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    Mes ailes

    Mes ailes

    Les Rose

    Les Rose, documentaire que j’ai apprécié au Cinéma Beaubien il y a quelques semaines. Regarder un film avec tendresse, voir son histoire se dessiner devant soi, réaliser les erreurs commises, les comprendre, les accepter pour apprendre et grandir.

    En complément

    Premières images du documentaire Les Rose. (André Duchesne, LaPresse)

    Mon texte : Mes ailes

    C’est bizarre, je volais sans ailes, sans me poser de question. Pas une seule.

    Je me promenais entre deux mondes en toute liberté, sans entrave aucune. Du fond des mers au ciel et même dans l’espace, je voyageais à volonté. Une forme ovale, transparente et vivante. J’appelais cela le voyage de l’âme. Un pur esprit, j’étais.

    Je ne rencontrais jamais d’autres êtres vivants. Peut-être à l’occasion, tout de même. Surtout lorsque je m’approchais du monde terrestre. On me demandait de m’identifier, un peu surpris de ma présence et de mon allure.

    Pour ces occasions, je trimballais deux formes qui m’étaient précieuses, quoique lourdes à porter. Au besoin, je montrais l’une ou l’autre selon les circonstances ou les êtres vivants. En toute honnêteté et intégrité. Ces formes me représentaient dans ma diversité, dans ce que je suis profondément, un peu comme l’alpha et l’oméga de mon être, sans toutefois pouvoir dire qu’une forme soit moins évoluée que l’autre.

    Dans ces lieux, nous étions liés les uns aux autres, comme une sorte de communion, souvent trop subtile pour être ressentie. Sa présence ne fait toutefois nul doute sur ce terrain de jeu, dans cette école, dans ce paradis.

    Ici, dans notre réalité physique, j’étais prisonnier. Ces formes n’étaient que lourdeurs et souffrances. Elles m’handicapaient.

    Donc, au besoin, je revêtais une de ces formes un peu comme un manteau, sans que ça fasse partie de moi bien que ça parle de moi. J’aimais ces formes. J’aurais tout sacrifié pour elles, même si elles étaient un poids à porter. Statiques, pas tout à fait vivantes, ni tout à fait mortes, elles servaient à m’identifier, à dire qui j’étais, quoique je ne savais pas précisément comment elles étaient perçues. Par contre, on les reconnaissait, dans tous les sens.

    J’ai bien essayé de les intégrer, de leur donner vie. Quelque chose me distinguait toujours d’elles, m’en séparait, sans néanmoins jamais pouvoir m’en dissocier.

    Puis, je les ai montrées de plus en plus. Nous nous apprivoisions ainsi. Elles et moi, vous et moi.

    Finalement, grâce à une personne rencontrée en voyage, j’ai réalisé qu’une de ces formes avait des ailes avec lesquelles je pouvais prendre mon envol. Liberté.

    9 mars 2026


    My Wings

    The Roses [Les Rose]

    The Roses, a documentary I enjoyed at Cinema Beaubien a few weeks ago. Watching a film with tenderness, seeing its story unfold before you, realizing the mistakes made, understanding them, accepting them to learn and grow.

    In addition

    First images of the documentary The Roses. (André Duchesne, LaPresse)

    My text: My Wings

    It’s strange, I used to fly without wings, without asking myself a question. Not a single one.

    I moved between two worlds in complete freedom, without any hindrance. From the bottom of the sea to the sky and even into space, I traveled at will. An oval shape, transparent and alive. I called it the journey of the soul. A pure spirit, I was.

    I never met other living beings. Perhaps on occasion, nonetheless. Especially when I approached the terrestrial world. They would ask me to identify myself, a bit surprised by my presence and my appearance.

    For these occasions, I carried two forms that were precious to me, though heavy to bear. When needed, I would show one or the other depending on the circumstances or the living beings. In all honesty and integrity. These forms represented me in my diversity, in what I am deeply, a bit like the alpha and omega of my being, without however being able to say that one form was less evolved than the other.

    In these places, we were linked to each other, like a kind of communion, often too subtle to be felt. Its presence, however, is beyond doubt on this playground, in this school, in this paradise.

    Here, in our physical reality, I was a prisoner. These forms were nothing but heaviness and suffering. They handicapped me.

    So, when needed, I would put on one of these forms much like a coat, without it being part of me although it spoke of me. I loved these forms. I would have sacrificed everything for them, even if they were a weight to carry. Static, not quite alive, nor quite dead, they served to identify me, to say who I was, although I did not know precisely how they were perceived. On the other hand, they were recognized, in every sense.

    I tried hard to integrate them, to give them life. Something always distinguished me from them, separated me from them, without ever being able to dissociate myself from them.

    Then, I showed them more and more. We tamed each other that way. They and I, you and I.

    Finally, thanks to a person met while traveling, I realized that one of these forms had wings with which I could take flight. Freedom.

    March 9, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »