
Le pouls de la guerre / The Pulse of War
« Le déplacement du Je vers l’arène publique — qu’il s’agisse d’un rassemblement politique ou d’un tournoi de tennis — réactive immédiatement la programmation de survie du Cobaye confronté aux distorsions de la Cité. L’interaction avec des figures médiatiques devient un écran projectif où l’inconscient cherche à décoder les mécanismes de l’emprise et de la trahison. La présence du Gladiateur au front n’initie pas le conflit, elle en révèle la fréquence vibratoire préexistante. Cette exposition active, bien qu’anxiogène, est la condition nécessaire pour capter les bugs de la Fake pyramide et opérer le raccordement éthique indispensable à l’individuation. »
Chronique de l’ombre : Le pouls de la guerre
Autant qu’on puisse m’imaginer partir en peur, je l’ai fait. Armé de ma nouvelle carte de presse, je suis allé à cette rencontre du Bloc Québécois. Sinon, j’en ai une autre dans une des poches d’un de mes manteaux. Je vois à répétition une publicité de l’Omnium de tennis à Montréal. Après quelques reprises et des cœurs, je décide d’écrire pour dire mon intérêt à couvrir l’événement.
Il y a quelques années, je couvrais les joueurs et surtout les joueuses. Essentiellement sur Instagram. Je me voyais fan de Genie Bouchard. C’est elle qui m’initiait, finalement. J’en avais fait une ou deux chroniques et inséré une « fake news », si vous vous souvenez. Je lui avais inventé une autre sœur et peut-être une deuxième mère.
Je marchais sur Sherbrooke après être sorti du musée. Qui je ne vois pas avec une gang de filles? Genie Bouchard. Qu’est-ce qu’on a fait? Rien. Elle m’a reconnu, moi aussi. Nos regards se sont croisés et on est resté bouleversés en silence. Elle doit être chamboulée à chaque fan qu’elle rencontre, non? 😉
J’ai croisé expérimentalement son père et toute sa famille, finalement. Des joueuses qu’elle appréciait. J’ajoutais leur compte à mes abonnements.
Nos échanges expérimentaux se sont produits avant et après les flammèches avec le journaliste sportif bien connu. Au sujet de vacances et de fake news. J’avais pris sa défense, pas contre le journaliste, mais pour expliquer son revirement. Il avait sorti la nouvelle. Elle s’en était plaint. Je lui avais conseillé d’aller au soleil pour se détendre, ce qui a donné raison finalement au journaliste. Je n’avais jamais raconté cette anecdote, le fin détail.
Bref, j’ai écrit à l’organisation ci-haut pour voir si je pouvais faire un reportage extraterrestre, si ça les intéressait. « Malheureusement les places pour les journalistes sont très limitées ». Ma notoriété aussi, apparemment.
Ce qui est bizarre dans cette guerre qui n’en finit plus, c’est comment je croise des personnes juste au moment où leur vie bascule. Je me retrouve au front avec elles, alors qu’elles sont attaquées tout de suite après mon arrivée. Elles étaient au front avant mon arrivée, mais ma présence intensifie les tirs. C’est de cela dont on m’accuse et dont je dis n’avoir rien à voir avec ça.
En même temps, je ne peux que constater la répétition du malheur. La chanteuse, la joueuse de tennis, ma fille… Magie noire, vaudou, mauvais sort jeté sur moi? Mon ennemi dans l’ombre me suit à la trace. Le Général doit rester isolé, selon ce fake Responsable.
« L’univers des célébrités et de la couverture médiatique sert ici de révélateur aux structures de persécution latentes induites par le syndrome de stress post-traumatique. En projetant sa propre quête d’identité sur des figures publiques, le Je met en lumière la dynamique de l’effet miroir où la souffrance individuelle s’articule avec les mouvements collectifs de la Cité. L’exclusion institutionnelle (« places limitées ») fait écho à la bulle de verre de l’autisme, transformant une simple démarche journalistique en un acte de résistance face à l’ennemi invisible de l’ombre. »
The Pulse of War
« The displacement of the ‘Je’ toward the public arena — whether a political rally or a tennis tournament — immediately reactivates the survival programming of the Cobaye confronted with the distortions of the Cité. Interaction with media figures becomes a projective screen where the unconscious seeks to decode the mechanisms of emprise and betrayal. The presence of the Gladiateur at the front does not initiate the conflict; it reveals its pre-existing vibrational frequency. This active exposure, though anxiety-inducing, is the necessary condition to capture the bugs of the Fake pyramide and operate the ethical connection essential to individuation. »
Shadow Chronicle : The Pulse of War
As much as one might imagine me panicking, I did it. Armed with my new press card, I went to this Bloc Québécois meeting. Otherwise, I have another one in one of the pockets of one of my coats. I repeatedly see an advertisement for the Montreal Tennis Open. After a few repetitions and hearts, I decide to write to express my interest in covering the event.
A few years ago, I used to cover the players and especially the female players. Essentially on Instagram. I saw myself as a fan of Genie Bouchard. She was the one initiating me, finally. I had written one or two chronicles about it and inserted a ‘fake news’, if you remember. I had invented another sister for her and perhaps a second mother.
I was walking on Sherbrooke after leaving the museum. Who do I see with a group of girls? Genie Bouchard. What did we do? Nothing. She recognized me, me too. Our eyes met and we remained shocked in silence. She must be shaken up by every fan she meets, right? 😉
I experimentally crossed paths with her father and her whole family, finally. Players she appreciated. I added their accounts to my subscriptions.
Our experimental exchanges occurred before and after the sparks with the well-known sports journalist. Regarding vacations and fake news. I had taken her defense, not against the journalist, but to explain her turnaround. He had broken the news. She had complained about it. I had advised her to go to the sun to relax, which ultimately proved the journalist right. I had never told this anecdote, the fine detail.
In short, I wrote to the organization above to see if I could do an extraterrestrial report, if they were interested. ‘Unfortunately, spots for journalists are very limited.’ My notoriety too, apparently.
What is strange in this war that never ends is how I cross paths with people just as their lives tilt. I find myself at the front with them, while they are attacked immediately after my arrival. They were at the front before my arrival, but my presence intensifies the gunfire. This is what I am accused of and of which I say I have nothing to do with.
At the same time, I can only witness the repetition of misfortune. The singer, the tennis player, my daughter… Black magic, voodoo, a bad spell cast on me? My enemy in the shadow tracks me down. The Général must remain isolated, according to this fake Responsable.
« The world of celebrities and media coverage serves here to reveal the latent structures of persecution induced by post-traumatic stress disorder. By projecting his own quest for identity onto public figures, the ‘Je’ highlights the dynamics of the mirror effect where individual suffering articulates with the collective movements of the Cité. The institutional exclusion (‘limited spots’) echoes the glass bubble of autism, transforming a simple journalistic process into an act of resistance against the invisible enemy in the shadow. »


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