Katherine Levac : l’individu dans le peuple
Le spectacle de vendredi dernier de Katherine Levac au Théâtre Desjardins. Elle raconte avec humour et légèreté certains passages de sa vie de Franco-Ontarienne. Une belle soirée très agréable au cours de laquelle j’ai ri quelques fois, mais j’ai surtout souri du début à la fin. Le spectacle nous a beaucoup plu.
L’individu
Ma vie s’est construite dans la souffrance, les peines, les rejets et l’abandon. Il y a en moi une sorte de sentiment de « laissé-pour-compte ». Il est inutile de revenir sur les traumatismes et les moments difficiles déjà mentionnés dans plusieurs textes précédents. J’ai eu, bien sûr, une chance inouïe de traverser ces épreuves et j’en suis reconnaissant.
Ce qui me semble important de souligner est l’universalité de ces expériences humaines. Je suis conscient que chacun les a vécues sous une forme ou une autre, et sûrement à des degrés divers. C’est le fait d’être humain qui nous permet de nous rejoindre dans ce vécu. Il s’agit de notre nature, un lieu commun.
Tout au long de notre vie, nous tentons de prouver notre valeur, de faire valoir notre droit d’exister et, plus particulièrement, d’essayer de nous faire aimer pour ce que nous sommes. Nos blessures et nos réalisations définiront en partie l’image que nous avons de nous-mêmes ; une représentation de soi avec laquelle nous chercherons, plus ou moins adroitement, à nous relier aux autres. Nous finissons par être esclaves de cette vision.
Il est possible de se libérer de ces contraintes, imposées le plus souvent par l’environnement. Prendre conscience de ce qui affecte l’image que nous avons de nous-mêmes est certainement un premier pas. Cette conscientisation permettra éventuellement de nous libérer et de mieux nous connecter à notre nature profonde, sans pour autant renier ce qui nous distingue les uns des autres. Nous serons alors en mesure de déterminer consciemment nos réactions, plutôt que de les laisser dictées par les blessures, les peines, la colère ou les frustrations.
8 mars 2026
Katherine Levac: The Individual Within the People
Last Friday’s show by Katherine Levac at Théâtre Desjardins. With humor and levity, she recounts certain chapters of her life as a Franco-Ontarian. It was a lovely, pleasant evening during which I laughed a few times, but above all, I smiled from beginning to end. We enjoyed the performance very much.
The Individual
My life has been forged through suffering, sorrow, rejection, and abandonment. There is a sort of feeling of being « left behind » within me. There is no need to revisit the traumas and difficult moments already mentioned in several previous texts. I have, of course, been incredibly fortunate to make it through these difficulties, and for that, I am grateful.
What seems important to specify is the universality of these human experiences. I am aware that everyone has lived through them in one form or another, and surely to varying degrees. It is the very fact of being human that allows us to find common ground in these experiences. This is our nature—a common thread.
Throughout our lives, we strive to prove our worth, to assert our right to exist, and more specifically, to try to be loved for who we are. Our wounds and our achievements will partly define the image we have of ourselves; a self-representation through which we seek, more or less skillfully, to connect with others. Ultimately, we become slaves to this vision.
It is possible to free oneself from these constraints, which are most often imposed by our environment. Becoming aware of what affects our self-image is certainly a first step. This realization will eventually allow us to liberate ourselves and better connect with our deep nature, without denying what distinguishes us from one another. We will then be able to consciously determine our reactions, rather than having them dictated by wounds, sorrows, anger, or frustrations.
March 8, 2026

