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L’image
Comment élabore-t-on l’image que l’on a d’une personne, d’une communauté, d’une société ? Tout se jouerait dans la première impression. Il semble que notre cerveau capte un ensemble d’informations au sujet de notre nouveau contact : l’apparence physique, l’habillement, le comportement, la façon de communiquer, le propos, l’environnement, etc. Dans ce lot de données reçues plus ou moins consciemment, nous filtrons celles avec lesquelles nous sommes le plus habitués, me semble-t-il, celles pour lesquelles il y a déjà eu un traitement auparavant. Cette image peut aussi découler d’une éducation où le chemin a été répété à maintes reprises.
Nous faisons une sorte de généralisation pour nous situer dans cette nouvelle relation, cette nouvelle réalité. Nous cherchons des repères. L’incompréhension n’est pas vraiment permise, sinon en termes de « spécial » ou de maladie mentale. L’incompréhension doit être jugée, apparemment. Il faut la justifier. Auparavant, pour diaboliser l’Autre — l’Ennemi, puisque nous étions au temps des conquêtes —, nous disions « les Barbares », « les Sauvages », « les Sorcières », pour nous différencier de celui qu’on cherchait à soumettre. L’interprétation était dictée par une volonté de supériorité. Pourrait-on vraiment soumettre quelqu’un que l’on considère comme notre égal, notre ami ?
C’est ainsi qu’on démonise l’ennemi, qu’on l’affaiblit à nos yeux et aux siens, qu’on lui enlève de la valeur. On lui refuse une distinction hors de notre cadre, hors de ce qu’on lui a permis dans notre esprit. L’Autre n’est plus un humain à proprement parler. Il n’a pas la même valeur que soi ; il vaut moins. C’est une première blessure, et pas la moindre, puisque c’est elle qui permettra d’affaiblir psychologiquement l’ennemi tout en donnant le courage aux troupes de combattre ces « moins que rien ».
Le préjugé devient une arme de guerre, une arme de destruction massive. Détruire la force mentale de l’adversaire pour miner son courage.
Quelle réponse peut-on avoir face à une telle attaque ? Spontanément, on se défend. On nie être un minable, on affirme notre valeur. Quelquefois, cela sonne creux, simplement parce que nous entretenons tous un doute sur nous-mêmes. Personne n’est parfait et chacun croit que tous voient notre faiblesse ou notre différence comme si l’on se limitait à cet aspect. Au fond, nous sommes divisés en nous-mêmes et l’attaque sème un doute qui fera son chemin.
Il faudra retourner à nos sources, redevenir un enfant — comme je le disais dans des textes précédents — et se relever à force d’amour pour soi. La colère fera place à la fierté. La réflexion sur qui nous sommes, sur nos motivations et sur notre façon d’exprimer nos intentions permettra de dépasser et de combattre ces préjugés. La réflexion donne de la profondeur.
Quelle image est-ce que je laisse à quelqu’un lorsque je le rencontre pour la première fois ? Est-ce que je me présente comme lui étant supérieur ? Est-ce que je lui impose ma vision supérieure ? Pourquoi me sentirais-je inférieur ? Comment un être humain peut-il avoir moins de valeur qu’un autre ? Il y a encore tant de questions à se poser.
Lectures complémentaires
MAJ 4 mars 2026
The Image
How do we develop the image we have of a person, a community, or a society? It seems everything is decided in the first impression. Our brain appears to capture a set of information about our new contact: physical appearance, clothing, behavior, communication style, speech, environment, etc. Within this batch of data received more or less consciously, we seem to filter for what we are most accustomed to—those elements for which there has already been prior processing. This image can also stem from an upbringing where the path has been repeated time and again.
We engage in a kind of generalization to orient ourselves within this new relationship, this new reality. We seek landmarks. Incomprehension is not truly permitted, except in terms of being « special » or « mentally ill. » Incomprehension must be judged, apparently. It must be justified. In the past, to demonize the Other—the Enemy, since we were in an era of conquest—we said « Barbarians, » « Savages, » « Witches, » to differentiate ourselves from those we sought to subdue. Interpretation was dictated by a will for superiority. Could one truly subdue someone considered an equal, a friend?
This is how the enemy is demonized, weakened in our eyes and their own, stripped of value. We deny them a distinction outside of our framework, outside of what we have allowed them within our minds. The Other is no longer a human being, strictly speaking. They do not have the same value as oneself; they are worth less. This is a first wound, and a significant one, as it is what allows for the psychological weakening of the enemy while giving troops the courage to fight these « good-for-nothings. »
Prejudice becomes a weapon of war, a weapon of mass destruction. To destroy the opponent’s mental strength to undermine their courage.
What response can one have to such an attack? Spontaneously, we defend ourselves. We deny being pathetic; we assert our worth. Sometimes, this rings hollow, simply because we all harbor doubts about ourselves. No one is perfect, and everyone believes that others see our weakness or our difference as if we were limited to that single aspect. Deep down, we are divided within ourselves, and the attack sows a doubt that will find its way.
We must return to our sources, become a child again—as I mentioned in previous texts—and rise through self-love. Anger will give way to pride. Reflection on who we are, our motivations, and how we express our intentions will allow us to transcend and combat these prejudices. Reflection provides depth.
What image do I leave with someone when I meet them for the first time? Do I present myself as superior? Do I impose my superior vision? Why would I feel inferior? How can one human being have less value than another? There are still so many questions to ask.
Updated March 4, 2026


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