Auteur : Christian Legault

  • Égalité

    Égalité

    Égalité

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    On peut croire que c’est un rêve fou. Pourtant.

    Comment s’est installée la dérive selon laquelle tel être humain serait supérieur à tel autre ? À partir de quelle théorie devient-on inapte à aimer et à être aimé ? À partir de quand une victime devient-elle la personne à contrôler, à emprisonner ? À partir de quand sacrifie-t-on son humanité ?

    Je comprends que l’autisme me rende différent, que les liens que je fais ne soient pas toujours accessibles aux neurotypiques. Je comprends aussi qu’en tant qu’homme blanc, je suis peu crédible pour dénoncer la violence conjugale que j’ai subie, même si j’ai été drogué à mon insu.

    Pourquoi ne pas l’avoir dénoncé avant ? Comment se fait-il que tu ne t’en souvenais pas et que maintenant tu puisses le dire ? Pourquoi restais-tu dans cette situation ? Il y a tellement de questions où tout semble dépendre de moi.

    Une telle « grande » psychologue, qui a mille et une théories sur la santé mentale de son frère, ne réalise pas qu’il est simplement autiste, n’accepte pas qu’il ait été victime de violence conjugale et en fait un objet de haine, de rejet, qu’il faut déshumaniser aux yeux de tous.

    Un tel frère, un « grand » travailleur social, fait des liens pour aider. Des liens de maladie mentale, évidemment. Toujours l’absence d’autisme, l’absence de remise en question : il ne conçoit pas qu’il puisse être lui-même dans l’erreur, que sa vision soit fausse. Il est supérieur, comme sa sœur.

    Pourtant, je ne demandais que le droit à l’égalité. J’ai essayé de vivre avec leurs théories, j’ai pris sur moi ces maladies. Mais l’autisme n’est pas quelque chose à soigner, c’est une personne à aimer. Et cela, l’amour, leur manquait cruellement.

    Est-ce que si j’avais été une femme, par exemple, cela aurait été différent ? La question se pose légitimement. Sur quelle base m’aurait-on identifiée comme « différente » ? Quelle théorie aurait-on fait valoir pour m’enlever mon droit à l’égalité ?

    C’est une colère normale qui naît devant tant d’injustice, devant tant de méprises. Rien ne justifiait qu’on m’enferme dans cette réalité, sauf peut-être ces fausses théories qu’on refusait de remettre en question, sauf cette supériorité de ces personnes qui me regardaient. D’où venait leur désir de vengeance et cet acharnement sur moi ? Je voyais de la haine, de l’ignorance aussi. C’était un labyrinthe sans issue.

    Je ne peux me battre toute ma vie pour faire valoir que je suis autiste, que je ne suis pas malade mental, que je ne manque pas d’intelligence, que je ne suis pas paresseux, que je ne suis pas antisocial, etc. Ce n’est pas une vie que de passer son temps à prouver qu’on est un être humain.

    Le fond de l’histoire est que ma différence est l’autisme. Mon esprit fonctionne différemment. Je réagis aussi à des événements différents. Je m’exprime différemment. Suis-je moins humain ? Suis-je inférieur ? Est-ce que cela donne le droit à qui que ce soit de me violenter ? Suis-je indigne d’avoir un enfant ?

    On peut croire que c’est un rêve fou que de réclamer l’égalité. Ce n’est pourtant pas une faveur qui est demandée, c’est la base que de considérer son prochain comme un être humain.

    Toi, quelle est ta différence ?

    MAJ 5 mars 2026


    Equality

    One might think it is a foolish dream. And yet.

    How did the drift take hold, suggesting that one human being is superior to another? By what theory does one become unfit to love and be loved? At what point does a victim become the person to be controlled, to be imprisoned? At what point does one sacrifice their humanity?

    I understand that autism makes me different, that the connections I make are not always accessible to neurotypicals. I also understand that as a white man, I have little credibility when denouncing the domestic violence I suffered, even though I was drugged without my knowledge.

    Why didn’t you report it before? How is it that you didn’t remember it and now you can speak of it? Why did you stay in that situation? There are so many questions where everything seems to depend on me.

    A certain « great » psychologist, who has a thousand and one theories about her brother’s mental health, fails to realize that he is simply autistic, does not accept that he was a victim of domestic violence, and turns him into an object of hatred and rejection, to be dehumanized in the eyes of all.

    A certain brother, a « great » social worker, makes connections to « help. » Connections to mental illness, obviously. Always the absence of autism, the absence of questioning: he cannot conceive that he himself might be in error, that his vision might be false. He is superior, just like his sister.

    Yet, I was only asking for the right to equality. I tried to live with their theories; I took those illnesses upon myself. But autism is not something to be cured; it is a person to be loved. And that—love—was what they so cruelly lacked.

    If I had been a woman, for example, would it have been different? The question is a legitimate one. On what basis would I have been identified as « different »? What theory would have been asserted to strip me of my right to equality?

    It is a normal anger that is born in the face of such injustice, such misunderstandings. Nothing justified locking me into this reality, except perhaps those false theories they refused to question, except for the superiority of those people looking down at me. Where did their desire for revenge and their relentless pursuit of me come from? I saw hatred, and ignorance too. It was a labyrinth with no exit.

    I cannot fight my whole life to prove that I am autistic, that I am not mentally ill, that I do not lack intelligence, that I am not lazy, that I am not antisocial, etc. It is no life to spend one’s time proving that one is a human being.

    The bottom line is that my difference is autism. My mind functions differently. I also react to different events. I express myself differently. Am I less human? Am I inferior? Does that give anyone the right to violate me? Am I unworthy of having a child?

    One might think it is a foolish dream to demand equality. Yet it is not a favor being asked; it is the very foundation of considering one’s neighbor as a human being.

    You, what is your difference?

    Updated March 5, 2026

  • La passion du combattant

    La passion du combattant

    La passion du combattant

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    Dans ma compréhension, le but est d’avancer tout en gardant un équilibre entre les différentes parties de notre société. C’est aussi comme cela que j’ai essayé de me construire.

    J’ai étudié comme j’ai pu. Je ne savais pas encore pourquoi j’avais autant de difficultés à l’école. Quoi qu’il en soit, je suis entré dans les Forces armées canadiennes dès que j’ai pu le faire sans avoir besoin de la signature de mes parents, bien que je leur en aie parlé.

    J’ai appris, en tant que recrue, que je ne devais pas être le maillon faible de mon groupe. Cela voulait dire que je devais m’entraîner et apprendre à m’occuper de moi et des autres, de ceux qui en avaient le plus besoin. J’ai fait corps avec mon groupe.

    C’est le parcours type d’un combattant : se développer, s’intégrer au groupe et l’amener à être meilleur. Devenir un atout pour soi et pour les autres. C’est bien la démarche que j’ai lue ici.

    Avec une détermination à toute épreuve, nous avançons vers l’objectif ultime du groupe. Et cela passe par l’unité. Plus on se spécialise, plus l’équilibre est difficile. La bataille initiale en cache quelques autres. La répétition nous donne force et expérience. On devient plus efficace.

    La passion qui nous habite cherche à s’exprimer continuellement. Elle nous pousse. On pourrait se trouver face à un mur ; c’est plus fort que soi, il faut le défoncer, le faire tomber pour le dépasser.

    Il y a des murs qu’on fait tomber avec fracas et, quelquefois, avec d’autres stratégies. La vitesse, par exemple. Il y a des murs impossibles à faire tomber. Il faut apprendre à vivre avec ces limites.

    Se trouver une bonne équipe qui nous permettra d’avancer tout en nous aidant à respecter cet apprentissage de soi. C’est un long parcours, certes. Comme au début, on peut bien croire que c’est impossible, que c’est un rêve fou. Pourtant.

    MAJ 5 mars 2026


    The Fighter’s Passion

    In my understanding, the goal is to move forward while maintaining a balance between the different parts of our society. This is also how I have tried to build myself.

    I studied as best I could. I did not yet know why I had so much difficulty in school. Regardless, I joined the Canadian Armed Forces as soon as I could do so without needing my parents’ signature, although I did speak to them about it.

    I learned, as a recruit, that I must not be the weakest link in my group. This meant I had to train and learn to take care of myself and others—those who needed it most. I became one with my group.

    This is the typical journey of a fighter: developing oneself, integrating into the group, and leading it to be better. Becoming an asset to oneself and to others. This is indeed the approach I have read here.

    With unwavering determination, we move toward the group’s ultimate goal. And this requires unity. The more we specialize, the more difficult balance becomes. The initial battle hides a few others. Repetition gives us strength and experience. We become more efficient.

    The passion within us seeks continuous expression. It drives us. We might find ourselves facing a wall; it is stronger than oneself, it must be smashed through, torn down to be overcome.

    There are walls we bring down with a crash, and sometimes, with other strategies. Speed, for example. There are walls impossible to knock down. One must learn to live with these limits.

    Finding a good team that will allow us to move forward while helping us respect this self-learning process. It is a long journey, certainly. Just as at the beginning, one might well believe it is impossible, a foolish dream. And yet.

    Updated March 5, 2026

  • Pause

    Pause

    Pause

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    Il n’y aura pas de texte ce vendredi 15 mars.

    MAJ 4 mars 2026


    Pause

    There will be no text this Friday, March 15.

    Updated March 4, 2026

  • La justice participative**

    La justice participative**

    La justice participative

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    Comprendre l’humanité chez soi et chez les autres, donc. Apprendre à s’aimer, imparfaitement. Affirmer son amour de soi tout en acceptant ses erreurs qui nous rendent humains, sans jamais relâcher l’effort pour devenir meilleurs. C’est du droit à l’erreur que je parlais dans un texte précédent. Ce droit est aussi une responsabilité.

    Je fais des représentations mentales, c’est-à-dire que je reconnais chez les gens des aspects que j’idéalise. Je valorise un certain trait d’une personnalité publique et je construis un modèle avec cela. Avec l’ensemble de ces aspects que je prends ici et là, je me crée un modèle de personne idéale, ce que je souhaite devenir.

    Prendre une personne comme modèle est aussi quelque chose qui se fait. On idéalise, dans son ensemble perçu, une personnalité publique ou un membre de la famille, par exemple. Malgré tout, on finit par comprendre l’humanité de ces modèles. Tout le monde tombe. Évidemment. Pas tous ne se relèvent, pas tous n’apprennent, pas tous ne deviennent meilleurs, dit-on.

    Je fais une erreur. J’en prends conscience. Je répare ce qui est possible et/ou je compense par des implications sociales qui aident les personnes touchées ou celles qui sont le plus dans le besoin, selon mes forces. C’est ma conception bien personnelle de ce qu’est une justice réparatrice*, une justice participative**.

    Comment puis-je réparer mes erreurs et les compenser ? À défaut, une punition s’impose pour me faire réfléchir afin que je comprenne ce que j’ai fait et pour amener, on l’espère, un changement de comportement, une amélioration. Le système juridique canadien et québécois offre une justice réparatrice plutôt que punitive lorsqu’elle est appropriée.

    « […] Finalement, le but de la punition est d’amener un changement de comportement suite à une prise de conscience. » (Extrait d’un message que j’ai publié sur Twitter.)

    La justice participative va dans ce sens ; les différentes parties impliquées déterminent les dommages et cherchent des solutions pour réparer l’erreur, la compenser et déterminer un nouveau modèle, lequel se veut une amélioration. Le tout sera approuvé par un juge.

    Je sais bien que cette justice réparatrice ou cette justice participative ne peut s’appliquer en tout temps. Il y a assurément des circonstances où la punition est nécessaire. Je ne suis pas juriste et ne connais pas toutes les subtilités de ces alternatives. De plus, chaque cas est particulier et il faut posséder l’ensemble des faits pour se positionner. Tout de même, j’y ai fait référence à quelques reprises sur les réseaux sociaux et j’ai cru bon d’en parler un peu plus longuement pour partager ma compréhension.

    **La justice participative, Barreau du Québec

    *La justice réparatrice, Ministère de la Justice du Canada

    MAJ 5 mars 2026


    Participatory Justice

    Understanding humanity in oneself and in others, then. Learning to love oneself, imperfectly. Asserting self-love while accepting the mistakes that make us human, without ever relaxing the effort to become better. This is the « right to make mistakes » I spoke of in a previous text. This right is also a responsibility.

    I create mental representations—that is, I recognize aspects in people that I idealize. I value a certain trait of a public figure and build a model with it. With the combination of these aspects taken from here and there, I create a model of an ideal person, what I wish to become.

    Taking a person as a model is also something people do. We idealize a public figure or a family member, for example, in their perceived entirety. Nevertheless, we eventually come to understand the humanity of these models. Everyone falls. Obviously. Not everyone gets back up, not everyone learns, not everyone becomes better, so they say.

    I make a mistake. I become aware of it. I repair what is possible and/or I compensate through social involvement that helps the people affected or those most in need, according to my strengths. This is my very personal conception of what restorative justice* or participatory justice** is.

    How can I repair my mistakes and compensate for them? Failing that, a punishment is necessary to make me reflect so that I understand what I have done and to bring about, hopefully, a change in behavior, an improvement. The Canadian and Quebec legal systems offer restorative justice rather than punitive justice when appropriate.

    « […] Ultimately, the goal of punishment is to bring about a change in behavior following a realization. » (Excerpt from a message I posted on Twitter.)

    Participatory justice moves in this direction; the different parties involved determine the damages and seek solutions to repair the error, compensate for it, and determine a new model, which aims to be an improvement. The whole process is then approved by a judge.

    I am well aware that this restorative or participatory justice cannot be applied at all times. There are certainly circumstances where punishment is necessary. I am not a legal expert and do not know all the subtleties of these alternatives. Furthermore, every case is unique, and one must possess all the facts to take a position. Still, I have referred to it several times on social media and thought it wise to speak about it at greater length to share my understanding.

    **Participatory Justice, Barreau du Québec

    *Restorative Justice, Department of Justice Canada

    Updated March 5, 2026


  • Parcours du combattant

    Parcours du combattant

    Parcours du combattant

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    Il y a quelques années, j’ai décidé de prendre ma retraite. Je recevais des rentes pour personnes handicapées. Mes revenus sont excellents, voire exceptionnels.

    Néanmoins, le poids du passé demeurait, essentiellement pour deux raisons : je devais continuer mon combat pour obtenir justice et réparation, et je devais trouver un moyen de sortir de ce labyrinthe de folie.

    Il a fallu beaucoup de force et de résilience pour identifier ce qui m’handicapait suite à l’accident d’auto. Il n’y avait pas de programme gouvernemental pour le traumatisme crânien sévère à cette période. De plus, j’étais un jeune militaire peu connu de mes supérieurs ; ils n’avaient donc pas la possibilité de comparer l’avant et l’après. Parce que je n’étais plus le même. Le petit gars était mort, et le bébé naissant était un jeune adulte.

    Cela s’ajoutait au fait que l’année précédente, alors que j’étais nouvellement militaire, j’avais été poignardé et qu’un syndrome de stress post-traumatique s’en était suivi, faute de soins appropriés. L’accident d’auto a aussi eu comme répercussion un deuxième syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Les cauchemars, les images intrusives et l’hypervigilance allaient bon train : couteaux, poursuites, mur de béton en face de l’auto, etc.

    Je comprends la difficulté des diagnostics. Est-ce que je crois avoir été traité avec respect et diligence ? Non. Est-ce que je crois qu’on a tenté d’abuser de ma naïveté pour fermer le dossier rapidement ? Oui. Mais…

    Je me suis battu et j’ai fait appel aussi souvent qu’il m’était possible de le faire parce que, finalement, jamais une expertise n’expliquait complètement ma situation. Aucune ne parlait de l’importance du traumatisme crânien sévère sur le développement de la personnalité, ni même ne mentionnait le SSPT. Jusqu’au point où les Anciens Combattants ont reconnu le syndrome de stress post-traumatique. Puis, en fouillant dans mon dossier militaire, j’ai trouvé un rapport médical qui parlait du traumatisme crânien sévère. La reconnaissance des handicaps a commencé à débouler.

    Dans tout ce processus, le besoin d’aimer et d’être aimé était énorme. Je frappais continuellement des murs. Que ce soit à travers une violence conjugale subie ou à travers une famille qui s’obstinait à me discriminer, j’étais démuni. On me ramenait sans cesse à des problèmes de santé mentale. J’en ai développé une peur immense d’être traité faussement de malade mental. Même après la psychanalyse déjà mentionnée dans un texte précédent — psychanalyse qui a soigné les SSPT. Dans ce processus pour recouvrer ma vie, j’essayais d’apprendre à aimer de mieux en mieux et, par la même occasion, d’être aimé en retour.

    Je n’avais pas de modèle, malheureusement. Ma situation singulière me rendait assurément trop différent de tous. Je pouvais bien avoir de l’admiration pour un tel ou une telle, tenter d’aller chercher du courage à travers une lecture ou un film, il n’en demeurait pas moins que je restais pris dans mon labyrinthe sans issue. J’ai, au fil du temps, adopté un comportement inadapté lorsque je faisais face à des situations liées à la maladie mentale. J’étais encore démuni, atteint.

    C’est en m’impliquant sur les réseaux sociaux, en donnant de mon temps, en partageant mes réflexions et, ma foi, un certain don avec les structures, que j’ai commencé à me sentir en relation avec les autres. Ce don, c’est ce qu’on a fini par comprendre et me faire savoir : cela s’appelait l’autisme. Trop bizarre. Mais quel soulagement. C’était la dernière pièce du casse-tête avec lequel je jonglais ma vie, la toile de fond. Ainsi, c’est en donnant ma vie sur les réseaux sociaux, en redonnant ce que la société me donnait à travers des rentes et des soins appropriés, à travers une reconnaissance, que j’ai pu aller encore plus loin dans ma compréhension de l’humanité.

    MAJ 5 mars 2026


    Obstacle Course

    A few years ago, I decided to retire. I was receiving disability benefits. My income is excellent, even exceptional.

    Nevertheless, the weight of the past remained, primarily for two reasons: I had to continue my fight for justice and reparation, and I had to find a way out of this labyrinth of madness.

    It took a great deal of strength and resilience to identify what was disabling me following the car accident. At that time, there was no government program for severe traumatic brain injury (TBI). Furthermore, I was a young soldier little known to my superiors; they thus had no way to compare the « before » and « after. » Because I was no longer the same. The « little guy » was dead, and the newborn baby was a young adult.

    This was compounded by the fact that the previous year, as a new soldier, I had been stabbed, and post-traumatic stress disorder (PTSD) had followed due to a lack of proper care. The car accident also resulted in a second post-traumatic stress disorder. Nightmares, intrusive images, and hypervigilance were in full swing: knives, chases, the concrete wall in front of the car, and so on.

    I understand the difficulty of diagnostics. Do I believe I was treated with respect and diligence? No. Do I believe there were attempts to take advantage of my naivety to close the file quickly? Yes. But…

    I fought and appealed as often as I possibly could because, ultimately, no expert assessment ever fully explained my situation. None spoke of the significance of severe traumatic brain injury on personality development, nor did they even mention PTSD. This continued until Veterans Affairs recognized the post-traumatic stress disorder. Then, while digging through my military file, I found a medical report mentioning the severe traumatic brain injury. The recognition of my disabilities began to snowball.

    Throughout this process, the need to love and be loved was enormous. I was constantly hitting walls. Whether through domestic violence or a family that persisted in discriminating against me, I was helpless. I was constantly steered back toward mental health issues. I developed an immense fear of being falsely labeled as mentally ill. Even after the psychoanalysis mentioned in a previous text—which cured the PTSD—I was still struggling. In this process of reclaiming my life, I was trying to learn how to love better and, by the same token, to be loved in return.

    I had no role model, unfortunately. My singular situation made me undoubtedly too different from everyone else. I could admire this person or that one, try to find courage through a book or a film, but the fact remained that I was stuck in my dead-end labyrinth. Over time, I adopted maladaptive behaviors when faced with situations related to mental illness. I was still vulnerable, still affected.

    It was by getting involved on social media, giving my time, sharing my reflections, and—frankly—a certain gift for structures, that I began to feel in relationship with others. This gift is what people eventually understood and let me know: it was called autism. So strange. But what a relief. It was the last piece of the puzzle I had been juggling my whole life, the background canvas. Thus, by giving my life on social media, by giving back what society gave me through benefits and proper care, through recognition, I was able to go even further in my understanding of humanity.

    Updated March 5, 2026


  • La protection

    La protection

    La protection

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    J’ai choisi d’aimer, donc. L’estime est un apprentissage. Au début, les parents représentent tout pour l’enfant que nous sommes. Plus tard, la fratrie représente les premières socialisations où l’autre est distinct de soi, à moins que ça ne se passe dans un centre de la petite enfance. C’est ma vision.

    L’estime de soi se construit à partir de l’amour, de l’approbation bienveillante qu’on reçoit. Par le fait même, moins on en reçoit, plus c’est difficile de la développer, de la cultiver. Cela influence notre façon d’évaluer ; soi et les autres.

    Peut-être est-ce ce choix que je faisais jour après jour qui m’a permis de passer au travers de toutes ces épreuves et qui me donnait le courage nécessaire pour me relever lorsque je tombais ? Parce que, comme vous tous, je suis tombé.

    C’est normal, j’apprenais à marcher. Puis à parler. À développer mon autonomie. À vivre seul et avec les autres. J’apprenais à aimer. Toujours de mieux en mieux, de plus en plus. C’est un défi de tous les jours, pour tous et chacun, sans exception. On peut le relever, s’y attaquer, ou simplement l’abandonner.

    Une chose apprise est le droit à l’erreur. C’est la base si on veut avancer. Dans un texte précédent, je parlais de résilience. Elle est là, la résilience, dans le droit à l’erreur. C’est aussi dans la responsabilité de comprendre son erreur, d’en tirer une leçon, un apprentissage qui me fasse grandir.

    Le devoir est de comprendre la leçon et de la mettre en pratique. Assurément la mettre en pratique. Dans les faits, tout le monde tombe. La symbolique est forte. Se relever est un rêve qui ne se concrétise qu’avec des efforts, du détachement, de l’action. Tout le temps.

    Comprendre ce qui s’est passé, faire le point, établir un plan. Pas à pas, on fait le ménage dans sa vie pour protéger cet amour qui nous habite, pour protéger aussi ceux à qui nous avons donné notre amour. « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

    Se relever, faire le ménage, implique des deuils et un réapprentissage à s’aimer et à aimer les autres encore d’une nouvelle façon. Garder son sang-froid, prendre le temps de bien faire chacune des étapes et développer une saine fierté de notre cheminement.

    Envers et contre tous. Parce que cette fierté, on voudra l’éteindre. Quelquefois par incompréhension du cheminement, d’autres par jalousie. Je me réjouis lorsque quelqu’un réussit, ça ne m’enlève rien. Au contraire, cette joie que j’éprouve pour la réussite me montre que c’est possible de se relever, que c’est possible de réaliser son rêve.

    Suffit-il de réaliser son rêve ? Je crois sincèrement et profondément qu’une fois que le rêve se réalise, il grandit à travers la concrétisation des rêves de ceux qu’on aime. L’amour, c’est une protection. Il faut en comprendre la symbolique.

    MAJ 5 mars 2026


    Protection

    I have chosen to love, then. Self-esteem is a learning process. At the beginning, parents represent everything to the child we are. Later, siblings represent the first socializations where the other is distinct from oneself—unless this happens in an early childhood center. That is my vision.

    Self-esteem is built from the love and benevolent approval we receive. By the same token, the less we receive, the harder it is to develop and cultivate it. This influences the way we evaluate; both ourselves and others.

    Perhaps it was this choice I made day after day that allowed me to get through all those trials and gave me the courage necessary to get back up when I fell? Because, like all of you, I fell.

    It’s normal; I was learning to walk. Then to speak. To develop my autonomy. To live alone and with others. I was learning to love. Always better and better, more and more. It is a daily challenge for each and every one, without exception. We can rise to it, tackle it, or simply give up.

    One thing learned is the right to make mistakes. This is the foundation if one wishes to move forward. In a previous text, I spoke of resilience. Resilience is there, in the right to make mistakes. It is also in the responsibility to understand one’s mistake, to draw a lesson from it—a learning experience that makes me grow.

    The duty is to understand the lesson and put it into practice. Most certainly to put it into practice. In reality, everyone falls. The symbolism is powerful. Getting back up is a dream that only becomes concrete through effort, detachment, and action. All the time.

    Understanding what happened, taking stock, establishing a plan. Step by step, we clean up our lives to protect this love that lives within us, and also to protect those to whom we have given our love. « You become responsible, forever, for what you have tamed. »

    Getting back up, cleaning up, involves grieving and relearning to love oneself and others in a new way. Keeping one’s cool, taking the time to complete each step well, and developing a healthy pride in our journey.

    Against all odds. Because people will want to extinguish that pride. Sometimes out of misunderstanding the journey, other times out of jealousy. I rejoice when someone succeeds; it takes nothing away from me. On the contrary, the joy I feel for success shows me that it is possible to get back up, that it is possible to realize one’s dream.

    Is it enough to realize one’s dream? I sincerely and deeply believe that once a dream is realized, it grows through the fulfillment of the dreams of those we love. Love is a protection. One must understand its symbolism.

    Updated March 5, 2026


  • Faire son deuil

    Faire son deuil

    Faire son deuil

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    Je suis né à plusieurs reprises. J’ai de la chance, car j’aurais pu rester mort à chaque fois. J’ai déjà raconté quelques-unes de ces morts ; il y en a d’autres, sous d’autres formes.

    « Dans chaque pierre, une maison rêve d’exister. »

    Ces expériences de mort imminente m’ont traumatisé, m’ont fait un tort immense, m’ont changé pour toujours. Ces morts, toujours liées à une dimension sexuelle, possèdent une symbolique morbide. Trop souvent, hélas, c’était plus qu’une simple symbolique.

    Après l’une de ces morts — mon accident duquel je me suis réveillé amnésique —, j’étais habité par un besoin viscéral de voir la vie. Je ne savais pas trop pourquoi, mais la nudité m’obsédait. « Je ne me souviens plus de quoi ça a l’air, une femme nue », avais-je dit à des amis militaires en réclamant des revues sur mon lit d’hôpital.

    Remontons plus loin. Avant d’être frappé à la tête, après avoir été violé par deux adolescents et avoir subi une pénétration forcée, j’ai perdu la mémoire des faits. Amnésie. Il faut aussi dire que l’année précédente, peu avant d’être poignardé, j’avais rencontré ma première amie de cœur. Oui, pénétré par des couteaux de haine avant de pouvoir pénétrer par amour. Cet aspect mérite d’être approfondi.

    J’ai aussi mentionné certaines morts psychologiques, comme celle où j’ai remplacé mon père après la séparation. Car au fond — je ne sais pas ce qu’en penserait Freud —, tuer son père, c’est se tuer soi-même.

    Ma vie a commencé par une mort. C’est aussi triste que cela. C’est l’origine d’une culpabilité malsaine qui cherchera sans fin à reproduire ce que je ne pouvais pas voir, ou ce que je refusais de regarder en face. Bon gré, mal gré, on a voulu tuer l’homme en moi.

    Dans une relation amoureuse sous respirateur artificiel, l’idéal de l’homme embrasse mon rêve. Dans une autre relation, pour fêter dix ans d’un mariage lui aussi sous respirateur, l’idéal de remplacement reprend le flambeau. Il m’était impossible d’avoir une relation amoureuse saine. Toujours cet idéal qu’on m’a forcé à tuer lorsque j’avais 18 mois et qui me hante sans fin. C’était en moi, mon cancer de l’âme. L’homme en moi ne pouvait que mourir.

    Aurais-je pu recevoir de l’aide pour vivre dignement ? Je le demandais pourtant sans cesse. Non. Je n’avais ni le droit de vivre dignement, ni celui de mourir dignement. Je devais souffrir, vivre cette solitude, cet isolement où mes mots n’avaient aucun écho, sinon celui de la maladie mentale.

    Pourtant.

    Est-il vraiment digne de frapper sans cesse sur ce mourant ? Est-il vraiment la preuve d’un esprit sain que de faire souffrir quelqu’un de la sorte ? Est-il sain de vouloir tuer sans cesse l’homme en moi ?

    Quoi qu’il en soit, j’ai choisi de vivre. J’ai choisi de guérir définitivement de ce cancer, de ce mal qui détruit ma vie éternelle : le moment présent. Il m’appartient, j’en fais ce que je veux. Je me libère. Je recouvre ma liberté, ou peut-être la trouvé-je pour la première fois.

    J’ai choisi d’aimer, de sortir de cet isolement imposé.

    MAJ 5 mars 2026


    Grieving

    I have been born several times. I am lucky, because I could have stayed dead each time. I have already told of some of these deaths; there are others, in other forms.

    « In every stone, a house dreams of existing. »

    These near-death experiences traumatized me, caused me immense harm, and changed me forever. These deaths, always linked to a sexual dimension, possess a morbid symbolism. Too often, alas, it was more than mere symbolism.

    After one of these deaths—my accident from which I woke up amnesic—I was driven by a visceral need to see life. I didn’t quite know why, but nudity obsessed me. « I don’t remember what a naked woman looks like anymore, » I told some military friends while asking for magazines on my hospital bed.

    Let’s go back further. Before being struck in the head, after being raped by two teenagers and undergoing forced penetration, I lost the memory of the facts. Amnesia. It must also be said that the previous year, shortly before being stabbed, I had met my first girlfriend. Yes, penetrated by knives of hatred before being able to penetrate through love. This aspect deserves to be explored more deeply.

    I have also mentioned certain psychological deaths, such as when I replaced my father after the separation. Because deep down—I don’t know what Freud would think of it—to kill one’s father is to kill oneself.

    My life began with a death. It is as sad as that. It is the origin of an unhealthy guilt that would endlessly seek to reproduce what I could not see, or what I refused to look in the face. Whether I liked it or not, people wanted to kill the man in me.

    In a romantic relationship on life support, the ideal of the man embraces my dream. In another relationship, to celebrate ten years of a marriage also on life support, the replacement ideal takes up the torch. It was impossible for me to have a healthy romantic relationship. Always this ideal that I was forced to kill when I was 18 months old, haunting me endlessly. It was within me, my soul’s cancer. The man in me could only die.

    Could I have received help to live with dignity? I asked for it constantly. No. I had neither the right to live with dignity nor the right to die with dignity. I had to suffer, to live this solitude, this isolation where my words had no echo, other than that of mental illness.

    And yet.

    Is it truly dignified to constantly strike this dying man? Is it truly proof of a healthy mind to cause someone to suffer in this way? Is it healthy to want to kill the man in me over and over again?

    Regardless, I have chosen to live. I have chosen to heal definitively from this cancer, from this evil that destroys my eternal life: the present moment. It belongs to me; I do with it what I want. I am freeing myself. I am reclaiming my freedom, or perhaps I am finding it for the first time.

    I have chosen to love, to break out of this imposed isolation.

    Updated March 5, 2026

  • Lettre aux femmes

    Lettre aux femmes

    Lettre aux femmes

    English version below


    Je comprends que tout est désormais exposé. J’ai un million d’excuses, mais aucune n’est véritablement bonne. Ma vie était alors d’une difficulté extrême ; je ne comprenais pas ce que je vivais et personne ne pouvait m’aider, car l’incompréhension était totale pour tous. J’avais aussi hérité d’un passé lourd de traumatismes. Je dis « hériter », car j’étais devenu amnésique à la suite de mon accident.

    J’avais consommé après une rencontre avec mon avocate pour mon premier divorce. J’ai paniqué et j’ai consommé. J’ai alors reproduit un geste dont j’avais été témoin enfant, vers l’âge de 7 ans. L’agresseur de l’époque était schizophrène, et j’ai refait ces gestes alors que j’étais moi-même hors de la réalité. Les détails importent peu, dans la mesure où, de toute façon, cela n’aurait jamais dû se produire. La psychanalyse a fini par donner un sens à ces gestes, et j’ai également suivi d’autres thérapies pour traiter mes divers traumas.

    Avec l’aide de ma mère, j’ai écrit une lettre d’excuses à la victime. Son avocate a répondu qu’elle n’y croyait pas.

    Pourtant, j’ai souvent demandé pardon à des femmes qui n’avaient rien à voir avec cette histoire, des femmes que j’ai toujours traitées dignement, car je savais que le mal commis l’était envers toutes les femmes. Plus profondément encore, c’est une blessure faite à l’humain, indistinctement du genre.

    Alors, pour payer ma dette, en plus des procédures judiciaires auxquelles j’ai fait face sans me défiler, j’ai suivi ces thérapies pour comprendre. Aujourd’hui, je supporte la cause des femmes, mais toujours dans une optique d’humanité qui dépasse les genres. À travers mes textes et mes messages sur les réseaux sociaux, je fais aussi de la prévention pour que tous et toutes comprennent mieux l’origine et les mécanismes de cette violence. C’est ma façon de continuer à payer ma dette.

    Honnêtement et personnellement, je commence à considérer que cette dette est payée. J’ai commencé à me pardonner, surtout depuis ce diagnostic d’autisme qui a éclairé la dernière part d’ombre que je ne saisissais pas.

    Je demande pardon à toute la société et je continuerai à faire avancer la cause de l’égalité femme-homme. Je ne suis pas une méchante personne. Je n’ai pas de haine en moi. J’ai été blessé et abusé, tant par des hommes que par des femmes. C’est à travers mes implications constructives que j’arrive à sublimer ce vécu, en plus de la pratique de la pleine conscience et de la verbalisation de mes émotions. La gratitude m’aide aussi.

    Par ailleurs, j’ai été torturé par ma famille qui n’hésitait pas à m’apposer des diagnostics pour expliquer ce qu’elle ne comprenait pas. Cela a nui à mon développement et m’a maintenu dans de fausses théories. Cela a nui, et continue de nuire, à ma réputation. Ça suffit. Cette famille me fera du mal bien après ma mort ; elle est toxique. Parce que je m’exprime autrement, avec une intelligence différente, elle m’accuse encore et toujours de maladie mentale au lieu de remettre en question son propre fonctionnement. Elle corrompt le sens de chacun de mes gestes pour se donner raison.

    Ça suffit. S’il vous plaît. J’ai le droit de commencer à vivre.

    Merci de m’entendre. Merci de trouver l’empathie nécessaire pour comprendre mon cheminement et voir comment je suis devenu une meilleure personne. Concernant d’éventuelles autres allégations dont on m’a fait part, que puis-je dire de plus ? Je suis sincèrement désolé pour les personnes blessées.

    Je pense avoir fait le tour. Les théories du complot m’ont fait beaucoup de mal. Je ne cherche pas la pitié, mais j’aimerais retrouver ma liberté. Je vous le demande, respectueusement.

    MAJ 5 mars 2026


    Letter to Women

    I understand that everything is now exposed. I have a million excuses, but none are truly good. My life was of extreme difficulty then; I did not understand what I was going through, and no one could help me, as the lack of understanding was total for everyone. I had also inherited a past heavy with trauma. I say « inherited » because I had become amnesic following my accident.

    I had consumed substances after a meeting with my lawyer for my first divorce. I panicked and I consumed. I then reproduced an act I had witnessed as a child, around the age of 7. The aggressor at that time was schizophrenic, and I repeated those actions while I was myself out of touch with reality. The details matter little, insofar as, in any case, it should never have happened. Psychoanalysis eventually gave meaning to these actions, and I also underwent other therapies to treat my various traumas.

    With my mother’s help, I wrote a letter of apology to the victim. Her lawyer replied that she did not believe it.

    Yet, I have often asked for forgiveness from women who had nothing to do with this story, women whom I have always treated with dignity, because I knew that the harm committed was toward all women. Even more deeply, it is a wound inflicted upon humanity, regardless of gender.

    So, to pay my debt, in addition to the legal proceedings I faced without evading them, I followed these therapies to understand. Today, I support the cause of women, but always from a perspective of humanity that transcends gender. Through my writings and my messages on social media, I also work on prevention so that everyone can better understand the origin and mechanisms of this violence. It is my way of continuing to pay my debt.

    Honestly and personally, I am beginning to consider this debt paid. I have begun to forgive myself, especially since the autism diagnosis which illuminated the last part of the shadow I did not grasp.

    I ask for forgiveness from all of society, and I will continue to advance the cause of equality between women and men. I am not a bad person. I have no hatred in me. I have been hurt and abused, by both men and women. It is through my constructive involvement that I manage to sublimate this experience, along with the practice of mindfulness and the verbalization of my emotions. Gratitude also helps me.

    Furthermore, I was tortured by my family, who did not hesitate to label me with diagnoses to explain what they did not understand. This hindered my development and kept me trapped in false theories. It has harmed, and continues to harm, my reputation. Enough. This family will hurt me long after my death; it is toxic. Because I express myself differently, with a different intelligence, they accuse me again and again of mental illness instead of questioning their own functioning. They corrupt the meaning of my every gesture to prove themselves right.

    Enough. Please. I have the right to start living.

    Thank you for hearing me. Thank you for finding the empathy necessary to understand my journey and to see how I have become a better person. Regarding any other allegations I have been made aware of, what more can I say? I am sincerely sorry to the people who were hurt.

    I think I have covered it all. Conspiracy theories have caused me a lot of harm. I am not seeking pity, but I would like to regain my freedom. I ask this of you, respectfully.

    Updated March 5, 2026

  • Ensemble

    Ensemble

    Ensemble

    English version below


    Je marchais vers le gymnase où je m’entraîne quand j’ai aperçu une carte d’identité sur le trottoir — vous savez, le genre de carte que l’on porte au cou avec un cordon ou que l’on épingle sur la poitrine. Une employée avait échappé cette carte qui indiquait son nom, son poste et l’organisme communautaire pour lequel elle travaillait. Connaissant ce centre, j’ai décidé d’aller la lui porter. Après avoir fait confirmer sa présence, je l’ai laissée à la réception pour qu’on la lui remette.

    En reprenant ma marche, à la sortie du centre communautaire, une dame m’a abordé. Je ne me souviens plus de ses mots exacts, mais elle me parlait de sa solitude, me racontant qu’elle passait des journées entières sans parler à quiconque. C’était spontané. Je lui ai dit que je comprenais que la vie soit difficile et que la solitude imposée — l’isolement, finalement — est une forme de violence. Elle a semblé soulagée d’un poids.

    Ces petits gestes ordinaires font une réelle différence. Le temps de rapporter cette carte, j’ai fait partie d’une équipe ; j’ai fait don de mon temps. J’ai aussi été un confident le temps de recueillir la souffrance de cette dame, qui m’a fait don de son vécu. C’est d’une grande générosité de sa part que de livrer ainsi ce qui se passe en elle, dans son intériorité.

    La synchronicité de ces deux événements est incroyable. Deux faits distincts, apparemment banals, prennent tout leur sens parce que je les mets bout à bout : le premier où je donne, le deuxième où je reçois. La vie est belle.

    Tous les jours, je lis les gens sur les réseaux sociaux. Je ne cesse de recevoir ces dons de soi, ces cadeaux, et je cherche à redistribuer ce que j’ai reçu. Comme un enfant, je crée des constructions avec ce qui m’est offert. Est-ce que ce bloc pourrait s’agencer avec celui-là ? De quelle façon ? Une négociation s’opère en moi.

    Quand quelqu’un perd quelque chose, je comprends sa panique, sa détresse. C’est vrai aussi dans l’intangible. Si j’ai les moyens d’aider, je le fais ; pour moi, c’est un devoir de citoyen. C’est un bonheur que de me sentir utile, un sentiment heureux pour les deux parties. Quand quelqu’un me confie sa souffrance, je l’accueille pour ce qu’elle est : un don de soi. Dans ces moments-là, la frustration tombe. La sienne comme la mienne.

    Travailler ensemble nous permet d’atteindre nos rêves, qu’ils soient réciproques ou communs. Cela peut demander du temps, des efforts ou de longues discussions, mais le rêve est là, à portée de main. Soyons imaginatifs. Il faut s’écouter soi-même et écouter l’autre, parfois au-delà des mots. Souvent, il est question de besoins de base pour vivre ou de sécurité pour grandir. Cela demande de la flexibilité ; le rêve se réalise sous différentes formes, pas nécessairement celle que j’avais imaginée.

    Vivre ensemble, c’est s’entraider à construire nos rêves, de part et d’autre, et en commun.

    MAJ 5 mars 2026


    Together

    I was walking toward the gym where I train when I spotted an ID card on the sidewalk—you know, the kind worn around the neck on a lanyard or pinned to the chest. An employee had dropped this card, which showed her name, position, and the community organization she worked for. Knowing this center, I decided to go and return it to her. After confirming she was there, I left it at the reception desk for it to be handed back to her.

    As I resumed my walk, leaving the community center, a lady approached me. I don’t remember her exact words, but she told me about her loneliness, recounting how she spent entire days without speaking to anyone. It was spontaneous. I told her I understood that life can be difficult and that imposed loneliness—isolation, ultimately—is a form of violence. She seemed relieved of a burden.

    These small, ordinary gestures make a real difference. In the time it took to return that card, I was part of a team; I gave the gift of my time. I also served as a confidant for the moment it took to receive this lady’s suffering, who gave me the gift of her experience. It is an act of great generosity on her part to share what is happening within her, in her inner self.

    The synchronicity of these two events is incredible. Two distinct, seemingly banal occurrences take on their full meaning because I put them end to end: the first where I give, the second where I receive. Life is beautiful.

    Every day, I read people on social media. I never stop receiving these gifts of self, these presents, and I seek to redistribute what I have received. Like a child, I create constructions with what is offered to me. Could this block fit with that one? In what way? A negotiation takes place within me.

    When someone loses something, I understand their panic, their distress. This is also true for the intangible. If I have the means to help, I do so; for me, it is a citizen’s duty. It is a joy to feel useful, a happy feeling for both parties. When someone confides their suffering to me, I welcome it for what it is: a gift of self. In those moments, frustration falls away. Hers as well as mine.

    Working together allows us to reach our dreams, whether they are reciprocal or common. It may require time, effort, or long discussions, but the dream is there, within reach. Let us be imaginative. We must listen to ourselves and listen to the other, sometimes beyond words. Often, it is about basic needs for living or security for growing. This requires flexibility; the dream comes true in different forms, not necessarily the one I had imagined.

    Living together is helping each other build our dreams, on both sides and in common.

    Updated March 5, 2026

  • Lettre à ma mère

    Lettre à ma mère

    Lettre à ma mère

    English version below


    J’ai travaillé fort sur moi pour redevenir un enfant, pour me retrouver à cette époque où mes parents représentaient tout. Mes parents, oui, mais toi en particulier, et ce lien affectif, cet amour inconditionnel qui nous unissait. C’était un bonheur.

    En redevenant enfant, j’ai aussi repris contact avec cette période de ma vie où je vivais le moment présent sans avoir les outils pour comprendre la vie qu’on m’imposait. J’étais trop jeune, inexpérimenté et sans références pour me guider vers les meilleurs choix. Je subissais. Qu’il s’agisse de ces moments de joie partagés ou de tes propres incompréhensions face à ta jeunesse, je les subissais. Qu’importe, c’était le bonheur inconditionnel.

    Mais pour redevenir enfant, j’ai dû regarder ma vie avec toute l’expérience acquise au fil des ans, au fil de jours parfois très sombres. J’ai vu des erreurs que tu avais faites avec moi. J’ai aussi regretté le divorce de mes parents, l’éclatement de mon univers. J’ai réalisé à quel point cela avait affecté ma vie entière : mes choix et la façon dont je me suis construit.

    J’ai dû déconstruire des structures en moi parce qu’elles étaient malsaines, inopérantes ou destructrices. Maintenant que j’ai la maturité nécessaire pour affronter la vie imposée, maintenant que je suis équipé pour y faire face, j’ai aussi pu faire la part des choses. J’ai pu comprendre ma responsabilité « actuelle », c’est-à-dire ce sur quoi je peux dorénavant agir. Je ne peux pas changer le passé, mais j’ai un grand pouvoir sur mon présent.

    Plus d’une fois, je me suis retrouvé démuni, sans réel moyen de défense. Au mieux, je réagissais comme cet enfant blessé que j’avais été ; au pire, comme celui pour qui ses parents sont tout. Ou en inversant le pire et le mieux. J’apprenais qui j’étais, je développais mes propres références pour comprendre l’univers qui m’entoure et apprendre à interagir avec lui. J’ai peu à peu pris connaissance du lien entre ce que je fais et les conséquences avec lesquelles je dois vivre. Le passé et ses leçons me permettent désormais de faire les bons choix.

    Ce trajet entre l’adulte que je suis et l’enfant en moi a été parcouru d’innoublables fois. La pierre a été polie encore et encore. Sûrement as-tu fait la même chose depuis que j’ai rompu ma relation avec toi. Peut-être même comprenais-tu tout ce qui se passait et regardais-tu cela avec un regard sage ou démuni. À moins que toi aussi, tu aies compris certaines choses. On verra.

    Je ne sais pas où tu en es puisque je ne t’écoutais plus, que nous ne communiquions plus. Sache que j’ai divorcé, que j’ai compris davantage ce que tu as vécu toi-même. Tu me racontais la méchanceté de ta sœur qui s’est exprimée à cette période de ta vie. Je l’ai vécue aussi. Je te comprends mieux. J’espère que tu as aussi pu faire ces parallèles et que tu les saisis. Quoi qu’il en soit, je reprends contact avec toi.

    J’ai fait mes erreurs durant ce cheminement, je ne peux le nier. Je t’ai aussi blessée, c’est vrai. Tranquillement, reprenons le dialogue, si tu veux bien. Mon vécu me permet de mieux comprendre le tien, et le tien sûrement le mien. Cette souffrance est différente, mais elle est aussi commune au-delà de la forme. L’empathie est la même, toutefois.

    Réapprendre à communiquer ensemble, sur de nouvelles bases, demandera certainement encore beaucoup de travail. Rien n’est joué. Si on s’écoute l’un l’autre, si nous participons ensemble à établir cette nouvelle relation, tout sera possible. La confiance se rebâtira dans le respect de chacun, de ce que nous sommes.

    Bonjour Maman.

    MAJ 5 mars 2026


    Letter to My Mother

    I have worked hard on myself to become a child again, to find myself back in that time when my parents represented everything. My parents, yes, but you in particular, and that emotional bond, that unconditional love that united us. It was happiness.

    By becoming a child again, I also reconnected with that period of my life when I lived in the present moment without having the tools to understand the life being imposed on me. I was too young, inexperienced, and without references to guide me toward the best choices. I was subject to it. Whether it was those shared moments of joy or your own lack of understanding regarding your youth, I was subject to them. No matter, it was unconditional happiness.

    But to become a child again, I had to look at my life with all the experience gained over the years, through days that were sometimes very dark. I saw the mistakes you had made with me. I also regretted my parents’ divorce, the shattering of my universe. I realized how much it had affected my entire life: my choices and the way I built myself.

    I had to deconstruct structures within me because they were unhealthy, inoperative, or destructive. Now that I have the necessary maturity to face the life imposed on me, now that I am equipped to deal with it, I have also been able to put things into perspective. I have been able to understand my « current » responsibility—that is, what I can henceforth act upon. I cannot change the past, but I have great power over my present.

    More than once, I found myself helpless, without any real means of defense. At best, I reacted like the wounded child I had been; at worst, like the one for whom his parents are everything. Or by reversing the worst and the best. I was learning who I was, developing my own references to understand the universe around me and learning to interact with it. I gradually became aware of the link between what I do and the consequences I must live with. The past and its lessons now allow me to make the right choices.

    This journey between the adult I am and the child within me has been traveled countless times. The stone has been polished again and again. Surely you have done the same since I broke off my relationship with you. Perhaps you even understood everything that was happening and watched it with a wise or helpless gaze. Unless you, too, have understood certain things. We shall see.

    I do not know where you stand since I was no longer listening to you, and we were no longer communicating. Know that I have divorced, that I have understood more of what you lived through yourself. You used to tell me about the unkindness of your sister that manifested during that period of your life. I have experienced it too. I understand you better. I hope you have also been able to make these parallels and that you grasp them. Regardless, I am reaching out to you again.

    I made my mistakes during this journey; I cannot deny it. I also hurt you, it’s true. Quietly, let us resume the dialogue, if you are willing. My experience allows me to better understand yours, and yours surely mine. This suffering is different, but it is also common beyond the form. The empathy, however, is the same.

    Relearning to communicate together, on new foundations, will certainly still require a lot of work. Nothing is set in stone. If we listen to one another, if we participate together in establishing this new relationship, anything will be possible. Trust will be rebuilt in the respect of each other, of who we are.

    Hello, Mom.

    Updated March 5, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »