Auteur : Christian Legault

  • La Faille: une réflexion inspirée

    La Faille: une réflexion inspirée

    La Faille: une réflexion inspirée

    J’ai bien aimé la première saison de cette surprenante série. Je vous la conseille.

    Ma réflexion de ce vendredi est une suite sur l’identité et l’identitaire. En fin de compte, je cherchais qui j’étais et croyais pouvoir investir à peu près n’importe quel aspect de la vie. J’ai choisi d’être militaire sans savoir à quel point cela correspondait au fonctionnement de mon esprit. Même là, je me projetais dans un avenir où j’étudierais la psychologie au sein des Forces armées, dès que mon changement de carrière le permettrait.

    De tout cela, il ne reste que l’essence. J’ai gardé l’esprit militaire et passé ma vie à explorer les profondeurs de l’âme humaine, acquérant des connaissances grâce à l’expérimentation sur moi-même. J’étais mon propre cobaye, mon corps un laboratoire pour comprendre ma nature. J’ai été la victime de quelques bourreaux, mais aussi de moi-même. Je cherchais les lois internes qui me faisaient agir d’une certaine façon ou penser autrement.

    J’étais ouvert aux explications, trop ouvert. Je me faisais souvent la réflexion que j’agissais ainsi pour expérimenter la vie, un peu comme si, caché en moi, un « petit programme »* s’exécutait sans mon consentement pour que je devienne un objet de fantasme. On projetait sur moi d’abord des espoirs, puis, après un temps, les peurs les plus sombres que ces personnes portaient en elles.

    Ainsi, une personne ayant honte de l’origine modeste de sa famille finissait par vouloir me faire vivre cette pauvreté, même si je n’avais aucun lien, de près ou de loin, avec cette situation. Une autre, effrayée par ses propres dissociations, étudiait la chose et commençait à expliquer ses problèmes familiaux et sociaux à partir de la projection de ses propres écarts. Je devenais pour elle un écran formidable. Ces personnes, et bien d’autres, se sentaient soulagées d’un poids, de quelque chose qui leur faisait mal, comme si elles pouvaient enfin se venger sur quelqu’un qui comprenait, qui acceptait ces souffrances. Elles croyaient que je les méritais ; elles le pressentaient. J’aurais beau parler, par exemple, de mon autisme jusqu’à la fin des temps, si l’autre y voit une dissociation, c’est immuable. 👈 (Projection, préjugés et fermeture.)

    Cette projection sur moi expliquait enfin leur mal. Mon désir absolu de compréhension était un écran idéal, tandis que mon empathie donnait un sens à leurs actions. Le tout donnait l’impression d’une mauvaise estime de soi, agrémentée de culpabilité — peu importe qu’il s’agisse de celle de la victime. Dans ce transfert, j’étais LE bourreau, la cause du chaos.


    *Le « petit programme » en question :

    « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29)

    « L’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. » (Ésaïe 53:6)

    8 mars 2026


    La Faille: An Inspired Reflection

    The Wall (La Faille) I truly enjoyed the first season of this surprising series. I highly recommend it.

    My reflection for this Friday is a continuation of my thoughts on identity. In the end, I was searching for who I was and believed I could invest myself in almost any aspect of life. I chose to be a soldier without realizing how much it aligned with the way my mind functions. Even then, I envisioned a future where I would study psychology within the Armed Forces as soon as a career change allowed.

    Of all that, only the essence remains. I have kept the military mindset and spent my life exploring the depths of the human soul, gaining knowledge through self-experimentation. I was my own guinea pig, my body a laboratory to understand my nature. I have been the victim of a few tormentors, but also of myself. I sought the internal laws that made me act in such a way or think otherwise.

    I was open to explanations—too open. I often reflected that I was doing this to experience life, almost as if, hidden within me, a « small program »* was running without my consent, turning me into an object of fantasy. People first projected their hopes onto me, then, after a while, the darkest fears they carried within themselves.

    For instance, someone ashamed of their family’s modest origins would eventually want me to experience that poverty, even though I had no connection, near or far, to that situation. Another person, frightened by their own dissociations, would study the subject and begin to explain their family and social problems by projecting their own lapses onto me. I became a formidable screen for them. These people, and many others, felt relieved of a burden, of something that hurt them, as if they could finally take revenge on someone who understood, who accepted these sufferings. They believed I deserved them; they sensed it. I could speak about my autism until the end of time, but if the other person sees it as dissociation, it is set in stone. 👈 (Projection, prejudice, and closed-mindedness.)

    This projection onto me finally explained their pain. My absolute desire for understanding served as a perfect screen, while my empathy gave meaning to their actions. The whole thing gave the impression of low self-esteem seasoned with guilt—regardless of whether it was the victim’s guilt. In this transference, I was THE tormentor, the cause of the chaos.


    *The « small program » in question:

    « Behold! The Lamb of God who takes away the sin of the world! » (John 1:29)

    « And the Lord has laid on Him the iniquity of us all. » (Isaiah 53:6)

    March 8, 2026

  • Lucifer: une réflexion inspirée

    Lucifer: une réflexion inspirée

    Lucifer: une réflexion inspirée

    Lucifer, une série très agréable qui m’a plongé dans mes propres questionnements sur l’identité et l’identitaire. Avec humour et légèreté, ce drame policier met en scène le Diable incarné en un propriétaire de bar en rébellion contre le rôle que son Père lui a attribué. À travers son regard ancré dans une autre réalité, il découvre la nature humaine sous un nouvel angle, ce qui le renvoie continuellement à sa propre nature.

    Tout au long de la série, je ne pouvais m’empêcher de faire des parallèles avec ce que je vis quotidiennement dans ce monde où la socialisation m’est si étrangère, voire interdite ou inaccessible. Je trouvais amusant ce décalage entre les différentes visions d’une même situation, ainsi que le questionnement de Lucifer qui, au fil des enquêtes criminelles, parvient à accomplir un cheminement personnel en donnant un sens singulier aux événements ; un fonctionnement atypique. En outre, Lucifer ne cesse de répéter qu’il est bel et bien le Diable, mais personne ne le croit, chacun y voyant une métaphore ou simplement une plaisanterie.

    Une cinquième saison est confirmée pour cette série Netflix.

    Le grand vide. Ça suffit, on passe à autre chose. On souhaite changer d’histoire et on s’en donne les moyens ; on agit. Dans l’entre-deux, on se trouve dans un vide qui fait peur, qui fait mal même. « Qu’est-ce que j’ai fait ? C’est horrible. » « Pourquoi ceci ou cela ? » « Pourquoi moi ? » Les images défilent en boucle dans notre esprit. Puis, peu à peu, on apprend à aimer cette nouvelle version de soi qui se dessine.

    Chaque jour de l’An, je dresse une liste. Ce ne sont pas vraiment des résolutions, mais plutôt une mise à jour de mes objectifs à court, moyen et long terme ; la direction que je souhaite voir ma vie prendre. C’est la planification d’une aventure non planifiée. J’identifie des étapes quand je le peux et je saute dans le vide avec la certitude que l’on m’y attend. J’ai la foi… et peut-être aussi la grâce de percevoir des structures. L’année suivante, je reprends la liste et j’observe l’avancement de certains points, je note les étapes franchies et j’ajoute de nouveaux projets pour remplacer ceux qui sont terminés ou, parfois, abandonnés.

    Depuis des dizaines d’années, je caressais le projet de partir faire le tour du monde, bien que je ne l’aie jamais inscrit sur l’une de mes listes. Sauf cette année. Tout semble réuni : de l’évolution de mes deuils à la poursuite d’un projet social, en passant par une sorte de renaissance. Je vends tout ce que je possède pour financer cette aventure.

    Partir découvrir des réalités étrangères, suffisamment longtemps pour comprendre le quotidien de ces sociétés ; écrire différents textes inspirés de mon immersion dans ces pays ou régions ; poser un regard différent sur l’Autre et, peut-être, m’y reconnaître en tant qu’humain et Québécois.

    Lucifer, personnage de la série éponyme : ange déchu ou ange forcé de jouer un rôle contre sa volonté ? Est-il celui qui nous tente ou celui qui nous fait prendre conscience de nos faiblesses ? Dans son sentiment de rejet et de manipulation, quelle est sa part de responsabilité ?

    8 mars 2026


    Lucifer: An Inspired Reflection

    Lucifer is a delightful series that plunged me into my own reflections on identity. With humor and levity, this police procedural depicts the Devil incarnate as a bar owner rebelling against the role assigned to him by his Father. Through a perspective firmly rooted in another reality, he discovers human nature from a different angle, which constantly mirrors his own nature back to him.

    Throughout the series, I couldn’t stop drawing parallels with my daily life in a world where socialization feels so foreign, even forbidden or inaccessible. I found the discrepancy between different perceptions of the same situation amusing, as well as Lucifer’s journey. Through criminal investigations, he achieves personal growth by giving a unique meaning to events—an atypical way of functioning. Furthermore, Lucifer constantly insists that he is indeed the Devil, but no one believes him, everyone seeing it as a metaphor or simply a joke.

    A fifth season has been confirmed for this Netflix series.

    The great void. Enough is enough; it’s time to move on. We want to change the narrative and we take action to make it happen. In the « in-between, » we inhabit a void that is frightening, even painful. « What have I done? This is horrible. » « Why this or that? » « Why me? » Images replay in a loop in our minds. Then, gradually, we learn to love this new version of ourselves that is beginning to take shape.

    Every New Year’s Day, I make a list. They aren’t exactly resolutions, but rather an update of my short, medium, and long-term goals—the direction in which I wish to see my life go. It is the planning of an unplanned adventure. I identify steps when I can and leap into the void with the certainty that someone is waiting for me there. I have faith… and perhaps also the grace to see structures. The following year, I revisit the list to see the progress made, marking completed milestones and adding new projects to replace those finished or, sometimes, abandoned.

    For decades, I had cherished the dream of traveling the world, though I had never included it on any of my lists. Except for this year. Everything seems to have come together: from the progress of my grieving to the pursuit of a social project, including a kind of rebirth. I am selling everything I own to finance this adventure.

    To leave and discover foreign realities, long enough to understand the daily life of these societies; to write texts inspired by my immersion in these countries or regions; to cast a different gaze upon the « Other » and, perhaps, recognize myself therein as a human being and a Quebecer.

    Lucifer, the character from the eponymous series: a fallen angel or an angel forced to play a role against his will? Is he the one who tempts us, or the one who makes us aware of our weaknesses? Within his feelings of rejection and manipulation, what is his share of responsibility?

    March 8, 2026

  • Origine : L’identité retrouvée

    Origine : L’identité retrouvée

    Origine : L’identité retrouvée

    English Version Below

    Exposition Origine, de Stéphane Rousseau, à la Galerie Yves Laroche. Toile : Autoportrait. Photo : Christian Legault.

    Allez découvrir qui est Stéphane Rousseau à travers ses toiles qui représentent son univers intérieur. Vous avez jusqu’au 14 décembre 2019. Regarder ces œuvres en sachant que le peintre s’y projette consciemment implique une grande curiosité, en plus d’une démarche sur soi. Cela l’oblige à faire un constat sur lui-même, sur son vécu et sur son origine. C’est aussi un immense travail que d’apprendre à communiquer avec l’autre qui est si différent de soi. Il y a nécessairement des périodes de découragement, des moments où l’on brûlerait le beau, le bon et le moins bon. Finalement, la communication s’établit grâce à la persévérance.

    Identité, identitaire

    Finalement, qui suis-je ? Est-ce qu’une seule caractéristique de ma pensée peut me définir dans mon entièreté ?

    Je suis un homme blanc, francophone, Québécois, souverainiste, peut-être même indépendantiste, autiste, ayant vécu bon nombre de traumatismes. J’ai suivi plusieurs types de thérapies, dont une psychanalyse. Je suis aussi beaucoup d’autres choses. Comment puis-je réduire mon identité à tel ou tel aspect ?

    Il y a plus de 35 ans, je suis « mort » pour une énième fois. Je me suis réveillé amnésique après un coma de plus d’une semaine. Les suites ont été plus ou moins racontées dans mes textes précédents. Ce dont j’ai peu parlé, c’est de mon identité.

    Après mon coma, je n’avais plus d’identité. Je ne savais plus qui j’étais, allant même jusqu’à ne plus me reconnaître dans le miroir lors de mon retour au travail dans les Forces armées canadiennes ! Whoa ! J’ai recommencé à travailler et à étudier alors que mon propre reflet m’était étranger… On en rajoutait en me reprochant même de vouloir rejeter la faute sur les autres pour expliquer ma situation difficile. Je ne saisis pas bien la logique.

    J’ai ainsi passé des années à me faire dire qui j’étais, à me faire définir par les autres, à me faire dicter mes réactions ou expliquer mes motivations. J’étais complètement perdu. On me taxait de toutes sortes de maladies mentales, toujours en faisant abstraction de mon autisme, en l’ignorant totalement. Tout était psychiatrisé, à tort.

    Ça suffit. J’ai une identité propre. Le sentiment de qui j’étais contrastait avec ce qu’on disait de moi. Vivre avec cette contradiction a été un enfer. C’était comme si on m’empêchait de parler ma langue maternelle, de vivre selon les coutumes de ma famille ; comme si on me coupait de toute référence à ma réalité et, par le fait même, de toute possibilité de socialiser. J’étais isolé dans cette contradiction.

    Soit je devenais quelqu’un d’autre pour socialiser, soit je restais moi-même envers et contre tous, isolé, refermé sur moi. Bien sûr, certains pourraient y voir un parallèle avec l’identité québécoise ou celle des Autochtones.

    Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes et une Bonne Année !

    MAJ 6 mars 2026


    Origin: Identity Regained

    Origine exhibition by Stéphane Rousseau, at Galerie Yves Laroche. Painting: Autoportrait (Self-Portrait). Photo: Christian Legault.

    Go discover who Stéphane Rousseau is through his paintings, which represent his inner universe. You have until December 14, 2019. Looking at these canvases knowing that the painter is consciously projecting himself into them implies great curiosity as well as a process of self-reflection. It forces him to take stock of himself, his experiences, and his origins. It is also a lot of work to learn to communicate with others who are so different from ourselves. There are necessarily periods of discouragement, moments when one would burn the beautiful, the good, and the not-so-good. Ultimately, communication is established through perseverance.

    Identity, Identitarian

    In the end, who am I? Can a single characteristic of my thought define me in my entirety?

    I am a white man, Francophone, Quebecer, sovereignist, perhaps even independentist, autistic, having lived through many traumas. I have undergone many types of therapy, including psychoanalysis. I am also many other things. How can I reduce my identity to this or that aspect?

    More than 35 years ago, I « died » for the umpteenth time. I woke up amnesic after a coma lasting more than a week. The aftermath has been more or less recounted in my previous texts. What I have spoken little of is my identity.

    After my coma, I had no identity left. I no longer knew who I was, even going so far as to not recognize myself in the mirror upon returning to work in the Canadian Armed Forces! Whoa! I started working and studying again while my own reflection was foreign to me… To make matters worse, I was even blamed for trying to put the fault on others to explain my difficult situation. I am not sure about the logic there.

    I thus spent years being told who I was, being defined by others, having my reactions dictated to me or my motivations explained for me. I was completely lost. I was labeled with all sorts of mental illnesses, always disregarding my autism, even ignoring it entirely. Everything was psychiatricized, falsely.

    That’s enough. I have my own identity. The feeling of who I was stood in stark contrast to who people said I was. Living with this contradiction was hell. It was as if I were being prevented from speaking my mother tongue, from living according to my family’s customs; as if I were being cut off from every reference to my reality and, consequently, from any possibility of socializing. I was isolated within this contradiction.

    Either I became someone else to socialize, or I remained myself against all odds—isolated, withdrawn. Of course, some might draw a parallel with Quebec identity or that of Indigenous peoples.

    I wish you a Happy Holiday Season and a Happy New Year!

    Updated March 6, 2026

  • The Crown : Le droit d’exister

    The Crown : Le droit d’exister

    The Crown : Le droit d’exister

    English Version Below

    Sur Netflix, regardez la série au complet, mais l’épisode 6 de la dernière saison en particulier (référence au nationalisme du Pays de Galles). Photo : gracieuseté.

    J’ai écouté avec intérêt cette série sur la monarchie britannique. Comme vous le savez, en tant que souverainiste et indépendantiste, je ne suis pas chaud à ce concept de monarchie. J’ai néanmoins déjà prêté allégeance à la Reine lorsque je me suis enrôlé dans les Forces armées canadiennes. Malgré ce qui nous oppose, malgré un certain malaise, je renouvellerais cette allégeance, bien que je ne sache pas tout à fait si elle a vraiment été interrompue.

    Si le Québec avait eu son armée, son propre système militaire pour protéger son territoire et sa population, il ne fait aucun doute que je m’y serais engagé. Je suis convaincu que cette hypothétique force militaire serait une alliée. Nous sommes amis et, même si nous vivons encore quelques relents émotifs de ces anciennes guerres européennes, il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre.

    J’ai donc découvert la monarchie sous un autre angle à travers la très bonne série The Crown. C’est néanmoins l’épisode 6 de la dernière saison qui m’a le plus marqué. On y voit comment la monarchie crée de nouveaux liens avec le Pays de Galles, à travers le Prince Charles, sa pensée atypique et son implication personnelle.

    Celui-ci est confronté au nationalisme gallois et, plus particulièrement, à son professeur de langue, militant nationaliste avoué et convaincu. On y parle de la reconnaissance de l’identité, du droit d’exister, finalement, pour pouvoir s’épanouir. Je ne pouvais m’empêcher de rêver à une telle ouverture du Canada envers le Québec. Vous savez ? S’épanouir sans être en guerre, sans avoir à défendre continuellement, envers et contre tous, notre langue et notre culture.

    La reconnaissance d’une nation est d’abord et avant tout celle de notre différence ; c’est le droit d’avoir une identité distincte, une identité qui ne découle pas d’une britannisation, sans être en guerre avec l’autre ; une identité qui s’affirme de bonne foi à travers sa langue centrale et sa culture.

    MAJ 6 mars 2026


    The Crown: The Right to Exist

    On Netflix, watch the entire series, but specifically Episode 6 of the latest season (referencing Welsh nationalism). Photo: courtesy.

    I watched this series on the British monarchy with interest. As you know, as a sovereignist and independentist, I am not fond of the concept of monarchy. Nevertheless, I once swore allegiance to the Queen when I enlisted in the Canadian Armed Forces. Despite what opposes us, despite a certain unease, I would renew that allegiance—though I am not entirely sure if it was ever truly discontinued.

    If Quebec had had its own army, its own military system to protect its territory and its population, there is no doubt that I would have joined it. I am convinced that this hypothetical military force would be an ally. We are friends, and even if we still experience the emotional lingering of those old European wars, the fact remains that we cannot live without one another.

    I thus discovered the monarchy from a different angle through the excellent series The Crown. However, it was Episode 6 of the last season that struck me the most. It shows how the monarchy creates new ties with Wales through Prince Charles, his atypical thinking, and his personal involvement.

    He is confronted with Welsh nationalism and, more specifically, with his language teacher, an avowed and convinced nationalist activist. It speaks of the recognition of identity—the right to exist, ultimately, in order to flourish. I could not help but dream of such openness from Canada toward Quebec. You know? To flourish without being at war, without having to continually defend our language and culture against all odds.

    The recognition of a nation is first and foremost the recognition of our difference; it is the right to have a distinct identity—an identity that does not stem from « Britannization »—without being at war with the other; an identity that asserts itself in good faith through its central language and culture.

    Updated March 6, 2026

  • Ambition Québec : Le chemin du retour

    Ambition Québec : Le chemin du retour

    Ambition Québec : Le chemin du retour

    English Version Below

    Le dernier livre de Catherine Fournier, Le Projet Ambition Québec : s’organiser pour l’indépendance, aux éditions Somme toute. Photo : gracieuseté.

    J’ai apprécié la lecture de ce livre et j’ai été transporté par la passion et l’ambition de son autrice. Elle y fait un constat sur le mouvement de la souveraineté du Québec, explique certaines difficultés rencontrées par les députés à l’intérieur d’un parti politique et propose des pistes de solution. Un peu plus d’une centaine de pages à lire et à réfléchir.

    Je vous parlais dans mon texte précédent d’une structure en forme de spirale et de mon processus de création dans lequel les barrières habituelles s’atténuent. Plus j’entre dans l’inconscient, moins les limites sont visibles, plus je me sens en relation avec mon environnement. Alors que je me retrouve isolé, face à moi-même, vulnérable, un monde de possibilités s’ouvre à moi. Je deviens créateur de concepts, à même de développer un nouveau regard en moi, de découvrir des chemins vers l’invisible.

    C’est ainsi que je garde ma liberté : par cet exercice « psychanalytique », dans l’accès volontaire aux profondeurs de l’inconscient. Le mot-clé ici est volontaire, sinon j’en serais prisonnier, n’est-ce pas ? Pouvoir rester en contact avec ce que je suis, ne pas me perdre complètement dans cette union quasi mystique, une communion au cœur de la création ; je garde toujours un lien vivant avec le chemin du retour.

    Ce chemin est un outil que j’ai construit au fil des années en psychanalyse et dont je continue de perfectionner l’usage encore aujourd’hui. D’une part, une vie que je considérais sacrée à tel point que je ne m’autorisais pas à en parler — une vie infiniment riche, isolée de l’autre. D’autre part, celle de la « petite vie » faite de détachements et de souffrances. L’une et l’autre ne se parlaient pas. Deux solitudes à l’intérieur de moi, deux réalités qui ne communiquaient pas vraiment, qui ne se comprenaient pas tout à fait. Au-delà des mots, il y a le sens qu’on leur accorde, une signification qui se modifie selon le vécu.

    MAJ 6 mars 2026


    Ambition Québec: The Way Back

    Catherine Fournier’s latest book, Le Projet Ambition Québec: s’organiser pour l’indépendance, published by Éditions Somme toute. Photo: courtesy.

    I enjoyed reading this book and was moved by the passion and ambition of its author. She provides an assessment of the Quebec sovereignty movement, explains certain difficulties faced by MNAs within a political party, and proposes potential solutions. A little over a hundred pages to read and reflect upon.

    In my previous text, I spoke to you about a spiral-shaped structure and my creative process in which usual barriers fade away. The further I delve into the unconscious, the less visible the boundaries become, and the more I feel in relation to my environment. While I find myself isolated, facing myself, vulnerable, a world of possibilities opens up to me. I become a creator of concepts, capable of developing a new perspective within myself, of discovering paths to the invisible.

    This is how I maintain my freedom: through this « psychoanalytic » exercise, in the voluntary access to the depths of the unconscious. The key word here is voluntary, otherwise I would be a prisoner of it, wouldn’t I? To be able to stay in touch with who I am, not to lose myself completely in this quasi-mystic union—a communion at the heart of creation—I always maintain a living link with the way back.

    This path is a tool I have built over years of psychoanalysis, and I continue to perfect its use even today. On one hand, a life I considered so sacred that I did not allow myself to speak of it—an infinitely rich life, isolated from others. On the other hand, the « small life » made of detachments and suffering. The two did not speak to each other. Two solitudes within me, two realities that did not truly communicate, that did not quite understand each other. Beyond words, there is the meaning we give them, a significance that changes according to one’s experience.

    Updated March 6, 2026

  • Une pause

    Une pause

    Je souhaite écrire un texte le mercredi et un autre le vendredi. Mon prochain texte pourrait être mercredi prochain…

    MAJ 6 mars 2026


    A Break

    I wish to write one text on Wednesday and another on Friday. My next text could be next Wednesday…

    Updated March 6, 2026

  • Une structure : La spirale

    Une structure : La spirale

    Une structure : La spirale

    English Version Below

    J’ai pris une pause du blogue la semaine dernière et vais continuer pour encore quelques jours. À moins que…

    Je me représente le cheminement de ma vie sous forme de spirale. C’est sans fin. Je refais toujours les mêmes prises de conscience, mais en ajoutant tel ou tel aspect. Ma vision devient plus profonde, plus large, plus ressentie. Plus humaine ?

    À chaque fois, ça se passe de la même façon. À la base de la spirale, il y a moi, ce à quoi je m’identifie. Lorsque tout va mal, lorsque je ne vois plus la fin de mes malheurs, lorsque j’ai l’impression que chaque mouvement que je fais sert à m’enfoncer, comme dans des sables mouvants, je m’isole. Je romps des relations, je prends mes distances avec des lieux et des activités. Je me retrouve face à moi-même à chaque fois, mais différemment à chaque fois, car j’ai acquis de l’expérience.

    Dans les deux dernières années, j’ai mis fin à des situations, à des relations, et j’ai quitté des lieux également. Je me suis isolé, fort de cette nouvelle connaissance de moi qu’est l’autisme. Revoir mon passé, comprendre l’impact de l’autisme dans ma vie sociale et dans mon expérimentation de la vie en général a été une épreuve.

    Une fois que j’ai l’impression d’avoir simplifié ma compréhension au maximum, que je crois avoir une base solide, je repars vers l’extérieur. Je tente de socialiser, je tente de reprendre le chemin de ma vie qui a cette forme de spirale. Si je rencontre encore les mêmes difficultés, j’en déduis qu’il reste du travail de simplification à faire. Je recommence à partir du début et cherche ce que je pourrais changer en moi.

    Tous ces changements en moi modifient mon regard sur la vie à chaque fois. Assurément, ce sont ces différents points de vue qui enrichissent mon vécu. C’est sans fin.

    MAJ 6 mars 2026


    A Structure: The Spiral

    I took a break from the blog last week and will continue for a few more days. Unless…

    I envision the journey of my life in the shape of a spiral. It is endless. I always come back to the same realizations, but by adding this or that aspect. My vision becomes deeper, broader, more felt. More human?

    Every time, it happens the same way. At the base of the spiral, there is me—what I identify with. When everything goes wrong, when I no longer see the end of my misfortunes, when I feel like every move I make only serves to sink me further, as if in quicksand, I isolate myself. I end relationships; I distance myself from places and activities. I face myself every time, yet differently every time, because I have gained experience.

    In the last two years, I have ended situations and relationships, and I have left places as well. I isolated myself, empowered by this new knowledge of myself: autism. Reviewing my past, understanding the impact of autism on my social life and on my experience of life in general, has been an ordeal.

    Once I feel I have simplified my understanding to the maximum, that I believe I have a solid foundation, I head back outward. I try to socialize; I try to resume the path of my life, which has this spiral shape. If I still encounter the same difficulties, I deduce that there is still work of simplification to be done. I start again from the beginning and look for what I could change within myself.

    All these changes within me modify my perspective on life every time. Surely, it is these different points of view that enrich my experience. It is endless.

    Updated March 6, 2026

  • Blue Moon : La prothèse sociale

    Blue Moon : La prothèse sociale

    Blue Moon : La prothèse sociale

    Une autre très bonne série que je regarde est Blue Moon. J’y vois un besoin de recherche d’une vérité, de construire un tout cohérent avec une réalité. Un besoin inlassable qui m’habite. Photo : gracieuseté.

    Je ne saurais nommer le sacré en moi. Je le ressens, je l’intuitionne. Il est partout : dans les structures que je vois, dans mon fonctionnement comme dans mes visions. Quand je prends le temps de toucher un arbre, par exemple, je sens ce sacré, comme une réalité concrètement partagée le temps d’un instant. Une communion.

    Au fil des ans, j’ai remarqué que mon fonctionnement exigeait que tout ait une utilité. Encore aujourd’hui, j’ignore si je peux affirmer que ce but utilitaire est propre à l’autisme en général ou si c’est moi qui l’ai, plus ou moins consciemment, greffé à ma personnalité.

    Je constatais et je jugeais. Est-ce qu’en agissant ainsi, je réduisais l’autre à un objet dépourvu de ses autres caractéristiques humaines ? Étais-je avec quelqu’un simplement parce qu’il m’était utile ? Est-on avec moi parce que je suis utile ? Tout cela m’apparaissait superficiel, me bloquait dans mes relations sociales et amoureuses. Je refusais de ressentir ce sentiment, de vivre sans profondeur. Je ne sais pas ; peut-être que cela découle des dénonciations de ma mère concernant les « femmes-objets », un discours féministe d’une époque. Évidemment, cela s’ajoute à l’autisme et affecte mes relations sociales.

    Néanmoins, je persiste à croire que je peux avoir des relations sociales saines et satisfaisantes. Cela demande des efforts pour les neurotypiques qui veulent construire une relation avec moi, bien sûr. Je pense différemment, je réagis à des choses différentes et mon sens du sacré est particulier. Je le souhaite tout de même. J’y travaille sans relâche. Disons qu’il faut construire une « prothèse » pour arriver à se comprendre, arriver à communier en quelque sorte.

    À tort ou à raison, j’ai toujours tenu pour acquis que chacun voulait communiquer avec les autres, que personne ne voulait être isolé. C’est vrai pour moi, en tout cas. Si je rencontre quelqu’un qui souhaite établir une relation avec moi, je suis partant. Je ne sais pas par où commencer, comment briser la glace, comment présenter ma réalité. L’ampleur du travail que demande la compréhension de mon fonctionnement me gêne. Il faut être motivé.

    Un aspect du présent projet social est donc égoïste, personnellement utilitaire. Je cherche désespérément à sortir de mon isolement. J’utiliserais toute la magie possible, je franchirais tous les obstacles pour y arriver. D’un autre côté, ce qui m’est utile, ce qui est sacré, est une réalité partagée, une communion des objectifs.

    MAJ 6 mars 2026


    Blue Moon: The Social Prosthesis

    Another very good series I am watching is Blue Moon. In it, I see a need to search for a truth, to build a coherent whole with a reality. A restless need that dwells within me. Photo: courtesy.

    I could not name the sacred within me. I feel it; I sense it through intuition. It is everywhere: in the structures I see, in my way of functioning, and in my visions. When I take the time to touch a tree, for example, I feel this sacredness, like a reality concretely shared for a brief moment. A communion.

    Over the years, I have noticed that my functioning demanded that everything have a utility. Even today, I do not know if I can claim that this utilitarian goal is inherent to autism in general or if it is something I have, more or less consciously, grafted onto my personality.

    I would observe and I would judge. By acting this way, was I reducing the other to an object stripped of their other human characteristics? Was I with someone simply because they were useful to me? Are people with me because I am useful? All of this seemed superficial to me, blocking me in my social and romantic relationships. I refused to feel this way, to live without depth. I don’t know; perhaps it stems from my mother’s denunciations of « women-objects, » a feminist discourse of a certain era. Obviously, this adds to the autism and affects my social relations.

    Nevertheless, I persist in believing that I can have healthy and satisfying social relationships. It requires effort from neurotypicals who want to build a relationship with me, of course. I think differently, I react to different things, and my sense of the sacred is unique. I still desire it. I work on it relentlessly. Let’s say that a « prosthesis » must be built to manage to understand each other, to manage a kind of communion.

    Rightly or wrongly, I have always taken it for granted that everyone wanted to communicate with others, that no one wanted to be isolated. It is true for me, at least. If I meet someone who wishes to establish a relationship with me, I am in. I don’t know where to start, how to break the ice, or how to present my reality. The sheer scale of the work required to understand my functioning embarrasses me. One must be motivated.

    One aspect of this social project is therefore selfish, personally utilitarian. I am desperately seeking to escape my isolation. I would use all possible magic; I would cross every obstacle to get there. On the other hand, what is useful to me, what is sacred, is a shared reality, a communion of objectives.

    Updated March 6, 2026

  • L’énigme de la différence: une réflexion inspirée

    L’énigme de la différence: une réflexion inspirée

    L’énigme de la différence: une réflexion inspirée

    Vivre avec soi-même, une série que je commence à regarder sur Netflix. Je ne connais pas tout à fait l’histoire et encore moins la fin, mais je l’aime déjà. Photo : gracieuseté.

    J’ai toujours été fasciné par les films de guerre, surtout durant mon enfance. Il y avait ce héros qui me fascinait, probablement, mais aussi, je suppose, la fin heureuse qui plaisait à mon côté romantique.

    Je ne sais pas comment Hollywood construit ses héros. Il y a certainement une recette ; ça fonctionne. On peut aimer ou détester, néanmoins on le reconnaît, lui ou elle, ainsi que ses aptitudes extraordinaires — quelquefois « extra-ordinaires ». En deux mots, cela prend un autre sens.

    En simplifiant au maximum, on est presque dans le préjugé, dans la caricature, le simplisme : une force herculéenne, une beauté extraordinaire, une capacité hors du commun, etc. En même temps, il y a un vécu qui nous touche, une souffrance à laquelle on s’identifie, quelque chose qui nous rejoint profondément.

    Dans les « films d’Indiens », comme on disait, on voyait des forts, des convois ou des villages attaqués. La plupart du temps, c’étaient des « méchants » qui attaquaient sans raison, qui voulaient prendre des terres, voler ou violer des femmes, prendre des scalps. Je ne sais pas d’où viennent ces représentations, ni pourquoi on en a fait des méchants. Peut-être pour mettre en valeur un héros, pour créer une dynamique, pour répondre au besoin d’avoir une fin heureuse ?

    Je ne sais pas. Personnellement, bien qu’attiré par le héros, je refusais en quelque sorte de m’identifier à celui-ci. Par contre, je tentais d’intégrer les attributs que j’admirais chez lui, chez elle ou chez le groupe présenté. L’identification est pour moi plus indirecte ; cela me donne une distance, un recul.

    Dans ces films d’Indiens, j’y vois maintenant un combat pour protéger un territoire sacré, l’endroit où leur histoire est inscrite, le lieu où les ancêtres ont imprégné le sol. On ne met jamais l’accent sur cet aspect dans ces films, ou alors rarement et inadéquatement. Ce n’est pas l’aspect du film qu’on retient, un peu comme si on le niait, comme s’il y avait une volonté de vider de sens l’existence des réalités autres que celle du héros. Ça fait de bons films, quoique moins intéressants quand vous êtes un Autochtone dont le sens de l’existence est nié.

    Au Québec, on ne peut manquer l’impact du catholicisme dans la construction de notre société. La langue française et la religion catholique sont des repères culturels essentiels à notre existence. L’évolution des mentalités, des points de vue et l’accès à l’éducation ont tout de même changé le regard d’une majorité. Plusieurs enseignements de la religion catholique sont intégrés à notre personnalité, tout en prenant une certaine distance par rapport à la pratique telle qu’elle se faisait auparavant.

    Malgré l’espoir (erroné) de voir un État français tous azimuts, la réalité mondiale et migratoire fait que l’apprentissage de plusieurs langues et dialectes est souhaitable. Néanmoins, le système étatique devrait être français afin de conserver ce repère minimal et donner un droit à l’existence sans avoir à se battre sans cesse pour sa survie. L’énergie pourrait être mise ailleurs, dans ces conditions. Nous devons travailler ensemble.

    Il m’apparaît aussi clair qu’il y a une reconnaissance de la présence de la religion catholique dans notre histoire, bien que nous en prenions une certaine distance. L’amour du prochain, l’entraide, la recherche du compromis sain et paisible, tout en assurant la possibilité de ne plus avoir à se battre pour notre survie, forment un repère pour notre société. Est-ce un tort de l’appeler laïcité ? Selon moi, cela découle d’une bataille sans fin pour notre droit à l’existence constamment menacé, un droit à une différence incomprise.

    Suffirait-il d’un nouveau Canada où ces deux repères, le français et la laïcité, soient protégés pour que cette bataille cesse ? Je le crois. L’existence reconnue et acquise permettrait certainement une ouverture, puisque les inquiétudes de chacun de se voir effacé s’estomperaient peu à peu. C’est le sens de plusieurs de mes interventions sur le sujet. Quelque part, le Canada devrait démontrer en permanence son amour pour le Québec avec une protection distincte pour ces deux repères propres à notre culture.

    Pour les Autochtones, le lien entre le territoire et leurs vies est sacré. Je le disais dans un texte précédent. Pour une partie des musulmans, on pourrait croire que le port d’un signe religieux est aussi sacré. Pour les premiers comme pour les seconds, il s’agit de leurs repères. Il est légitime de vouloir préserver ce qui est sacré pour soi, ce qui est un repère pour notre existence, comme c’est le cas pour la majorité québécoise.

    La loi 21 me semble effectivement un bon compromis. Ce n’est pas parfait, on le voit bien, mais dans des circonstances où notre culture est continuellement niée et menacée, taxée de racisme, une telle loi pour nous protéger est nécessaire. Elle ne vise pas tant les signes religieux qu’une affirmation d’une différence, d’une histoire, d’une demande d’aide et de reconnaissance, d’une nécessité de protection et d’une acceptation.

    Chacun cherche à protéger le sacré en soi. C’est ce qui nous fait nous sentir humains, ce qui nous rattache à la vie. Se rencontrer dans le respect de tous, dans la conscience de ce qui importe pour chacun, est certainement le chemin à suivre.

    MAJ 6 mars 2026


    The Enigma of Difference: An Inspired Reflection

    Living with Yourself, a series I’m starting to watch on Netflix. I don’t quite know the story and even less the ending, but I already love it. Photo: courtesy.

    I have always been fascinated by war movies, especially during my childhood. There was that hero who fascinated me, probably, but also, I suppose, the happy ending that appealed to my romantic side.

    I don’t know how Hollywood constructs its heroes. There is certainly a recipe; it works. One can love it or hate it, yet we recognize them—him or her—and their extraordinary skills, sometimes « extra-ordinary. » In two words, it takes on another meaning.

    To simplify to the maximum, we are almost in prejudice, in caricature, in simplism: Herculean strength, extraordinary beauty, an out-of-the-ordinary capacity, etc. At the same time, there is a life experience that touches us, a suffering with which we identify, something that reaches us deeply.

    In « Indian movies, » as we used to call them, we saw forts, convoys, or villages being attacked. Most of the time, they were « villains » attacking for no reason, wanting to take land, steal or rape women, or take scalps. I don’t know where these representations come from, nor why they were made into villains. Perhaps to highlight a hero, to create a dynamic, to satisfy the need for a happy ending?

    I don’t know. Personally, although attracted to the hero, I somehow refused to identify with him. Instead, I tried to integrate the attributes I admired in him, in her, or in the group presented. Identification is more indirect for me; it gives me a distance, a perspective.

    In these Indian movies, I now see a struggle to protect a sacred territory, the place where their history is inscribed, the place where ancestors permeated the soil. This aspect is never emphasized in these films, or only rarely and inadequately. It is not the aspect of the film that stays with us, almost as if it were denied, as if there were a will to drain the meaning from the existence of realities other than that of the hero. It makes for good movies, though less interesting when you are an Indigenous person whose sense of existence is denied.

    In Quebec, one cannot miss the impact of Catholicism on the construction of our society. The French language and the Catholic religion are cultural landmarks essential to our existence. The evolution of mentalities, viewpoints, and access to education has nonetheless changed the perspective of a majority. Many teachings of the Catholic religion are integrated into our personality, while taking a certain distance from the practice as it was done before.

    Despite the (erroneous) hope of seeing an all-out French state, global and migratory reality means that learning several languages and dialects is desirable. Nonetheless, the state system should be French in order to maintain this minimal landmark and grant a right to existence without having to constantly fight for survival. Energy could be put elsewhere under these conditions. We must work together.

    It also appears clear to me that there is recognition of the presence of the Catholic religion in our history, although we take a certain distance from it. Love for one’s neighbor, mutual aid, the search for healthy and peaceful compromise, while ensuring the possibility of no longer having to fight for our survival, form a landmark for our society. Is it wrong to call it secularism (laïcité)? In my opinion, it stems from an endless battle for our right to existence, which is constantly threatened—a right to a misunderstood difference.

    Would a new Canada suffice, where these two landmarks—French and secularism—are protected so that this battle might cease? I believe so. A recognized and established existence would certainly allow for openness, as each person’s worries about being erased would gradually fade. This is the meaning of several of my interventions on the subject. In some way, Canada should permanently demonstrate its love for Quebec with distinct protection for these two landmarks unique to our culture.

    For Indigenous people, the link between the land and their lives is sacred. I said this in a previous text. For a portion of Muslims, one might believe that wearing a religious symbol is also sacred. For the former as for the latter, these are their landmarks. It is legitimate to want to preserve what is sacred to oneself, what is a landmark for our existence, as is the case for the Quebec majority.

    Bill 21 seems to me to be a good compromise. It’s not perfect, we can clearly see that, but in circumstances where our culture is continually denied and threatened, labeled as racist, such a law to protect us is necessary. It is not aimed so much at religious symbols as it is an affirmation of a difference, a history, a request for help and recognition, a necessity for protection, and an acceptance.

    Each of us seeks to protect the sacred within ourselves. It is what makes us feel human, what binds us to life. Meeting each other in respect for all, in awareness of what matters to each, is certainly the path to follow.

    Updated March 6, 2026

  • Ruptures : Briser le cercle de la domination

    Ruptures : Briser le cercle de la domination

    Ruptures : Briser le cercle de la domination

    English Version Below

    Quelques réflexions inspirées de la très bonne série Ruptures. À voir. Photo : gracieuseté.

    À certaines périodes, je ne pensais qu’à partir, à me séparer, prenant pour acquis que je perdrais contact avec mon enfant. À d’autres, je faisais abstraction de mon mal et planifiais des projets sans fin, ma fille à mes côtés ; je niais complètement la réalité toxique dans laquelle j’étais.

    La violence conjugale et la violence familiale que je vivais étaient invisibles. J’étais isolé. Il n’y avait aucun témoin qui n’était pas complice, plus ou moins explicitement. Chacun y trouvait son avantage ou faisait face à une menace. J’étais prisonnier, dans l’impossibilité de passer à autre chose. La rupture de cette relation impliquait d’autres ruptures. L’effet domino. J’étais débordé par les conséquences, je ne savais pas par où commencer.

    C’est là que le personnage principal de cette série, Ruptures, entre souvent en jeu. L’avocate s’investit dans ses dossiers, bien sûr, mais avec empathie, avec humanité. Comme dans la vraie vie, son rôle est d’identifier l’endroit où briser légalement le cercle vicieux, de trouver l’angle sous lequel aborder la situation devant la Cour.

    Sortir de cette domination qui s’est installée peu à peu est extrêmement difficile. Dans les ruptures, ce comportement est renforcé. Les peurs du conjoint deviennent omniprésentes pour lui, pour elle. Les tentatives de contrôle des peurs passent par la domination de l’autre, par la nécessité d’enfin lui donner une leçon, de lui montrer qui on est. La gestion des désirs et de l’amour est chaotique, voire inexistante. Les peurs ont pris le dessus sur tout raisonnement, la colère est immense. L’autre va « payer » pour ce qu’il ou elle a osé faire.

    Il semble y avoir une impossibilité de faire ses deuils. Face à la fin, certaines personnes ont le réflexe de dominer, de tenter de limiter, voire d’empêcher la perte. Elles sont incapables d’accepter de faire face à la fin : c’est trop douloureux, le vide fait trop mal. Pourtant, c’est bien dans ce vide que se trouve la liberté, le passage vers une nouvelle réalité.

    Cette dynamique de domination est aussi très humaine. C’est plutôt lorsqu’elle devient chronique, lorsqu’elle devient la réalité principale de quelqu’un, qu’on la remarque. Sous l’emprise d’une personne qui cherche à tout dominer, à tout contrôler, l’atmosphère devient irrespirable, l’amour impossible. Sous l’emprise d’une personne animée par cette dynamique, nous devenons un objet servant les desseins des désirs du dominant. Il y a déshumanisation, manque d’empathie.

    Dans les ruptures, ces problèmes de domination sont exacerbés. Il faut apprendre à composer avec ce jeu de pouvoir, apprendre à faire ses deuils, procéder méthodiquement, et petit à petit, une nouvelle réalité s’installera. Reprendre le contrôle de nos vies est possible.

    MAJ 6 mars 2026


    Ruptures: Breaking the Cycle of Dominance

    A few reflections inspired by the excellent series Ruptures. A must-watch. Photo: courtesy.

    At certain times, I thought of nothing but leaving, of separating, taking for granted that I would lose contact with my child. At others, I ignored my pain and planned endless projects, my daughter by my side; I completely denied the toxic reality I was in.

    The domestic and family violence I was experiencing was invisible. I was isolated. There was no witness who was not a more or less explicit accomplice. Everyone found their advantage or faced a threat. I was a prisoner, unable to move on. Breaking this relationship implied other breakups. The domino effect. I was overwhelmed by the consequences; I didn’t know where to start.

    This is where the main character of the series Ruptures often comes in. The lawyer invests herself in her cases, of course, but with empathy, with humanity. As in real life, her role is to identify where to legally break the vicious circle, to find the angle from which to approach the situation before the Court.

    Escaping the dominance that has gradually set in is extremely difficult. In breakups, this behavior is reinforced. The spouse’s fears become omnipresent for him, for her. Attempts to control those fears manifest through the dominance of the other, through the need to finally « teach them a lesson, » to show them who one is. The management of desires and love is chaotic, even non-existent. Fears have taken over all reasoning; the anger is immense. The other is going to « pay » for what he or she dared to do.

    There seems to be an inability to grieve. Faced with the end, some people have the reflex to dominate, to try to limit, or even prevent, the loss. They are unable to accept facing the end; it is too painful, the void hurts too much. Yet, it is precisely in this void that freedom is found, the passage to a new reality.

    This dynamic of dominance is also very human. It is rather when it becomes chronic, when it becomes someone’s primary reality, that it is noticed. Under the sway of a person who seeks to dominate everything, to control everything, the atmosphere becomes unbreathable, love impossible. Under the sway of a person driven by this dynamic, we become an object serving the designs of the dominant person’s desires. There is dehumanization, a lack of empathy.

    In breakups, these problems of dominance are exacerbated. One must learn to deal with this power play, learn to grieve, proceed methodically, and bit by bit, a new reality will take hold. Taking back control of our lives is possible.

    Updated March 6, 2026


Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »