Auteur : Christian Legault

  • Décalage

    Décalage

    Décalage

    Je me sens quelquefois déphasé par rapport à la société ou à mon environnement social. Je vois certainement ma différence comme une explication de ce décalage. Puis, peu à peu, j’approfondis ma réflexion, comprends mieux les motivations de chacun et arrive à prendre plus de distance face à ce qui m’affecte.

    Cela me crée un autre problème : l’action. Comment dois-je réagir face à quelqu’un qui me fait du mal bien que je sois empathique à sa situation ? D’un côté, je comprends sa misère, alors que de l’autre je ne peux que constater ma souffrance qui en découle. Passer à l’action n’est pas toujours évident.

    Le pardon seul ne suffit pas à tourner la page, non plus. La personne, par exemple, continue à me faire du mal ou me laisse aux prises avec des conséquences de ses gestes, conséquences qui me rappellent ma fragilité et qui me rendent encore plus vulnérable face à d’autres personnes ou situations, conséquences qui nient mon droit d’existence. Le pardon ne peut être la seule réponse.

    C’est comme si la personne qui me fait du mal, la personne à qui je suis prêt à pardonner, devait de son côté prendre conscience du mal que j’ai, à tel point que l’action de réparer serait inévitable de sa part. Un sentiment de justice semble nécessaire pour un pardon équilibré, comme si l’empathie devait être des deux côtés.

    Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon texte est en décalage avec la Fête nationale d’hier.

    D’un côté, j’ai prêté ma maison pour la réalisation d’un grand rêve qui devait inclure le mien, de l’autre je me sens volé, abusé par l’état des lieux, par le manque de respect. Peu importe ma différence, je suis d’abord et avant tout un être humain et je ne peux tout simplement pas accepter un tel comportement. Une action est nécessaire.

    Peut-être que cela paraît abstrait. N’empêche que j’ai besoin de crier mon mal.

    9 mars 2026


    Gap

    I sometimes feel out of step with society or my social environment. I certainly see my difference as an explanation for this gap. Then, little by little, I deepen my reflection, better understand everyone’s motivations, and manage to take more distance from what affects me.

    This creates another problem for me: action. How should I react to someone who hurts me even though I am empathetic to their situation? On one hand, I understand their misery, while on the other I can only observe my suffering that results from it. Taking action is not always obvious.

    Forgiveness alone is not enough to turn the page, either. The person, for example, continues to hurt me or leaves me struggling with the consequences of their actions, consequences that remind me of my fragility and make me even more vulnerable to other people or situations, consequences that deny my right to exist. Forgiveness cannot be the only answer.

    It is as if the person who hurts me, the person I am ready to forgive, had to, on their part, become aware of the pain I have to such an extent that the action of making amends would be inevitable on their part. A sense of justice seems necessary for a balanced forgiveness, as if empathy had to be on both sides.

    Today, I feel like my text is out of step with yesterday’s National Holiday.

    On one hand, I lent my house for the realization of a great dream that was supposed to include mine; on the other, I feel robbed, abused by the state of the premises, by the lack of respect. Regardless of my difference, I am first and foremost a human being and I simply cannot accept such behavior. An action is necessary.

    Perhaps this seems abstract. Nonetheless, I need to cry out my pain.

    March 9, 2026

  • Bonne Fête nationale!

    Bonne Fête nationale!

    Bonne Fête nationale!

    À toutes les Québécoises, à tous les Québécois, je souhaite un heureux moment dans la fierté, le respect et l’amour sain de ce que nous sommes comme peuple, comme société distincte, ainsi que comme collectivité multiethnique, interculturelle et ouverte sur le monde. 💙

    9 mars 2026


    Happy National Holiday!

    To all Quebecers, I wish a happy moment in pride, respect, and healthy love for who we are as a people, as a distinct society, as well as a multi-ethnic, intercultural community open to the world. 💙

    March 9, 2026

  • Islamophobie

    Islamophobie

    Islamophobie

    Antigone

    Réalisé par Sophie Deraspe, j’ai vu ce film au cinéma il y a déjà quelques mois. On y voit le ravage que peut faire dans une famille le poids du passé et les difficultés rencontrées par le personnage principal, joué par Nahéma Ricci, pour se sortir seule de ce labyrinthe. Allez voir le Sprint Gala, Antigone s’y retrouve, du 28 mai au 21 juin 2020.

    Mon texte : Islamophobie

    Comment parler de la discrimination envers l’autisme, envers la santé mentale à travers les faux diagnostics par la même occasion, à travers le besoin de certaines personnes de se décharger de leur fardeau sur les plus vulnérables, comment parler de racisme systémique aussi, sans parler de la discrimination religieuse en général et d’islamophobie en particulier ? Impossible.

    L’idée ici n’est pas tant de définir ce qu’est cette forme de discrimination, mais plutôt de mettre en lumière une conception étrange, inhabituelle, une conception qui ne résulte pas du hasard, mais plutôt d’une réflexion étrange.

    Comme pour le racisme systémique, le concept d’islamophobie ne peut qu’être accepté de par son évidence ; chacun ne peut qu’admettre la discrimination envers les Musulmans, que ce soit par l’habillement, par une « apparence » particulière voulant reproduire le plus fidèlement possible celle du Prophète ou même simplement par le rituel de la prière. Tout cela contraste avec nos façons de faire européennes ou nord-américaines. C’est dérangeant malgré nous. La grande majorité reconnaît cela et cherche une solution pour que les deux univers se rencontrent dans la paix. La première étape de cette conception est la même que pour le racisme systémique.

    La deuxième étape consisterait à ne pas définir davantage le concept, à ne pas l’expliquer, à garder un certain flou sur sa signification. Ainsi, il suffirait de désigner tel comportement ou telle parole pour canaliser la colère que chacun vivrait face à une discrimination envers cette communauté. Je ne peux dire ma peine de voir ce labyrinthe sans issue ; des drames humains, un drame pour l’humanité.

    L’étrangeté est dans la ressemblance des deux points : l’évidence de discrimination et terme accusatoire flou et culpabilisant. Autre fait troublant, le concept structuré est utilisé pour une minorité vulnérable, mais la rend encore plus sujette à des attaques surtout de la part d’autres minorités. Une forme de compétition autodestructrice entre elles suscitée par ces deux concepts : le racisme systémique et l’islamophobie.

    9 mars 2026


    Islamophobia

    Antigone

    Directed by Sophie Deraspe, I saw this film in the cinema a few months ago already. We see the devastation that the weight of the past can cause in a family and the difficulties encountered by the main character, played by Nahéma Ricci, to get out of this labyrinth alone. Go see the Sprint Gala, Antigone is part of it, from May 28 to June 21, 2020.

    My text: Islamophobia

    How to speak of discrimination toward autism, toward mental health through false diagnoses at the same time, through the need of certain people to offload their burden onto the most vulnerable, how to speak of systemic racism as well, without speaking of religious discrimination in general and of Islamophobia in particular? Impossible.

    The idea here is not so much to define what this form of discrimination is, but rather to highlight a strange, unusual conception, a conception that does not result from chance, but rather from a strange reflection.

    As with systemic racism, the concept of Islamophobia can only be accepted by its evidence; everyone can only admit discrimination toward Muslims, whether through clothing, through a particular « appearance » intended to reproduce as faithfully as possible that of the Prophet, or even simply through the ritual of prayer. All of this contrasts with our European or North American ways of doing things. It is disturbing despite ourselves. The vast majority recognizes this and seeks a solution so that the two universes meet in peace. The first step of this conception is the same as for systemic racism.

    The second step would consist of not defining the concept further, not explaining it, keeping a certain vagueness about its meaning. Thus, it would be enough to point out such behavior or such words to channel the anger that everyone would experience in the face of discrimination toward this community. I cannot tell my pain at seeing this dead-end labyrinth; human tragedies, a tragedy for humanity.

    The strangeness lies in the similarity of the two points: the evidence of discrimination and a vague and guilt-inducing accusatory term. Another troubling fact, the structured concept is used for a vulnerable minority, but makes it even more subject to attacks, especially from other minorities. A form of self-destructive competition between them sparked by these two concepts: systemic racism and Islamophobia.

    March 9, 2026

  • Racisme systémique

    Racisme systémique

    Racisme systémique

    Qui a tué Malcolm X ? Une série réalisée par Spike Lee, écoutée sur Netflix. Je commence à peine son visionnement, mais déjà, avec le récent meurtre de George Floyd, elle résonne fort en moi. « L’historien, militant et journaliste Abdur-Rahman Muhammad dirige cette enquête sur le meurtre de Malcolm X. »

    Mon texte : Racisme systémique

    Je me souviens de m’être opposé à cette dénomination pour identifier cette forme de discrimination, axée à la fois sur une distinction raciale, ce qui m’apparaissait justement raciste, et mettant l’accent sur un système fautif en place, ce qui en soi était culpabilisant. Personne ne voudrait porter en lui un tel système déshumanisant, personne ne voudrait en être complice.

    Il y avait aussi une autre raison à mon opposition passée. Une fois le terme accepté avec un certain flou calculé, il devient tellement facile d’accuser tout aspect de la société et de mettre en branle un mouvement pour le détruire. Que ce soit une politique ou une personne, il suffirait de cibler. Une manipulation simple de la population où chacun canaliserait sa colère selon n’importe quelle dénonciation faite par une quelconque autorité. Rapidement, on perdrait tout contrôle et l’anarchie serait la règle.

    J’étais donc contre cette dénomination, pas pour la nier, au contraire, mais pour protéger justement les plus vulnérables, les moins avantagés par le système existant. C’est paradoxal, je le comprends bien.

    Face à une telle attaque, invisible, venue de nulle part et de partout, ce sont ceux qui ont le moins d’argent pour se payer une protection, ceux-là qui n’ont pas pu se payer une éducation et des soins de santé minimaux, ce sont eux qui en feraient encore les frais. Ça ne saurait en être autrement.

    Voilà pourquoi je m’y opposais : par humanisme. Le système est bâti pour que les gagnants gagnent, même en cas d’effondrement, comme on a pu le voir avec la COVID-19 et ses conséquences.

    Néanmoins, il faut sortir de ce racisme, en particulier, et de toutes ces discriminations, en général.

    Je regarde une finalité, par exemple les Noirs et les Autochtones sont surreprésentés dans la population carcérale. Ce que je vois, c’est que notre société a identifié une mésadaptation chez ces communautés et sévit plus facilement. C’est triste, dramatique. Au lieu de rajouter une oppression au système qui ne leur convient pas, on se doit de trouver comment adapter le système aux humains en général, et à ces humains en particulier. C’est le système qui n’est pas adapté !

    Ça prend des soins de santé adéquats et appropriés, un système d’éducation performant, accessible et universel, des policiers qui comprennent et qui peuvent interagir de façon à réduire le poids de leur réalité historique individuelle et collective. Ces personnes portent en elles un traumatisme terrible ; leurs parents étaient traités de façon indigne, lorsqu’on ne voulait tout simplement pas les faire disparaître. Qui ne se rebellerait pas de cela ? Qui pourrait avoir une vie saine et équilibrée avec un tel trauma en soi ? Voilà ce qu’on veut dire en dénonçant les chances inégales, en dénonçant une souffrance niée.

    9 mars 2026


    Systemic Racism

    Who Killed Malcolm X? A series directed by Spike Lee, watched on Netflix. I am just beginning to watch it, but already, with the recent murder of George Floyd, it resonates strongly within me. « Historian, activist, and journalist Abdur-Rahman Muhammad leads this investigation into the murder of Malcolm X. »

    My text: Systemic Racism

    I remember opposing this naming to identify this form of discrimination, focused both on a racial distinction, which appeared precisely racist to me, and emphasizing a faulty system in place, which in itself was guilt-inducing. No one would want to carry such a dehumanizing system within them, no one would want to be complicit in it.

    There was also another reason for my past opposition. Once the term is accepted with a certain calculated vagueness, it becomes so easy to accuse any aspect of society and set a movement in motion to destroy it. Whether it be a policy or a person, it would be enough to target them. A simple manipulation of the population where everyone would channel their anger according to any denunciation made by any authority. Quickly, all control would be lost and anarchy would be the rule.

    I was therefore against this naming, not to deny it, on the contrary, but to protect precisely the most vulnerable, those least advantaged by the existing system. It is paradoxical, I understand it well.

    Faced with such an attack, invisible, coming from nowhere and everywhere, it is those who have the least money to pay for protection, those who could not pay for an education and minimal healthcare, they are the ones who would again pay the price. It could not be otherwise.

    That is why I opposed it: out of humanism. The system is built so that winners win, even in the event of a collapse, as we have seen with COVID-19 and its consequences.

    Nevertheless, we must get out of this racism, in particular, and all these discriminations, in general.

    I look at an outcome, for example Black and Indigenous people are overrepresented in the prison population. What I see is that our society has identified a maladaptation in these communities and strikes more easily. It is sad, dramatic. Instead of adding oppression to the system that does not suit them, we must find how to adapt the system to humans in general, and to these humans in particular. It is the system that is not adapted!

    It takes adequate and appropriate healthcare, a high-performing, accessible and universal education system, police officers who understand and who can interact in a way that reduces the weight of their individual and collective historical reality. These people carry a terrible trauma within them; their parents were treated in an undignified manner, when they didn’t simply want to make them disappear. Who would not rebel against that? Who could have a healthy and balanced life with such a trauma within? This is what we mean by denouncing unequal chances, by denouncing a denied suffering.

    March 9, 2026

  • Ensemble

    Ensemble

    Ensemble

    J’ai découvert, il y a déjà plusieurs mois, cette série sur Netflix. Au début, je me rappelle avoir été intrigué, malgré une certaine désorientation. Vite, par contre, le goût irrésistible de poursuivre s’est installé. Croyez-vous à une telle télépathie, à une sorte de communion ?

    Mon texte

    Tout était bizarre, je ne sais pas. Un sentiment de déjà-vu mélangé à quelque chose d’étrange que je ne pouvais pas nommer. J’étais rempli d’un grand bien-être face à une nouvelle réalité, non menaçante, mais se présentant comme un film, avec une distance semblable. Je sortais du coma, amnésique.

    J’ai déjà raconté ma vulnérabilité et ses conséquences. En regardant en arrière, je réalise que j’attendais qu’on me dise qui j’étais et qu’on m’apprenne comment agir. Un enfant dans un corps d’adulte. Il s’est avéré que personne ne me connaissait vraiment ; chacun avait son histoire à raconter, sa petite version et, comme je l’ai appris plus tard, sa propre théorie sur ma différence.

    Laissé plus ou moins à moi-même, je devais tout apprendre de la vie. J’ai vagabondé dans les hôpitaux pour finalement baisser les bras. Après les électroencéphalogrammes et le rendez-vous médical qui suivait, j’étais seul face à l’un et à l’autre, puis je retournais chez moi. Il n’y avait personne pour m’expliquer ce qui se passait vraiment ou pour faire un lien avec quoi que ce soit qui ait pu avoir du sens pour moi. Ma mémoire était très fragmentée, de telle sorte que je pouvais me souvenir d’un repas d’il y a quelques jours, mais ne pas savoir si je m’étais nourri le jour même. J’étais perdu dans un nouveau monde.

    Pour faire fonctionner mon cerveau, je me suis inscrit à des cours dans le civil. Bien sûr, la mémoire est encore plus importante à l’école. C’est donc sans grande surprise que les résultats étaient représentatifs de cette difficulté. Là encore, j’avais toute ma liberté. Tant que je pouvais m’inscrire à un cours ou à un programme, et que j’en avais le goût, tout allait bien, je pouvais procéder. Je me servais de ces cours comme d’une réhabilitation. Une réhabilitation prescrite par moi-même.

    Évidemment, vivre isolé face à une infinité de problèmes quotidiens, sans personne pour me prendre en charge, m’a amené à consulter des psys. De cela aussi, je vous en ai parlé. Plus le temps avançait, plus ma situation se compliquait, et moins j’avais d’aide appropriée. Au contraire, on m’enfonçait en rajoutant un poids sur mes épaules à chaque nouvelle personne ou chaque nouvel événement le moindrement bruyant. Je ne pouvais plus parler sans qu’on en rajoute. J’étais vidé de mon essence. Je n’étais plus une personne, mais un dossier à traiter — même pas une bouche à nourrir ou un membre de la famille à aimer.

    Bon, peut-être que la colère me fait oublier un soutien reçu çà et là.

    Je me suis éventuellement retrouvé chez un psychanalyste. Pourquoi pas ? En plus, il était curieux du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) qui était « la théorie » à mon sujet à ce moment-là. On a fini par se chicaner sur je ne sais quel sujet — peut-être un rendez-vous manqué — puis il est décédé peu après. La psychanalyse a repris avec un autre médecin. Il me fallait recommencer à zéro, mais plus rapidement, fort de certains acquis. J’ai ainsi fini par faire une psychanalyse complète grâce à ce dernier. J’avais développé un outil incroyable : je pouvais dorénavant travailler efficacement avec les structures que je voyais ! En théorie.

    J’avais l’outil, mais tout restait à faire. Selon ce médecin, je devais simplement laisser le temps faire son œuvre. Le temps… mais le poids du passé demeurait. Isolé, j’ai commencé à chercher un équilibre extérieur différent en changeant d’entourage. Le diagnostic d’autisme est très récent dans ma vie — environ deux ans — bien que j’aie passé le plus clair de mon temps dans les hôpitaux et les écoles. C’est inacceptable pour une société comme la nôtre.

    Au Québec, aujourd’hui, on parle de rénover les structures en place pour évoluer plus rapidement et éliminer graduellement les inégalités. On veut améliorer le système d’éducation, ajouter des centres de soins pour les aînés et les personnes handicapées ; les policiers veulent une formation sur la réalité des personnes souvent discriminées ; les gouvernements tentent un virage vert en minimisant les impacts économiques. Il existe plusieurs études sur la façon de rendre l’économie plus humaine, plus axée sur le bien-être. Tout cela converge. À nous de rendre ces changements durables et de passer à l’action.

    9 mars 2026


    Together

    I discovered this series on Netflix several months ago. At first, I remember being intrigued, despite a certain sense of disorientation. Soon, however, an irresistible urge to continue took hold. Do you believe in such telepathy, in a kind of communion?

    My Text

    Everything was bizarre, I don’t know. A feeling of déjà vu mixed with something strange I couldn’t name. I was filled with a great sense of well-being facing a new reality—one that wasn’t threatening, but presented itself like a film, with a similar distance. I was coming out of a coma, an amnesiac.

    I have already spoken of my vulnerability and its consequences. Looking back, I realize I was waiting for someone to tell me who I was and to teach me how to act. A child in an adult’s body. It turned out that no one really knew me; everyone had their own story to tell, their own little version, and, as I learned later, their own theory about my difference.

    Left more or less to my own devices, I had to learn everything about life. I wandered through hospitals, eventually giving up. After the EEGs and the subsequent medical appointments, I was alone in both, and then I would return home. There was no one to explain what was really happening or to make a connection with anything that might have made sense to me. My memory was very fragmented, so much so that I could remember a meal from a few days ago but not know if I had eaten that very day. I was lost in a new world.

    To get my brain working, I enrolled in civilian courses. Of course, memory is even more important in school. So, it was no surprise that the results reflected this difficulty. Even then, I had total freedom. As long as I could sign up for a course or a program and felt like it, everything was fine; I could proceed. I used these courses as rehabilitation. A rehabilitation self-prescribed.

    Of course, living isolated, facing an infinity of daily problems without anyone to take charge of me, led me to consult therapists. I’ve told you about that as well. As time went on, my situation grew more complicated, and the appropriate help grew scarcer. On the contrary, I was being dragged down, with a new weight added to my shoulders by every new person or every slightly noisy event. I couldn’t speak without someone adding to it. I was drained of my essence. I was no longer a person, but a file to be processed—not even a mouth to feed or a family member to love.

    Well, perhaps anger makes me forget a bit of support received here and there.

    I eventually found myself with a psychoanalyst. Why not? Moreover, he was curious about Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD), which was « the theory » about me at the time. We ended up arguing over some subject—perhaps a missed appointment—and he passed away shortly after. Psychoanalysis resumed with another doctor. I had to start from scratch, but faster, building on certain gains. I eventually completed a full psychoanalysis thanks to the latter. I had developed an incredible tool: I could now work effectively with the structures I saw! In theory.

    I had the tool, but everything remained to be done. According to this doctor, I just had to let time do its work. Time… but the weight of the past remained. Isolated, I began to seek a different external balance by changing my surroundings. The autism diagnosis is very recent in my life—about two years—even though I spent most of my life in hospitals and schools. This is unacceptable for a society like ours.

    In Quebec today, there is talk of renovating existing structures to evolve more quickly and gradually eliminate inequalities. We want to improve the education system, add care centers for the elderly and people with disabilities; the police want training on the reality of those often discriminated against; governments are attempting a green shift while minimizing economic impacts. There are several studies available on how to make the economy more human, more focused on well-being. All of this converges. It is up to us to make these changes sustainable and to take action.

    March 9, 2026

  • La plénitude

    La plénitude

    La plénitude

    Les voyages me rendent heureux, surtout parce que j’y rencontre des personnes qui se dévoilent à travers leur façon d’être et leur culture. En toute simplicité.

    Mon texte

    Avec cette discrimination, et tout le travail que cela me demandait pour la conscientiser et la verbaliser, je me suis mis à rêver, graduellement et beaucoup trop lentement, d’un espace où je pourrais vivre libre tout en étant moi-même.

    J’ignorais à ce moment-là que j’étais autiste. Je ne pouvais pas nommer ma différence, mais je la percevais dans les réactions des autres, dans leur façon d’agir avec moi. Je cherchais dans mes explications un équilibre : quelque chose qui puisse à la fois expliquer ces réactions et ma propre singularité.

    Lorsque je tentais d’expliquer mes découvertes, mes prises de conscience ou mes suppositions sur cette réalité et ses conséquences pour moi, je voyais beaucoup de culpabilité chez les personnes à qui je me dévoilais. On me disait accusateur ; on prétendait que je cherchais à me déresponsabiliser, que je devais « me retrousser les manches ».

    J’étais face à moi-même, coincé dans ce labyrinthe sans issue. Je me sentais coupable, moi aussi, et cela générait un grand sentiment d’injustice. Ma vie perdait de son éclat et, plus le temps avançait, moins je voyais la possibilité de me réaliser. Mes rêves m’apparaissaient de plus en plus inaccessibles. Ici et là, j’ai tenté de reprendre le pouvoir sur ma vie, emporté tant par ce sentiment d’injustice que par ma volonté de sortir une fois pour toutes de ce piège dans lequel on me maintenait.

    Prisonnier, une image me revenait : je me voyais enfermé dans une bulle, une coquille d’œuf faite tantôt de pierre, tantôt de verre. Parfois, j’étais équipé pour sortir de ce cocon ; parfois, seul le bris énergique du verre s’imposait. Je ne savais pas comment interpréter cela. Mais en fin de compte, rien ne m’avantageait. Je retournais mon besoin impératif de justice contre moi-même. Je cherchais le pouvoir pour fuir ma condition. Malgré le soulagement momentané que cette libération m’apportait, la solution se trouvait clairement ailleurs.

    Tout briser pour recommencer sans cesse ma vie ne m’apportait, au bout du compte, que frustrations et malheurs. Je me sentais plus fort, certes, mais aussi plus vide. L’amour en moi disparaissait. J’aurais eu beau prier, tenter de faire le bien ou tout partager, le vide restait immense et insatisfaisant. Ce n’était jamais assez beau, jamais assez bien. Je courais après une illusion. La justice n’était pas là ; c’était un mirage, ce n’était jamais suffisant.

    C’est ainsi que j’ai commencé à donner ma vie, avec amour et respect.

    12 mars 2026


    Wholeness

    Traveling makes me happy, mainly because I meet people who reveal themselves through their way of being and their culture. In all simplicity.

    My Text

    With this discrimination, and all the work it required to become conscious of it and verbalize it, I began to dream—gradually and much too slowly—of a space where I could live freely while being myself.

    I didn’t know at the time that I was autistic. I couldn’t name my difference, but I saw it in the reactions of others, in the way they dealt with me. I searched for a balance in my explanations: something that could explain both those reactions and my own difference.

    When I tried to explain my discoveries, my realizations, or my assumptions about this reality and its consequences for me, I saw a lot of guilt in the people to whom I revealed myself. I was called accusatory; I was told I was trying to avoid responsibility, that I needed to « roll up my sleeves. »

    I was facing myself while being in this dead-end labyrinth. I felt guilty, too, and it generated a great sense of injustice. My life was losing its luster and, as time went on, the possibility of self-fulfillment seemed to dwindle. My dreams appeared increasingly inaccessible. Here and there, I tried to take back power over my life, driven both by this sense of injustice and by my will to escape once and for all from the trap in which I was being held.

    As a prisoner, an image kept returning to me: I saw myself enclosed in a bubble, an eggshell made sometimes of stone, sometimes of glass. Sometimes I was equipped to crawl out of this cocoon; other times, only the forceful shattering of the glass would do. I didn’t know how to interpret this. But ultimately, nothing worked in my favor. I turned my imperative need for justice against myself. I sought power to flee my situation. Despite the momentary relief this liberation brought, the solution clearly lay elsewhere.

    Breaking everything to constantly restart my life only brought me frustration and misery in the end. I felt stronger, yes, but also emptier. The love within me was vanishing. No matter how much I prayed, tried to do good, or shared everything, the void remained immense and unsatisfying. It was never beautiful enough, never good enough. I was chasing an illusion. Justice wasn’t there; it was a mirage, it was never enough.

    That is how I began to give my life, with love and respect.

    March 12, 2026

  • Je, me, moi

    Je, me, moi

    Je, me, moi

    Même après une si longue pause, je n’ai aucun texte de préparé. J’ai pratiquement épuisé ma liste d’idées de sujets que je mets plus ou moins à jour lorsque je crois tenir un thème intéressant à traiter. Bref.

    Mercredi, je vous parlais de discrimination. N’est-ce pas ridicule de ma part d’être resté dans un environnement si malsain pendant autant d’années ? Ne devrais-je pas en culpabiliser, voire m’en excuser auprès de tous, ou au minimum auprès de mon enfant ?

    Certainement. Ici et là, je l’ai fait. J’étais mal de voir les piètres résultats que j’atteignais malgré tous les efforts que je fournissais. Un boulet, une cruelle lourdeur m’habitait, impossible de la nommer davantage. Ce ressenti, ce vécu, avait des effets sur moi et sur ma vie, mais je ne savais pas de quoi il s’agissait. Ceci explique cela.

    Qu’aurait été ma vie sans cette maltraitance familiale et sans cette violence conjugale ? Personne ne saurait le dire. Néanmoins, avec tous ces textes que j’écris sur moi, sur ma vie, sur mon vécu et avec tout ce qui se passe actuellement, je constate que j’étais victime de violence. Quel soulagement de pouvoir enfin le nommer.

    Je ne tire aucune gloire à me dire avoir été victime. Vraiment aucune. Au contraire. Je pense que l’idée même d’être une victime me rebutait à tel point que je refusais de reconnaître que j’étais dans une telle situation. Qui veut être une victime ? Se voir démuni, sans ressources, pris au piège, affaibli ? Personne.

    Je suppose qu’il est aussi difficile de se voir dans la position du bourreau ; de réaliser, en fin de compte, que notre façon d’agir fait du mal, voire détruit des vies. C’est sûrement une prise de conscience horrible. En même temps, qui n’a jamais été de ce côté ?

    « Je, me, moi. » Cela peut être une façon de placer nos besoins avant ceux de tout le monde. Il existe la possibilité de toujours se faire passer en premier, de croire que nos besoins sont prioritaires et que ceux des autres sont insignifiants. C’est ainsi que l’on déshumanise l’autre.

    « Je, me, moi » peut aussi être une façon saine de travailler sur soi, de comprendre la vie. On regarde un film, une série télévisée ou un spectacle, et l’on cherche en soi une résonance, un vécu qui pourrait ressembler à ce que l’on voit. Quelque chose qui pourrait nous faire ressentir réellement cette expérience, ne serait-ce qu’un peu. Trouver ce qui nous a honnêtement motivés dans nos actions et percevoir ce qui, possiblement, anime les agissements de cet autre être humain.

    Un tel procédé permet de développer une capacité d’empathie et d’aiguiser notre compréhension de l’existence. Cela nous donne une idée de réalités différentes de la nôtre.

    En mémoire de Serge Christiaenssens : Lien Wikipédia

    11 mars 2026


    I, Me, Mine

    Even after such a long break, I have no prepared text. I have practically exhausted my list of ideas that I update more or less whenever I think I have an interesting subject to cover. In short.

    On Wednesday, I spoke to you about discrimination. Isn’t it ridiculous on my part to have stayed in such an unhealthy environment for so many years? Shouldn’t I feel guilty about it, or even apologize to everyone, or at the very least, to my child?

    Certainly. Here and there, I have done so. It pained me to see the poor results I achieved despite all the effort I put in. A ball and chain, a cruel heaviness inhabited me, impossible to name further. This feeling, this experience, had effects on me and my life, but I didn’t know what it was. This explains that.

    What would my life have been like without this family maltreatment and without this domestic violence? No one can say. Nevertheless, with all these texts I am writing about myself, my life, and my experience, and with everything happening now, I realize that I was a victim of violence. What a relief to finally name it.

    I take no pride in calling myself a victim. Truly none. On the contrary. I think the idea of being a victim repelled me to such an extent that I refused to acknowledge I was in such a situation. Who wants to be a victim? To see oneself helpless, without resources, trapped, weakened? No one.

    I suppose it is also difficult to see oneself in the position of the abuser; to realize, in the end, that our way of acting causes harm, or even destroys lives. It must be a horrific realization. At the same time, who has never been on that side?

    « I, me, mine. » This can be a way of putting our needs before everyone else’s. There is the possibility of always putting ourselves first, of seeing our needs as the priority while viewing others’ as insignificant. This is how the other is dehumanized.

    « I, me, mine » can also be a healthy way of working on oneself, of understanding life. We watch a film, a TV series, or a show, and we look within ourselves for a resonance, an experience that might resemble what we see. Something that could make us truly live that experience, if only a little. To honestly find what motivated our own actions and to see what possibly drives the actions of that other human being.

    Such a process allows us to develop a capacity for empathy and to sharpen our understanding of life. It gives us a sense of realities different from our own.

    In memory of Serge Christiaenssens: Wikipedia Link

    March 11, 2026

  • La discrimination

    La discrimination

    La discrimination

    Le Diable en canot d’écorce, sur TOU.TV. À la Maison symphonique de Montréal, le son et l’ambiance sont incroyables. C’est certain que ma télévision ne me rend pas toute cette réalité. Néanmoins, j’ai pu apprécier la musique de l’Orchestre symphonique de Montréal qui accompagne le conte de Noël revisité par Michel Tremblay et raconté par Laurent Paquin. J’ai bien aimé l’ensemble. C’était aussi l’occasion de me plonger dans les histoires de nos ancêtres qui nous habitent encore.

    Mon texte

    Laissez-moi vous parler encore un peu de moi, de mon vécu, de la façon dont la discrimination s’est présentée dans ma vie.

    Dès ma naissance, j’ai été identifié comme différent ; ça se savait. L’un de mes plus vieux souvenirs est celui où j’ai cassé une plante d’une seule main alors que ma mère m’invitait à la rejoindre à la fenêtre pour voir mon père revenir à la maison. Je ne sais pas comment j’ai su qu’il s’agissait d’un mensonge, que mon père ne reviendrait pas ; c’était une certitude en moi, simplement. Mes parents ont divorcé lorsque j’avais 18 mois. Ma mère s’est référée à cette colère toute ma vie : j’étais « le colérique ». Les autres suppositions de maladie mentale ne m’étaient pas dites ; j’ai réalisé beaucoup plus tard leur présence, et encore plus tard leurs impacts à travers les lourdes répercussions sur ma vie et mon bien-être.

    Avec mon accident de voiture, le polytraumatisme crânien et l’amnésie, la « machine » est partie. Aux théories secrètes de ma famille se sont ajoutées celles des médecins, de l’Armée, de la SAAQ* et d’autres encore. Chacun expliquait pourquoi j’étais comme ça, pourquoi j’étais différent. Personne n’avait de solution, personne ne me demandait si j’étais d’accord, si cela me faisait du bien ou si cela me permettait de vivre. Rien. Nada. Niet. Même après avoir été indemnisé ! On disait qu’on m’avait donné cet argent pour me faire taire.

    J’ai vu mon isolement grandir, tout comme ma souffrance, de plus en plus vécue dans le silence. Chaque mot que j’utilisais servait à justifier une maladie mentale : mon labyrinthe sans issue.

    Je ne demande à personne de comprendre comment mon esprit fonctionne. Je ne sais même pas s’il est possible que cela se fasse. Il suffirait que l’on puisse reconnaître et accepter que je fonctionne différemment, que j’analyse et expérimente la vie différemment. Ce que je demande, par contre, c’est d’être aimé et respecté pour ce que je suis, avec ma différence. Je n’en peux plus des fausses théories sur ce que je suis, sur cette « maladie » qui m’habiterait au point que je serais intégralement elle — au point que je ne serais plus un être humain, mais plutôt une petite chose à caser, à traiter, à éliminer. Un poids pour ma famille et pour cette société, comme si ma disparition allait enfin soulager l’une et l’autre. Ça suffit.

    Ça suffit. Je me suis séparé, puis j’ai divorcé. Peu à peu, les contacts avec ma famille ont aussi diminué pour finalement ne plus exister. Je ne vois plus de médecin pour m’expliquer ma différence, mais j’ai fait des démarches avec mon médecin de famille pour « diffuser » autant que possible dans le système de santé le fait que je suis autiste, afin de mettre en perspective les faux diagnostics. Je fais la paix avec mon passé en comprenant d’où venaient ces erreurs, les avantages que certains tiraient de ces faussetés, et ce qui poussait ma famille à se décharger en projetant maladivement sur moi ses propres problèmes. Ces agissements inhumains envers moi sont maintenant derrière moi. Je me doute toutefois que je devrai sans cesse rester vigilant pour me protéger, en démontrant tout ce que je peux réussir sans le poids de la discrimination.

    *Société de l’assurance automobile du Québec

    10 mars 2026


    Discrimination

    Le Diable en canot d’écorce (The Devil in a Bark Canoe), on TOU.TV. At the Maison symphonique de Montréal, the sound and atmosphere are incredible. Of course, my television cannot fully capture that reality. Nevertheless, I was able to appreciate the music of the Orchestre symphonique de Montréal accompanying the Christmas tale revisited by Michel Tremblay and narrated by Laurent Paquin. I enjoyed the whole experience. It was also an opportunity to immerse myself in the stories of our ancestors that still dwell within us.

    My Text

    Let me tell you a bit more about myself, my experience, and how discrimination has manifested in my life.

    From birth, I was identified as different; it was known. One of my oldest memories is breaking a plant with one hand while my mother invited me to the window to watch my father return home. I don’t know how I knew it was a lie, that my father would not be coming back; it was simply a certainty within me. My parents divorced when I was 18 months old. My mother referred to that anger my whole life: I was « the angry one. » Other assumptions of mental illness were not told to me; I realized their presence much later, and even later, their impact through the massive repercussions on my life and well-being.

    With my car accident, the multiple head trauma, and the amnesia, the « machine » started up. To my family’s secret theories were added those of doctors, the Army, the SAAQ*, and others. Everyone explained why I was this way, why I was different. No one had a solution, no one asked if I agreed, if it did me any good, or if it allowed me to live. Nothing. Nada. Niet. Even after being compensated! It was said that the money had been given to me to keep me quiet.

    I saw my isolation grow along with my suffering, more and more in silence. Every word I used was used to justify a mental illness: my dead-end labyrinth.

    I don’t ask anyone to understand how my mind works. I don’t even know if that is possible. It would be enough if people could acknowledge and accept that I function differently, that I analyze and experience life differently. What I do ask for, however, is to be loved and respected for who I am, with my difference. I am done with false theories about who I am, about the « illness » that supposedly inhabits me to the point where I am entirely defined by it—to the point where I would no longer be a human being, but rather a small thing to be pigeonholed, treated, or eliminated. A nuisance for my family and this society, as if my disappearance would finally relieve both. Enough is enough.

    Enough. I separated, then divorced. Gradually, contact with my family also diminished until it eventually ceased to exist. I no longer see doctors to explain my difference, but I have taken steps with my family physician to « broadcast » as much as possible within the healthcare system the fact that I am autistic, in order to put the false diagnoses into perspective. I am making peace with my past by understanding where those false diagnoses came from, the advantages some gained from those falsehoods, and what pushed my family to offload their own problems by unhealthily projecting them onto me. These inhuman actions toward me are now at a much lower level than ever before. However, I suspect I will always have to be careful to protect myself—by demonstrating everything I can achieve without the weight of discrimination.

    *Quebec’s automobile insurance board (Société de l’assurance automobile du Québec)

    March 10, 2026

  • L’interprétation des images

    L’interprétation des images

    L’interprétation des images

    Le monument de l’UNESCO

    « Le monument emblème de l’UNESCO, fait de bronze, de granit et de verre, commémore la proclamation du Vieux-Québec en tant que joyau du patrimoine mondial en 1985. Il est situé près de la place d’Armes, du Château Frontenac et voisine le monument Champlain : difficile de le manquer ! »*

    Mon texte de ce vendredi

    Il me semble que je pourrais parler de mes théories et hypothèses pendant longtemps. Par contre, par moments de lucidité ou d’insécurité — qui sait —, je repense à mes écrits et je me dis que c’est déjà trop, que je me suis trop avancé. Que comprend-on de ma communication ? Suis-je vraiment capable d’appuyer ce que j’avance ou s’agit-il simplement d’anecdotes prises au hasard ? Est-ce que je traduis bien les images que je vois ?

    Peut-être que l’essentiel de mes préoccupations est là : dans l’interprétation de ce que je vois. Au-delà des doutes premiers, ceux inspirés en grande partie par ma famille, ceux qui me font croire à des hallucinations vides de sens ou à une maladie mentale, il n’en reste pas moins que je n’étais pas sûr de la signification des images que je percevais. Je savais simplement qu’elles avaient beaucoup de sens. Énormément, et à plusieurs niveaux.

    L’hypothèse la plus persistante a sûrement été le syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Celle-ci expliquait enfin une partie des images que je voyais, et une partie de mon vécu aussi. Des experts se prononçaient en faveur de cette explication, bien que d’autres s’y opposaient totalement, trouvant mille et une raisons pour justifier leurs dires.

    Je me souviens aussi d’avoir eu plusieurs discussions avec un ami de mon patron et de mon père. Nous avons parlé d’une partie de ces images. Cela fait déjà plus de trente ans. Il me demandait si la pyramide avait trois ou quatre côtés — une question que certains se posent encore aujourd’hui —, tout comme il cherchait à savoir si la deuxième pyramide était reliée par le sommet ou par la base. Pour lui, non seulement ce que je voyais n’était pas une hallucination, mais il s’agissait d’un vécu réservé à des initiés de haut rang.

    Dans une autre conversation avec un psychiatre de grande renommée, je lui avoue candidement ma compréhension : les voix que ses patients entendent sont en fait leurs propres pensées qu’ils attribuent à une autre personne ou entité. Il en fut stupéfait, tout en continuant de croire au bienfait des médicaments qu’il me prescrivait.

    Quoi qu’il en soit, chacun projette son explication sur les images que je vois. Après avoir traversé tous ces doutes, j’en ai conclu que j’étais bien en bonne santé mentale, ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas souffert de SSPT, de dépression majeure ou que je n’ai pas pris de médicaments inappropriés. Simplement, au fond, j’ai toujours douté de l’explication que je donnais à mes visions. Je trouve ce doute sain, tout comme cette conscience de la projection. Ensemble, ils me permettent de développer un esprit critique, d’analyser différents points de vue et de comprendre sur quelles bases les autres s’appuient pour affirmer telle ou telle chose.

    L’esprit critique me paralyse de temps en temps. Là encore, c’est parfois l’anxiété qui me fait croire que j’emprunte un chemin que peu de personnes ont trouvé, comme une ultime tentative de me rassurer. Je doute aussi de ma paralysie.

    Actuellement, tout va relativement bien pour moi. Relativement. Je n’arrive pas à avancer dans mes cours et je suis tout aussi isolé physiquement que je le suis depuis des années. Toutefois, je suis plein d’espoir quant à l’avenir qui s’offre à nous. C’est l’occasion de faire des changements profonds sans bouleversement catastrophique. Nous avons la possibilité de transformer notre économie pour la rendre plus humaine, plus centrée sur les besoins vitaux de chacun. C’est aussi le moment d’une transition vers une économie plus verte, respectueuse de notre planète. C’est l’opportunité pour les plus riches, incluant les entreprises, de puiser de nouvelles forces en s’occupant des faiblesses de nos sociétés et des personnes qui ne cherchent que des chances égales pour s’épanouir.

    *Photo et texte provenant du site Web quebec-cite.com (8 mai 2020).

    9 mars 2026


    Deciphering the Imagery

    The UNESCO Monument

    « The UNESCO emblem monument, made of bronze, granite, and glass, commemorates the proclamation of Old Quebec as a World Heritage treasure in 1985. It is located near Place d’Armes and the Château Frontenac, neighboring the Champlain monument: it’s hard to miss! »*

    My Text for this Friday

    It seems to me that I could speak of my theories and hypotheses for a long time. On the other hand, in moments of lucidity or insecurity—who knows—I look back at my writings and tell myself it’s already too much, that I’ve gone too far. What is understood of my communication? Am I truly capable of supporting what I claim, or are these simply random anecdotes? Am I translating the images I see correctly?

    Perhaps the core of my concerns lies there: in the interpretation of what I see. Beyond the initial doubts, largely inspired by my family—those that lead me to believe in meaningless hallucinations or mental illness—the fact remains that I was not sure of the meaning of the images I perceived. I simply knew they held great meaning. Vast, multifaceted meaning.

    The most persistent hypothesis was surely Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD). This finally explained part of the images I saw, as well as part of my life experience. Experts spoke in favor of this explanation, while others opposed it entirely, finding a thousand reasons to justify their stance.

    I also remember having several discussions with a friend of my boss and my father. We spoke about some of these images. This was over thirty years ago. He asked me if the pyramid had three or four sides—a question some still ask today—and whether the second pyramid was connected by the apex or the base. To him, not only was what I saw not a hallucination, but it was an experience reserved for high-ranking initiates.

    In another conversation with a highly renowned psychiatrist, I candidly admitted my understanding: the voices his patients hear are actually their own thoughts, which they attribute to another person or entity. He was stunned, yet continued to believe in the benefits of the medication he prescribed for me.

    In any case, everyone projects their own explanation onto the images I see. After navigating all these doubts, I concluded that I am indeed in good mental health—which does not mean I haven’t suffered from PTSD or major depression, or that I haven’t taken inappropriate medication. Simply that, deep down, I have always doubted the explanation I gave to my visions. I find this doubt healthy, as I do this awareness of projection. Together, they allow me to develop a critical mind, to analyze different points of view, and to understand the foundations upon which others base their claims.

    Critical thinking paralyzes me from time to time. There again, it is sometimes anxiety that makes me believe I am on a path few have found, as a ultimate attempt to reassure myself. I doubt my paralysis as well.

    Currently, everything is going relatively well for me. Relatively. I am struggling to move forward with my courses, and I am just as physically isolated as I have been for years. However, I am full of hope for the future ahead of us. It is an opportunity to make profound changes without catastrophic upheaval. We have the possibility to transform our economy to make it more human, more centered on everyone’s vital needs. It is also time for a transition toward a greener economy, in respect of our planet. It is an opportunity for the wealthiest, including corporations, to find new strength by addressing the weaknesses of our societies and helping those who seek only equal chances to flourish.

    *Photo and text from quebec-cite.com (May 8, 2020).

    March 9, 2026

  • La vie et la mort

    La vie et la mort

    La vie et la mort

    Pour toujours, plus un jour

    Pour toujours, plus un jour, une série québécoise vue sur Crave. J’ai bien apprécié le jeu des acteurs, ainsi que les différents regards sur la vie et la mort qu’on y retrouve. Bien sûr, je la recommande.

    Ma réflexion sur la vie et la mort

    L’une des raisons qui me faisaient douter de la réalité que je vivais — en plus des différentes théories à mon sujet — était que je ne comprenais pas tout à fait mes visions. J’ai vite émis l’hypothèse qu’il s’agissait de projections, de la façon dont mon esprit communiquait par images symboliques ; mais la manière de relier ces images à mon quotidien était déficiente, et cela m’isolait.

    Justement, ces symboles pleins de sens demandent du temps pour en saisir suffisamment de variations et en faire une synthèse. Je vous ai parlé de ces expériences bizarres, et jamais je n’aurais pu les comprendre sans avoir un recul suffisant. Aurais-je dû voir dans « le monde du vide absolu », par exemple, la nécessité d’aller dans l’espace ? Bien sûr que non.

    Lorsque j’ai intégré le monde de matière condensée, ce point est devenu un univers où chaque être et chaque chose étaient liés les uns aux autres par les pieds, à la planète. À l’époque, je ne pouvais pas saisir complètement le sens de cette conception, bien que je comprenais intuitivement qu’il y avait de l’amour à la base de tout ce qui existe ; cela nous reliait les uns aux autres. Plus tard, lors de mes études en psychoéducation, j’ai découvert la pyramide de Maslow. De nouveaux sens s’ajoutaient alors à cette vision, lui donnant une profondeur grandissante.

    « Une chaîne a la force de son maillon le plus faible. »*

    Actuellement, au Québec, nous voyons que le maillon faible est lié à l’hébergement des personnes âgées. Selon les sociétés, les faiblesses peuvent varier. Dans cette projection où chacun est lié par l’amour à la base, je pourrais aussi comprendre, tristement à l’opposé, qu’il existe des géants aux pieds d’argile.

    *Citation tirée du site Web Le Parisien.

    9 mars 2026


    Life and Death

    Pour toujours, plus un jour

    Pour toujours, plus un jour (Forever and a Day), a Quebec series watched on Crave. I truly enjoyed the acting, as well as the different perspectives on life and death presented. I certainly recommend it.

    My Reflection on Life and Death

    One of the reasons that made me doubt the reality I was living—in addition to the various theories about me—was that I didn’t fully understand my visions. I quickly hypothesized that they were projections, the way my mind communicated through symbolic images; however, the way I linked these images to my daily life was flawed, and that isolated me.

    In fact, these meaningful symbols take time to understand in enough variations to create a synthesis. I have told you about these bizarre experiences, and I could never have understood them without sufficient hindsight. Should I have seen in « the world of absolute void, » for example, a necessity to go into space? Of course not.

    When I integrated the world of condensed matter, that point became a universe where everyone and everything was linked to one another by their feet, to the planet. At the time, I couldn’t fully grasp the meaning of this concept, though I intuitively understood that love was at the base of everything that exists; it connected us to one another. Later, during my studies in psychoeducation, I came across Maslow’s hierarchy of needs. New meanings were added to this vision, giving it a growing depth.

    « A chain is only as strong as its weakest link. »*

    Currently, in Quebec, we see that the weakest link is related to the housing of the elderly. Depending on the society, the weaknesses may vary. In this projection where everyone is linked by love at the base, I could also sadly understand, as the opposite, that there are giants with feet of clay.

    *Quote taken from the Le Parisien website.

    March 9, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »