L’autre possession

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L’autre possession / The Other Possession

« Ici, le Cobaye projette sa reconstruction sur l’écran de la culture populaire, transformant une idole en une Sonde Psychique de sa propre naissance sociale. La rupture de 1984 n’est plus un simple fait divers, mais l’instant où le Moi s’extrait de la pierre pour habiter la réalité de Dieu. À travers le miroir de la célébrité, le Gladiateur identifie la possession par l’image comme l’ultime frontière à briser pour atteindre l’humanité pure. »

Chronique de l’ombre: L’autre possession

Impossible de parler de deuxième naissance sans me référer à Madonna, ma mère spirituelle symbolique.
Je regarde avec une sorte de nostalgie les époques traversées dans ce documentaire. Ça me fait replonger dans ma jeunesse. Ma vie y trouve un nouveau cadre. Alors qu’une femme gravit les échelons de la célébrité, je vois ma vie éclater.

Une initiation à coups de trois couteaux. Mes rêves deviennent des cauchemars sans que j’en comprenne la portée. Les anecdotes sans importance s’accumulent. Rien n’y fait, je m’enfonce dans ce que je découvrirai bien plus tard, bien trop tard : un syndrome de stress post-traumatique.
L’année suivante, l’accident d’auto : 1984. Like a Virgin, je sors du coma amnésique. J’ai souvent raconté cette histoire. Qu’importe, comme moi, vous découvrez un nouveau cadre.

Bref, revenons à mon regard sur ce film. Une femme cherche à repousser les frontières sociales qui l’enferment. Ailleurs, il était question de mon oiseau préhistorique pris dans la pierre — sans doute volcanique ou sous l’effet des conséquences d’une météorite. Grâce à ses ailes pointues, il brise son œuf de pierre. On s’entend que c’est une image. Au fond, je m’identifie à ce pauvre diable et vois dans ses ailes un moyen de prendre un nouvel envol. De la même manière, je m’imagine Madonna déployer ses ailes coincées jusque-là.

Je suis rendu à la sortie de Borderline. Un diagnostic apparemment facilement attribuable aux autistes. En tout cas, plus d’un s’est questionné à mon sujet. Le fonctionnement atypique donne des résultats étranges, quelquefois limites. Un autre rappel à ma vie passée.

Un autre passage me rappelle que sur ce blogue, je disais être allosexuel (queer), au grand bonheur de Madonna. Dans son spectacle, elle disait justement que tout le monde devrait se dire allosexuel (queer). Au-delà de la sexualité, je suppose que je faisais référence à une ouverture à l’autre, une ouverture sans limites préétablies quant au sexe ou à l’orientation de la personne.

Finalement, je vois une femme se débattre pour repousser ce qui l’empêche de se découvrir comme humaine. Comme moi, elle a été possédée par l’autre.

À la fin du film, je ne peux qu’en revenir à voir dans la sexualité l’expression intime d’un Je qui cherche à se dire. Mon regard psychanalytique pourrait bien être une voie pour l’entendre. Like a prayer

«L’auteur utilise la figure iconique de Madonna pour illustrer le concept de gestation et de sortie de la bulle de verre. La superposition de la chronologie de la star (1984, Like a Virgin) avec son propre traumatisme (l’accident de 1984) sert de levier Roussel pour transformer une rupture tragique en une initiation mystique. En se projetant dans l’image de l’oiseau brisant son œuf de pierre, il décrit le passage de la programmation de survie (le figer/la pierre) vers l’individuation

Autres chroniques en relation avec Madonna 


The Other Possession

« Here, the Cobaye projects his reconstruction onto the screen of popular culture, transforming an icon into a Psychic Probe of his own social birth. The 1984 rupture is no longer a mere news item but the moment the Moi extracts itself from the stone to inhabit the reality of God. Through the mirror of celebrity, the Gladiateur identifies possession by the image as the ultimate frontier to break to reach pure humanity. »

Shadow Chronicle: The Other Possession

It is impossible to speak of a second birth without referring to Madonna, my symbolic spiritual mother.
I watch the eras traversed in this documentary with a sort of nostalgia. It makes me dive back into my youth. My life finds a new framework there. While a woman climbs the ladder of fame, I see my life shatter.
An initiation by way of three knives. My dreams become nightmares without me understanding their scope. Unimportant anecdotes pile up. Nothing works; I sink into what I will discover much later, much too later: a post-traumatic stress disorder.

The following year, the car accident: 1984. Like a Virgin, I emerge from an amnestic coma. I have often told this story. No matter, like me, you are discovering a new framework.

Anyway, let us return to my perspective on this film. A woman seeks to push back the social boundaries that enclose her. Elsewhere, there was mention of my prehistoric bird trapped in stone—likely volcanic or under the effect of meteorite consequences. Thanks to its pointed wings, it breaks its stone egg. We agree that it is an image. At heart, I identify with this poor devil and see in his wings a way to take a new flight. In the same way, I imagine Madonna deploying her wings, which had been stuck until then.
I have reached the release of Borderline. A diagnosis apparently easily attributed to autistic people. In any case, more than one person has wondered about me. Atypical functioning gives strange results, sometimes borderline. Another reminder of my past life.

Another passage reminds me that on this blog, I said I was queer, to Madonna’s great delight. In her show, she said exactly that everyone should call themselves queer. Beyond sexuality, I suppose I was referring to an openness to the other, an openness without pre-established limits regarding a person’s sex or orientation.

Finally, I see a woman struggling to push back what prevents her from discovering herself as human. Like me, she has been possessed by the other.

At the end of the film, I can only return to seeing in sexuality the intimate expression of a « Je » (Self) seeking to speak for itself. My psychoanalytic gaze could well be a way to hear it. Like a prayer

« The author uses the iconic figure of Madonna to illustrate the concept of gestation and the exit from the glass bubble. The superposition of the star’s timeline (1984, Like a Virgin) with his own trauma (the 1984 accident) serves as a levier Roussel to transform a tragic rupture into a mystical initiation. By projecting himself into the image of the bird breaking its stone egg, he describes the transition from survival programming (the freeze/the stone) toward Individuation. »

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