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    Spiritus militum

    Spiritus militum

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote. Un livre écouté sur Audible.ca. On y trace le parcours de l’homme politique. On redécouvre la passion du patriote, sa certitude dans cette vision et l’inébranlable volonté d’avancer, de réussir cette réalisation collective. J’aime bien revoir ces événements à travers ce vécu. Tout de même, je trouve l’écoute un peu déroutante parce que je n’arrive pas toujours à bien déterminer qui parle, ni à qui appartiennent les réflexions qu’on rapporte. La version écrite a probablement ses avantages.

    Aussi, un rappel de ma réflexion sur les impacts de l’expression « vote ethnique » ou de la menace référendaire utilisée de part et d’autre. J’ajoute cette réflexion : le manque d’explication entraîne à l’occasion un état défensif lorsque l’on est confronté à une vérité altérée ou à une fausse accusation. Dans ces moments, l’humain en nous se sent piégé, souvent démuni. (En référence à À hauteur d’homme.)

    En complément

    Le lancement de ce livre (Journal de Montréal)

    À hauteur d’homme (Illico)

    Mon texte : Spiritus militum

    J’ai toujours eu un esprit militaire, sans vouloir le reconnaître ou l’admettre. Jeune, je me voyais commandant une armée, genre héros de guerre ou je ne sais quoi. Déjà, mes visions du futur m’apparaissaient à la fois inévitables et mystérieuses. Comment cela se pouvait-il ? Par quel chemin devrais-je passer pour y arriver ? Je ne le savais pas. J’attendais un signe sans oser prendre de grandes décisions qui pourraient affecter ce destin qui m’attendait.

    Il y a peu de décisions, me semble-t-il, qui ont marqué un tournant ou un engagement sur cette voie me conduisant à cet objectif ultime. C’est plutôt en ne faisant pas de choix que j’ai formé cet esprit qui se refusait à lui-même. Chaque événement, chaque parole, chaque rejet, chaque trahison sont devenus autant de professeurs et de leçons.

    Mon esprit militaire était là, j’en étais sûr, quoique je visse bien qu’il manquait un lien entre la personne du présent et celle de la vision. Ce n’était pas qu’une question de temps. Toutefois, il y avait toujours ce mur de l’indécision ou cette recherche du signe qui ne venait jamais ou, du moins, que rarement. Alerte à la moindre ouverture, au moindre potentiel passage vers cette vision, je me suis fait mal en les investissant tous. Comment aurais-je pu faire la différence entre une ouverture et *l’*ouverture ? Je me rebellais contre ces structures que je suivais et qui n’en finissaient plus, contre chaque obstacle qui empêchait ce destin qui profiterait à tous.

    Je réalisais l’apprentissage que je faisais de moi-même, peut-être même encore plus des aptitudes que je développais. Il m’est arrivé plus d’une fois de me faire la réflexion que j’étais surentraîné pour la vie que j’avais, tout en constatant mon incapacité à utiliser ce savoir pour moi, dans ma propre vie au quotidien. Je me souviens d’avoir dit à mon psychanalyste que j’étais inapte à vivre ma vie ! En même temps, je ne pouvais pas décrocher de mes enquêtes, de la formation découlant de mon obéissance aveugle à ces structures.

    Contre vents et marées, j’avançais. La présence de la peur me rebutait et j’y voyais plutôt un défi. La mort m’apparaissait dans chaque échec, mais elle finissait aussi par se pointer même dans les succès, allant jusqu’à m’empêcher de fêter toute réussite. Je ne profitais de rien. La mort m’attirait comme un aimant. Cela aussi était un apprentissage, en fin de compte. Ma vie sans but apparent n’avait de sens qu’en suivant des structures que seul moi voyais, des structures qui m’apportaient une connaissance incroyable de ce que j’étais profondément et faisaient de moi un humain spécialiste de rien et de tout.

    9 mars 2026


    Spiritus militum

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote. A book listened to on Audible.ca. It traces the journey of the politician. We rediscover the passion of the patriot, his certainty in this vision, and the unwavering will to move forward, to succeed in this collective achievement. I like revisiting these events through this lived experience. Still, I find the listening experience a bit confusing because I cannot always clearly determine who is speaking or who owns the reflections being reported. The written version probably has its advantages.

    Also, a reminder of my reflection on the impacts of the expression « ethnic vote » or the referendum threat used on both sides. I add this reflection: the lack of explanation occasionally leads to a defensive state when confronted with an altered truth or a false accusation. In those moments, the human within us feels trapped, often helpless. (In reference to À hauteur d’homme.)

    In addition

    The launch of this book (Journal de Montréal)

    À hauteur d’homme (Illico)

    My text: Spiritus militum

    I have always had a military spirit, without wanting to recognize or admit it. Young, I saw myself commanding an army, a war hero type or something. Already, my visions of the future appeared to me as both inevitable and mysterious. How could that be? What path would I have to take to get there? I did not know. I waited for a sign without daring to make major decisions that could affect this destiny awaiting me.

    There are few decisions, it seems to me, that marked a turning point or a commitment on this path leading me to this ultimate goal. It is rather by not making choices that I formed this spirit that refused itself. Every event, every word, every rejection, every betrayal became so many teachers and lessons.

    My military spirit was there, I was sure of it, although I saw clearly that a link was missing between the person of the present and the one in the vision. It wasn’t just a question of time. However, there was always this wall of indecision or this search for the sign that never came or, at least, only rarely. Alert to the slightest opening, a potential passage toward this vision, I hurt myself by investing in all of them. How could I have told the difference between an opening and the opening? I rebelled against these structures I was following that never ended, against every obstacle that hindered this destiny that would benefit everyone.

    I realized the learning I was doing about myself, perhaps even more so regarding the skills I was developing. It happened more than once that I reflected that I was overtrained for the life I had, while observing my inability to use this knowledge for myself, in my own daily life. I remember telling my psychoanalyst that I was unfit to live my life! At the same time, I could not let go of my investigations, of the training resulting from my blind obedience to these structures.

    Against all odds, I moved forward. The presence of fear repelled me, and I saw it rather as a challenge. Death appeared to me in every failure, but it also ended up showing itself even in successes, going as far as preventing me from celebrating any achievement. I enjoyed nothing. Death attracted me like a magnet. That too was a learning process, in the end. My life without an apparent goal only made sense by following structures that only I saw, structures that brought me an incredible knowledge of what I deeply was and made of me a human specialist in nothing and everything.

    March 9, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »