
Chronique de l’ombre : Est-ce réel ?
Cette chronique explore la quête de légitimité de l’auteur, qui navigue entre le journalisme traditionnel et la création de contenu numérique. En rejoignant l’ACREA, l’auteur confronte son propre « syndrome de l’imposteur », avouant être déstabilisé par une acceptation obtenue sans la résistance ou le rejet auxquels sa marginalité l’avait habitué. Le texte clarifie l’éthique de sa « méthode extraterrestre » : ce qu’il qualifie avec ironie de « vol » ou de « collaboration forcée » est en réalité une analyse d’intérêt public qui s’appuie sur le droit à la critique. En insistant sur son indépendance financière — payant lui-même l’accès aux événements qu’il couvre — il se distingue du marketing d’influence pour revendiquer une posture de chroniqueur libre, dont la mission est de recycler la production culturelle et politique en un dialogue social gratuit et fraternel.
Chronique de l’ombre : Est-ce réel ?
Une autre reconnaissance obtenue : je suis désormais membre de l’ACREA. C’est un peu par hasard (!) que je suis tombé sur une story de Roxanne Godmer qui mentionnait un rassemblement d’influenceurs et d’influenceuses. Complètement absorbé par mon objectif de reconnaissance journalistique, je portais des œillères quant aux autres possibilités.
Je suis donc, depuis, membre de cette association de créateurs et créatrices de contenu. Sans doute est-ce l’absence de résistance qui m’a fait douter de mon acceptation, au point de me pousser à refaire une partie de ma démarche. Eh oui ! Sans rejet, j’étais déstabilisé. Quoi qu’il en soit, j’étais très heureux d’assister à ce webinaire exclusif aux membres intitulé : « Protège ton contenu ».
Comprenez bien mon intérêt, moi qui « vole » le contenu de tout un chacun pour l’illustrer dans mon imagerie ou pour l’analyser plus directement. Ce n’est pas vraiment du vol, mais on se comprend : je « force une collaboration », comme dit l’humoriste. En réalité, je couvre une production culturelle, politique ou un fait policier, et je l’analyse selon ma méthode « extraterrestre ».
Lorsqu’un artiste ou son gérant invite des journalistes et des chroniqueurs à voir un spectacle, cela inclut parfois des billets gratuits et la possibilité de poser des questions. C’est du marketing qui repose, au minimum, sur une affiche. L’un et l’autre se vendent. L’artiste cherche à faire parler de lui, le journaliste cherche à rapporter des faits intéressant ses lecteurs. D’autres reçoivent des livres pour qu’ils soient commentés dans les médias. C’est le même principe. Pas d’invitation ? Qu’importe, le journaliste peut décider de couvrir l’événement de lui-même.
Je fais la même chose, mais sur les réseaux sociaux. Je peux aussi aller au cinéma, voir un spectacle ou un festival. Ce qui frappe ou dérange, c’est cette nouveauté de le faire par Internet, sans invitation spécifique, en payant moi-même mon billet ou ma connexion.
Quoi qu’il en soit, de ce que j’ai compris et extrapolé, l’analyse que je fais est légale. Je ne cherche à nuire à personne, tout en reconnaissant utiliser parfois des images ou des associations d’idées très fortes. Je pense rester dans les limites du raisonnable et j’ai la certitude d’être toujours de bonne foi. Pour l’instant, chacun semble reconnaître l’aspect d’« intérêt public » de mon propos. À tort ou à raison, je reçois cette ouverture comme une dose d’amour social et fraternel. Mon journal est gratuit et le restera.
Shadow Chronicles: Is it Real?
This column explores the author’s quest for legitimacy as he navigates the blurred lines between traditional journalism and digital content creation. By joining ACREA, the author confronts his own « imposter syndrome, » admitting to being unsettled by an acceptance gained without the resistance or rejection his outsider status had led him to expect. The text clarifies the ethics of his « extraterrestrial method »: what he ironically labels as « theft » or « forced collaboration » is, in fact, a public interest analysis rooted in the right to critique. By emphasizing his financial independence—paying his own way for the events he covers—he distinguishes himself from influencer marketing to claim the role of a free commentator. His mission is to recycle cultural and political production into a free and brotherly social dialogue, outside the constraints of traditional media.
Shadow Chronicles: Is it Real?
Another milestone reached: I am now a member of ACREA. It was somewhat by chance (!) that I came across a story by Roxanne Godmer mentioning a gathering of influencers. Completely absorbed in my quest for journalistic recognition, I had developed tunnel vision regarding other possibilities.
Consequently, I have since become a member of this association of content creators. No doubt the lack of resistance made me doubt my acceptance, leading me to re-examine part of my process. Yes, indeed! Without rejection, I felt destabilized. In any case, I was very pleased to attend an exclusive webinar for members: « Protect Your Content. »
You can understand my interest, as someone who « steals » content from everyone to illustrate it in my imagery or to analyze it more directly. It’s not actually theft, but we understand each other: I « force a collaboration, » as the comedian says. In reality, I cover cultural or political productions or police reports, and I analyze them through my « extraterrestrial » method.
When an artist or their manager invites journalists and columnists to a show, it sometimes includes free tickets and a chance to interview the artist. It’s marketing that involves, at the very least, a poster. Both are selling something. The artist wants publicity; the journalist wants to report facts that interest readers. Others receive books to be reviewed in the media. Same principle. No invitation? No matter, the journalist can still decide to cover the event.
I do the same, but on social media. I also go to the cinema, to shows, or festivals. What is striking, or perhaps unsettling, is the novelty of doing it via the Internet, without a specific invitation, while paying for my own ticket or internet connection.
Regardless, from what I’ve gathered and extrapolated, my analysis is legal. I seek to harm no one, while acknowledging that I sometimes use very powerful images or associations of ideas. I believe I stay within reasonable limits and I am certain of my good faith. For now, everyone seems to recognize the « public interest » aspect of my work. Rightly or wrongly, I perceive this openness as a dose of social and brotherly love. My journal is free and will remain so.

