Québec
Il y a dans les fontaines quelque chose de fascinant. En voyage, je m’arrête toujours auprès de l’une d’entre elles : un rituel. À la fois œuvre d’art à contempler, il s’en dégage une magie, un vécu ; elles marquent aussi un lieu de rencontre. En complément d’information : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Tourny
Mon texte : Québec
Dans mon texte Montréal, je divisais ma vie en trois grandes périodes où ici, à Québec, se retrouve celle du milieu. Jusqu’à relativement récemment, je voyais davantage mes traumas comme des étapes significatives, allant jusqu’à parler de mort comme démarcation puisque j’ai vécu plusieurs expériences de mort imminente.
Mon vécu m’a amené à consulter en psychologie, j’en ai longuement parlé. Après quelques années à Québec, cette situation a quelque peu changé. J’ai rencontré des médecins qui voulaient en savoir plus sur ma condition décrite dans les rapports médicaux ; plusieurs diagnostics se contredisaient. Si on tenait ces faux diagnostics pour acquis, ils auraient une autre personne devant eux.
De fil en aiguille, d’investigation en investigation, il en est ressorti deux grands courants : ceux qui opinaient pour un syndrome de stress post-traumatique, avec certains aspects en rémission, alors que d’autres y allaient avec le polytraumatisme crânien sévère. L’un et l’autre représentaient un avancement significatif, un bilan constructif, quelque chose que je pouvais travailler, des diagnostics qui représentaient des réalités que j’avais vécues sans avoir eu de soins appropriés.
Les Forces armées canadiennes ont aussi joué un rôle majeur durant cette période. Après différents tests réussis pour une qualification, on a approfondi l’examen de mon dossier. C’est là qu’on a trouvé l’erreur, celle que je dénonçais précédemment. Cet approfondissement a permis d’entreprendre des démarches pour faire valoir mes droits. Vous connaissez la suite, je suis toujours en démarche légale plus de 34 ans après l’erreur.
En plus de ces avancements majeurs, j’ai aussi pu cumuler différentes réalisations qui m’ont apporté une grande force pour faire face aux difficultés de la vie. Tout cela impliquait des deuils. On oublie souvent, me semble-t-il, que tout changement implique la fin d’un fonctionnement auquel on s’est habitué, voire attaché. La plus grande de mes réalisations est cet outil que j’ai développé en psychanalyse avec deux médecins de Québec. C’est lui, en fin de compte, qui me permet de mieux vivre avec les structures que je vois.
Le côté champêtre de Québec m’a plu tout de suite. Une projection de mon avenir était facile. La Ville m’apparaissait sécuritaire et à dimension humaine, l’idéal pour y fonder une famille. Les maisons étaient aussi moins chères qu’à Montréal. Je pouvais découvrir plus amplement d’autres régions, telles Charlevoix, la Côte de Beaupré et l’Île d’Orléans, étant donné la proximité. Toutefois, la petite ville a rapidement commencé à grandir, à prendre de l’expansion. Une nouvelle compréhension de la Capitale-Nationale s’est ouverte à moi, ou disons une meilleure vision de la fierté que cela implique. J’en ai appris davantage sur son histoire, sur les emblèmes autres que le Château Frontenac, et ressenti dans la population un sens de la Nation québécoise.
Le pont de Québec n’est pas simplement une route qui permet de traverser un cours d’eau, mais un monument avec son passé unique et son empreinte de fierté. Un combat pour son entretien et sa mise en valeur a commencé durant ces années. La porte Saint-Jean a pris une signification particulière alors que je la passais fréquemment. Tranquillement, je dessinais dans mon esprit une ville fortifiée avec des remparts, avec des canons, avec les Plaines d’Abraham et la présence militaire encore active, en outre le R22eR à la Citadelle de Québec et, pas si loin, la base militaire Valcartier. La Promenade Samuel-De Champlain est une réalisation qui met en valeur notre beau fleuve et la Ville de Québec, notre Capitale-Nationale.
Ce qui m’apparaissait être une ville de fonctionnaires est devenue à mes yeux un lieu de vie beaucoup plus diversifié. Une augmentation de l’économie du secteur privé s’est ajoutée à celles générées par les Forces armées canadiennes, les différents ministères et l’Assemblée nationale du Québec, l’Assnat, où nous envoyons nos représentants s’occuper de la chose publique, veiller à la mise en valeur du bien commun et définir notre identité à partir des choix de société que nous faisons pour notre Nation.
Au fond, c’est bien à Wendake que j’ai eu mon premier vrai contact avec le monde autochtone. Ma fille y suivait des cours de taekwondo, et peu après je me suis impliqué dans cette école pour finalement pratiquer ce sport moi aussi. J’ai vu Tourisme Wendake naître et prendre un tournant important, ainsi que l’hôtel-musée devenir un attrait très apprécié.
Le Centre Vidéotron a été construit pour préparer le retour des Nordiques, mais aussi pour présenter des spectacles culturels et sportifs dans un amphithéâtre moderne de catégorie supérieure. On rêve de revoir le tandem Nordiques–Canadiens avec cette belle compétition passionnée. La Sûreté du Québec, un corps policier national, veille, entre autres, sur l’Assemblée nationale. À tort ou à raison, je leur attribue le devoir de garder l’équilibre entre les pouvoirs, pour le respect de la démocratie dans notre Nation.
Mon fonctionnement fait en sorte que je sois continuellement en mode infiltration, que toujours je m’imprègnerai de ce qui m’entoure avec ce besoin insatiable de comprendre profondément les structures qui supportent nos réalités. Comme pour ma psychanalyse, le but ultime est de faire un tout cohérent et harmonieux avec l’ensemble.
9 mars 2026
Quebec City
There is something fascinating about fountains. When traveling, I always stop at one of them: a ritual. Both a work of art to contemplate, they give off a magic, a lived experience; they also mark a meeting place. For additional information: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Tourny
My text: Quebec City
In my text Montreal, I divided my life into three major periods where here, in Quebec City, the middle one is found. Until relatively recently, I saw my traumas more as significant stages, going as far as to speak of death as a demarcation since I have had several near-death experiences.
My experience led me to consult in psychology; I have spoken about it at length. After a few years in Quebec City, this situation changed somewhat. I met doctors who wanted to know more about my condition described in the medical reports; several diagnoses contradicted each other. If one took these false diagnoses for granted, they would have another person in front of them.
One thing leading to another, from investigation to investigation, two main trends emerged: those who opted for post-traumatic stress disorder, with certain aspects in remission, while others went with severe traumatic brain injury. Both represented a significant advancement, a constructive assessment, something I could work on, diagnoses that represented realities I had lived through without having had appropriate care.
The Canadian Armed Forces also played a major role during this period. After passing various tests for a qualification, the examination of my file was deepened. That is where the error was found, the one I previously denounced. This deepening made it possible to undertake steps to assert my rights. You know the rest; I am still in legal proceedings more than 34 years after the error.
In addition to these major advancements, I was also able to accumulate various achievements that gave me great strength to face life’s difficulties. All of this involved mourning. We often forget, it seems to me, that every change involves the end of a functioning to which one has become accustomed, even attached. The greatest of my achievements is this tool that I developed in psychoanalysis with two doctors in Quebec City. It is this, in the end, that allows me to live better with the structures I see.
The rustic side of Quebec City appealed to me immediately. A projection of my future was easy. The City appeared safe and on a human scale to me, ideal for starting a family. Houses were also cheaper than in Montreal. I could further discover other regions, such as Charlevoix, the Côte de Beaupré, and Île d’Orléans, given the proximity. However, the small city quickly began to grow, to expand. A new understanding of the Capitale-Nationale opened up to me, or let’s say a better vision of the pride it implies. I learned more about its history, about landmarks other than the Château Frontenac, and felt within the population a sense of the Quebec Nation.
The Quebec Bridge is not simply a road that allows one to cross a body of water, but a monument with its unique past and its imprint of pride. A struggle for its maintenance and enhancement began during those years. The Saint-Jean Gate took on a particular meaning as I passed it frequently. Quietly, I drew in my mind a fortified city with ramparts, with cannons, with the Plains of Abraham and the still active military presence, notably the R22eR at the Citadel of Quebec and, not so far away, the Valcartier military base. The Promenade Samuel-De Champlain is an achievement that showcases our beautiful river and Quebec City, our National Capital.
What appeared to me to be a city of civil servants became in my eyes a much more diversified living environment. An increase in the private sector economy was added to those generated by the Canadian Armed Forces, the various ministries, and the National Assembly of Quebec, the Assnat, where we send our representatives to look after public affairs, ensure the enhancement of the common good, and define our identity based on the societal choices we make for our Nation.
Actually, it was in Wendake that I had my first real contact with the Indigenous world. My daughter took taekwondo lessons there, and shortly after I got involved in this school to finally practice this sport myself as well. I saw Tourisme Wendake being born and taking an important turn, as well as the hotel-museum becoming a highly appreciated attraction.
The Videotron Centre was built to prepare for the return of the Nordiques, but also to present cultural and sporting shows in a modern, superior-category amphitheater. We dream of seeing the Nordiques–Canadiens tandem again with that beautiful, passionate competition. The Sûreté du Québec, a national police force, watches over, among other things, the National Assembly. Rightly or wrongly, I attribute to them the duty to maintain the balance between powers, for the respect of democracy in our Nation.
My functioning ensures that I am continually in infiltration mode, that I will always soak up what surrounds me with this insatiable need to deeply understand the structures that support our realities. As with my psychoanalysis, the ultimate goal is to create a coherent and harmonious whole with everything.
March 9, 2026

