n’en sommes plus à chercher des façons d’être réélus, à la recherche du pouvoir le plus absolu possible, d’une quelconque suprématie plus ou moins temporaire, mais plutôt à trouver une façon de nous sauver, de permettre à notre humanité de s’exprimer dans nos actions de tous les jours.

    9 mars 2026


    The Toxic Relationship

    The Handmaid’s Tale

    I started watching the series The Handmaid’s Tale on Club Illico, an adaptation of the science fiction novel by Margaret Atwood. The series is also available on other platforms. A past and a future intertwine, at least in the first episodes I watched, where our daily reality comes to mind while watching this fiction. This superposition is shocking. Elisabeth Moss plays the main role; she is excellent.

    My text: The Toxic Relationship

    Of all discriminations, the one that encompasses the most people is certainly the one targeting women, 50% of humanity. There is no need to list everything; everyone knows very well most of the major injustices they experience.

    Is it enough to make people believe that changes will be made to obtain a respite from all demands, so that they stop claiming any kind of equality? Women are very conscious of the weight they are made to carry, to such an extent that the slightest promise appears to them as an unheard-of advancement, a total relief. And yet.

    We are in a dead-end labyrinth, in a toxic relationship between women and men. The slightest attempt at affirmation by a woman, by Woman, faces a wall. At every turn, she is expected, trapped by accusations and judgments developed over centuries. There is nothing to be done; they are stripped of all power. Ultimately, the excuse is simply that we don’t have the means to offer equality. Dehumanization.

    This reality is the same for men. All attempts at deep fulfillment, advancement, or affirmation of masculinity pass through the woman, through the very person who is deprived of her own power. The image she reflects back to us, men, is necessarily affected. It is frustrating.

    Thus we enter a healthy, dehumanizing spiral. We accuse her of intentionally belittling us, of depriving us of our fulfillment. The balance is broken and it becomes easy, simple, or even normal to want to fill, sometimes almost at any cost, this void left within us.

    Men and women are trapped. Under the appearance of privileges hide needs for equality, for recognition of the other, for an awareness of the unity of humanity. Destroying the other breaks the reflection sent back to us.

    The game changes form, of course. Slowly, the rules are adapted. The absence of power is no longer as complete as before, although nothing can be taken for granted. On the whole, frustration remains, and some wonder or assert that the solution lies in the past. For others, a strategy of time, of breathlessness, of a slow strangulation made of empty promises that will never be realized or will be too late, is used. The solution finally adopted will no longer make sense when put in place, time having done its work. We will already be elsewhere.

    We see some crying, in the name of everyone presenting apologies for the harm caused knowingly by inaction, by a laissez-faire attitude, or outright by the negation of the most fundamental rights such as education, healthcare, or even the use of one’s own body. I do not wonder if it is sadder to hear these empty apologies than to observe this injustice; I know it is.

    In Canada, a pro-woman, pro-choice, pro-equality, majority government does not advance THE cause, except in a cosmetic, theatrical way. Subsequently, it is frustrated not to be re-elected with a majority. We all know, men and women, that the dice are loaded. There is no intention to stop mistreating women, this 50% of sacrificed citizens. The system would be upended.

    If in the end the pressure becomes too strong, the proposal must be diluted, the long-studied solution; an empty promise will be on the agenda. Time must be gained to let the anger exhaust itself. I no longer believe in this life by proxy.

    The current health crisis is a unique opportunity to make these modifications, to put in place this restorative justice, to end this toxicity. We are no longer looking for ways to be re-elected, seeking the most absolute power possible, some more or less temporary supremacy, but rather finding a way to save ourselves, to allow our humanity to express itself in our everyday actions.

    March 9, 2026

  • La famille

    La famille

    La famille

    14 jours, 12 nuits. Un film réalisé par Jean-Philippe Duval, merveilleusement joué par Anne Dorval et Leanna Chea. Une histoire d’adoption qui m’a plu et m’a maintes fois ému jusqu’aux larmes. Que puis-je dire de plus que d’aller voir ce film au cinéma, comme je l’ai fait hier ?

    Mon texte : La famille

    Naître dans une famille est le début d’une quête identitaire. On vient au monde et on cherche inconsciemment la place qu’on peut prendre dans cet environnement familial. Souvent, il me semble, on se faufile dans les espaces laissés vacants par ceux qui nous ont précédés. Assez tôt, on se sent à l’étroit et on tente l’affirmation de soi. C’est le début d’un nouveau combat : qui suis-je ?

    En quoi suis-je différent des autres, unique ? Je tente des explications. La fratrie m’en offre abondamment, bien sûr. Habituellement, ce qui leur convient le mieux. Dans mon cas, je n’étais pas seulement le mouton noir, ou plutôt le « spécial », mais le malade mental qu’on devait enfermer.

    Cette dernière dénomination était payante, très payante. Dans un premier temps, ça permettait de s’accaparer d’un pouvoir sur moi, comme une vengeance ou un exutoire pour une colère indéfinie. Dans un deuxième temps, ça libérait une place qui pouvait aisément être prise par l’une ou l’autre. La vie qui m’habitait, on la voulait ; de mes relations à mon avenir en passant par mes avoirs. On « voulai[t] toute toute toute la vivre, ma vie, pas juste des p’tits boutt’s »*.

    (Dans un prochain texte, durant l’été, je vais sûrement vous parler plus amplement de l’autisme en général, mais aussi spécifiquement de l’Asperger, ma différence. Comme d’habitude, ce sera ma vision, selon mon vécu.)

    Je continue.

    Dans cette recherche identitaire, faite d’essais et d’erreurs, j’apprends qui je suis. Cette même recherche modifie justement aussi la conscience de mon identité, comme l’eau qui polit une pierre par son seul passage constant. J’enlève des parties auxquelles je m’identifiais faussement, je simplifie ma vision de moi-même. L’essentiel prend de plus en plus de place dans mon identification, mon identité se définit de plus en plus clairement.

    À 17 ans, j’ai quitté la maison familiale, si on peut appeler ça de cette façon. Ma mère vivait avec un homme violent, tous les types de violence étaient exprimés, et pas seulement qu’envers ma mère. Elle réagissait aux violences qu’elle subissait avec des chicanes incessantes, des discussions sans fin, des accusations inutiles. Elle était dans une dépendance manifeste, dans une ambiance des plus toxiques. Son labyrinthe sans issue dans lequel j’étais entraîné. Armé de ma vraie carte d’identité que j’avais modifiée pour indiquer 19 ans, j’ai loué un appartement. Seul, sans prévenir. Je mourais déjà à petit feu, alors que je voulais vivre.

    Au Québec, avec notre fond français et des origines multiethniques, nous formons une entité à part entière. On peut certainement voir le Canada comme une famille où le parent serait Ottawa et le Québec un enfant adopté de force, disons-le. Un Canada avec un fond britannique et un enfant adopté avec un fond français.

    La culture multiethnique du Québec se distingue du multiculturalisme canadien fondamentalement à cause du fond britannique sous-entendu dans ce dernier. Cette adoption s’est faite dans une guerre européenne qui n’en finit plus de finir et où le Québec n’est pas accepté comme un enfant égal aux autres. Il y a clairement discrimination avec sa différence niée. Il dérange.

    Chaque affirmation de soi est un obstacle, un élément à soumettre pour le « bien de la famille ». Toutefois, une famille sans lui, sans son essentiel, avec sa différence niée, est-ce vraiment une famille saine ? Lorsqu’un membre de la famille ne peut plus exprimer ce qu’il est au plus profond de lui, il est temps qu’il prenne son envol, qu’il s’émancipe autrement. Une famille aimante va l’aider à prendre un bon départ malgré le deuil à faire.

    *Extrait des paroles chantées par Angèle Arsenault dans « Je veux toute toute toute la vivre ma vie ».

    9 mars 2026


    Family

    14 Days, 12 Nights. A film directed by Jean-Philippe Duval, marvelously acted by Anne Dorval and Leanna Chea. An adoption story that I enjoyed and that moved me to tears many times. What more can I say than to go see this film in the cinema, as I did yesterday?

    My text: Family

    Being born into a family is the beginning of an identity quest. We come into the world and unconsciously seek the place we can take in this family environment. Often, it seems to me, we slip into the spaces left vacant by those who preceded us. Early enough, we feel cramped and attempt self-affirmation. This is the beginning of a new struggle: who am I?

    In what way am I different from others, unique? I attempt explanations. My siblings offer them abundantly, of course. Usually, whatever suits them best. In my case, I wasn’t just the black sheep, or rather the « special » one, but the mental patient who had to be locked up.

    This last label was profitable, very profitable. Firstly, it allowed for the seizing of power over me, like revenge or an outlet for an undefined anger. Secondly, it freed up a space that could easily be taken by one or the other. The life that inhabited me, they wanted it; from my relationships to my future, including my assets. They « wanted to live my whole, whole, whole life, not just little bits »* [voulai(t) toute toute toute la vivre, ma vie, pas juste des p’tits boutt’s].

    (In a future text, during the summer, I will surely talk to you more extensively about autism in general, but also specifically about Asperger’s, my difference. As usual, it will be my vision, according to my experience.)

    I continue.

    In this identity search, made of trial and error, I learn who I am. This same search precisely also modifies the awareness of my identity, like water polishing a stone by its constant passage alone. I remove parts with which I falsely identified, I simplify my vision of myself. The essential takes up more and more space in my identification, my identity defines itself more and more clearly.

    At 17, I left the family home, if one can call it that. My mother lived with a violent man, all types of violence were expressed, and not just toward my mother. She reacted to the violence she suffered with incessant bickering, endless discussions, useless accusations. She was in a manifest dependency, in a most toxic atmosphere. Her dead-end labyrinth into which I was dragged. Armed with my real identity card that I had modified to indicate 19 years old, I rented an apartment. Alone, without warning. I was already dying a slow death, while I wanted to live.

    In Quebec, with our French background and multi-ethnic origins, we form an entity in our own right. One can certainly see Canada as a family where the parent would be Ottawa and Quebec a child adopted by force, let’s say it. A Canada with a British background and an adopted child with a French background.

    The multi-ethnic culture of Quebec distinguishes itself from Canadian multiculturalism fundamentally because of the British background implied in the latter. This adoption took place in a European war that never seems to end and where Quebec is not accepted as a child equal to the others. There is clearly discrimination with its difference denied. It is a nuisance.

    Every self-affirmation is an obstacle, an element to be subdued for the « good of the family. » However, a family without it, without its essence, with its difference denied, is it truly a healthy family? When a member of the family can no longer express what they are deep inside, it is time for them to take flight, to emancipate themselves otherwise. A loving family will help them get a good start despite the mourning to be done.

    *Excerpt from the lyrics sung by Angèle Arsenault in « Je veux toute toute toute la vivre ma vie. »

    March 9, 2026