Auteur : Christian Legault

  • Le bris

    Le bris

    Le bris

    Il y a 100 ans… la grippe espagnole

    Il y a 100 ans… la grippe espagnole, documentaire disponible sur Ici Radio-Canada. Déductions logiques. Les virus s’adaptent, reviennent en force sous forme pandémique tôt ou tard. Éduquons-nous, c’est la meilleure préparation. Ne pas comprendre ce qu’est une pandémie, surtout à ses débuts, ce que cela signifie et ce que cela implique, me semble normal. Ne pas se sentir concerné parce qu’on est impuissant, aussi. Ainsi, on s’en remet aux experts, aux gouvernements, aux autres ; on est démunis. Toutefois, ce n’est pas une fatalité et on peut changer cela.

    En complément

    Bill Gates, TED 2015, The next outbreak? We’re not ready.

    Bill Gates, TED 2020, How we must respond to the coronavirus pandemic?

    Escaping the ‘Era of Pandemics’

    Mon texte : Le bris

    J’expliquais que lorsque nous avons deux informations contraires, un doute naît. Notre lien avec la réalité s’en trouve ébranlé, du moins potentiellement. Nous sommes déstabilisés et ne savons pas comment répondre à ce conflit.

    D’un côté, tout ce que je prenais pour vérité me servait de base dans le but de déterminer mon fonctionnement et aussi pour élaborer ma pensée. Je m’appuyais sur ces informations pour bâtir ma réalité et l’harmoniser avec la réalité sociale, la réalité des autres. Quelqu’un arrive et m’affirme avec conviction que je n’ai pas les bonnes informations, qu’elles sont fausses, et me propose des théories pour remplacer ce qui me sert d’appui afin de vivre en société, mais également pour me vivre moi-même.

    J’avais mentionné à quelques reprises tout le mal que les faux diagnostics m’avaient fait, comment cela me faisait vivre en dehors de la réalité. Si un spécialiste me dit que j’ai un cancer, que je dois avoir tel type de vie et tel régime alimentaire, cela a des impacts. Plus profondément, mes plans pour l’avenir vont changer, mon quotidien sera complètement bouleversé. Est-ce que telle activité est bonne pour moi ? Est-ce que je peux manger ceci ? Dois-je vraiment me battre pour mes droits puisque je serai mort dans X mois ? Ma perception de la vie n’est plus la même, je la comprends différemment.

    Toutefois, il s’agit d’un faux diagnostic. La responsabilité de cet expert est grande, mais son opinion est indiscutable et il n’y a aucun recours pour moi. Je ne peux même pas faire rectifier ses écrits qui resteront dans mon dossier toute ma vie. Je dois vivre dans la réalité qu’il m’impose.

    Cela pourrait être un peuple qui dit à un autre qu’il n’a pas de culture, ou que sa culture se résume à une langue et qu’il ne vaut donc pas grand-chose. C’est le même principe qui s’applique. On nie ce sur quoi il est possible de bâtir son identité, son lien avec la réalité. Il n’y a pas d’avenir.

    Au niveau de la santé mentale, il est inacceptable que je ne puisse pas discuter de l’opinion de l’expert qui ne prend même pas la peine de vérifier avec moi si son opinion correspond à mon vécu. De plus, ne s’obligeant pas à une telle éthique minimale, il ne m’expliquera jamais son point. À la limite, je pourrai lire son rapport sans en comprendre complètement les implications, ni comment celui-ci sera interprété par ses compères ou tout autre intervenant.

    Le combat interne ne fait que commencer. Mon vécu et les informations qu’on me propose ne peuvent s’arrimer. Une scission va prendre de l’ampleur et je serai de plus en plus déconnecté de ce que je vis ou de ce que je comprends. Un mal grandira en moi. Cela deviendra de plus en plus insupportable et je ne pourrai pas contenir cette souffrance pendant très longtemps. Il me faudra faire des choix. Dois-je diriger cette frustration — ce qui m’empêche de vivre, ce déchirement — vers les autres ou vers moi ? Un passage à l’acte est à craindre.

    C’est vrai pour tout individu, quelle que soit sa différence, sa religion, sa couleur de peau, son genre, comme pour un peuple. Riche ou pauvre, on peut être brisé. Nous devons revoir nos façons de faire. Il faut cesser d’imposer une vision unique. Nous avons la responsabilité de ne pas accepter cette façon de voir qui nous enferme dans une réalité étrangère, souvent dans un labyrinthe sans issue.

    9 mars 2026


    The Break

    100 Years Ago… The Spanish Flu

    100 Years Ago… The Spanish Flu, a documentary available on Ici Radio-Canada. Logical deductions. Viruses adapt, returning in force in pandemic form sooner or later. Let us educate ourselves; it is the best preparation. Not understanding what a pandemic is, especially in its early stages, what it means, what it implies, seems normal to me. Not feeling concerned because one is helpless, as well. Thus, we rely on experts, governments, others; we are powerless. However, it is not a fatality, and we can change that.

    In addition

    Bill Gates, TED 2015, The next outbreak? We’re not ready

    Bill Gates, TED 2020, How we must respond to the coronavirus pandemic?

    Escaping the ‘Era of Pandemics’

    My text: The Break

    I explained that when we have two conflicting pieces of information, a doubt is born. Our link with reality is shaken, at least potentially. We are destabilized and do not know how to respond to this conflict.

    On one hand, everything I took for truth served as a basis for determining my functioning and also for developing my thoughts. I relied on this information to build my reality and harmonize it with social reality, the reality of others. Someone comes along and asserts with conviction that I do not have the right information, that it is false, and proposes theories to replace what serves as my support for living in society, but also for living as myself.

    I had mentioned several times all the harm that false diagnoses had done to me, how they made me live outside of reality. If a specialist tells me I have cancer, that I must have a certain type of life and a certain diet, it has impacts. More deeply, my plans for the future will change, my daily life will be completely overturned. Is such an activity good for me? Can I eat this? Should I really fight for my rights since I will be dead in X months? My perception of life is no longer the same; I understand it differently.

    However, it is a false diagnosis. The responsibility of this expert is great, but his opinion is indisputable, and there is no recourse for me. I cannot even have his writings rectified; they will remain in my file for the rest of my life. I must live in the reality he imposes on me.

    It could be one people telling another that they have no culture, or that their culture is reduced to a language and therefore is not worth much. It is the same principle that applies. We deny that upon which it is possible to build one’s identity, one’s link with reality. There is no future.

    Regarding mental health, it is unacceptable that I cannot discuss the opinion of the expert who does not even take the trouble to check with me if his opinion corresponds to my lived experience. Moreover, by not holding himself to such minimal ethics, he will never explain his point to me. At most, I might read his report without fully understanding its implications, nor how it will be interpreted by his peers or any other intervener.

    The internal struggle is only beginning. My experience and the information offered to me cannot align. A split will grow, and I will be more and more disconnected from what I experience or what I understand. An illness will grow within me. This will become more and more unbearable, and I will not be able to contain this suffering for very long. I will have to make choices. Do I direct this frustration—which prevents me from living, this tearing—toward others or toward myself? A transition to action is to be feared.

    This is true for any individual, regardless of their difference, their religion, their skin color, their gender, as it is for a people. Rich or poor, one can be broken. We must review our ways of doing things. We must stop imposing a single vision. We have the responsibility not to accept this way of seeing that locks us in a foreign reality, often in a dead-end labyrinth.

    9 mars 2026

  • Spiritus militum

    Spiritus militum

    Spiritus militum

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote. Un livre écouté sur Audible.ca. On y trace le parcours de l’homme politique. On redécouvre la passion du patriote, sa certitude dans cette vision et l’inébranlable volonté d’avancer, de réussir cette réalisation collective. J’aime bien revoir ces événements à travers ce vécu. Tout de même, je trouve l’écoute un peu déroutante parce que je n’arrive pas toujours à bien déterminer qui parle, ni à qui appartiennent les réflexions qu’on rapporte. La version écrite a probablement ses avantages.

    Aussi, un rappel de ma réflexion sur les impacts de l’expression « vote ethnique » ou de la menace référendaire utilisée de part et d’autre. J’ajoute cette réflexion : le manque d’explication entraîne à l’occasion un état défensif lorsque l’on est confronté à une vérité altérée ou à une fausse accusation. Dans ces moments, l’humain en nous se sent piégé, souvent démuni. (En référence à À hauteur d’homme.)

    En complément

    Le lancement de ce livre (Journal de Montréal)

    À hauteur d’homme (Illico)

    Mon texte : Spiritus militum

    J’ai toujours eu un esprit militaire, sans vouloir le reconnaître ou l’admettre. Jeune, je me voyais commandant une armée, genre héros de guerre ou je ne sais quoi. Déjà, mes visions du futur m’apparaissaient à la fois inévitables et mystérieuses. Comment cela se pouvait-il ? Par quel chemin devrais-je passer pour y arriver ? Je ne le savais pas. J’attendais un signe sans oser prendre de grandes décisions qui pourraient affecter ce destin qui m’attendait.

    Il y a peu de décisions, me semble-t-il, qui ont marqué un tournant ou un engagement sur cette voie me conduisant à cet objectif ultime. C’est plutôt en ne faisant pas de choix que j’ai formé cet esprit qui se refusait à lui-même. Chaque événement, chaque parole, chaque rejet, chaque trahison sont devenus autant de professeurs et de leçons.

    Mon esprit militaire était là, j’en étais sûr, quoique je visse bien qu’il manquait un lien entre la personne du présent et celle de la vision. Ce n’était pas qu’une question de temps. Toutefois, il y avait toujours ce mur de l’indécision ou cette recherche du signe qui ne venait jamais ou, du moins, que rarement. Alerte à la moindre ouverture, au moindre potentiel passage vers cette vision, je me suis fait mal en les investissant tous. Comment aurais-je pu faire la différence entre une ouverture et *l’*ouverture ? Je me rebellais contre ces structures que je suivais et qui n’en finissaient plus, contre chaque obstacle qui empêchait ce destin qui profiterait à tous.

    Je réalisais l’apprentissage que je faisais de moi-même, peut-être même encore plus des aptitudes que je développais. Il m’est arrivé plus d’une fois de me faire la réflexion que j’étais surentraîné pour la vie que j’avais, tout en constatant mon incapacité à utiliser ce savoir pour moi, dans ma propre vie au quotidien. Je me souviens d’avoir dit à mon psychanalyste que j’étais inapte à vivre ma vie ! En même temps, je ne pouvais pas décrocher de mes enquêtes, de la formation découlant de mon obéissance aveugle à ces structures.

    Contre vents et marées, j’avançais. La présence de la peur me rebutait et j’y voyais plutôt un défi. La mort m’apparaissait dans chaque échec, mais elle finissait aussi par se pointer même dans les succès, allant jusqu’à m’empêcher de fêter toute réussite. Je ne profitais de rien. La mort m’attirait comme un aimant. Cela aussi était un apprentissage, en fin de compte. Ma vie sans but apparent n’avait de sens qu’en suivant des structures que seul moi voyais, des structures qui m’apportaient une connaissance incroyable de ce que j’étais profondément et faisaient de moi un humain spécialiste de rien et de tout.

    9 mars 2026


    Spiritus militum

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote

    Bernard Landry, l’héritage d’un patriote. A book listened to on Audible.ca. It traces the journey of the politician. We rediscover the passion of the patriot, his certainty in this vision, and the unwavering will to move forward, to succeed in this collective achievement. I like revisiting these events through this lived experience. Still, I find the listening experience a bit confusing because I cannot always clearly determine who is speaking or who owns the reflections being reported. The written version probably has its advantages.

    Also, a reminder of my reflection on the impacts of the expression « ethnic vote » or the referendum threat used on both sides. I add this reflection: the lack of explanation occasionally leads to a defensive state when confronted with an altered truth or a false accusation. In those moments, the human within us feels trapped, often helpless. (In reference to À hauteur d’homme.)

    In addition

    The launch of this book (Journal de Montréal)

    À hauteur d’homme (Illico)

    My text: Spiritus militum

    I have always had a military spirit, without wanting to recognize or admit it. Young, I saw myself commanding an army, a war hero type or something. Already, my visions of the future appeared to me as both inevitable and mysterious. How could that be? What path would I have to take to get there? I did not know. I waited for a sign without daring to make major decisions that could affect this destiny awaiting me.

    There are few decisions, it seems to me, that marked a turning point or a commitment on this path leading me to this ultimate goal. It is rather by not making choices that I formed this spirit that refused itself. Every event, every word, every rejection, every betrayal became so many teachers and lessons.

    My military spirit was there, I was sure of it, although I saw clearly that a link was missing between the person of the present and the one in the vision. It wasn’t just a question of time. However, there was always this wall of indecision or this search for the sign that never came or, at least, only rarely. Alert to the slightest opening, a potential passage toward this vision, I hurt myself by investing in all of them. How could I have told the difference between an opening and the opening? I rebelled against these structures I was following that never ended, against every obstacle that hindered this destiny that would benefit everyone.

    I realized the learning I was doing about myself, perhaps even more so regarding the skills I was developing. It happened more than once that I reflected that I was overtrained for the life I had, while observing my inability to use this knowledge for myself, in my own daily life. I remember telling my psychoanalyst that I was unfit to live my life! At the same time, I could not let go of my investigations, of the training resulting from my blind obedience to these structures.

    Against all odds, I moved forward. The presence of fear repelled me, and I saw it rather as a challenge. Death appeared to me in every failure, but it also ended up showing itself even in successes, going as far as preventing me from celebrating any achievement. I enjoyed nothing. Death attracted me like a magnet. That too was a learning process, in the end. My life without an apparent goal only made sense by following structures that only I saw, structures that brought me an incredible knowledge of what I deeply was and made of me a human specialist in nothing and everything.

    March 9, 2026

  • Préoccupation

    Préoccupation

    Préoccupation

    Faire œuvre utile

    Faire œuvre utile, une série documentaire sur Tou.tv animée par Émilie Perreault. « L’art – à défaut de changer le monde – peut littéralement changer une vie ! La série documentaire Faire œuvre utile met en lumière des individus qui ont laissé l’art entrer dans leur vie. Dans chaque épisode, Émilie Perreault, journaliste culturelle aguerrie, expose deux histoires inspirantes où l’art a eu ce pouvoir de faire une différence. »

    J’aimerais me référer surtout à l’épisode 3 de la première saison. Biz y parle de l’horreur de perdre un enfant, de la culpabilité qu’on vit, du deuil sans fin. Il est aussi question de la nécessaire empathie pour comprendre ; l’empathie pour les autres, mais également l’empathie pour soi-même. Une empathie projetée, finalement, sur tous et chacun. Il s’agit de la base pour s’entraider, pour vivre pleinement.

    Mon texte : Préoccupation

    Je me souviens d’avoir parlé, il y a probablement plus de deux ans, de gazouillis qui ébranlaient l’équilibre mental de certains, au point où l’on suggérait, ordonnait ou réveillait ainsi l’idée d’une attaque. Je faisais référence aux messages fous — je n’ai pas d’autres mots pour les décrire. Est-ce que quelqu’un se souvient de cette réflexion que j’avais écrite ? Or, j’ai bien l’impression que de tels liens existent toujours.

    « Ne pas reconnaître le résultat du vote si ce n’est pas moi », « Tenez-vous prêts… », « Le virus n’existe pas », etc. J’explique le principe qui dépasse la réalité des réseaux sociaux :

    1. Un événement, un geste ou même une parole nous déstabilise ;
    2. Un questionnement sème un doute quant à notre compréhension de la réalité, ce qu’on prend pour vérité, et nous conduit peu à peu vers une psychose ou à sa limite ;
    3. Une personne à qui on accorde une certaine autorité donne des directives difficilement ou à peine contestables ;
    4. Un combat interne assez violent s’ensuit, on se sent persécuté, graduellement avec plus d’ampleur ;
    5. Éventuellement, survient la nécessité d’une expression forte, ou de mourir, ou de devenir violemment fou. Impossible de contenir ce déchirement, il faut faire un choix. Un passage à l’acte est à craindre.

    Chacun est à risque. Certaines communications ne sont pas le fruit du hasard, mais découlent d’une recherche et probablement d’une équipe qui fournit les clés à transmettre pour obtenir le résultat qu’elle souhaite. Il y a tentative de manipulation de masse.

    Pour se prémunir, nous avons donc la responsabilité individuelle de développer une saine discipline qui deviendra une pierre d’assise, un support pour notre équilibre, une réalité inaltérable. Pour moi, c’est l’amour, comme je le disais la semaine dernière : ma plus simple expression.

    En complément, on devrait construire une sorte de forteresse ; se concentrer sur de belles pensées, l’empathie et l’amour du prochain. Cela sans oublier de ressentir cet amour pour soi-même, ce qui deviendra notre lieu sacré personnel de ressourcement.

    Il y a un lien entre les préoccupations que nous avons et la projection que nous faisons. Si je m’inquiète pour moi, pour ma sécurité ou ma liberté, je vais chercher plus ou moins consciemment des éléments qui démontrent que mon sentiment est juste, qu’il est réel, qu’il est confirmé par les autres. C’est une façon d’exister, de remplir un vide. Un réflexe normal qui doit être encadré par soi-même tout en étant responsable socialement, afin de ne pas conduire les autres dans cette spirale infernale.

    9 mars 2026


    Concern

    Faire œuvre utile

    Faire œuvre utile, a documentary series on Tou.tv hosted by Émilie Perreault. « Art – if not changing the world – can literally change a life! The documentary series Faire œuvre utile highlights individuals who have let art into their lives. In each episode, Émilie Perreault, a seasoned cultural journalist, presents two inspiring stories where art had the power to make a difference. »

    I would like to refer especially to episode 3 of the first season. Biz speaks about the horror of losing a child, the guilt one experiences, and the endless grief to live through. It also touches on the necessary empathy to understand; empathy for others, but also empathy for oneself. An empathy projected, ultimately, onto everyone. This is the basis for helping one another, for living fully.

    My text: Concern

    I remember speaking, probably more than two years ago, about tweets that shook the mental balance of some, suggesting, ordering, or awakening the idea of an attack. I was referring to crazy messages—I have no other words to describe them. Does anyone remember this reflection I wrote? Well, I have the impression that such links still exist.

    « Not recognizing the election result if it isn’t me, » « Stand by… », « The virus doesn’t exist, » etc. I will explain the principle that goes beyond the reality of social networks:

    1. An event, a gesture, or even a word destabilizes us;
    2. A questioning sows doubt regarding our understanding of reality—what we take for truth—and leads us little by little into psychosis or to the brink;
    3. A person to whom we grant a certain authority gives directives that are difficult or barely contestable;
    4. A fairly violent internal struggle ensues, one feels persecuted, gradually with more magnitude;
    5. Eventually, there is a need for strong expression, or to die, or to become violently insane. It is impossible to contain this tearing; a choice must be made. A transition to action is to be feared.

    Everyone is at risk. Certain communications are not the result of chance but stem from research and probably a team that provides the keys to be transmitted to obtain the result they desire. There is an attempt at mass manipulation.

    To protect ourselves, we therefore have the individual responsibility to develop a healthy discipline that will become a cornerstone, a support for our balance, an unalterable reality. For me, it is love, as I said last week: my simplest expression.

    In addition, we should build a kind of fortress; concentrate on beautiful thoughts, empathy, and love for one’s neighbor. This is without forgetting to feel this love for oneself, which will become our personal sacred place of replenishment.

    There is a link between the concerns we have and the projections we make. If I worry about myself, my safety, or my freedom, I will—more or less consciously—look for elements that demonstrate that my feeling is right, that it is real, that it is confirmed by others. A way of existing, of filling a void. A normal reflex to be managed by oneself while being socially responsible, so as not to lead others into this infernal spiral.

    March 9, 2026

  • Je, me, moi. La suite.

    Je, me, moi. La suite.

    Je, me, moi. La suite.

    Pauline Marois, au-delà du pouvoir

    Pauline Marois, au-delà du pouvoir, écouté sur Audible.ca. J’ai des moments où la lecture est si pénible, si lourde, que je cesse pratiquement de lire. Apparemment, je serais dyslexique. C’est possible, bien que ce soit par intermittence davantage prononcée. Dans ces occasions, je m’abstiens de lire : peut-être par découragement, peut-être est-ce un signe que j’ai besoin de repos. Quoi qu’il en soit, j’ai écouté ce livre qui relate les souvenirs politiques de Pauline Marois. J’ai bien aimé faire ce retour sur le Québec des dernières décennies, sous son angle particulier.

    Voici quelques-unes des réflexions que cette biographie m’a inspirées :

    On relate l’anecdote sur les « Yvette ». Je ne replonge pas dans l’épisode politique de la chose, il faut lire le livre. Par contre, j’aimerais bien mentionner une vision qui me semble aller au-delà de la politique, soit l’image des femmes et une façon de faire qui peut s’exporter, si je puis dire. Toute cette histoire, ce moment de douce révolte, le besoin d’émancipation des femmes, a été marqué par un passage dans l’éducation. L’image stéréotypée de la femme qu’on présentait dans les livres, une vision unique de ce qu’elles devaient être, a été graduellement remplacée et complétée par d’autres, plus diversifiées. On pouvait voir de plus en plus de modèles de femmes dans des situations historiquement dévolues aux hommes. Cela est connu.

    Ma réflexion porte sur les images dominatrices de l’arrivée des Européens, toutes guerres confondues, en sol autochtone. La version d’un seul côté de la médaille, où les Autochtones sont présentés comme des « Sauvages », avec plus ou moins de nuances, est fausse et demande des explications complémentaires. Plus de 400 ans plus tard, nous réalisons l’importance de vivre en harmonie avec la nature, ce qui était fondamental pour eux et leurs modes de vie. Quels avantages avions-nous à les décrire ainsi ? Est-ce que les objectifs du voyage devraient être mis en perspective avec ce qui s’est passé par la suite ? L’histoire de la découverte de l’Amérique par les Européens ne devrait-elle pas expliquer davantage comment les Autochtones se sont sentis envahis, voire éventuellement trahis ? Il me semble que ce vécu, celui des Autochtones, est absent de nos livres d’école et serait facilement insérable.

    Cette question d’image de la Femme en implique d’autres, en domino. L’image de l’Homme est ainsi à redéfinir. Qu’est-ce qu’un homme vrai, si les tâches ne le représentent plus ? Qu’en est-il des genres qui n’étaient pas reconnus il y a à peine quelques années, tel qu’on peut le voir avec les différents mouvements de fierté LGBTQ+ ? On doit avoir plusieurs modèles de famille, de couple, de personne. C’est essentiel de pouvoir s’identifier, de se retrouver dans la société dans laquelle nous vivons.

    Une autre réflexion que j’ai eue porte sur le « Beau risque » de René Lévesque. Comme vous le savez, j’ai moi-même proposé sur Twitter un compromis pour une saine cohabitation dans un Canada uni, bien qu’étant indépendantiste. C’était loin d’être une renonciation au rêve d’un pays avec notre culture québécoise, mais une tentative ultime d’unité. En même temps que je connais la passion de certains pour cette indépendance, je ne souhaitais pas que, consciemment ou non, ceux-ci voient un intérêt à faire déraper cette honnête tentative de compromis. Sans être un idéal, c’était quelque chose avec quoi nous pouvions vivre et, finalement, prendre un certain envol pour nous développer comme peuple multiethnique avec un fond culturel français. C’était donc une « stratégie » qu’on ne devait pas expliquer pour ne pas corrompre les esprits de « mes » passionnés, aimés et admirés ; une stratégie qui devait être menée de bonne foi et avec tous les efforts possibles, sans retenue. Aveuglément. Absolument rien de machiavélique ici.

    C’est pourquoi je pense que René Lévesque avait raison de présenter son projet de « Beau risque », pourquoi il s’est retrouvé seul et que cela allait tout à fait dans le sens de sa démarche initiale. Au fond, c’était au Canada de nous montrer qu’il comprenait notre différence et de nous donner les moyens de grandir à l’intérieur de cette famille canadienne. Le mur de la domination avait très peu de probabilités de remise en question parce que les racines sont profondes. Il y a la Loi sur les Indiens, d’abord et avant tout. Ensuite, il est vrai que le gain engendré par la guerre contre les Français perdrait beaucoup de sens. Le pouvoir deviendrait bien relatif avec de telles reconnaissances.

    Je suis un peu mal à l’aise de faire autant de commentaires sur un seul ouvrage, ce n’est pas mon habitude. Il faut tout de même parler de cette réaction que nous avons comme peuple. La Polytechnique : un attentat avec une réaction entre le déni et la peur de l’imitation. Est-ce qu’il y avait encore des jeunes hommes qui pensaient la Femme de cette façon ?! Une question qu’on n’osait pas vraiment formuler, mais qui marquait un réveil brutal. L’autre aspect du refus de dire est assurément la peur que cela puisse inciter d’autres hommes à faire la même chose. Horreur totale. Même comportement face à l’attentat politique contre Mme Marois : personne ne voulait admettre qu’une telle chose puisse se produire au Québec. On pourrait en dire autant quant à l’attentat à la mosquée de Québec. On pouvait bien avoir des discussions enflammées sur les réseaux sociaux, mais jamais personne n’aurait envisagé un tel geste inhumain. Déni, refus de nommer et peur de l’imitation forment un tout.

    Je terminerais mes commentaires avec ceci : le travail critique est nécessaire à l’avancement d’une société, même à celui de chaque personne. Il est bon d’avoir un point de vue qui nous sorte de notre bulle de réflexion ou de travail. La critique gratuite est autre chose : elle sert à diminuer l’autre, sans fondement réel. Je ne l’aime pas parce que c’est mon choix, mon opinion, que je résumerais ainsi : une attitude malsaine.

    En complément

    Les plafonds de verre brisés de Pauline Marois (Le Devoir)

    Oui, au-delà des partis (Urbania)

    Mon texte : Je, me, moi. La suite.

    Nier mon autisme m’a fait vivre dans l’isolement, une violence sociale avec des racines familiales. Je peux comprendre qu’il soit difficile d’établir ma différence, mais aller se battre contre moi, chercher ma condamnation, s’allier à mes agresseurs pour me détruire, pour m’enlever mon avenir, était vraiment d’une bassesse sans nom. C’est impardonnable. Faire cela alors qu’on me faisait une profession de foi, une déclaration d’amour, c’est de la traîtrise.

    Mon chemin de croix s’est déroulé grandement dans les couloirs des faux diagnostics de maladie mentale. D’après certains symptômes identifiés, quelquefois sortis d’une boîte à surprise, on déduisait une maladie. C’était ainsi indiscutable ! Je voulais en parler, j’ajoutais par le fait même un trouble de la personnalité. J’insistais, j’avais tous les troubles de la personnalité. D’une violence inouïe !

    Enfermé dans ma propre tête, réduit à la projection d’un autre, sans aucune possibilité de me défendre, de nuancer ou même de simplement questionner. Comme si ce n’était pas suffisant, on ajoutait le silence autour de ce qu’on pensait de moi, de ce que signifiait cette projection sur moi, la définition du diagnostic ou à partir de quoi on conclut une opinion « parole d’évangile », etc. J’étais condamné. À vie. Des taches qui me colleront à la peau, dans différents ministères et ailleurs, pour le reste de mes jours sans jamais avoir la possibilité de rectifier.

    Des promesses de guérison, il y en avait. Des résultats, aucun. Au mieux, j’étais gelé avec des médicaments prescrits et inappropriés, ce qui amenait d’autres faux diagnostics ! Tiens, ça me fait penser au « NON » du référendum, plein de promesses de reconnaissance, d’adaptation de la Constitution qui nous niait, mais résultat : silence éternel. Une grande violence que d’attendre des décennies sans réponses, accablés d’accusations pour la moindre différence ou particularité qu’on peut démontrer.

    La projection de mon vécu a toujours coïncidé avec celle de mon peuple. Il y a quelque chose de profondément troublant là-dedans. En même temps, en creusant cette projection, je ne peux qu’y retrouver mes racines humaines, près des peuples autochtones. En contraste, cela me rassure. Dans un texte, je vous parlais d’un cube Rubik sur lequel nous projetions nos idéaux. Eh bien, j’ai l’impression de retrouver aussi ce cube en moi. Pas vous ?

    En complément

    Je, me, moi (L’Extraterrestre)

    9 mars 2026


    Me, Myself, and I. The Sequel.

    Pauline Marois, au-delà du pouvoir

    Pauline Marois, au-delà du pouvoir, listened to on Audible.ca. I have moments where reading is so painful, so heavy, that I practically stop reading. Apparently, I might be dyslexic. It is possible, although it is more pronounced intermittently. On those occasions, I refrain from reading: perhaps due to discouragement, perhaps it is a sign that I need rest. In any case, I listened to this book which recounts the political memories of Pauline Marois. I enjoyed revisiting the Quebec of recent decades from her particular perspective.

    Here are some of the reflections this biography inspired in me:

    The « Yvettes » anecdote is recounted. I won’t dive back into the political episode of the matter; one must read the book. However, I would like to mention a vision that seems to me to go beyond politics, namely the image of women and a way of doing things that can be exported, so to speak. This whole story, this moment of gentle revolt, the need for women’s emancipation, was marked by a shift in education. The stereotyped image of the woman presented in books—a single vision of what they should be—was gradually replaced and supplemented by other, more diversified ones. We could see more and more models of women in situations historically assigned to men. This is well known.

    My reflection concerns the dominating images of the arrival of Europeans—across all wars—on Indigenous soil. The version from only one side of the coin, where Indigenous people are presented as « Savages, » with more or less nuance, is false and requires complementary explanations. More than 400 years later, we realize the importance of living in harmony with nature, which was fundamental to them and their lifestyles. What advantages did we have in describing them this way? Should the objectives of the journey be put into perspective with what happened afterward? Should the history of the discovery of America by Europeans not explain more about how Indigenous people felt invaded, or even eventually betrayed? It seems to me that this experience, that of the Indigenous people, is absent from our schoolbooks and would be easily insertable.

    This question of the image of Woman implies others, like dominoes. The image of Man is thus to be redefined. What is a true man, if tasks no longer represent him? What about genders that were not recognized just a few years ago, as can be seen with the various LGBTQ+ pride movements? We must have several models of family, couple, and person. It is essential to be able to identify oneself, to find oneself in the society in which we live.

    Another reflection I had concerns René Lévesque’s « Beau risque » (Great Risk). As you know, I myself proposed a compromise on Twitter for a healthy cohabitation in a united Canada, despite being a sovereignist. It was far from a renunciation of the dream of a country with our Quebec culture, but an ultimate attempt at unity. While I know the passion of some for this independence, I did not want them, consciously or not, to see an interest in derailing this honest attempt at compromise. Without being an ideal, it was something we could live with and, finally, take flight to develop as a multi-ethnic people with a French cultural background. It was therefore a « strategy » that should not be explained so as not to corrupt the minds of « my » passionate, loved, and admired ones; a strategy that had to be carried out in good faith and with all possible effort, without restraint. Blindly. Absolutely nothing Machiavellian here.

    This is why I think René Lévesque was right to present his « Beau risque » project, why he found himself alone, and why it was entirely in line with his original approach. Basically, it was up to Canada to show us that it understood our difference and to give us the means to grow within this Canadian family. The wall of domination had very little probability of being questioned because the roots are deep. There is the Indian Act, first and foremost. Furthermore, it is true that the gain generated by the war against the French would lose much meaning. Power would become quite relative with such recognitions.

    I feel a bit uneasy making so many comments on a single work; it is not my habit. Nevertheless, we must speak of this reaction we have as a people. Polytechnique: an attack with a reaction between denial and fear of imitation. Were there still young men who thought of Woman in this way?! A question we didn’t really dare to formulate, but which marked a brutal awakening. The other aspect of the refusal to speak is surely the fear that it might incite other men to do the same. Total horror. The same behavior regarding the political attack on Ms. Marois: no one wanted to admit that such a thing could happen in Quebec. The same could be said for the attack on the Quebec City mosque. We could have heated discussions on social media, but no one would ever have envisioned such an inhuman act. Denial, refusal to name, and fear of imitation form a whole.

    I would end my comments with this: critical work is necessary for the advancement of a society, even for that of each person. It is good to have a point of view that takes us out of our bubble of reflection or work. Gratuitous criticism is something else: it serves to diminish the other, without real foundation. I do not like it because it is my choice, my opinion, which I would summarize as follows: an unhealthy attitude.

    In addition

    Les plafonds de verre brisés de Pauline Marois (Le Devoir)

    Oui, au-delà des partis (Urbania)

    My text: Me, Myself, and I. The Sequel.

    Denying my autism made me live in isolation, a social violence with family roots. I can understand that it might be difficult to establish my difference, but to go to battle against me, seek my condemnation, ally with my aggressors to destroy me, to take away my future, was truly of a nameless baseness. It is unforgivable. To do this while being given a profession of faith, a declaration of love, is treachery.

    My stations of the cross took place largely in the corridors of false mental illness diagnoses. Based on certain identified symptoms, sometimes pulled out of a jack-in-the-box, a disease was deduced. It was thus indisputable! I wanted to talk about it; by that very fact, I added a personality disorder. I insisted; I had all the personality disorders. Of an incredible violence!

    Locked in my own head, reduced to the projection of another, without any possibility of defending myself, of adding nuance or even simply questioning. As if that were not enough, silence was added regarding what was thought of me, what this projection on me meant, the definition of the diagnosis or on what basis an opinion was concluded as « gospel truth, » etc. I was condemned. For life. Stains that will stick to my skin, in different ministries and elsewhere, for the rest of my days without ever having the possibility to rectify them.

    There were promises of healing. Results, none. At best, I was frozen with prescribed and inappropriate medications, which led to other false diagnoses!

    Wait, that reminds me of the « NO » of the referendum, full of promises of recognition, of adaptation of the Constitution that denied us, but the result: eternal silence. A great violence to wait for decades without answers, burdened with accusations for the slightest difference or particularity one might demonstrate.

    The projection of my experience has always coincided with that of my people. There is something deeply troubling in that. At the same time, by digging into this projection, I can only find my human roots there, close to Indigenous peoples. In contrast, this reassures me. In a text, I spoke to you about a Rubik’s cube on which we projected our ideals. Well, I have the impression of finding that cube in myself too. Don’t you?

    In addition

    Me, Myself, and I (L’Extraterrestre)

    March 9, 2026

  • La fierté

    La fierté

    La fierté

    Bon 85e Yvon Deschamps

    Bon 85e Yvon Deschamps, un spectacle vu sur Yoop. J’étais jeune et ne comprenais pas vraiment cet humour qui valorisait des stéréotypes, des injustices et qui s’en prenait aux femmes. Comment pouvait-on rire de cela ? D’une certaine manière, ça me faisait mal. Remarquez que je suppose que mon autisme joue un rôle dans ce problème de décodage. Je ne sais pas. Je doute de tout ; du sens des mots aux événements qui se produisent devant moi, en passant par ce que je ressens. Disons que cette forme d’humour me donne du fil à retordre.

    Chaque phrase me plonge dans une réflexion sans fin. Je cherche le message, ce que l’humoriste voulait transmettre, au-delà du ridicule affiché. J’entre dans un labyrinthe sans issue. Ma compréhension est pratiquement sans fin. Fait-il une caricature de sa relation amoureuse ou en est-ce une description assez réelle de laquelle il s’amuse ? Peut-être même qu’il ne réalise pas vraiment toute l’ampleur de la chose, que son inconscient le dévoile plus qu’il ne le pense ? La découverte d’un univers. Chaque aspect est sujet à enquête.

    Ainsi, perdu dans l’infinité de liens possibles, à défaut d’avoir une aide appropriée pour me sortir dudit labyrinthe, je me réfugie dans le doute et laisse cela en suspens. Finalement, je ne fais qu’ajouter une nouvelle couche à ce chemin qui mène nulle part. Deux labyrinthes sans issue connectés l’un à l’autre. En fait, l’humour réfléchi d’Yvon Deschamps dénonce, de façon caricaturale. Il met en relief des aspects ordinaires de notre quotidien, de notre petite vie, des aspects qu’on vit et qu’on ne voit plus. Les phrases ont un sens caché, c’est doublement drôle.

    En complément

    Yvon Deschamps de retour sur scène pour ses 85 ans (Radio-Canada)

    Célébrer l’engagement d’Yvon Deschamps (Stéphanie Vallet, La Presse)

    Mon texte : La fierté

    Le vide est donc devenu le plein. D’une réalité qui n’avait pratiquement aucun sens la plupart du temps, un vide absolu avait été vécu. Graduellement, je m’y suis investi. Avec amour. Je vivais cet amour en moi, finalement la seule chose qui avait une signification. Ma plus simple expression.

    J’ai découvert un nouveau plan de conscience. Pas qu’il n’existait pas avant moi, mais je ne le connaissais pas. Je voyais une planète d’un blanc opaque et lumineux. Les êtres qui habitaient sur cette Terre — pour moi il s’agit bien de l’endroit où nous vivons présentement quoique ailleurs — tout était lié, baigné dans cette sorte de matière lumineuse. L’harmonie régnait, comme vous le supposez sûrement.

    Quoi qu’il en soit, parler de cela m’attirait des problèmes. On y voyait, il faut bien en rire, des hallucinations. Pour d’autres, nulle nécessité de nommer précisément cette folie. Pour d’autres encore, il n’y avait aucun doute sur mon imbécilité, que j’étais un simple d’esprit. Je ne savais pas comment définir cette expérience. Il m’apparaissait juste de prendre toutes ces explications, et d’autres aussi, comme valables. Pour le moment, les conséquences étaient surtout néfastes dans le quotidien, aucune explication ne me libérerait. Au contraire. Je me suis donc contenté de vérifier par l’expérimentation chacune d’entre elles.

    Un chemin de croix, comme je l’ai déjà décrit sur ce blogue. Plus le temps passait, plus je me demandais si j’avais la bonne approche. Peut-être que je devrais simplement me soumettre à une des explications de maladie mentale, l’accepter comme unique réalité. Toutefois, une force certainement plus forte que moi me poussait à suivre ce que j’appellerai plus tard des structures. Il n’y avait qu’en agissant ainsi que l’amour en moi avait son plein sens. Je suivais mon chemin de croix, aveuglément.

    Encore une fois, je vous ramène à ce moment spécial, bizarre et flou. Une période que je souhaite comprendre davantage, mais que je dois pour l’instant résumer en un diagnostic d’autisme. Celui-ci m’a permis de nommer ce que je voyais : des structures. Ça m’a libéré. Une famille m’a adopté, a fait confiance en mon cheminement avec mes visions et, enfin, j’ai pu commencer à profiter du travail fait sur moi. Avouer ouvertement que j’étais un artiste conceptuel, que je parlais la langue du « concept », a été un ancrage. Tout comme le fait d’accepter que ma façon de m’exprimer était de la poésie, une forme adaptée pour transmettre les concepts. Voilà la base pour une nouvelle vie.

    Les souffrances que je racontais, les injustices que je dénonçais, les murs rencontrés que je décrivais n’étaient plus de la victimisation, mais une source de fierté. J’ai traversé tout ça. J’affiche mon chemin de croix, comme une médaille de bravoure, avec honneur. Je commence à m’amuser de ces faux diagnostics qui m’ont tant fait souffrir.

    9 mars 2026


    Pride

    Bon 85e Yvon Deschamps

    Bon 85e Yvon Deschamps, a show seen on Yoop. I was young and did not really understand this humor that valued stereotypes, injustices, and that targeted women. How could one laugh at that? In a way, it hurt me. Mind you, I suspect my autism plays a role in this decoding problem. I do not know. I doubt everything; from the meaning of words to the events happening before me, including what I feel. Let’s just say this form of humor gives me a hard time.

    Every sentence plunges me into an endless reflection. I look for the message, what the comedian wanted to convey, beyond the displayed ridicule. I enter a dead-end labyrinth. My understanding is practically infinite. Is he making a caricature of his romantic relationship or is it a fairly real description he is amusing himself with? Perhaps he doesn’t even realize the full extent of it, that his unconscious reveals him more than he thinks? The discovery of a universe. Every aspect is subject to investigation.

    Thus, lost in the infinity of possible links, for lack of appropriate help to get me out of said labyrinth, I take refuge in doubt and leave it in suspense. Ultimately, I am only adding a new layer to this path that leads nowhere. Two dead-end labyrinths connected to each other. In fact, Yvon Deschamps’ thoughtful humor denounces things in a caricatured way. It highlights ordinary aspects of our daily life, of our little lives, aspects that we experience and no longer see. The sentences have a hidden meaning; it is doubly funny.

    In addition: Yvon Deschamps back on stage for his 85th birthday Also in addition: Celebrating the commitment of Yvon Deschamps

    My text: Pride

    The void has thus become full. From a reality that had practically no meaning most of the time, an absolute void had been experienced. Gradually, I invested myself in it. With love. I lived this love within me, ultimately the only thing that had meaning. My simplest expression.

    I discovered a new plane of consciousness. Not that it didn’t exist before me, but I did not know it. I saw a planet of an opaque and luminous white. The beings who inhabited this Earth — for me it is indeed the place where we live presently, albeit elsewhere — everything was linked, bathed in this sort of luminous matter. Harmony reigned, as you surely suppose.

    In any case, talking about it brought me trouble. Some saw it — one must laugh about it — as hallucinations. For others, there was no need to precisely name this madness. For still others, there was no doubt about my imbecility, that I was a simpleton. I did not know how to define this experience. It seemed right to take all these explanations, and others too, as valid. For the moment, the consequences were mostly harmful in daily life; no explanation would free me. On the contrary. I therefore contented myself with verifying each of them through experimentation.

    A stations of the cross, as I have already described on this blog. The more time passed, the more I wondered if I had the right approach. Perhaps I should simply submit to one of the explanations of mental illness, accept it as the sole reality. However, a force certainly stronger than I pushed me to follow what I would later call structures. It was only by acting this way that the love within me had its full meaning. I followed my stations of the cross, blindly.

    Once again, I bring you back to this special, bizarre, and blurred moment. A period I wish to understand more, but which I must for now summarize in a diagnosis of autism. This allowed me to name what I was seeing: structures. It freed me. A family adopted me, trusted in my journey with my visions and, finally, I was able to start benefiting from the work done on myself. Openly admitting that I was a conceptual artist, that I spoke the language of the « concept, » was an anchoring. Just like accepting that my way of expressing myself was poetry, a form adapted to transmit concepts. That is the basis for a new life.

    The sufferings I recounted, the injustices I denounced, the walls encountered that I described were no longer victimization, but a source of pride. I went through all of that. I display my stations of the cross like a medal of bravery, with honor. I am beginning to be amused by these false diagnoses that caused me so much suffering.

    March 9, 2026

  • Le temps

    Le temps

    Le temps

    Au volant d’une Belle Cubaine

    Au volant d’une Belle Cubaine, une série documentaire sur les voitures ; 10 épisodes qui nous font découvrir Cuba et sa culture. « Le mordu de chars José Gaudet sillonne les routes cubaines à la recherche de la voiture ancienne de ses rêves. Afin de l’aider dans ses démarches et ses communications avec les Cubains, José est accompagné de Gildor Roy, qui parle couramment l’espagnol. La production suit ce duo à l’humour unique dans sa quête ponctuée de rencontres et d’aventures. » C’est ainsi que j’ai appris, des années plus tard, avoir marché sur le circuit de la F1 de Cuba ! Cette quête de l’auto parfaite nous fait découvrir plus d’un univers.

    Mon texte : Le temps

    Qui aurait pensé que j’aurais pu en arriver à voir le vide comme un avancement ? Avec cette fin du chaos à la fois libératrice et pleine de peurs, je devais me retrouver, dépasser mes craintes pour faire la paix en moi. Réaliser que je suis en vie, que je respire. Cette gratitude qui m’habitait rayonnait graduellement sur mon entourage, mais aussi jusque dans mes tripes. Quel chemin parcouru !

    Les jugements que je portais sur les autres n’étaient que le reflet de ceux que j’émettais sur moi-même. Comme un balancier, les accusations ne faisaient que passer d’un côté à l’autre, sans fin. Je m’affranchissais de cette histoire humainement contre-productive.

    Ce vide est devenu un moment de ressourcement, un lieu pour me découvrir. On ne me dictait plus mon identité, je n’avais plus à faire valoir sans cesse la moindre revendication. Je pouvais dorénavant simplement rayonner.

    Ainsi en était-il pour chacun, pour chacune. La différence éclatait de partout. Même les coins d’ombre s’harmonisaient dans ce paysage vivant, en constant mouvement. Un monde s’ouvrait à moi où « tout était dans tout ». Le temps m’apparaissait comme une éternité.

    Les religions n’étaient plus en guerre, mais s’agençaient. Les Autochtones n’étaient plus dominés afin de leur prendre leurs territoires, mais étaient égaux avec tous leurs droits. Le conflit des systèmes économiques divergents avait maintenant accès à un pont dans le respect de chacun. Les cultures comprenaient leur importance respective et la nécessaire cohabitation pour se développer adéquatement. L’équilibre entre les femmes et les hommes s’imposait comme un besoin vital, un seul et unique accès à une nouvelle réalité vivante et saine.

    Au moment d’écrire ces lignes, je n’ai pas fini de regarder les épisodes de cette série documentaire. Je ne sais pas si José Gaudet a trouvé son auto parfaite. Toutefois, je vois bien qu’il prend le temps pour atteindre son but et qu’il profite tout autant du chemin qu’il parcourt que de l’atteinte de son but ultime.

    9 mars 2026


    Time

    Au volant d’une Belle Cubaine

    Au volant d’une Belle Cubaine, a documentary series about cars; 10 episodes that let us discover Cuba and its culture. « Car enthusiast José Gaudet crisscrosses Cuban roads in search of the vintage car of his dreams. To help him in his efforts and his communications with Cubans, José is accompanied by Gildor Roy, who speaks fluent Spanish. The production follows this duo with their unique humor in a quest punctuated by encounters and adventures. » That is how I learned, years later, that I had walked on the F1 circuit of Cuba! This quest for the perfect car makes us discover more than one universe.

    My text: Time

    Who would have thought that I could have come to see the void as progress? With this end of chaos, at once liberating and full of fears, I had to find myself, overcome my fears to make peace within me. Realizing that I am alive, that I breathe. This gratitude that inhabited me gradually radiated to those around me, but also deep in my gut. What a journey!

    The judgments I held toward others were only the reflection of those I cast upon myself. Like a pendulum, accusations did nothing but pass from one side to the other, endlessly. I was freeing myself from this humanly counter-productive story.

    This void became a moment of replenishment, a place to discover myself. People no longer told me my identity, I no longer had to constantly assert the slightest claim. From then on, I could simply radiate.

    And so it was for everyone, for every woman. Difference was bursting everywhere. Even the shadowed corners harmonized in this living landscape, in constant movement. A world opened to me where « everything was in everything. » Time appeared to me as an eternity.

    Religions were no longer at war but were coming together. Indigenous people were no longer dominated to take their territories, but were equal with all their rights. The conflict of divergent economic systems now had access to a bridge in the respect of each. Cultures understood their respective importance and the necessary cohabitation to develop adequately. The balance between women and men imposed itself as a vital need, a single and unique access to a new living and healthy reality.

    At the time of writing these lines, I have not finished watching the episodes of this documentary series. I do not know if José Gaudet found his perfect car. However, I can see that he takes his time to reach his goal and that he enjoys the path he travels as much as the achievement of his ultimate goal.

    March 9, 2026

  • Gratitude

    Gratitude

    Gratitude

    Umbrella Academy

    Umbrella Academy, une série écoutée il y a quelque temps sur Netflix. « Mobilisés par le deuil, des frères et sœurs désunis aux pouvoirs extraordinaires découvrent des secrets familiaux troublants – et une menace planant sur l’humanité. Mettant en vedette : Elliot Page, Tom Hopper, David Castañeda. Créateur : Steve Blackman. » J’aime beaucoup cette série magique où l’objectif est de sauver le monde. Toutefois, au fur et à mesure que l’histoire avance, on comprend le dysfonctionnement complexe de cette famille. On ne réalise pas toujours l’importance de notre héritage, ni l’impact de notre passé sur nos choix.

    En complément

    « The Umbrella Academy » : la fin du monde, encore (Le Devoir)

    Mon texte : Gratitude

    Alors que j’ai maintenant un souvenir d’avoir cru être le diable lorsque j’avais entre 8 et 10 ans, je me suis réveillé amnésique du coma avec cette impression d’être vraiment proche du Christ, jusqu’à m’y confondre par moments. Tout ça en taisant plus ou moins la présence de « Celui qui venait du futur », un être souhaitant de façon implacable la justice. Quelle histoire !

    Un parcours pour une nouvelle vie commençait à peine. Sans racine, sans compréhension de ce qui m’arrivait, sans identité pour me représenter, j’ai été confronté à différentes images qu’on se faisait de moi. J’avais besoin d’un ancrage, d’une fondation qui m’accepte comme je suis et qui me laisse me développer en toute confiance. Toutefois, je ne savais pas ce que je cherchais, ni par où commencer. J’étais déconstruit.

    Le voyage dans le temps s’est ainsi imposé à moi. Je devais retourner dans le passé et comprendre ce qui m’était arrivé, pourquoi j’étais dans une telle situation, avec ces limites imposées. Rien n’avait de sens. C’est à cela que je fais référence lorsque je dis que je n’étais pas dans la réalité. Ce vide, je le sais par expérience intense, il fait mal.

    J’ai raconté mon épopée sur ce blogue, inutile de répéter. Ce passé s’est révélé à moi peu à peu et j’ai dû lui donner sens, démêler ce qui me semblait incohérent et tenter du mieux que je pouvais d’exprimer ce qui m’apparaissait approprié. Me retrouver face à mes démons, voir ma vie défiler encore une fois devant moi, me rendait fou. J’étais inquiet pour moi. Brisé. Seul. Un jugement s’infiltrait dans chacune des failles de mon cheminement, dans chacune des faiblesses de ma personnalité. Le jugement dernier s’emparait de moi dans tous les recoins. Ça aussi, ça fait mal.

    Que je le veuille ou non, il y avait dorénavant un prix à payer pour vivre. Un temps fut nécessaire pour l’accepter, pas pour m’y résigner, mais dans le but d’avoir un appui pour repartir. Pris dans cette spirale, il me fallait comprendre comment les événements étaient liés les uns aux autres. Je devais définir mes limitations, les nommer, voir ce qui découlait de mes propres gestes et ce qui tombait du ciel « artificiellement ».

    L’apprentissage était d’autant plus difficile que toute cette réalité étrange n’avait pas vraiment de sens. On m’expliquait des choses que je n’avais jamais vécues. Quoique…

    Je ne sais pas exactement ce qui s’est produit, je crois que c’est l’arrivée du diagnostic d’autisme, comme je le disais. J’ai revisité toutes mes expériences avec cette connaissance incarnée que je voyais des structures. Je me suis réexpliqué ma vie, j’ai réassemblé les morceaux éparpillés, restructuré ma réalité passée et, finalement, présente.

    De l’image qu’on me reflétait, de celle que j’avais de moi, il ne reste plus rien bien que tout m’est familier. Le sens perverti des mots est devenu vide, puis, tout d’un coup, j’ai levé les yeux et constaté que beaucoup découvraient avec moi une profondeur inédite : poésie. Enfin un moyen de communication, un endroit pour échanger. Gratitude.

    9 mars 2026


    Gratitude

    Umbrella Academy

    Umbrella Academy, a series watched some time ago on Netflix. « Reunited by their father’s death, estranged siblings with extraordinary powers uncover shocking family secrets – and a looming threat to humanity. Starring: Elliot Page, Tom Hopper, David Castañeda. Creator: Steve Blackman. » I really like this magical series where the goal is to save the world. However, as the story progresses, we understand the complex dysfunction of this family. We don’t always realize the importance of our heritage, nor the impact of our past on our choices.

    In addition

    « The Umbrella Academy »: the end of the world, again (Le Devoir)

    My text: Gratitude

    While I now have a memory of having believed I was the devil when I was between 8 and 10 years old, I woke up amnesiac from the coma with this impression of being truly close to Christ, to the point of confusing myself with him at times. All this while more or less silencing the presence of « The One Who Came from the Future, » a being relentlessly wishing for justice. What a story!

    A journey for a new life was barely beginning. Without roots, without understanding what was happening to me, without an identity to represent me, I was confronted with different images people had of me. I needed an anchoring, a foundation that would accept me as I am and let me develop in full confidence. However, I didn’t know what I was looking for, or where to start. I was deconstructed.

    Time travel thus imposed itself upon me. I had to go back into the past and understand what had happened to me, why I was in such a situation, with these imposed limits. Nothing made sense. This is what I refer to when I say I was not in reality. This void, I know from intense experience, hurts.

    I have told my epic on this blog, no need to repeat. This past revealed itself to me little by little and I had to give it meaning, untangle what seemed incoherent to me, and try as best I could to express what appeared appropriate to me. Finding myself face to face with my demons, watching my life flash before me once again, was driving me mad. I was worried for myself. Broken. Alone. A judgment seeped into every crack of my journey, into every weakness of my personality. The final judgment took hold of me in every corner. That too, hurts.

    Whether I wanted to or not, there was now a price to pay to live. Time was necessary to accept it, not to resign myself to it, but for the purpose of having a foothold to start again. Caught in this spiral, I had to understand how events were linked to one another. I had to define my limitations, name them, see what resulted from my own actions and what fell from the sky « artificially. »

    The learning process was all the more difficult because this whole strange reality didn’t really make sense. Things were being explained to me that I had never lived. Although…

    I don’t know exactly what happened, I believe it was the arrival of the autism diagnosis, as I was saying. I revisited all my experiences with this embodied knowledge that I saw structures. I re-explained my life to myself, I reassembled the scattered pieces, restructured my past reality and, finally, my present one.

    Of the image reflected back to me, of the one I had of myself, nothing remains although everything is familiar to me. The perverted meaning of words became empty, then, suddenly, I looked up and saw that many were discovering with me an unprecedented depth: poetry. Finally a means of communication, a place to exchange. Gratitude.

    March 9, 2026

  • Faire des choix

    Montage de photos utilisées pour les chroniques.


    « Va à la nature de la cause et considère-la en faisant abstraction de la matière, puis détermine la durée maximale de l’objet en question. » (Marc Aurèle, Pensées pour soi-même, Livre IX, 25)

  • Le complot

    Le complot

    Le complot

    La bouche pleine

    La bouche pleine, un roman d’Elisabeth Massicolli, Ed. Québec Amérique. L’histoire, écrite sous forme d’un journal personnel, m’a beaucoup plu. On entre dans l’univers intérieur d’une jeune femme qui cherche sa voie, alors qu’elle est à un moment où son potentiel ne veut que s’exprimer. Je suppose que j’aurais pu lire ce livre sans trop creuser pour comprendre le pourquoi des choses, un peu comme un constat. Il s’agit d’un roman, après tout. Néanmoins, j’ai voulu aller plus loin, tenter de rencontrer cette femme qui disait son mal. Très intéressant. À lire.

    Mon texte : Le complot

    On peut bien croire au diable, une réincarnation d’une sorte de lézard volant ou non. On peut croire, tout aussi bien, à un être divin portant la volonté de justice de l’Être Suprême. On peut croire aussi au Christ, à un retour sur Terre, pour amener une paix durable. Je ne sais pas laquelle de ces croyances est la plus folle. Somme toute, comme vous l’avez vu dans mes trois textes précédents, j’ai l’impression d’incarner quelquefois l’un ou l’autre, à différentes échelles.

    Ce sentiment d’être inspiré par quelque chose de beaucoup plus grand que moi, quelque chose que je ne m’explique pas, m’a amené énormément de questionnements. Il me fallait trouver un sens à tout ça : structures, images d’autres temps ou d’autres mondes, souvenirs refoulés ou à la limite de la conscience et cette espèce de contact « envahissant » avec l’inconscient collectif. Dans tous les cas, l’expérience me paraissait à la fois sacrée et inusitée, sans en réaliser l’ampleur.

    Je me suis questionné sur un manque d’intelligence que j’aurais, quelque chose qui expliquerait des échecs et une incompatibilité à fonctionner socialement. On me traitait par moments, c’était assez évident, comme si je ne comprenais rien à rien et qu’il n’y avait pas grand-chose à faire avec moi.

    Ensuite, mais tout de même avec un certain chevauchement, j’ai regardé la possibilité de maladie mentale. Une enfance difficile, plusieurs traumas et tout. J’en ai très longuement parlé depuis plus de deux ans, pas tant pour me plaindre, mais pour dénoncer des abus.

    Finalement, arrivé à ce point où je me vois simplement comme un être humain, je constate avec étonnement bon nombre de questionnements qui existent dans la société. Chacun cherchant à donner sens à des événements incompréhensibles, à des situations qui leur semblent si contraires à leurs souhaits. Il y a un grand vide à remplir, un vide qui fait peur et qui fait mal.

    Bien, ça, je le comprends !

    Il y a une infinité de façons de remplir ce vide, ou de tenter de le remplir. À moins que, face à ce vide, nous ne puissions pas dépasser le mal que sa présence nous fait. D’une manière ou d’une autre, des questions viennent. Malheureusement, pour certains, le complot est la solution ; chacun ses théories pour fuir ou éliminer ce vide. Tristement.

    Apprivoiser le vide en soi, tranquillement l’investir avec bienveillance et respect pour se voir devenir autre grâce à cette nouvelle attitude. Selon moi, c’est ainsi que la conscience grandit.

    9 mars 2026


    The Conspiracy

    La bouche pleine

    La bouche pleine, a novel by Elisabeth Massicolli, Ed. Québec Amérique. The story, written in the form of a personal journal, pleased me very much. We enter the inner universe of a young woman seeking her path, at a moment when her potential only wants to express itself. I suppose I could have read this book without digging too deep to understand the why of things, somewhat like an observation. It is a novel, after all. Nevertheless, I wanted to go further, to try to meet this woman who spoke of her pain. Very interesting. A must-read.

    My text: The Conspiracy

    One may well believe in the devil, a reincarnation of a sort of lizard, flying or not. One can believe, just as well, in a divine being carrying the will for justice of the Supreme Being. One can also believe in Christ, in a return to Earth, to bring lasting peace. I do not know which of these beliefs is the maddest. All in all, as you have seen in my three previous texts, I have the impression of sometimes embodying one or the other, on different scales.

    This feeling of being inspired by something much greater than myself, something I cannot explain, has brought me an enormous amount of questioning. I had to find a meaning in all of it: structures, images of other times or other worlds, repressed memories or those on the edge of consciousness, and this sort of « invasive » contact with the collective unconscious. In any case, the experience seemed to me both sacred and unusual, without my realizing its magnitude.

    I questioned myself about a potential lack of intelligence I might have, something that would explain failures and an incompatibility to function socially. I was treated at times, it was quite obvious, as if I understood nothing at all and that there was not much to be done with me.

    Then, though with some overlap, I looked at the possibility of mental illness. A difficult childhood, several traumas, and all. I have spoken about it at great length for over two years, not so much to complain, but to denounce abuses.

    Finally, having reached this point where I see myself simply as a human being, I observe with astonishment many of the questions that exist in society. Each person seeking to give meaning to incomprehensible events, to situations that seem so contrary to their wishes. There is a great void to be filled, a void that frightens and that hurts.

    Well, that, I understand!

    There are an infinity of ways to fill this void, or to attempt to fill it. Unless, faced with this void, we cannot move past the pain its presence causes us. One way or another, questions come. Unfortunately, for some, the conspiracy is the solution; each with their theories to flee or eliminate this void. Sadly.

    Taming the void within oneself, quietly investing it with benevolence and respect to see oneself become another through this new attitude. In my opinion, this is how consciousness grows.

    March 9, 2026

  • Ça suffit !

    Ça suffit !

    Ça suffit !

    La vraie histoire de Paris Hilton

    La vraie histoire de Paris Hilton, un documentaire vu gratuitement sur YouTube, sous-titré en français. On entre dans le monde de Paris où peu à peu les liens se font pour la découvrir sous un nouveau jour. J’ai trouvé le film très touchant, même qu’à la toute fin j’ai eu les larmes aux yeux en comprenant d’une façon fort différente les paroles d’une chanson. Un nouvel éclairage tant sur elle que sur les différents abus.

    En complément

    Paris Hilton sur Wikipédia

    « Dans cette chronique, l’auteur rend compte d’un travail de projection archétypale dirigé par Denise Roussel. Le cri « Ça suffit ! » devient ici le signal d’une saturation systémique : le Moi refuse de continuer à jouer des rôles dictés par des mémoires (vies antérieures) ou des pressions familiales étouffantes. En explorant les niveaux de conscience, l’auteur identifie la structure de son propre « enfer » et la nécessité d’une rupture pour atteindre un palier supérieur de fonctionnement. Ce n’est plus une simple réaction émotionnelle, c’est une réinitialisation technique de son logiciel interne. L’enseignement de Roussel sert de Sanctificateur : il permet de trier ce qui appartient au « programme » hérité et ce qui appartient à l’essence de l’être. La conclusion est une prise de pouvoir sur son propre futur, loin de la « carotte » des attentes d’autrui. »

    Mon texte : Ça suffit !

    Inévitablement, j’en venais à donner réalité à ce vécu. Une troisième forme s’imposait à moi, malgré moi.

    « Le plan mental est souvent considéré comme le niveau le plus élevé. D’autres considèrent sa maîtrise comme étant la base d’une vie spirituelle. Le mental est structurant lorsque bien utilisé…

    « Depuis l’épisode « Manon », la maniaco-dépressive bisexuelle qui me harcelait en cherchant la compagnie de mon entourage, je voyais un psychiatre, une femme. Je me sentais extrêmement agressé par les agissements de Manon et j’avais besoin d’aide de toute urgence. Je taisais, à la psychiatre, un univers que j’avais littéralement créé. Je ne lui avais pas mentionné, non plus, les mondes subtils que je visitais régulièrement. Rien sur qui je suis, le Christ. En fait, je la voyais parce que je voulais retrouver ce garçon de 19 ans qui était mort dans un accident. Je voulais vivre et la seule identité que l’on m’offrait était celle de ce malheureux garçon. J’avais même son passeport, imaginez ! Tout le monde voulait, à vil prix, que je lui vole son identité. Désespérément, je le chercherais pour lui redonner sa vie et, finalement, trouver la mienne. Peut-être même qu’il l’avait ! Il s’agissait là d’un point de départ, me disais-je.

    « J’avais pensé, encore une fois, retourner aux études. L’année précédente, j’avais amorcé, à l’Université de Montréal, des études en psychoéducation, mais deux sessions m’avaient suffi pour comprendre mon inadaptation aux exigences des études universitaires. J’étais encore trop affecté par l’accident, me disais-je. J’avais quitté l’université, incapable de relever ce défi, encore moins celui de l’apprentissage d’une matière morte tout autant que moi. Des théories écrites il y a déjà plusieurs années, sans évolution, sans mouvement, sans qu’on nous montre leur application actuelle. Je n’y voyais que des fruits desséchés, morts. Et je ne voulais pas mourir, je voulais vivre. Je voulais vivre !

    « Mais tiens, parlons-en de cette année d’étude ! Avec l’aide d’un de mes professeurs de l’UdeM, comme on disait, j’ai entrepris une formation pour devenir psychothérapeute. Avec ce professeur de psychoéducation de l’université, je faisais en parallèle une formation en psycho-corporel. Ça se voulait être un complément à un baccalauréat à venir, combiné avec une autre formation d’une autre approche. Ma deuxième approche était le transpersonnel. Il existait, à ce moment, un regroupement de psychothérapeutes qui voulaient « normaliser » la formation minimale pour le psychothérapeute : bac plus une formation de deux ans pour chacune des deux approches. En résumé, un bac en psychoéducation plus deux ans d’études en transpersonnel et deux ans d’études en psycho-corporel. Pourquoi pas !

    « Dans ma vision des choses, le psycho-corporel me permettrait de reprendre contact avec ce corps ressuscité et le transpersonnel me fournirait des mots et des concepts sur cette mort qui n’en finissait plus. La première approche avait comme conséquence de me diriger vers le plan physique et de réaliser ce qui était dans mon esprit. Pour la deuxième, effectivement les mots venaient. Mais les images aussi ! Mon esprit s’emballait.

    « Bien que j’eusse des images d’autres temps, je ne les classais pas et les laissais en suspens avec la mention « point d’interrogation ». Mais quelques mois avant le début des cours au Collège international du transpersonnel, j’ai contacté une nouvelle vie antérieure. C’était du temps de la Terre de Pan ; certains font référence à cette période comme étant celle du Paradis terrestre.

    « La magie fait partie du quotidien ; tous s’amusent à prendre à volonté différentes formes humaines, animales, voire même végétales. La température est régie selon un consensus, plus ou moins conscient, de la population. À un certain moment, des visiteurs, des guerriers commandés par un magicien sombre, arrivent dans notre monde.

    « Ces étrangers fonctionnent selon un principe d’individualisme très marqué. Peu à peu les Autochtones, dont je suis, sont perturbés par ces différentes conceptions et perceptions. Parallèlement à ces événements pour le moins questionnants, le magicien sombre me provoque à plusieurs reprises en duel, ce que je refuse à tout coup et ce qui a pour effet d’augmenter l’intensité de son attaque contre les miens. Alors, finalement, j’accepte le duel pour nous libérer.

    « Il s’agit d’un combat de magie dont l’issue implicite est de démontrer à tous qui de nous deux possède la Vérité. Il commence par m’envoyer différents types d’énergie que je me contente de bloquer. Puis, je change d’aspect à plusieurs reprises, adoptant tour à tour différentes formes animales et humaines. Il me dit que c’est des enfantillages et me défie de me transmuer en pierre. Malgré la peur que j’ai, doublée du sentiment instinctif qu’il y a anguille sous roche, j’obtempère. Malheureusement, je ne peux reprendre ma forme initiale. Je suis prisonnier de cette nouvelle forme. Lorsque j’arrive enfin à me libérer, je suis diminué et difforme. Personne ne me reconnaît et le magicien noir se proclame vainqueur.

    « J’ai interprété mon incapacité à revenir à ma forme originale comme la résultante de mes peurs. Mais, même si je mettais les mots, l’image de la pierre me revenait constamment sans que je sache où la situer. Je vivais alors des « montées de peine » dont j’étais incapable d’identifier la source. Ce n’est qu’au cours de ce premier week-end au Collège international du transpersonnel que j’ai établi le lien.

    « Résumé du week-end

    « Vendredi : « Je prends contact avec le groupe d’étudiants du Collège et le docteur en psychologie qui est propriétaire du centre de formation. J’éprouve de la peine à quelques reprises, sans pouvoir en déterminer la raison. Je sais que j’en suis la source. Tout se passe très bien…

    « Samedi : « Nous passons la journée à la réunion du Collège. Je suis ambivalent par moments au cours de la journée. Mes « montées de peine » me reviennent à l’occasion. L’après-midi, nous expérimentons la régression. Je recontacte alors la vie antérieure, et plus particulièrement l’image de la pierre, mais avec une superposition de moi, âgé de quelques semaines ou peut-être même quelques jours. Une ouverture se produit, mais il m’est impossible de mettre des mots sur l’expérience, ce qui engendre une profonde déception. « Le soir venu, je parviens enfin à laisser venir les prises de conscience qui s’imposaient. Je relie la pierre à l’état dans lequel je me trouvais petit enfant rempli d’angoisses, de peurs et à la merci de tout. Un nouveau morceau s’imbrique en moi. J’avais échafaudé, au fil des années, au niveau du comportement et des concepts, une construction autour des besoins de cet enfant perdu dans mon inconscient. « Cet enfant, qui était devenu un être vivant, m’habitait sans que j’aie consciemment à m’en occuper. Le magicien, comme cet enfant, avait peur de ne pas être aimé et apprécié par l’autre. Pouvait-il s’aimer si l’autre ne daignait pas le faire ? Alors, une énorme dualité s’est installée : la réalité intérieure s’opposant à la réalité extérieure. De grands déchirements s’en sont suivis, dont le divorce de mes parents fut l’élément déclencheur. J’avais 18 mois. Ma mère, étant donné sa nouvelle situation, ne pouvait plus poursuivre avec la même intensité l’état de symbiose dans lequel nous étions. Je n’ai pu m’adapter à ce nouvel état de relation, qui arriva abruptement, et c’est à ce moment précis que le complexe de l’enfant a commencé à agir. Mais c’est vraiment après ma mort et durant l’amnésie que l’enfant a pris toute sa force. « Je suis vraiment passé d’un extrême à un autre. Selon que je percevais, ou non, qu’on m’aimait, je changeais de comportement, telle une girouette. La dualité m’a mené dans des tornades effrayantes.

    « Dimanche : « Nous faisons un retour sur la journée de samedi suivi d’une conférence avec une personnalité du monde psychologique. « Pendant une année, j’ai participé à ces week-ends. À raison de deux heures par semaine, je faisais parallèlement ma formation en psycho-corporel. À mille lieues de mon corps, je me retrouvais subitement à l’intérieur de celui-ci. D’un univers sans fin, je revenais à ce corps zombie qui n’avait ni racine ni branche ! Quelle violence je me suis faite pour briser ce qui se voulait être ma prison ! » *

    * Charles Laferrière, L’enfer de Dieu, Ed. Baccara V1, p.59-64.


    That’s Enough!

    This Is Paris

    This Is Paris, a documentary seen for free on YouTube, with French subtitles. We enter Paris’s world where, little by little, links are made to discover her in a new light. I found the film very touching; even at the very end, I had tears in my eyes understanding a song’s lyrics in a very different way. A new light both on her and on various abuses.

    In addition

    Paris Hilton by Wikipedia

    « In this column, the author reports on a work of archetypal projection led by Denise Roussel. The cry ‘Enough!’ here becomes the signal of a systemic saturation: the Ego refuses to continue playing roles dictated by memories (past lives) or suffocating family pressures. By exploring levels of consciousness, the author identifies the structure of his own ‘hell’ and the necessity of a rupture to reach a higher level of functioning. This is no longer a simple emotional reaction; it is a technical reset of his internal software. Roussel’s teaching serves as a Sanctifier: it allows for sorting between what belongs to the inherited ‘program’ and what belongs to the essence of the being. The conclusion is an assumption of power over his own future, far from the ‘carrot’ of others’ expectations. »

    My text: That’s Enough!

    Inevitably, I came to give reality to this experience. A third form imposed itself upon me, in spite of myself.

    « The mental plane is often considered the highest level. Others consider its mastery to be the basis of a spiritual life. The mind is structuring when well used…

    « Since the ‘Manon’ episode—the bisexual manic-depressive who harassed me by seeking the company of my entourage—I had been seeing a psychiatrist, a woman. I felt extremely assaulted by Manon’s actions and needed urgent help. I kept hidden from the psychiatrist a universe I had literally created. I had not mentioned to her, either, the subtle worlds I regularly visited. Nothing about who I am, the Christ. In fact, I was seeing her because I wanted to find that 19-year-old boy who had died in an accident. I wanted to live, and the only identity offered to me was that of this unfortunate boy. I even had his passport, imagine! Everyone wanted, at a low price, for me to steal his identity. Desperately, I would look for him to give him back his life and, ultimately, find mine. Perhaps he even had it! That was a starting point, I told myself.

    « I had thought, once again, about returning to school. The previous year, I had begun studies in psychoeducation at the Université de Montréal, but two sessions had been enough for me to understand my maladjustment to the requirements of university studies. I was still too affected by the accident, I told myself. I had left the university, unable to meet that challenge, even less so that of learning a subject as dead as I was. Theories written several years ago, without evolution, without movement, without being shown their current application. I saw only shriveled, dead fruit. And I did not want to die; I wanted to live. I wanted to live!

    « But wait, let’s talk about that school year! With the help of one of my UdeM professors, as we said, I undertook training to become a psychotherapist. With this university psychoeducation professor, I was simultaneously doing training in psycho-corporal therapy. It was meant to be a complement to a future bachelor’s degree, combined with another training from another approach. My second approach was transpersonal. At that time, there was a group of psychotherapists who wanted to ‘normalize’ the minimum training for psychotherapists: a bachelor’s degree plus two years of training for each of the two approaches. In summary, a bachelor’s in psychoeducation plus two years of studies in transpersonal and two years of studies in psycho-corporal. Why not!

    « In my vision of things, the psycho-corporal would allow me to reconnect with this resurrected body and the transpersonal would provide me with words and concepts for this death that never ended. The first approach resulted in directing me toward the physical plane and realizing what was in my mind. For the second, indeed the words came. But the images too! My mind was racing.

    « Although I had images of other times, I did not classify them and left them in suspense with the mention ‘question mark.’ But a few months before the start of classes at the International College of Transpersonal, I contacted a new past life. It was from the time of the Land of Pan; some refer to this period as that of Earthly Paradise.

    « Magic is part of daily life; everyone has fun taking on different human, animal, or even vegetable forms at will. The temperature is governed by a more or less conscious consensus of the population. At a certain point, visitors—warriors commanded by a dark magician—arrive in our world.

    « These strangers function according to a very marked principle of individualism. Little by little, the Indigenous people, of whom I am one, are disturbed by these different conceptions and perceptions. Parallel to these events, which were questioning to say the least, the dark magician provoked me to a duel several times, which I refused every time, and which had the effect of increasing the intensity of his attack against my people. So, finally, I accepted the duel to free us.

    « It was a magic battle whose implicit outcome was to demonstrate to all which of us possessed the Truth. He began by sending me different types of energy that I simply blocked. Then, I changed my appearance several times, adopting in turn different animal and human forms. He told me it was child’s play and challenged me to transmute into stone. Despite the fear I had, coupled with the instinctive feeling that something was fishy, I complied. Unfortunately, I could not return to my original form. I was a prisoner of this new form. When I finally managed to free myself, I was diminished and deformed. No one recognized me, and the dark magician proclaimed himself the victor.

    « I interpreted my inability to return to my original form as the result of my fears. But even if I put words to it, the image of the stone constantly came back to me without my knowing where to place it. I was then experiencing ‘surges of sorrow’ for which I was unable to identify the source. It was only during this first weekend at the International College of Transpersonal that I established the link.

    « Summary of the weekend

    « Friday: « I made contact with the group of students at the College and the doctor of psychology who is the owner of the training center. I felt sorrow a few times, without being able to determine the reason. I knew I was the source. Everything was going very well…

    « Saturday: « We spent the day at the College meeting. I was ambivalent at times during the day. My ‘surges of sorrow’ returned occasionally. In the afternoon, we experimented with regression. I then recontacted the past life, and particularly the image of the stone, but with a superposition of myself as a few-week-old or perhaps even a few-day-old infant. An opening occurred, but it was impossible for me to put words to the experience, which caused profound disappointment. « When evening came, I finally managed to let the realizations that were imposing themselves come to me. I linked the stone to the state in which I found myself as a small child filled with anxiety and fear, at the mercy of everything. A new piece clicked into place within me. Over the years, I had built a construction around the needs of this child lost in my unconscious, in terms of behavior and concepts. « This child, who had become a living being, inhabited me without my having to consciously look after him. The magician, like this child, was afraid of not being loved and appreciated by the other. Could he love himself if the other did not deign to do so? So, an enormous duality set in: the inner reality opposing the outer reality. Great tearing followed, of which my parents’ divorce was the trigger. I was 18 months old. My mother, given her new situation, could no longer continue with the same intensity the state of symbiosis in which we were. I could not adapt to this new state of relationship, which arrived abruptly, and it was at that precise moment that the child complex began to act. But it was truly after my death and during the amnesia that the child took on all its strength. « I really went from one extreme to another. Depending on whether or not I perceived that I was loved, I changed my behavior like a weathervane. Duality led me into frightening tornadoes.

    « Sunday: « We reviewed Saturday’s events followed by a lecture with a personality from the psychological world. « For a year, I participated in these weekends. At the rate of two hours per week, I simultaneously did my training in psycho-corporal therapy. A thousand leagues from my body, I suddenly found myself inside it. From an endless universe, I returned to this zombie body that had neither root nor branch! What violence I did to myself to break what was meant to be my prison! » *

    * Charles Laferrière, L’enfer de Dieu, Ed. Baccara V1, p.59-64.

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »