Auteur : Christian Legault

  • Montréal

    Montréal

    Montréal

    Cursed : La Rebelle

    Une série sur Netflix que je commence à peine à regarder. Une histoire de magie, de défense d’un peuple, de lien avec la nature et l’humanité, avec Katherine Langford. J’approfondirai avec plaisir cet ajout à la fameuse légende de Merlin (Gustaf Skarsgard) en continuant son écoute.

    Mon texte : Montréal

    Natif de Montréal et y ayant habité l’essentiel de la première partie de ma vie, je ne réalisais pas à quel point cela définissait ce que j’étais avant de quitter cette ville définitivement.

    Durant cette première période, j’ai vu le transport électrifié disparaître. J’ai de vagues souvenirs de discussions autour de la pollution visuelle des fils électriques qui alimentaient les tramways, alors que nous étions dorénavant propriétaires et producteurs d’électricité. On voulait que la ville soit belle. Pour compenser, je suppose, le métro a été inauguré à l’occasion de l’exposition universelle de 1967 (Expo 67). Montréal devenait moderne et souhaitait être sous son plus beau jour pour cet événement unique.

    J’ai plus de souvenirs de l’époque des Jeux Olympiques de 1976. J’habitais relativement près du stade. Toutefois, les billets étaient apparemment trop chers pour penser amener des enfants. Néanmoins, ce fut une fierté que d’apparaître comme une ville d’intérêt dans le monde. Encore une fois, on existait.

    Pourquoi vois-je encore mon père faire son air mi-fâché mi-désolé en disant qu’apparemment des « Indiens » étaient violés dans les orphelinats ? C’était une rumeur qui circulait dans certains milieux de Montréal, disait mon père à cette même époque, me semble-t-il. L’aéroport de Mirabel nous a été présenté comme une nécessité pour nous « mettre sur la map », pour devenir une destination internationale. On connaît la suite et le passage souvent obligé par Toronto.

    Je n’ai pas compris cette histoire des Floralies, sinon que bien plus tard dans ma vie. Mes préoccupations à ce moment se trouvaient davantage dans ma recherche de copains et dans l’espérance quasiment utopique d’avoir une blonde. Les études n’avaient plus d’intérêt pour moi. Malgré ma présence physique la plupart du temps, j’avais décroché.

    Bref, tout cela s’est passé dans ma jeunesse sur un fond de compétition économique entre Toronto, Canada et Montréal, Québec. Je n’étais pas très politisé et la représentation se résumait à ça, à une sorte de guerre économique basée sur une option démocratique où un peuple difficilement définissable tentait de se lever, de montrer son goût de vivre, de dépasser simplement la survie.

    La recherche plus explicite de mon identité est apparue justement dans ce contexte social et dans les années 80. Suite au polytraumatisme crânien et à l’amnésie qui s’en est suivie, je ne savais plus qui j’étais. Par moments, cette quête me décourageait totalement. Tous ces événements qui faisaient partie de moi n’avaient plus de sens. J’avançais clairement à contre-courant. Aucune signification de mon passé n’existait.

    À l’étape suivante de ma vie, la deuxième, j’habitais la Capitale nationale. La ville de Québec a pris de l’expansion durant ces années. Aucun lien avec ma présence, mais j’étais témoin. J’y reviendrai dans un prochain texte.

    De retour à Montréal, pensant retrouver ma famille et y recommencer une vie après un mariage toxique et un divorce horrible, d’autres déceptions m’attendaient. Mon avenir a été volé, comme je disais il y a quelques jours. J’ai donc graduellement coupé avec ma famille. Puis, finalement, j’ai eu ce diagnostic d’autisme d’un niveau quelconque, mais qu’on appelait auparavant Asperger.

    Ma vie a ainsi changé. Il n’était plus question d’attaquer mon intégrité psychique avec de faux diagnostics de maladie mentale. Mon fonctionnement est différent, sans plus. Un nouveau regard sur ma vie est maintenant possible, un retour aux sources pour un nouveau départ avec une identité plus consciente, plus harmonieuse, dans un contexte social différent.

    La présente administration de la plus grande ville française en Amérique a entrepris de changer graduellement ses autobus qui utilisent le pétrole par d’autres fonctionnant à l’électricité. Cela s’inscrit dans un plan vert plus global. Nous parlons de pollution de l’air, d’écologie, de transport en commun plus diversifié, de milieu de vie sain et humain. La notion de beauté a également évolué. On veut davantage développer une vie de quartier. Pour ce faire, il y a création de parcs, d’espaces publics, de rues piétonnières et de voies réservées pour les vélos. Une vision pour une nouvelle ville. Être « sur la map » ne suffit plus, il faut interagir avec la « map ». La Ville est vivante.

    Au-delà de la sensibilisation à la réalité des Autochtones existe le besoin d’agir avec compréhension pour une justice réparatrice. Renouer avec l’importance de notre lien avec la nature s’inscrit parfaitement dans la reconnaissance de la culture autochtone qui intégrait une relation particulière avec la nature ; un sentiment d’harmonie entre l’environnement et le mode de vie qui en découlait. Une réalité enfin souhaitée et partagée, ce qui nous fait mieux voir la culture autochtone trop longtemps niée.

    La future ligne rose favorisera le transport à Montréal et éliminera le besoin d’utilisation d’une auto pour encore plus de personnes. Cette offre de services est plus complète et cohérente avec une vue d’ensemble. Montréal est en transformation, en respect avec les choix de société que nous faisons présentement pour un avenir plus durablement sain, plus humain.

    Déjà auparavant, sous l’ancienne administration, un tournant avait été entrepris, signe de l’essoufflement de cette guerre idéologique. Quelques nouveaux emblèmes de fierté pour la Ville : « – prolongement du métro sur la ligne bleue jusqu’à Anjou ;

    • trois anniversaires qui convergent en 2017 (375e de Montréal, 150e de la Confédération, 50e de l’Expo) ;
    • la Grande Roue ;
    • le pont Jacques-Cartier illuminé ». *

    *Source : Radio-Canada.

    9 mars 2026


    Montreal

    Cursed

    A series on Netflix that I am just starting to watch. A story of magic, of defending a people, of connection with nature and humanity, with Katherine Langford. I will enjoy deepening this addition to the famous legend of Merlin (Gustaf Skarsgard) by continuing to watch it.

    My text: Montreal

    A native of Montreal and having lived there for the bulk of the first part of my life, I did not realize how much it defined who I was before leaving that city for good.

    During that first period, I saw electrified transport disappear. I have vague memories of discussions about the visual pollution of the electric wires that powered the streetcars, while we were now owners and producers of electricity. We wanted the city to be beautiful. To compensate, I suppose, the subway was inaugurated on the occasion of the 1967 World’s Fair (Expo 67). Montreal was becoming modern and wanted to be at its best for this unique event.

    I have more memories of the era of the 1976 Olympic Games. I lived relatively close to the stadium. However, tickets were apparently too expensive to think about bringing children. Nevertheless, it was a source of pride to appear as a city of interest in the world. Once again, we existed.

    Why do I still see my father making his half-angry, half-sorry face while saying that apparently « Indians » were being raped in orphanages? It was a rumor circulating in certain circles in Montreal, my father said at that same time, it seems to me. Mirabel Airport was presented to us as a necessity to « put us on the map, » to become an international destination. We know the rest and the often-mandatory passage through Toronto.

    I did not understand the story of the Floralies, except much later in my life. My concerns at that time were more in my search for buddies and in the almost utopian hope of having a girlfriend. Studies held no interest for me. Despite my physical presence most of the time, I had dropped out.

    In short, all this happened in my youth against a background of economic competition between Toronto, Canada, and Montreal, Quebec. I was not very politicized and the representation boiled down to that, to a kind of economic war based on a democratic option where a difficult-to-define people tried to stand up, to show its zest for life, to go beyond simple survival.

    The more explicit search for my identity appeared precisely in this social context and in the 80s. Following the traumatic brain injury and the amnesia that followed, I no longer knew who I was. At times, this quest totally discouraged me. All those events that were part of me no longer made sense. I was clearly moving against the current. No meaning of my past existed.

    In the next stage of my life, the second one, I lived in the National Capital. Quebec City expanded during those years. No link to my presence, but I was a witness. I will return to this in a future text.

    Back in Montreal, thinking I would find my family and start a life over after a toxic marriage and a horrible divorce, other disappointments awaited me. My future was stolen, as I said a few days ago. I therefore gradually cut ties with my family. Then, finally, I got this diagnosis of autism of some level, but which was previously called Asperger’s.

    My life thus changed. There was no longer any question of attacking my psychic integrity with false diagnoses of mental illness. My functioning is different, nothing more. A new look at my life is now possible, a return to roots for a new start with a more conscious, more harmonious identity, in a different social context.

    The present administration of the largest French city in America has undertaken to gradually change its buses that use oil for others running on electricity. This is part of a more global green plan. We are talking about air pollution, ecology, more diversified public transit, a healthy and human living environment. The notion of beauty has also evolved. We want to further develop neighborhood life. To do this, there is the creation of parks, public spaces, pedestrian streets, and reserved lanes for bicycles. A vision for a new city. Being « on the map » is no longer enough; one must interact with the « map. » The City is alive.

    Beyond raising awareness of the reality of Indigenous people, there is a need to act with understanding for restorative justice. Reconnecting with the importance of our bond with nature fits perfectly into the recognition of Indigenous culture, which integrated a particular relationship with nature; a sense of harmony between the environment and the resulting way of life. A reality finally desired and shared, which makes us better see the Indigenous culture too long denied.

    The future Pink Line will promote transport in Montreal and eliminate the need to use a car for even more people. This service offering is more complete and consistent with an overall view. Montreal is undergoing transformation, in respect of the societal choices we are currently making for a more sustainably healthy, more human future.

    Already before, under the former administration, a turning point had been undertaken, a sign of the exhaustion of this ideological war. Some new emblems of pride for the City: « – extension of the subway on the Blue Line to Anjou;

    • three anniversaries converging in 2017 (375th of Montreal, 150th of Confederation, 50th of Expo);
    • the Giant Wheel;
    • the illuminated Jacques-Cartier Bridge ». *

    *Source: Radio-Canada.

    March 9, 2026

  • L’autisme

    L’autisme

    L’autisme

    Les Morissette

    J’ai apprécié ce spectacle à Québec. Il est actuellement disponible sur TouTV. J’ai appris leur implication avec l’autisme avant même que je reçoive mon diagnostic. D’ailleurs, je n’en faisais pas grand cas jusqu’à ce que je réalise l’impact que cela avait aussi pour les autres. D’apprendre que j’étais autiste a été un soulagement, comme je l’ai déjà mentionné, il me semble. En même temps, j’étais sous le choc sans m’en rendre compte, étranger à moi-même. Je devais revoir toute ma vie sous ce nouvel angle de mon identité : je pense différemment. J’ai d’abord compris l’implication de Véro et Louis via la Fondation Véro et Louis, surtout par les réseaux sociaux ; on parlait de maisons, de briques et de chandails. La sensibilisation à d’autres formes d’autisme s’est faite de cette façon. Voilà le lien qui me ramène à leur spectacle, aujourd’hui.

    Mon texte : L’autisme

    Voici selon quels critères les experts définissent l’autisme : https://autismcanada.org/about-autism/diagnosis/diagnostic-criteria-dsm-5/?lang=fr

    Laissez-moi plutôt expliquer des brindilles de mon vécu.

    J’ai constaté une confusion chez plusieurs quant au regroupement de l’appellation d’autisme et d’Asperger. On pense, apparemment, à des crises ou à du « flapping » lorsqu’on parle d’autisme. Ça frappe l’imaginaire, c’est vrai. Ainsi, on me dit, peut-être même avec un air suspicieux, que ça ne paraît pas.

    Toutefois les symptômes apparents ne se présentent pas de la même façon pour moi, bien que je vive cet envahissement, source de ce débordement d’émotion que je décris quelquefois comme un trop-plein d’informations qui m’arrive en même temps ; tout ne pouvant pas être intégré instantanément. De plus, mon comportement répétitif est intellectuel : des enquêtes que je ne peux m’empêcher de poursuivre jusqu’à leur solution : l’identification de leur source et de leur finalité. D’où vient cette structure ou par quel chemin peut-elle en arriver à ce point que je vois ? Pourquoi ?

    L’envahissement est en commun, mais avec une réaction différente pour moi. Le sentiment est là, quoique pas toujours clairement identifié. L’origine est quelquefois mystérieuse, mais l’impression d’agression est bien réelle. On peut donc facilement comprendre qu’un contact physique agressif est encore plus intrusif. Ce n’est pas une question de contrôle de soi, mais d’acceptation du concept qu’une agression est subie de ma part. C’est donc tout le contraire de ce qui est convenu par les neurotypiques. On nie ma réalité en minimisant la violence que je subis.

    Y voit-on plus un trouble de la personnalité en comorbidité ? Peut-être s’agirait-il davantage d’une déficience dans l’enseignement ?

    Assurément, il y a incompréhension du déficit social même par certains experts. Un angle mort, pas seulement pour moi. Peut-on dire à quelqu’un qui n’a pas de main qu’il tient mal un objet, que son comportement est mésadapté ? On ferait abstraction complète de sa réalité.

    Ça peut paraître simple de socialiser pour des gens qui ont tous plus ou moins les mêmes références, des personnes qui voient la même réalité. Par exemple, tout le monde a deux mains. Toutefois, la réalité que je vois semble plus complexe, en tout cas différente de ce qu’on en rapporte, comme si j’avais accès à l’inconscient, à l’invisible ou que cette réalité que je nomme « structure » m’était plus directement perceptible ou « conscientisable ». Les non-voyants développent leur ouïe…

    Les bases sur lesquelles je réfléchis sont différentes de la plupart et on ne devrait pas porter un diagnostic sur moi sans avoir connaissance de cette fondation. Je suppose en plus que cette conscience omniprésente du miroir complexifie ma situation et, par le fait même, ma socialisation.

    Il n’en demeure pas moins que j’ai un angle mort, un aspect de la vie que je ne peux expérimenter. Il est absent du miroir. À cet endroit, je suis dans le noir ; démuni et souvent abusé. Voilà la source de tous ces faux diagnostics : une déficience dans la connaissance de ces professionnels, une incompréhension de cet espace. Il me manque quelque chose qui me permettrait d’appréhender adéquatement la vie sociale.

    De mon fonctionnement, je constate apprendre grâce à la réflexion dans le miroir, image de laquelle je suis généralement absent, sinon avec une grande distorsion. Je ne peux que m’opposer aux images proposées puisque la base réfléchie est fausse.

    Je suis donc en perpétuel recommencement, en continuelle reconstruction de cette image à chaque relation. Voilà mon labyrinthe sans issue : passer mon temps à défendre mon intégrité psychique ou à m’isoler socialement.

    Il y a tout de même possibilité de saine socialisation, mais avec un apprivoisement, avec une délicatesse, le temps de me familiariser avec chacun ou avec un groupe. Pour le reste, tout me semble assez similaire bien qu’évidemment l’inconscient des gens me sera toujours accessible, essentiellement sous forme de structures, et que je ne sache pas constamment quoi en faire. Un délai est nécessaire dans certaines circonstances. La plus grande difficulté, la plus anxiogène, est lorsqu’il y a de mauvaises intentions à mon égard, conscientes ou non.

    9 mars 2026


    Autism

    Les Morissette

    I enjoyed this show in Quebec City. It is currently available on TouTV. I learned about their involvement with autism even before I received my diagnosis. Besides, I didn’t think much of it until I realized the impact it also had for others. Learning that I was autistic was a relief, as I’ve already mentioned, I think. At the same time, I was in shock without realizing it, a stranger to myself. I had to review my whole life under this new angle of my identity: I think differently. I first understood Véro and Louis’s involvement via the Véro and Louis Foundation, especially through social media; we were talking about houses, bricks, and sweaters. Awareness of other forms of autism was raised this way. This is the link that brings me back to their show, today.

    My text: Autism

    Here are the criteria by which experts define autism: https://autismcanada.org/about-autism/diagnosis/diagnostic-criteria-dsm-5/?lang=fr

    Let me instead explain bits [brindilles] of my experience.

    I have noticed confusion among many regarding the grouping of the names autism and Asperger’s. Apparently, people think of meltdowns or « flapping » when talking about autism. It strikes the imagination, it’s true. Thus, people tell me, perhaps even with a suspicious look, that it doesn’t show.

    However, the apparent symptoms do not present themselves in the same way for me, although I experience this encroachment [envahissement], the source of this overflow of emotion that I sometimes describe as an information overload arriving all at once; not everything being able to be integrated instantly. Furthermore, my repetitive behavior is intellectual: investigations that I cannot stop myself from pursuing until their solution: the identification of their source and their purpose. Where does this structure come from, or by what path can it arrive at this point that I see? Why?

    The encroachment is common, but with a different reaction for me. The feeling is there, though not always clearly identified. The origin is sometimes mysterious, but the impression of aggression is very real. One can therefore easily understand that aggressive physical contact is even more intrusive. It is not a question of self-control, but of accepting the concept that an aggression is being suffered on my part. It is therefore the exact opposite of what is agreed upon by neurotypicals. My reality is denied by minimizing the violence I endure.

    Do they see more of a co-morbid personality disorder? Perhaps it is more a deficiency in teaching?

    Certainly, there is a misunderstanding of the social deficit even by some experts. A blind spot, not just for me. Can you tell someone who has no hand that they are holding an object poorly, that their behavior is maladapted? You would be completely ignoring their reality.

    It may seem simple to socialize for people who all have more or less the same references, people who see the same reality. For example, everyone has two hands. However, the reality I see seems more complex, or at least different from what is reported, as if I had access to the unconscious, to the invisible, or as if this reality I call « structure » were more directly perceptible or « conscientizable » to me. Non-sighted people develop their hearing…

    The bases on which I reflect are different from most, and one should not make a diagnosis of me without knowing this foundation. I suspect, moreover, that this omnipresent awareness of the mirror complicates my situation and, by the same token, my socialization.

    The fact remains that I have a blind spot, an aspect of life that I cannot experience. It is absent from the mirror. In that place, I am in the dark; helpless and often abused. This is the source of all these false diagnoses: a deficiency in the knowledge of these professionals, a misunderstanding of this space. I am missing something that would allow me to adequately apprehend social life.

    From my functioning, I observe that I learn through reflection in the mirror, an image from which I am generally absent, or else with great distortion. I can only oppose the proposed images since the reflected base is false.

    I am therefore in a perpetual restart, in a continual reconstruction of this image with every relationship. This is my dead-end labyrinth: spending my time defending my psychic integrity or isolating myself socially.

    There is still the possibility of healthy socialization, but with a taming, with a delicacy, the time to familiarize myself with each person or with a group. For the rest, everything seems quite similar to me, although obviously people’s unconscious will always be accessible to me, essentially in the form of structures, and I do not constantly know what to do with it. A delay is necessary in certain circumstances. The greatest difficulty, the most anxiety-inducing, is when there are bad intentions toward me, conscious or not.

    March 9, 2026

  • Le voyage

    Le voyage

    Le voyage

    Jolie Turquie

    Il y a quelques mois, je suis allé voir Jolie Turquie, avec Geneviève Borne, au cinéma Beaubien. Un film qui tente de partager l’expérience unique du voyage, ce qui me rejoint beaucoup.

    Mon texte : Le voyage

    Dans le voyage, je cherche à m’imprégner de la façon de vivre et de penser des habitants, à trouver les préoccupations des gens de la rue, des employés de commerce, etc. Voir la manière dont ces personnes se lient entre elles, entre sexes et avec l’étranger, identifier les similitudes et les différences d’avec ce que je connais. Tenter de partager la foi du peuple, ses espérances, de percevoir son idéal.

    Plusieurs visites sont nécessaires. Je découvre un peu plus à chaque fois, différemment aussi. Je suis dans du connu, évidemment, mais tout me semble nouveau. Mon regard porte au-delà de la fois précédente.

    C’est fou les informations que mon inconscient accumule lors de mes marches interminables, apparemment sans but, à passer 1000 fois par le même chemin. Ajouter, grandir. Je nourris quelque chose en moi, je le sens, pourtant je ne pourrais rien identifier si on me le demandait. Une nouvelle expérience saine et positive, l’émerveillement de découvrir une nouvelle réalité que je n’arrive jamais à nommer. L’expérience est humaine, finalement.

    Le goût d’en connaître davantage se développe, le besoin de revenir pour approfondir cet autre univers que j’ai l’impression d’avoir à peine effleuré, de m’être simplement rendu compte de son existence. Je veux l’embrasser, en faire partie.

    Lors d’un voyage à New York, je faisais le tour de certaines places emblématiques. Principalement en marchant, quelquefois sur de longues distances. Puis, je me suis risqué à prendre le métro. Était-ce cette journée où je voyais des hommes et des femmes avec une tache dans le front ? En tout cas, ce mercredi des Cendres s’est révélé à moi de cette façon. De retour à Montréal, j’ai pu répondre sur Twitter qu’un tel présentateur de nouvelles avait cette marque parce que c’était cette fête religieuse.

    Mon dernier voyage était au Guatemala, ce sera probablement aussi le prochain. J’en ai parlé un peu dans les textes que j’ai écrits durant ce séjour.

    Par un hasard presque programmé, un événement se produit et un repère m’apparaît. Jamais je ne l’avais vu, mais je le reconnais pour ce qu’il est : une pierre d’assise. Une structure s’est mise en place ; les 1000 parcours deviennent subitement 1000 petits liens pour créer cette image dans le miroir.

    Durant ces voyages, je sors de moi, de l’expérience habituelle de ma vie. En même temps, je garde toujours contact avec mes racines, avec ce qui me relie à la vie, en moi et à l’extérieur de moi. Mon expérience humaine s’enrichit, se diversifie. Je comprends mieux ma différence, pas pour la juger, plutôt pour la vivre plus pleinement.

    9 mars 2026


    The Journey

    Jolie Turquie

    A few months ago, I went to see Jolie Turquie, with Geneviève Borne, at the Beaubien cinema. A film that attempts to share the unique experience of travel, which resonates with me a lot.

    My text: The Journey

    In travel, I seek to immerse myself in the way of life and the way of thinking of the inhabitants, to find the concerns of people on the street, shop employees, etc. To see the way these people relate to each other, between sexes and with the stranger, to identify the similarities and differences with what I know. To try to share the faith of the people, their hopes, to perceive their ideal.

    Several visits are necessary. I discover a little more each time, and differently too. I am in the familiar, obviously, but everything seems new to me. My gaze reaches beyond the previous time.

    It’s crazy the information my unconscious accumulates during my endless walks, apparently aimless, passing 1000 times by the same path. Adding, growing. I am nurturing something within me, I feel it, yet I could not identify anything if I were asked. A new healthy and positive experience, the wonder of discovering a new reality that I can never name. The experience is human, ultimately.

    The taste for knowing more develops, the need to return to deepen this other universe that I feel I have barely touched, of which I have simply realized the existence. I want to embrace it, to be part of it.

    During a trip to New York, I was touring some emblematic places. Mostly by walking, sometimes over long distances. Then, I ventured to take the subway. Was it that day when I saw men and women with a mark on their forehead? In any case, this Ash Wednesday revealed itself to me in this way. Back in Montreal, I was able to answer on Twitter that a certain news anchor had this mark because it was this religious holiday.

    My last trip was to Guatemala; it will probably also be the next. I spoke about it a little in the texts I wrote during that stay.

    By an almost programmed coincidence, an event occurs and a landmark appears to me. I had never seen it before, but I recognize it for what it is: a foundation stone. A structure has fallen into place; the 1000 paths suddenly become 1000 small links to create this image in the mirror.

    During these journeys, I step out of myself, out of the usual experience of my life. At the same time, I always keep in contact with my roots, with what connects me to life, within me and outside of me. My human experience is enriched, diversified. I understand my difference better, not to judge it, but rather to live it more fully.

    March 9, 2026

  • Le compromis

    Le compromis

    Le compromis

    Dark, une série écoutée sur Netflix. Une histoire intrigante où certains cherchent une façon de briser le cycle presque infernal dans lequel ils se trouvent. Nous en sommes à la saison 3.

    Mon texte : Le compromis

    À l’intérieur : Un compromis entre la vitalité d’une culture dite laïque et l’embrassement des autres cultures quelquefois plus religieuses. Voilà comment je vois la loi 21. Sous cet angle culturel, avec la compréhension du recul constructif face à la religion que la société québécoise a entrepris il y a quelques dizaines d’années, on réalise que cette distance est davantage liée à notre histoire plutôt qu’à la différence des croyances. Dans ce sens, l’approche québécoise n’est pas du tout raciste, elle est une recherche de bonne entente entre différentes cultures sans nier notre propre cheminement, nos choix de société passés.

    Cette loi n’est acceptable que dans la mesure où la discrimination envers les religions et particulièrement envers les Musulmans cesse, évidemment. Chacun faisant son bout de chemin pour rejoindre l’autre dans la paix, sachant bien que tous devront faire un certain deuil. Reconnaissons le vécu implicite de cette démarche, la volonté sincère d’accueil de nos différences qu’on soit d’un côté ou de l’autre.

    À l’extérieur : Avoir une relation d’égal à égal avec les autres nations demande plus qu’une volonté d’être respectée. Cela vient avec des responsabilités : en tant que pays, les politiques internes humaines doivent être en harmonie avec notre participation active pour la paix dans le monde et l’accueil des réfugiés. Un tout cohérent. Ceci incluant la nécessité de sécuriser et rendre plus saines les conditions de vie des pays en difficulté, afin d’éviter le déplacement d’êtres humains lorsque ce n’est pas souhaité de leur part.

    Un accompagnement devrait être disponible pour aider à cheminer vers une plus profonde humanité dans le respect des cultures des différents pays et nations. Trouver des moyens adaptés à chacun pour favoriser l’éducation universelle, des soins de santé de qualité accessibles, pour faciliter le rayonnement de leur culture et, bien sûr, inciter des investissements respectueux créateurs d’emplois afin d’améliorer les conditions de vie partout dans le monde.

    Le pont : Un gouvernement responsable est aussi un exemple pour ses citoyens. Traiter les autres avec respect, empathie et de façon constructive n’est pas valable que pour les relations internationales, mais également pour chaque citoyen. Vice-versa.

    Finalement, en résumé : Je me répète, c’est très important. Il ne s’agit pas de faire le tour des pays et de montrer à quel point nous sommes bons, mais plutôt d’offrir un accompagnement vers une plus profonde humanité dans le respect des cultures des différents pays et nations. Ainsi en va-t-il pour les individus avec l’amour sain de son prochain.

    9 mars 2026


    The Compromise

    Dark, a series watched on Netflix. An intriguing story where some search for a way to break the almost infernal cycle in which they find themselves. We are at Season 3.

    My text: The Compromise

    Internally: A compromise between the vitality of a so-called secular culture and the embracing of other cultures that are sometimes more religious. This is how I see Bill 21. From this cultural perspective, with the understanding of the constructive step back from religion that Quebec society undertook a few decades ago, we realize that this distance is more linked to our history than to the difference in beliefs. In this sense, the Quebec approach is not at all racist; it is a search for good understanding between different cultures without denying our own journey, our past societal choices.

    This law is only acceptable to the extent that discrimination against religions, and particularly against Muslims, ceases, obviously. Each person doing their part to meet the other in peace, knowing full well that everyone will have to undergo a certain mourning. Let us recognize the implicit experience of this process, the sincere will to welcome our differences whether we are on one side or the other.

    Externally: Having a relationship of equals with other nations requires more than a will to be respected. It comes with responsibilities: as a country, humane internal policies must be in harmony with our active participation for world peace and the welcoming of refugees. A coherent whole. This includes the need to secure and make healthier the living conditions of countries in difficulty, in order to avoid the displacement of human beings when it is not desired on their part.

    Support should be available to help journey toward a deeper humanity in respect of the cultures of different countries and nations. Finding means adapted to each to promote universal education, accessible quality healthcare, to facilitate the influence of their culture and, of course, to encourage respectful job-creating investments in order to improve living conditions throughout the world.

    The Bridge: A responsible government is also an example for its citizens. Treating others with respect, empathy, and in a constructive way is not only valid for international relations, but also for each citizen. Vice versa.

    Finally, in summary: I repeat myself, it is very important. It is not about going around countries and showing how good we are, but rather offering support toward a deeper humanity in respect of the cultures of different countries and nations. So it goes for individuals with a healthy love for one’s neighbor.

    March 9, 2026

  • Immigration

    Immigration

    Immigration

    Mon texte : Immigration

    Un peu partout dans le monde, nous réalisons le besoin d’un amour sain pour son prochain. Au Québec, l’héritage catholique revu et corrigé a pris une forme particulière. Les valeurs fondamentales du christianisme ont été intégrées dans notre idéal de vie. Au-delà de la pratique religieuse, plus ou moins délaissée, nous gardons un attachement certain pour ce patrimoine qu’on voit encore sacré, avec un relatif respect.

    N’empêche que notre rapport avec Dieu a changé. Dorénavant, notre idéal est projeté plus volontiers sans l’intermédiaire d’un prêtre ou d’un religieux. Nos églises sont peu fréquentées, mais plusieurs sacrements sont encore souhaités. Quand ça va mal, on cherche un accompagnement pour nous aider. On peut aussi prier secrètement. Quand ça va bien, on a tendance à remercier Dieu ou la vie ; une gratitude.

    Je ne connais pas toutes les causes de cette distance avec la religion. Je crois que les scandales sexuels jouent un rôle important, sinon majeur dans ce besoin de prendre un recul. Peut-être aussi que de réaliser une séparation entre la politique et la religion nous est apparu plus libérateur que pour d’autres.

    Ainsi, la laïcité québécoise nous permettait de contrer la guerre des religions, mais dans l’acceptation des croyances de chacun. Une approche plus française, je suppose. Le peuple s’appropriait les pouvoirs de l’éducation, des soins médicaux et les femmes commençaient à se sortir du carcan de la simple reproduction, alors que la religion traînait avec elle une vision ancestrale des us et coutumes d’un autre temps imbriqués dans le sacré.

    Cette position complexe, à mi-chemin entre la reconnaissance du sacré et la nécessaire liberté pour s’épanouir comme être humain, implique un travail considérable de compréhension. Quelquefois cela peut prendre l’aspect d’un rejet complet de la religion ou même de Dieu tout en contraste avec des démonstrations d’attachement à son patrimoine culturel. On va peu dans les églises sans vouloir les voir disparaître. Leur présence nous sécurise.

    L’idée serait donc d’en finir avec la discrimination religieuse, dans le compromis d’une certaine laïcité de l’État. Le compromis doit se faire de part et d’autre, sinon ce n’est pas un compromis : acceptation des croyances de chacun, respect de notre cheminement culturel typiquement québécois.

    Inévitablement, l’immigration se ferait sur la base du respect des cultures, sur la reconnaissance de la culture unique du Québec. Cette reconnaissance évite la diabolisation de l’autre parce que la culture québécoise n’est plus niée. Cela change tout.

    Quitter son pays, tout ce à quoi on s’identifie, c’est un grand deuil à faire ou, plus précisément, beaucoup de petits deuils qui se poursuivront pendant des décennies ; une mort lente et quotidienne, en quelque sorte. Il y a besoin d’être accueilli avec compassion, avec la compréhension de la démarche que ces personnes traversent.

    Même si on quitte pour le mieux, c’est humain et sain de regarder derrière et de prendre le temps d’assumer ce qu’on laisse. Il s’agit d’un processus de guérison pour réapprendre à vivre, pour vivre autrement aussi, mais probablement toujours avec un fond de nostalgie. L’amour de nos racines.

    Au Canada nous accueillons les nouveaux arrivés en leur disant que toutes les cultures peuvent coexister, qu’il n’y a rien à changer ou très peu. On n’explique pas du tout la culture distincte du Québec, le besoin de la revitaliser, de la renforcer pour qu’elle puisse s’épanouir. Cet aspect est nié. L’accueil se fait donc par le Canada, toujours avec ce fond britannique, implicitement de langue anglaise.

    On ne saurait réduire la culture d’une nation à sa langue, bien que cette dernière soit néanmoins fondamentale. Ainsi, le Québec a sa propre culture qui ne se limite pas à sa seule langue.

    L’accueil officiel de l’immigration donne une sécurité aux nouveaux arrivants, une preuve d’être citoyen d’un nouveau pays, d’une nouvelle organisation politique. Cette sécurité doit être conservée en ajoutant une meilleure connaissance de la réalité québécoise, de sa culture multiethnique unique, voire un multiculturalisme avec un fond français.

    Même besoin de sécurité pour les Autochtones face à des droits conférés par des traités avec la monarchie britannique tout en ayant besoin d’être réassurés sur leurs droits ancestraux et leur relation spirituelle avec la nature. Il ne suffit pas de leur dire nos bonnes intentions, il faut agir, incarner des solutions viables et constructives pour eux aussi.

    Cela est tout aussi essentiel pour le peuple québécois d’origine française. On ne peut toutefois pas passer sous silence la participation des Québécois anglophones dans l’épanouissement du Québec. Il doit y avoir une reconnaissance explicite pour eux aussi, pour une saine sécurité de tous.

    Je crois sincèrement que ceci représente les bases d’une société distincte, paisible et prête à prendre son envol. Dans un amour sain pour les uns et les autres et dans un respect mutuel des cultures de chacun, en gardant présent à l’esprit que de nier une culture est destructeur.

    9 mars 2026


    Immigration

    My text: Immigration

    All over the world, we realize the need for a healthy love for one’s neighbor. In Quebec, the revised and corrected Catholic heritage has taken a particular form. The fundamental values of Christianity have been integrated into our ideal of life. Beyond religious practice, which has been more or less abandoned, we maintain a certain attachment to this heritage which we still see as sacred, with relative respect.

    Nonetheless, our relationship with God has changed. From now on, our ideal is projected more readily without the intermediary of a priest or a religious figure. Our churches are sparsely attended, but several sacraments are still desired. When things go wrong, we seek accompaniment to help us. We can also pray secretly. When things go well, we tend to thank God or life; a gratitude.

    I do not know all the causes of this distance from religion. I believe that sexual scandals play an important, if not major, role in this need to step back. Perhaps also, realizing a separation between politics and religion appeared more liberating to us than to others.

    Thus, Quebec secularism [laïcité] allowed us to counter the war of religions, but within the acceptance of each person’s beliefs. A more French approach, I suppose. The people took over the powers of education and medical care, and women began to emerge from the straitjacket of mere reproduction, while religion carried with it an ancestral vision of customs and habits from another time, embedded in the sacred.

    This complex position, halfway between the recognition of the sacred and the necessary freedom to flourish as a human being, involves a considerable work of understanding. Sometimes this can take the form of a complete rejection of religion or even of God, in contrast with demonstrations of attachment to one’s cultural heritage. We rarely go to churches without wanting to see them disappear. Their presence reassures us.

    The idea would therefore be to end religious discrimination, through the compromise of a certain secularism of the State. The compromise must be made on both sides, otherwise it is not a compromise: acceptance of each person’s beliefs, respect for our typically Quebec cultural journey.

    Inevitably, immigration would take place on the basis of respect for cultures, on the recognition of the unique culture of Quebec. This recognition avoids the demonization of the other because Quebec culture is no longer denied. That changes everything.

    Leaving one’s country, everything one identifies with, is a great mourning to undergo or, more precisely, many small mournings that will continue for decades; a slow and daily death, in a way. There is a need to be welcomed with compassion, with an understanding of the process these people are going through.

    Even if one leaves for the better, it is human and healthy to look back and take the time to assume what one leaves behind. It is a healing process to relearn how to live, to live differently too, but probably always with a background of nostalgia. The love of our roots.

    In Canada, we welcome newcomers by telling them that all cultures can coexist, that there is nothing to change or very little. We do not explain the distinct culture of Quebec at all, the need to revitalize it, to strengthen it so that it can flourish. This aspect is denied. The welcome is therefore done by Canada, always with this British background, implicitly English-speaking.

    One cannot reduce the culture of a nation to its language, although the latter is nonetheless fundamental. Thus, Quebec has its own culture which is not limited to its language alone.

    The official welcoming of immigration gives security to newcomers, proof of being a citizen of a new country, of a new political organization. This security must be maintained by adding a better knowledge of the Quebec reality, of its unique multi-ethnic culture, even a multiculturalism with a French background.

    The same need for security exists for Indigenous people regarding rights conferred by treaties with the British monarchy, while needing to be reassured of their ancestral rights and their spiritual relationship with nature. It is not enough to tell them our good intentions; we must act, embody viable and constructive solutions for them too.

    This is just as essential for the Quebec people of French origin. One cannot, however, overlook the participation of English-speaking Quebecers in the flourishing of Quebec. There must be explicit recognition for them as well, for a healthy security for all.

    I sincerely believe that this represents the foundations of a distinct, peaceful society ready to take flight. In a healthy love for one another and in a mutual respect for each other’s cultures, keeping in mind that denying a culture is destructive.

    March 9, 2026

  • Le Ciel et l’Enfer

    Le Ciel et l’Enfer

    Le Ciel et l’Enfer

    Le dernier pape ?

    Un documentaire sur « la prophétie de saint Malachie [qui] affirme que le pape François 1er serait le dernier de sa lignée. » Suis-je le seul à spontanément penser à l’Apocalypse avec tout ce qui se passe actuellement dans le monde ? En tout cas, j’ai apprécié ce film qui mettait ensemble quelques histoires entendues au fil des ans. Certains parlent aussi de Révélation ou d’un Nouvel ordre.

    Mon texte : Le Ciel et l’Enfer

    J’ai déjà écrit sur la nécessité de diaboliser l’ennemi, celui qu’on cherche à dominer, celui qui possède les ressources qu’on veut acquérir. Il s’agit d’un passage obligé : déshumaniser l’adversaire afin de mieux le combattre. C’est une façon de nous motiver, de nous donner le courage de l’affronter, bien sûr, mais aussi de faire face à nos propres réticences intérieures. La guerre est toujours double : intérieure et extérieure.

    Cette dynamique d’opposition, de combat perpétuel, est bien ancrée en nous. Elle est humaine. On nous enseigne cette notion de bien et de mal tout au long de notre vie : dans la famille, à l’école ou même en politique. Nos systèmes de croyances religieuses sont modelés sur ce principe. En contrepartie, certains affirment qu’il n’y a ni bien ni mal, que tout est possible, sans limite.

    Ainsi, on souhaite dominer ou même exterminer cette partie à laquelle on ne veut tout simplement pas s’identifier et, en même temps, on projette une haine sur ce qui nous apparaît comme le mal. Comme c’est malsain !

    Que se passe-t-il après la conquête ? Quelle relation est-il possible de construire avec celui ou celle qu’on a diabolisé, dominé et blessé ?

    Quoi qu’il en soit, chacun sait que le bien et le mal sont là pour rester, l’un complétant l’autre pour former un tout, une sorte d’équilibre essentiel à la vie. Il me semble plus important de trouver comment harmoniser en nous ces deux aspects qui s’opposent, de faire la paix en soi pour finalement la faire autour de nous. Une harmonisation des royaumes.

    Si nous pouvions accueillir dans la paix celui que nous avons combattu, effectivement la vie serait belle. Tel n’est pas le cas. Cet adversaire, cette personne conquise, est blessé par la guerre, par notre diabolisation, par ce contraste de bien et de mal qu’on lui a imposé. La trame de fond de l’humanité.

    Il faut donc davantage créer une justice réparatrice et participative, une base à la vie paisible, un moyen pour soigner les blessures et enlever le poids du passé de part et d’autre. Faire aussi en sorte qu’il y ait un suivi pour que cette réparation soit le plus automatisée possible.

    Présentement, nous avons l’opportunité de profiter de la crise sanitaire pour grandir, pour amorcer les changements dans le but d’humaniser nos relations en nous et autour de nous. Une réalité s’est révélée à nous à travers ce virus, la COVID-19. C’est l’occasion de mettre un terme à nos façons de faire qui nous enferment dans des systèmes dysfonctionnels.

    Au Québec vit un peuple essentiellement pacifique, ce qui ne l’a pas mis à l’abri d’erreurs dans sa recherche d’identité, comme déjà mentionné dans des textes précédents. Culturellement, nous prenions conscience de nous-mêmes, de notre différence.

    De ce que je comprends, à l’international on s’entend pour distinguer les cultures, pour reconnaître le besoin de les protéger, d’où le principe onusien de multiculturalisme. Le bon fonctionnement de ce principe repose sur la reconnaissance des cultures ainsi que sur l’acceptation de leurs différences. C’est fondamental pour que toutes les nations se sentent respectées. Ainsi, de nouvelles nations pourraient se voir reconnues, basées sur la culture et sur des relations constructives avec les autres.

    Dans cette optique de nouvelle justice universelle, je vois davantage le Saint-Père comme un pape réparateur, plutôt qu’un dernier pape. Peut-être le dernier de cette ancienne lignée et le premier d’une nouvelle ? Pour moi, il n’y a pas de sang, ni de violence, mais une prise de conscience plus profonde de notre humanité, pour une nouvelle voie plus harmonieuse. (Référence à l’Épître aux Romains.)

    Ma protection.

    9 mars 2026


    Heaven and Hell

    The Last Pope?

    A documentary on « the prophecy of Saint Malachy [which] claims that Pope Francis I would be the last of his line. » Am I the only one to spontaneously think of the Apocalypse with everything currently happening in the world? In any case, I enjoyed this film which brought together several stories heard over the years. Some also speak of Revelation or a New Order.

    My text: Heaven and Hell

    I have already written about the necessity of demonizing the enemy, the one we seek to dominate, the one who possesses the resources we want to acquire. It is a mandatory passage: dehumanizing the adversary in order to better fight them. It is a way to motivate us, to give us the courage to face them, of course, but also to face our own internal reluctance. War is always double: internal and external.

    This dynamic of opposition, of perpetual combat, is well anchored in us. It is human. We are taught this notion of good and evil throughout our lives: in the family, at school, or even in politics. Our religious belief systems are modeled on this principle. Conversely, some claim that there is neither good nor evil, that everything is possible, without limits.

    Thus, we wish to dominate or even exterminate that part with which we simply do not want to identify and, at the same time, we project hatred onto what appears to us as evil. How unhealthy!

    What happens after the conquest? What relationship is it possible to build with the one we have demonized, dominated, and wounded?

    Be that as it may, everyone knows that good and evil are here to stay, one completing the other to form a whole, a kind of balance essential to life. It seems more important to me to find how to harmonize within ourselves these two opposing aspects, to make peace within oneself to finally make it around us. A harmonization of kingdoms.

    If we could welcome in peace the one we fought, life would indeed be beautiful. Such is not the case. This adversary, this conquered person, is wounded by war, by our demonization, by this contrast of good and evil imposed upon them. The background narrative of humanity.

    We must therefore create more of a restorative and participatory justice, a foundation for peaceful life, a means to heal wounds and remove the weight of the past from both sides. Also ensure that there is follow-up so that this reparation is as automated as possible.

    Currently, we have the opportunity to take advantage of the health crisis to grow, to initiate changes with the aim of humanizing our relations within and around us. A reality revealed itself to us through this virus, COVID-19. This is the opportunity to put an end to our ways of doing things that lock us into dysfunctional systems.

    In Quebec lives an essentially peaceful people, which has not shielded it from errors in its search for identity, as already mentioned in previous texts. Culturally, we were becoming aware of ourselves, of our difference.

    From what I understand, internationally there is agreement to distinguish cultures, to recognize the need to protect them, hence the UN principle of multiculturalism. The proper functioning of this principle rests on the recognition of cultures as well as on the acceptance of their differences. This is fundamental for all nations to feel respected. Thus, new nations could see themselves recognized, based on culture and on constructive relations with others.

    In this perspective of a new universal justice, I see the Holy Father more as a restorative pope, rather than a last pope. Perhaps the last of this old lineage and the first of a new one? For me, there is no blood, nor violence, but a deeper awareness of our humanity, for a new, more harmonious path. (Reference to the Epistle to the Romans.)

    My protection.

    March 9, 2026

  • La relation toxique

    La relation toxique

    La relation toxique

    La Servante écarlate

    J’ai commencé à écouter la série La Servante écarlate sur Club Illico, une adaptation du roman de science-fiction de Margaret Atwood. La série est aussi disponible sur d’autres plateformes. Un passé et un futur s’entremêlent, du moins dans les premiers épisodes que j’ai écoutés, où notre réalité quotidienne nous vient à l’esprit en regardant cette fiction. C’est choquant, cette superposition. Elisabeth Moss interprète le rôle principal, elle est excellente.

    Mon texte : La relation toxique

    De toutes les discriminations, celle qui regroupe le plus de personnes est certainement celle qui vise les femmes, les 50 % de l’humanité. Inutile de tout énumérer, chacun sait très bien la plupart des grandes injustices qu’elles vivent.

    Suffit-il de faire accroire qu’on fera des changements pour obtenir un répit de toute revendication, pour qu’elles cessent de réclamer une quelconque égalité ? Les femmes ont une très bonne conscience de la pesanteur qu’on leur fait porter, à tel point que la moindre promesse leur apparaît un avancement inouï, un soulagement total. Pourtant.

    Nous sommes dans un labyrinthe sans issue, dans une relation toxique entre les femmes et les hommes. La moindre tentative d’affirmation d’une femme, de la Femme, fait face à un mur. À chaque tournant, elle est attendue, prise au piège des accusations et des jugements élaborés au fil des siècles. Il n’y a rien à faire, elles sont dépossédées de tout pouvoir. Ultimement, l’excuse est tout simplement qu’on n’a pas les moyens d’offrir l’égalité. Déshumanisation.

    Cette réalité est la même pour les hommes. Toutes tentatives de réalisation profonde, d’avancement ou d’affirmation d’une masculinité passent par la femme, par celle qui est justement privée de son propre pouvoir. L’image qu’elle nous retourne de nous, hommes, s’en trouve nécessairement affectée. C’est frustrant.

    Ainsi nous entrons dans une spirale malsaine, déshumanisante. On l’accuse de nous rabaisser volontairement, de nous priver de notre réalisation. L’équilibre est rompu et il devient facile, simple ou même normal de vouloir remplir, quelquefois presque à tout prix, ce vide laissé en nous.

    Hommes et femmes sont pris au piège. Sous l’apparence de privilèges se cachent des besoins d’égalité, de reconnaissance de l’autre, d’une prise de conscience de l’unité de l’humanité. Détruire l’autre brise le reflet qu’on nous renvoie.

    Le jeu change de forme, bien sûr. Lentement, on adapte les règlements. L’absence de pouvoir n’est plus aussi complète qu’auparavant, bien que rien ne puisse être tenu pour acquis. Dans l’ensemble, la frustration demeure et certains se demandent ou affirment que la solution est dans le passé. Pour d’autres, une stratégie du temps, de l’essoufflement, d’un étranglement lent fait de promesses vides qui ne se réaliseront jamais ou trop tard, est utilisée. La solution finalement adoptée n’aura plus de sens lorsque mise en place, le temps ayant fait son œuvre. Nous serons déjà rendus ailleurs.

    On voit pleurer certains, au nom de tous et chacun présenter des excuses pour le mal causé sciemment par l’inaction, par un laisser-faire, ou carrément par la négation des droits les plus fondamentaux tels l’éducation, les soins de santé ou même l’utilisation de son propre corps. Je ne me demande pas s’il est plus triste d’entendre ces excuses vides que de faire le constat de cette injustice, je le sais.

    Au Canada, un gouvernement pro-femme, pro-choix, pro-égalité, majoritaire, ne fait pas avancer LA cause, sinon de façon cosmétique, de façon théâtrale. Par la suite, il est frustré de ne pas être réélu majoritaire. Nous le savons tous, hommes et femmes, que les dés sont pipés. Il n’y a aucune intention de ne plus maltraiter les femmes, ce 50 % des citoyens sacrifiés. Le système en serait bouleversé.

    Si au bout du compte la pression devient trop forte, il faut diluer la proposition, la solution longuement étudiée, une promesse vide sera à l’ordre du jour. Il faut gagner du temps pour laisser s’épuiser la colère. Je n’y crois plus à cette vie par procuration.

    La crise sanitaire actuelle est une occasion unique pour faire ces modifications, pour mettre en place cette justice réparatrice, pour en finir avec cette toxicité. Nous n’en sommes plus à chercher des façons d’être réélus, à la recherche du pouvoir le plus absolu possible, d’une quelconque suprématie plus ou moins temporaire, mais plutôt à trouver une façon de nous sauver, de permettre à notre humanité de s’exprimer dans nos actions de tous les jours.

    9 mars 2026


    The Toxic Relationship

    The Handmaid’s Tale

    I started watching the series The Handmaid’s Tale on Club Illico, an adaptation of the science fiction novel by Margaret Atwood. The series is also available on other platforms. A past and a future intertwine, at least in the first episodes I watched, where our daily reality comes to mind while watching this fiction. This superposition is shocking. Elisabeth Moss plays the main role; she is excellent.

    My text: The Toxic Relationship

    Of all discriminations, the one that encompasses the most people is certainly the one targeting women, 50% of humanity. There is no need to list everything; everyone knows very well most of the major injustices they experience.

    Is it enough to make people believe that changes will be made to obtain a respite from all demands, so that they stop claiming any kind of equality? Women are very conscious of the weight they are made to carry, to such an extent that the slightest promise appears to them as an unheard-of advancement, a total relief. And yet.

    We are in a dead-end labyrinth, in a toxic relationship between women and men. The slightest attempt at affirmation by a woman, by Woman, faces a wall. At every turn, she is expected, trapped by accusations and judgments developed over centuries. There is nothing to be done; they are stripped of all power. Ultimately, the excuse is simply that we don’t have the means to offer equality. Dehumanization.

    This reality is the same for men. All attempts at deep fulfillment, advancement, or affirmation of masculinity pass through the woman, through the very person who is deprived of her own power. The image she reflects back to us, men, is necessarily affected. It is frustrating.

    Thus we enter a healthy, dehumanizing spiral. We accuse her of intentionally belittling us, of depriving us of our fulfillment. The balance is broken and it becomes easy, simple, or even normal to want to fill, sometimes almost at any cost, this void left within us.

    Men and women are trapped. Under the appearance of privileges hide needs for equality, for recognition of the other, for an awareness of the unity of humanity. Destroying the other breaks the reflection sent back to us.

    The game changes form, of course. Slowly, the rules are adapted. The absence of power is no longer as complete as before, although nothing can be taken for granted. On the whole, frustration remains, and some wonder or assert that the solution lies in the past. For others, a strategy of time, of breathlessness, of a slow strangulation made of empty promises that will never be realized or will be too late, is used. The solution finally adopted will no longer make sense when put in place, time having done its work. We will already be elsewhere.

    We see some crying, in the name of everyone presenting apologies for the harm caused knowingly by inaction, by a laissez-faire attitude, or outright by the negation of the most fundamental rights such as education, healthcare, or even the use of one’s own body. I do not wonder if it is sadder to hear these empty apologies than to observe this injustice; I know it is.

    In Canada, a pro-woman, pro-choice, pro-equality, majority government does not advance THE cause, except in a cosmetic, theatrical way. Subsequently, it is frustrated not to be re-elected with a majority. We all know, men and women, that the dice are loaded. There is no intention to stop mistreating women, this 50% of sacrificed citizens. The system would be upended.

    If in the end the pressure becomes too strong, the proposal must be diluted, the long-studied solution; an empty promise will be on the agenda. Time must be gained to let the anger exhaust itself. I no longer believe in this life by proxy.

    The current health crisis is a unique opportunity to make these modifications, to put in place this restorative justice, to end this toxicity. We are no longer looking for ways to be re-elected, seeking the most absolute power possible, some more or less temporary supremacy, but rather finding a way to save ourselves, to allow our humanity to express itself in our everyday actions.

    March 9, 2026

  • La famille

    La famille

    La famille

    14 jours, 12 nuits. Un film réalisé par Jean-Philippe Duval, merveilleusement joué par Anne Dorval et Leanna Chea. Une histoire d’adoption qui m’a plu et m’a maintes fois ému jusqu’aux larmes. Que puis-je dire de plus que d’aller voir ce film au cinéma, comme je l’ai fait hier ?

    Mon texte : La famille

    Naître dans une famille est le début d’une quête identitaire. On vient au monde et on cherche inconsciemment la place qu’on peut prendre dans cet environnement familial. Souvent, il me semble, on se faufile dans les espaces laissés vacants par ceux qui nous ont précédés. Assez tôt, on se sent à l’étroit et on tente l’affirmation de soi. C’est le début d’un nouveau combat : qui suis-je ?

    En quoi suis-je différent des autres, unique ? Je tente des explications. La fratrie m’en offre abondamment, bien sûr. Habituellement, ce qui leur convient le mieux. Dans mon cas, je n’étais pas seulement le mouton noir, ou plutôt le « spécial », mais le malade mental qu’on devait enfermer.

    Cette dernière dénomination était payante, très payante. Dans un premier temps, ça permettait de s’accaparer d’un pouvoir sur moi, comme une vengeance ou un exutoire pour une colère indéfinie. Dans un deuxième temps, ça libérait une place qui pouvait aisément être prise par l’une ou l’autre. La vie qui m’habitait, on la voulait ; de mes relations à mon avenir en passant par mes avoirs. On « voulai[t] toute toute toute la vivre, ma vie, pas juste des p’tits boutt’s »*.

    (Dans un prochain texte, durant l’été, je vais sûrement vous parler plus amplement de l’autisme en général, mais aussi spécifiquement de l’Asperger, ma différence. Comme d’habitude, ce sera ma vision, selon mon vécu.)

    Je continue.

    Dans cette recherche identitaire, faite d’essais et d’erreurs, j’apprends qui je suis. Cette même recherche modifie justement aussi la conscience de mon identité, comme l’eau qui polit une pierre par son seul passage constant. J’enlève des parties auxquelles je m’identifiais faussement, je simplifie ma vision de moi-même. L’essentiel prend de plus en plus de place dans mon identification, mon identité se définit de plus en plus clairement.

    À 17 ans, j’ai quitté la maison familiale, si on peut appeler ça de cette façon. Ma mère vivait avec un homme violent, tous les types de violence étaient exprimés, et pas seulement qu’envers ma mère. Elle réagissait aux violences qu’elle subissait avec des chicanes incessantes, des discussions sans fin, des accusations inutiles. Elle était dans une dépendance manifeste, dans une ambiance des plus toxiques. Son labyrinthe sans issue dans lequel j’étais entraîné. Armé de ma vraie carte d’identité que j’avais modifiée pour indiquer 19 ans, j’ai loué un appartement. Seul, sans prévenir. Je mourais déjà à petit feu, alors que je voulais vivre.

    Au Québec, avec notre fond français et des origines multiethniques, nous formons une entité à part entière. On peut certainement voir le Canada comme une famille où le parent serait Ottawa et le Québec un enfant adopté de force, disons-le. Un Canada avec un fond britannique et un enfant adopté avec un fond français.

    La culture multiethnique du Québec se distingue du multiculturalisme canadien fondamentalement à cause du fond britannique sous-entendu dans ce dernier. Cette adoption s’est faite dans une guerre européenne qui n’en finit plus de finir et où le Québec n’est pas accepté comme un enfant égal aux autres. Il y a clairement discrimination avec sa différence niée. Il dérange.

    Chaque affirmation de soi est un obstacle, un élément à soumettre pour le « bien de la famille ». Toutefois, une famille sans lui, sans son essentiel, avec sa différence niée, est-ce vraiment une famille saine ? Lorsqu’un membre de la famille ne peut plus exprimer ce qu’il est au plus profond de lui, il est temps qu’il prenne son envol, qu’il s’émancipe autrement. Une famille aimante va l’aider à prendre un bon départ malgré le deuil à faire.

    *Extrait des paroles chantées par Angèle Arsenault dans « Je veux toute toute toute la vivre ma vie ».

    9 mars 2026


    Family

    14 Days, 12 Nights. A film directed by Jean-Philippe Duval, marvelously acted by Anne Dorval and Leanna Chea. An adoption story that I enjoyed and that moved me to tears many times. What more can I say than to go see this film in the cinema, as I did yesterday?

    My text: Family

    Being born into a family is the beginning of an identity quest. We come into the world and unconsciously seek the place we can take in this family environment. Often, it seems to me, we slip into the spaces left vacant by those who preceded us. Early enough, we feel cramped and attempt self-affirmation. This is the beginning of a new struggle: who am I?

    In what way am I different from others, unique? I attempt explanations. My siblings offer them abundantly, of course. Usually, whatever suits them best. In my case, I wasn’t just the black sheep, or rather the « special » one, but the mental patient who had to be locked up.

    This last label was profitable, very profitable. Firstly, it allowed for the seizing of power over me, like revenge or an outlet for an undefined anger. Secondly, it freed up a space that could easily be taken by one or the other. The life that inhabited me, they wanted it; from my relationships to my future, including my assets. They « wanted to live my whole, whole, whole life, not just little bits »* [voulai(t) toute toute toute la vivre, ma vie, pas juste des p’tits boutt’s].

    (In a future text, during the summer, I will surely talk to you more extensively about autism in general, but also specifically about Asperger’s, my difference. As usual, it will be my vision, according to my experience.)

    I continue.

    In this identity search, made of trial and error, I learn who I am. This same search precisely also modifies the awareness of my identity, like water polishing a stone by its constant passage alone. I remove parts with which I falsely identified, I simplify my vision of myself. The essential takes up more and more space in my identification, my identity defines itself more and more clearly.

    At 17, I left the family home, if one can call it that. My mother lived with a violent man, all types of violence were expressed, and not just toward my mother. She reacted to the violence she suffered with incessant bickering, endless discussions, useless accusations. She was in a manifest dependency, in a most toxic atmosphere. Her dead-end labyrinth into which I was dragged. Armed with my real identity card that I had modified to indicate 19 years old, I rented an apartment. Alone, without warning. I was already dying a slow death, while I wanted to live.

    In Quebec, with our French background and multi-ethnic origins, we form an entity in our own right. One can certainly see Canada as a family where the parent would be Ottawa and Quebec a child adopted by force, let’s say it. A Canada with a British background and an adopted child with a French background.

    The multi-ethnic culture of Quebec distinguishes itself from Canadian multiculturalism fundamentally because of the British background implied in the latter. This adoption took place in a European war that never seems to end and where Quebec is not accepted as a child equal to the others. There is clearly discrimination with its difference denied. It is a nuisance.

    Every self-affirmation is an obstacle, an element to be subdued for the « good of the family. » However, a family without it, without its essence, with its difference denied, is it truly a healthy family? When a member of the family can no longer express what they are deep inside, it is time for them to take flight, to emancipate themselves otherwise. A loving family will help them get a good start despite the mourning to be done.

    *Excerpt from the lyrics sung by Angèle Arsenault in « Je veux toute toute toute la vivre ma vie. »

    March 9, 2026

  • Ensemble: une réflexion inspirée

    Ensemble: une réflexion inspirée

    Ensemble : une réflexion inspirée

    Ensemble

    Le documentaire Ensemble, sur la tournée de l’Orchestre Métropolitain de Montréal qui se prépare à une tournée européenne, à l’hiver 2017. En outre, on apprend comment Yannick Nézet-Séguin conçoit son rôle de chef d’orchestre et la relation qu’il entretient avec les musiciens de l’orchestre. Très intéressant. Je le recommande.

    Mon texte : Ensemble

    Sans vouloir faire de pause sur quelques discriminations vécues dans nos sociétés, il me semble important de m’expliquer sur ma vision des différentes identités canadiennes qui composent cet ensemble qu’on nomme Canada.

    Ça se résume grossièrement comme suit :

    Pour les Européens qui avaient fondé leur économie sur l’exploitation des ressources naturelles, certainement que de voir des Autochtones avoir une autre relation avec la nature et le territoire leur apparaissait rudimentaire. On ne pouvait pas appeler ça une culture, je suppose. En tout cas, c’était assurément facile à dénigrer pour en tirer profit.

    Pourtant, quelques siècles plus tard, on ne cesse de parler d’écologie, du nécessaire équilibre dans notre relation avec la planète et nous réalisons plus que jamais combien l’être humain est indissociable de cette nature exploitée.

    Les Autochtones vivaient dans cette nature, s’en nourrissaient, s’en imprégnaient. Leurs langues, leurs spiritualités et leurs modes de vie transpiraient abondamment de cette communion. Leurs identités découlaient de l’environnement de chacun et du territoire où chaque communauté vivait.

    Mon point de vue.

    Des Européens de différentes origines, mais des Français en bon nombre, sont venus pour refaire leur vie ici. Ils ont eu besoin des Autochtones pour apprendre à vivre dans cet environnement. Les modes de vie se sont mélangés, tentant de prendre le meilleur de chacun.

    Tout ne s’est pas fait sans heurt, évidemment. Mais rapidement, les Français immigrés se sentaient différents de ceux vivant en France. Leur identité avait changé. Selon moi, un nouveau peuple se concevait et on pouvait ressentir une différence sans être capable de la nommer.

    Les Britanniques ont pris de plus en plus d’importance, le commerce grandissait graduellement et le territoire était davantage investi comme une ressource exploitable. La guerre européenne est devenue une réalité et le Canada s’est formé dans cette foulée, tant pour créer un ensemble paisible que pour mieux investir les ressources d’un océan à l’autre. Une stabilité était aussi demandée pour la construction d’un chemin de fer qui traverserait ce grand espace.

    Les grandes lignes de ma compréhension.

    Le pétrole de l’Ouest modifie également l’identité des personnes vivant dans cet environnement. Leur économie et leur mode de vie sont ainsi affectés, voire profondément modifiés. Les Québécois ont plutôt l’eau comme principale démarcation et ont investi dans l’hydroélectricité, ce à quoi nous nous identions volontiers.

    Le Canada doit maintenant prendre conscience de ces différentes identités, corriger les erreurs du passé lorsque c’est possible et permettre à chacune de relever les défis pour leur saine émancipation.

    9 mars 2026


    Together: An Inspired Reflection

    Together

    The documentary Ensemble, about the Montreal Metropolitan Orchestra’s tour as it prepares for a European tour in the winter of 2017. Furthermore, we learn how Yannick Nézet-Séguin conceives his role as conductor and the relationship he maintains with the orchestra’s musicians. Very interesting. I recommend it.

    My Text: Together

    Without wanting to pause on some of the discriminations experienced in our societies, it seems important to me to explain my vision of the different Canadian identities that make up this ensemble we call Canada.

    It can be summarized roughly as follows:

    For the Europeans who had founded their economy on the exploitation of natural resources, certainly seeing Indigenous people having another relationship with nature and the land appeared rudimentary to them. One couldn’t call that a culture, I suppose. In any case, it was certainly easy to denigrate to turn a profit.

    Yet, a few centuries later, we talk incessantly about ecology, the necessary balance in our relationship with the planet, and we realize more than ever how much the human being is inseparable from this exploited nature.

    Indigenous people lived in this nature, fed on it, were imbued by it. Their languages, their spiritualities, and their ways of life breathed abundantly from this communion. Their identities flowed from the environment of each person and the territory where each community lived.

    My point of view.

    Europeans of different origins, but French in great numbers, came to rebuild their lives here. They needed the Indigenous people to learn how to live in this environment. Lifestyles blended, attempting to take the best from each.

    Everything did not happen without friction, obviously. But quickly, the immigrant French felt different from those living in France. Their identity had changed. In my opinion, a new people was being conceived and one could feel a difference without being able to name it.

    The British took on more and more importance, trade grew gradually, and the territory was increasingly invested in as an exploitable resource. European war became a reality and Canada was formed in that wake, both to create a peaceful ensemble and to better invest resources from coast to coast. Stability was also required for the construction of a railway that would cross this vast space.

    The broad lines of my understanding.

    Oil in the West also modifies the identity of people living in that environment. Their economy and their way of life are thus affected, even deeply modified. Quebecers instead have water as their main demarcation and have invested in hydroelectricity, which we readily identify with.

    Canada must now become aware of these different identities, correct the mistakes of the past whenever possible, and allow each to meet the challenges for their healthy emancipation.

    March 9, 2026

  • La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    Comme je l’ai expliqué ici et là, le premier juillet est une journée compliquée pour moi, indépendantiste. C’est mon anniversaire, ma date de naissance. Toutefois, je vois aussi que ce « plus meilleur pays du monde » est un rêve magnifique que je partage de tout cœur. En outre, à 18 ans, je signais mon serment d’allégeance envers la Reine, serment que je continue d’honorer sincèrement du mieux que je peux. Donc, à tous ceux qui fêtent ce Jour de la Confédération, je souhaite une belle journée.

    En entrant dans l’armée, nous devons signer un tel serment et, finalement, partager un peu ce rêve de pays idéal où la liberté, l’égalité et le respect seraient des valeurs de base, une sorte d’acquis. Pour cet idéal, nous serions prêts à mourir, à donner notre vie, à défendre les êtres humains, leurs droits. Rien n’a changé pour moi quant à ce rêve, bien que je sois indépendantiste, peut-être plus souverainiste il est vrai, mais indépendantiste par dépit. Un dernier retranchement advenant que le rêve ne se réalise pas, advenant le non-respect des droits humains, advenant que ce magnifique rêve devienne un cauchemar.

    J’ai donc signé en 1983 mon serment d’allégeance, comme vous pouvez le voir sur la photo. En 2006, les Forces armées canadiennes reconnaissent rétroactivement une erreur dans le traitement de mon dossier, que la mention « médical » aurait dû apparaître. Ça peut sembler banal, mais cette mention m’aurait donné droit à des soins appropriés et à une pension, sinon à un meilleur soutien de la part de mes frères d’armes. Depuis, malgré la reconnaissance de cette erreur, mon dossier est toujours perdu dans les limbes de la bureaucratie au Ministère des Anciens Combattants ! 14 ans après que l’Armée ait elle-même reconnu son erreur, je reste en attente. On parle d’une erreur ayant été commise il y a plus de 34 ans ! 34 ans !!

    Il faut absolument voir la stratégie ici : la stratégie du temps, de l’épuisement, de l’abandon, celle de casser tout être normalement constitué. Mais je suis autiste.

    En signant ce serment, dans mon esprit je ne signais pas seulement pour entrer dans les Forces, mais pour servir quelque chose de plus grand que mon pays le Canada. Je signifiais à la Reine qu’elle pouvait compter sur moi pour faire valoir son idéal, pas son idéal personnel, mais un idéal pour l’humanité, un monde où la paix serait possible tout en préservant, comme je le disais, la liberté, l’égalité et le respect.

    Par le fait même, on comprend, on nous l’enseigne, que nous sommes signataires de différents traités internationaux, que nous participons à des missions de paix de l’ONU et que, finalement, ce que nous défendons est le droit humain partout dans le monde, partout où nous sommes appelés à servir. Merveilleux. Tout cela correspond à mes valeurs d’amour sain pour mon prochain. Une vie pleine de sens : aider les gens à réaliser leur potentiel, à grandir, à profiter du moment présent.

    Le rêve est « beau, très beau ». La réalité est autre.

    Je vis dans un pays où le racisme est institutionnalisé dans la Loi sur les Indiens, un racisme systémique qu’on refuse de changer, qu’on refuse de corriger sinon que par de belles paroles et de petites compensations financières saupoudrées pour faire taire, pour montrer qu’on fait notre possible. On gagne du temps…

    Je vis dans un pays où ma culture différente, unique au monde, est niée. La moindre tentative de vitalisation est expressément accusée de raciste à tel point qu’il devient honteux de montrer le drapeau de l’État, de notre nation niée, qui tient lieu de cœur à cette culture. Avec le temps, on compte la faire disparaître, la diluer, lui faire perdre de plus en plus de vitalité jusqu’à sa mort complète ou du moins jusqu’à un niveau contrôlable, manipulable. Le temps…

    Nier une culture, l’identité d’un peuple, peut conduire jusqu’à des excès inhumains. Ça peut se faire brutalement ou de façon plus subversive, moins apparente. Le temps est crucial dans les deux cas.

    9 mars 2026


    Canada Day

    As I have explained here and there, July 1st is a complicated day for me, an independentist. It is my birthday, my date of birth. However, I also see that this « best country in the world » is a magnificent dream that I share with all my heart. Furthermore, at 18, I signed my oath of allegiance to the Queen, an oath that I continue to honor sincerely as best I can. So, to all those celebrating this Confederation Day, I wish you a beautiful day.

    Entering the army, we must sign such an oath and, ultimately, share a bit of this dream of an ideal country where freedom, equality, and respect would be basic values, a kind of given. For this ideal, we would be ready to die, to give our lives, to defend human beings, their rights. Nothing has changed for me regarding this dream, even though I am an independentist—perhaps more of a sovereignist, it is true, but an independentist by default. A last stand should the dream not come true, should human rights not be respected, should this magnificent dream become a nightmare.

    So I signed my oath of allegiance in 1983, as you can see in the photo. In 2006, the Canadian Armed Forces retroactively recognized an error in the processing of my file, that the mention « medical » should have appeared. It may seem trivial, but this mention would have entitled me to appropriate care and a pension, or at least better support from my brothers-in-arms. Since then, despite the recognition of this error, my file is still lost in the limbo of the bureaucracy at the Department of Veterans Affairs! 14 years after the Army itself recognized its error, I am still waiting. We are talking about an error committed more than 34 years ago! 34 years!!

    One must absolutely see the strategy here: the strategy of time, of exhaustion, of abandonment, that of breaking any normally constituted being. But I am autistic.

    By signing this oath, in my mind, I was not just signing to join the Forces, but to serve something greater than my country, Canada. I was signifying to the Queen that she could count on me to uphold her ideal—not her personal ideal, but an ideal for humanity, a world where peace would be possible while preserving, as I said, freedom, equality, and respect.

    By that very fact, we understand, we are taught, that we are signatories to various international treaties, that we participate in UN peacekeeping missions, and that, ultimately, what we defend is human rights all over the world, everywhere we are called to serve. Wonderful. All of this corresponds to my values of healthy love for my neighbor. A life full of meaning: helping people realize their potential, grow, and enjoy the present moment.

    The dream is « beautiful, very beautiful. » The reality is different.

    I live in a country where racism is institutionalized in the Indian Act, a systemic racism that we refuse to change, that we refuse to correct except through fine words and small financial compensations sprinkled to silence, to show that we are doing our best. We are gaining time…

    I live in a country where my different culture, unique in the world, is denied. The slightest attempt at vitalization is expressly accused of being racist, to the point that it becomes shameful to show the state flag, the flag of our denied nation, which serves as the heart of this culture. Over time, the plan is to make it disappear, to dilute it, to make it lose more and more vitality until its complete death or at least until a controllable, manipulable level. Time…

    Denying a culture, the identity of a people, can lead to inhuman excesses. It can be done brutally or in a more subversive, less apparent way. Time is crucial in both cases.

    March 9, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »