Les limites de la compréhension

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Capture d’écran d’une publication de tou.tv. Cliquez sur l’image pour y accéder.

Chronique de l’ombre : Les limites de la compréhension

« Dans cette chronique, l’auteur explore la mécanique de l’interprétation. Il met en parallèle sa propre manière de donner un sens à des douleurs physiques inexpliquées (le viol sous hypnose) avec la manière dont les psychiatres donnent un sens à l’autisme (le trouble de personnalité). Il souligne une hypocrisie systémique : quand lui interprète ses sensations, il est « fou » ; quand les experts interprètent des comportements, ils sont « scientifiques », même s’ils nient une réalité neurologique de 60 ans. L’auteur identifie ici la limite de la compréhension : l’incapacité de l’autre à sortir de son propre cadre (religieux, politique ou médical) pour voir la structure réelle. Que ce soit le psy qui refuse l’autisme ou le militant qui refuse la laïcité, tous deux sont emprisonnés dans une projection qui exclut la différence atypique. »

Chronique de l’ombre : Les limites de la compréhension

Je semble encore tirer dans tous les sens avec cette chronique. Pourtant, je suis encore le même principe : un concept central avec des liens menant vers d’autres plus ou moins investis. Tracer une voie.

Je me réveille ce matin avec un mal au cul et un mal au bras gauche. Sans explications, je m’explique la chose par un viol sous hypnose durant lequel on me tord également le bras gauche. La sensation à l’anus correspond à une sodomie. Je ne connais pas cela éveillé, je ne l’ai jamais vraiment vécu, mais comme tout le monde, je défèque. Ça doit ressembler à un passage… Le mal au bras gauche correspond aussi à la douleur d’un bras tordu. En gros, je m’explique mes sensations à partir d’expériences dont j’ai conscience qu’elles provoquent des effets similaires.

Ailleurs, j’écoute un reportage sur la multiplication des diagnostics d’autisme chez les femmes. Experts et psys se prononcent. L’un parle d’un effet de mode et mentionne un trouble de la personnalité. Le même, ou un autre, affirme qu’il s’agit d’un trouble de l’adaptation et que cela ne correspond pas à certaines personnes dites fonctionnelles et nouvellement diagnostiquées autistes. Pour eux, le trouble de la personnalité explique tout ; pas question de le changer. L’effet du trouble de la personnalité est similaire à l’autisme, surtout léger ou Asperger.

Dans la première explication, je suis un fou. Dans la deuxième, ils sont des experts ! Pourtant, cela fait 60 ans que je suis autiste. Chacun projette selon son expérience et ses connaissances. Eux traitent une maladie, moi un fonctionnement distinct, atypique.

Avec peu d’étonnement, je lis quelqu’un qui me répond sur les réseaux sociaux que la religion est politique. Un anti-péquiste. Un anti-caquiste. Un anti-laïcité. Sa religion lui dicte son choix politique. Aucune séparation entre le religieux et le politique. Il ne peut pas concevoir une société sans pouvoir religieux aux commandes. Évidemment, il se sent rejeté dans la société québécoise qu’il identifie comme raciste.


Shadow Chronicle: The Limits of Understanding

« In this column, the author explores the mechanics of interpretation. He draws a parallel between his own way of making sense of unexplained physical pain (rape under hypnosis) and the way psychiatrists make sense of autism (personality disorder). He highlights a systemic hypocrisy: when he interprets his sensations, he is ‘mad’; when experts interpret behaviors, they are ‘scientific,’ even if they deny a 60-year neurological reality. The author identifies here the limit of understanding: the inability of the other to step out of their own framework (religious, political, or medical) to see the actual structure. Whether it is the shrink refusing autism or the activist refusing secularism, both are imprisoned in a projection that excludes atypical difference. »

Shadow Chronicle: The Limits of Understanding

I seem to be firing in all directions again with this column. Yet, I am still following the same principle: a central concept with links leading toward others that are more or less invested. Tracing a path.

I wake up this morning with a pain in my ass and a pain in my left arm. Lacking explanations, I explain it to myself as a rape under hypnosis during which my left arm is also twisted. The sensation in the anus corresponds to sodomy. I don’t know this while awake, I have never truly experienced it, but like everyone else, I defecate. It must resemble a passage… The pain in the left arm also corresponds to the pain of a twisted arm. Basically, I explain my sensations based on experiences that I am aware cause similar effects.

Elsewhere, I listen to a report on the multiplication of autism diagnoses in women. Experts and shrinks weigh in. One speaks of a fad and mentions a personality disorder. The same one, or another, asserts that it is an adjustment disorder and that it does not apply to certain so-called functional people newly diagnosed as autistic. For them, personality disorder explains everything; no question of changing it. The effect of a personality disorder is similar to autism, especially mild or Asperger’s.

In the first explanation, I am a madman. In the second, they are experts! Yet, I have been autistic for 60 years. Everyone projects according to their experience and knowledge. They treat a disease; I treat a distinct, atypical functioning.

With little surprise, I read someone responding to me on social media saying that religion is politics. An anti-PQ, an anti-CAQ, an anti-secularism individual. His religion dictates his political choice. No separation between religion and politics. He cannot conceive of a society without religious power in control. Obviously, he feels rejected in Quebec society, which he identifies as racist.


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