Auteur : Christian Legault

  • Entre deux mondes

    Entre deux mondes

    Entre deux mondes

    C’est toujours la même chose. Que ce soit parce que j’arrive dans un nouvel endroit ou que j’entame une nouvelle relation, tout repart à zéro. Je ne peux compter ni sur mon expérience, ni sur mes connaissances. Je ne sais pas pourquoi ; l’autisme est une supposition. Quoi qu’il en soit, je suis continuellement face à l’inconnu, dans un monde étrange que je dois découvrir. C’est anxiogène, évidemment. Perdu, abandonné à moi-même et sans accès à mes ressources mnémoniques, il ne peut en être autrement.

    Je suis comme un enfant qui rencontre une situation pour la première fois. Le regard que je porte s’impose à moi et il peut être fort différent d’une fois à l’autre. Même si, de manière abstraite, je saisis rapidement un portrait global, je ne peux rien utiliser avant qu’une certaine somme de réflexions découlant de mes points de vue ne soit effectuée. Est-ce un fonctionnement si atypique ? En tout cas, c’est mon histoire avec les structures et mon choix de ne pas les manipuler, ou le moins possible.

    Le constat est que je suis toujours ramené à l’humain. C’est la seule constante : l’humain. Que je ne connaisse pas la valeur de la monnaie locale — pour reprendre l’exemple de mon dernier texte — ou que la langue me soit étrangère même s’il s’agit de celle de ma grand-mère, que je ne puisse pas reproduire mon mode de vie habituel (un trauma qui se répète sans cesse) : tout cela revient finalement à moi, l’être humain.

    Quelquefois, je mets des mots sur un vécu et je ressens de la colère, celle découlant d’une grande injustice. D’autres fois, j’ai honte d’avoir agi comme un enfant, naïvement ou sans réfléchir. La plupart du temps, j’éprouve tout cela au même moment. Puis vient le besoin de parler de ma dignité humaine, de la mienne comme de celle des autres.

    8 mars 2026


    Between Two Worlds

    It is always the same thing. Whether I arrive in a new place or enter a new relationship, everything starts from scratch. I can rely neither on my experience nor on my knowledge. I do not know why; autism is a possibility. Regardless, I am continuously faced with the unknown, in a strange world that I must discover. It is anxiety-inducing, obviously. Lost, left to my own devices, and without access to my mnemonic resources, it cannot be otherwise.

    I am like a child encountering a situation for the very first time. The gaze I cast upon it is forced upon me, and it can differ greatly from one time to the next. Even if I quickly grasp a global picture abstractly, I can utilize nothing until a certain amount of reflection, stemming from various perspectives, has been completed. Is such a way of functioning so atypical? In any case, this is my story with structures and my choice not to manipulate them—or to do so as little as possible.

    The conclusion is that I am always brought back to the human element. It is the only constant: the human. Whether I am ignorant of the value of the local currency—to use the example from my last text—or the language is foreign to me even though it was my grandmother’s, or I am unable to reproduce my usual way of life (a trauma that repeats incessantly): it all ultimately comes back to me, the human being.

    Sometimes, I put words to an experience and feel anger—the kind that stems from a great injustice. Other times, I feel ashamed for having acted like a child, naively or without thinking. Most of the time, I feel all of this at once. Then comes the need to speak of my human dignity—both my own and that of others.

    8 mars 2026

  • Kukum: une réflexion inspirée

    Kukum: une réflexion inspirée

    Kukum : une réflexion inspirée

    J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir un peu plus le mode de vie traditionnel des Innus et les difficultés rencontrées par ce peuple à la suite de l’arrivée de nos ancêtres. L’étrangeté que l’on peut ressentir lorsqu’on se retrouve entre deux mondes.

    Ma réflexion.

    Ça y est ! Mon aventure est commencée. Une autre. Différente.

    Je ne sais pas où je vais, sinon ailleurs. À quelques reprises, je suis allé à Riviera Maya où j’ai fait des excursions touristiques. Pour la première fois, j’ai habité Cancún, la ville. J’avais des craintes, puisque plusieurs reportages et séries télévisées montraient une violence et une pauvreté insoutenables. Finalement, je n’ai été témoin de rien de violent… sinon, bien sûr, d’une pauvreté occidentale. Une grande violence où l’on ne cesse de vous rappeler ce que pourrait être votre vie « si ».

    De Cancún, j’ai pris un billet d’avion pour le Guatemala où je passerai un certain temps. C’est la première fois que je visite ce pays. Après m’être plus ou moins adapté au peso mexicain, c’était la confusion totale quand j’ai dû payer le taxi à mon arrivée à l’hôtel. Je ne connaissais pas la valeur du quetzal, ni son équivalent en dollars canadiens. Sûrement le stress, car je n’ai pas pensé à faire une règle de trois avec le prix de la chambre. De plus, j’ai demandé à passer par un guichet automatique pour retirer de la monnaie locale. Là encore, je n’avais aucune idée de ce que je retirais : Q1000*. Un sentiment bizarre.

    Mon espagnol se limite à quelques mots. J’ai perdu l’essentiel du peu que j’avais acquis durant mes voyages et mes cours. Quant à ma grand-mère espagnole, il n’y a eu aucune transmission de sa langue. Mon père, lui, me disait que cela ne servait à rien, que c’était l’anglais qu’il fallait apprendre.

    Mais bon, le chauffeur de taxi et moi avons fini par nous comprendre, bien qu’il s’agisse là d’une autre perte de repères. J’assume cette incompréhension, peut-être avec un sentiment d’impuissance. J’ai toutefois la chance de comprendre le système économique ; il me reste des repères essentiels. Heureusement. Il y a de l’espoir pour la suite.


    *Q1000 correspond à environ 173 $ canadiens. Mais que peut-on faire au Guatemala avec cette somme ?

    8 mars 2026


    Kukum: An Inspired Reflection

    I truly enjoyed this book, which allowed me to discover more about the traditional lifestyle of the Innu people and the challenges they faced following the arrival of our ancestors. It evokes the strangeness one feels when caught between two worlds.

    My reflection.

    This is it! My adventure has begun. Another one. Different.

    I don’t know where I am going, other than « elsewhere. » On a few occasions, I visited Riviera Maya for tourist excursions. But for the first time, I lived in Cancún, the city. I had fears, as many reports and TV series depicted unsustainable violence and poverty. In the end, I witnessed nothing violent… except, of course, a Western kind of poverty. A profound violence where you are constantly reminded of what your life « could be » if only.

    From Cancún, I flew to Guatemala, where I will stay for a while. It is my first time visiting this country. After more or less adapting to Mexican pesos, it was total confusion when I had to pay the taxi upon reaching my new hotel. I didn’t know the value of the quetzal or its Canadian dollar equivalent. It was likely the stress, as I didn’t think to use the room price to calculate the exchange. Furthermore, I asked to stop at an ATM to withdraw local currency. Even then, I had no idea how much I was taking out: Q1000*. A bizarre feeling.

    My Spanish is limited to a few words. I have lost most of the little I learned during past travels and classes. As for my Spanish grandmother, there was no transmission of her language. My father told me it was useless—that English was the language one had to learn.

    Regardless, the taxi driver and I eventually understood each other, though it was yet another loss of bearings. I accept this lack of understanding, perhaps with a sense of helplessness. However, I am fortunate enough to understand the economic system; essential markers remain. Thankfully. There is hope for what comes next.


    *Q1000 is approximately 173 Canadian dollars. But what can one do in Guatemala with such a sum?

    8 mars 2026

  • En pause / On Break

    En pause

    8 mars 2026


    On Break

    8 mars 2026

  • Corde sensible: l’individu cache le peuple

    Corde sensible: l’individu cache le peuple

    Corde sensible : l’individu cache le peuple

    Corde sensible fait un bref survol du phénomène de l’indignation. C’est intéressant ; un bon point de départ pour se questionner sur ce sujet.

    Dans une société où l’individu prend de plus en plus de place, où chacun cherche l’humain en soi, il semble naturel de ressentir le besoin de se regrouper pour compenser la solitude qui en découle. Quels critères attirent vers un tel groupe ? Qu’est-ce qu’on tente d’exprimer ? Que demande-t-on, finalement ?

    On choisit de rejoindre un groupe parce qu’un ami y participe, parce qu’on se reconnaît dans certains membres, ou parce que l’objectif nous rejoint. Souvent, notre jugement de la situation s’arrête là, car on a l’impression d’enfin appartenir à un regroupement et de se battre pour une cause. Avec le temps, les irritants apparaissent de plus en plus, quelquefois à tel point qu’on finit par écouter ceux qui ont l’opinion opposée. C’est la confusion. Bien qu’on partage la raison officielle du rassemblement, on s’y sent de moins en moins à l’aise. La cause nous touche, nous y sommes sensibles, on s’identifie facilement à celle-ci, mais…

    Le groupe contient plusieurs sous-groupes menés par un leader ayant sa propre vision de la situation et ses propres objectifs personnels. La discipline du groupe est essentielle pour progresser vers l’objectif commun officiel ; autrement, un éventail de réactions apparaît : colère, jeux de provocation, indignation mal placée ou mal exprimée, etc. C’est le chaos.

    Au Québec, de par notre langue, notre histoire et notre relation particulière avec la religion, nous sommes conscients de vivre dans une société distincte de celle du Canada, sans pour autant abandonner l’idée de vivre ensemble. Effectivement, ce n’est pas la diversité qui fait peur aux Québécois, le Québec étant depuis son origine multiethnique. Il s’agit plutôt d’un besoin vital, une réaction diffuse et énergique, une forme de seconde nature résultant de siècles de batailles pour défendre son droit d’exister — pour se défendre, entre autres, contre des attaques portant sur un racisme qui serait spécifiquement québécois.

    Vivre-ensemble (Source : L’Internaute) « Concept qui exprime les liens pacifiques, de bonne entente qu’entretiennent des personnes, des peuples ou des ethnies avec d’autres, dans leur environnement de vie ou leur territoire. »

    Pour l’UNESCO « Vivre ensemble en paix, c’est accepter les différences, être à l’écoute, faire preuve d’estime, de respect et de reconnaissance envers autrui et vivre dans un esprit de paix et d’harmonie. »

    Le Canada fait fortement la promotion du multiculturalisme, ce qui est conforme à la Déclaration universelle des droits de l’homme. En soi, cela n’est pas un problème pour le Québec, malgré tous les mots échangés. Selon moi, le véritable enjeu est celui de la protection de la culture québécoise et de la reconnaissance du peuple qui la maintient vivante. Une menace bien réelle existe par le simple fait que son existence distincte est niée. Il s’agirait donc d’un « multiculturalisme québécois » où, en raison du besoin de préservation de son unicité, la culture québécoise serait considérée comme un élément de cohésion et de paix, un lieu de convergence.

    8 mars 2026


    Sensitive Nerve: The Individual Conceals the People

    Corde sensible (Sensitive Nerve) provides a brief overview of the phenomenon of indignation. It is interesting—a solid starting point for questioning the subject.

    In a society where the individual occupies more and more space, where everyone seeks the « human » within themselves, it seems natural to feel the need to group together to compensate for the resulting loneliness. What criteria attract someone to such a group? What are we trying to express? What are we ultimately asking for?

    We choose to join a group because a friend is involved, because we recognize ourselves in certain members, or because the goal resonates with us. Often, our judgment of the situation stops there because we feel we finally belong to a group and are fighting for a cause. Over time, irritants increasingly surface, sometimes to the point where we begin to listen to those with opposing opinions. This leads to confusion. Although we share the official reason for the gathering, we feel less and less at ease. The cause touches us; we are sensitive to it and identify with it easily, but…

    The group contains several sub-groups led by leaders with their own visions of the situation and their own personal objectives. Group discipline is essential for moving toward the official common goal; otherwise, a range of reactions appears: anger, provocative games, misplaced or poorly expressed indignation, and so on. It is chaos.

    In Quebec, through our language, our history, and our unique relationship with religion, we are aware of living in a society distinct from that of Canada, without abandoning the idea of living together. Indeed, it is not diversity that scares Quebecers, as Quebec has been multiethnic since its inception. Rather, it is a vital need, a diffuse and energetic reaction—a sort of second nature resulting from centuries of battling to defend its right to exist; to defend itself, among other things, against attacks regarding a racism that is claimed to be specifically Quebecois.

    Living Together (Source: L’Internaute) « A concept expressing the peaceful bonds and good understanding maintained by individuals, peoples, or ethnic groups with others, within their living environment or territory. »

    According to UNESCO « Living together in peace is about accepting differences, being a good listener, showing esteem, respect, and appreciation toward others, and living in a spirit of peace and harmony. »

    Canada strongly promotes multiculturalism, which is consistent with the Universal Declaration of Human Rights. In itself, this is not a problem for Quebec, despite all the rhetoric exchanged. In my view, the real issue is the protection of Quebec culture and the recognition of the people who keep it alive. A very real threat exists simply because its distinct existence is denied. It would therefore be a « Quebec-style multiculturalism » where, due to the need to preserve its uniqueness, Quebec culture would be considered an element of cohesion and peace—a point of convergence.

    March 8, 2026

  • Sabrina: la fille de Lucifer

    Sabrina: la fille de Lucifer

    Sabrina : la fille de Lucifer

    La troisième saison des Nouvelles Aventures de Sabrina est marquée par le chaos. Une série amusante. Comme vous vous en doutez, ce troisième volet m’a permis d’écrire encore sur l’identité et l’identitaire.

    Même s’il semble a priori simple de définir l’identité d’un individu, les choses se compliquent dès que l’on approfondit la recherche. Qu’il s’agisse de la couleur de peau, de l’origine ethnique, des croyances religieuses, de l’orientation sexuelle ou même du genre, tout demande des nuances. J’ai aussi souvent fait référence à la psychologie, qui sert à certaines personnes à définir autrui. Bref, nous nous sentons tous, tôt ou tard, limités à un seul aspect : homme, Blanc, autiste, etc.

    Ces différentes facettes de nous-mêmes se combattent, s’allient, se fusionnent, se détestent ou se rejettent. Par moments, c’est le chaos intérieur et un travail de réconciliation est nécessaire pour rester un minimum fonctionnel et pour, autant que possible, atteindre un équilibre. Assurément, des deuils sont à faire. De nouveaux aspects apparaissent, d’autres se modifient. Le tout vise à s’adapter à notre environnement changeant tout en restant cohérent avec soi-même, malgré des périodes de désorganisation totale inévitables.

    J’aime percevoir les collectivités de la même façon : comme un individu complexe sur lequel on ne jetterait un regard que sur un seul aspect de son identité. On peut décider de regrouper des gens par leur couleur de peau, par leur genre ou par leur religion. Ce sont différents points communs auxquels des personnes peuvent s’identifier et selon lesquels elles décident de se regrouper. L’identification peut se faire plus ou moins consciemment, bien que certains groupes présentent une affinité évidente. Quelquefois, aller au-delà de la première impression peut conduire à des découvertes insoupçonnées.

    Que ce soit pour un individu ou une collectivité, identifier les sources du conflit interne est une étape essentielle. Ces sources donnent un sens à de nombreux agissements. Les nommer apporte un apaisement, une compréhension. Du chaos naît une nouvelle organisation.

    Dans ce troisième volet de Sabrina, il est question de l’harmonisation des royaumes. C’est une vérité qui s’applique tant à l’individu qu’à la collectivité.

    8 mars 2026


    Sabrina: Lucifer’s Daughter

    The third season of Chilling Adventures of Sabrina is marked by chaos. An entertaining series. As you might expect, this third installment allowed me to write further on identity and the self.

    Even if defining an individual’s identity seems simple on the surface, things become complicated as soon as one digs deeper. Whether we speak of skin color, ethnic origin, religious beliefs, sexual orientation, or even gender, everything requires nuance. I have also frequently referred to psychology, which some use to define others. In short, we all, sooner or later, feel limited to a single aspect: man, White, autistic, and so on.

    These different parts of ourselves fight, ally, merge, hate, or reject one another. At times, there is internal chaos, and a work of reconciliation is necessary to remain somewhat functional and to reach, as much as possible, a state of balance. Undoubtedly, there are griefs to be processed. New aspects emerge; others are modified. The goal of it all is to adapt to our changing environment while remaining consistent with ourselves, despite inevitable periods of total disorganization.

    I like to view communities in the same way: as a complex individual upon whom we cast a gaze focused on only one aspect of their identity. We may choose to group people by skin color, gender, or religion. These are various common traits with which people can identify and decide to cluster accordingly. This identification can happen more or less consciously, though some groups have an obvious commonality. Sometimes, going beyond the first impression can lead to unexpected discoveries.

    Whether for an individual or a collective, identifying the sources of internal conflict is an essential step. These sources give meaning to many actions. Naming them brings peace and understanding. Out of chaos, a new organization is born.

    In the third part of Sabrina, there is talk of the « harmonization of the realms. » This is as true for the individual as it is for the collective.

    March 8, 2026

  • Vikings : un peuple

    Vikings : un peuple

    Vikings : un peuple

    J’ai bien apprécié les deux premières saisons de la série Vikings sur Netflix. Elle semble également disponible sur d’autres services de diffusion. Outre les intrigues propres à cette œuvre, j’ai plongé dans une réflexion sur l’organisation des sociétés, sur la concertation et la coopération des individus, sur les croyances qui les unissent et sur l’équilibre entre l’individualisme et le communautarisme.

    La collectivité

    Dans les sociétés où l’individu est priorisé — plus ou moins volontiers selon les situations — il apparaît que l’on cherche l’humain à l’intérieur de chacun. C’est une quête menée avec une conscience inégale selon les personnes ou les périodes de la vie. J’en parlais dans mon texte précédent : il s’agit d’un idéal vers lequel nous nous dirigeons, un objectif auquel nous souhaitons participer.

    Dans d’autres sociétés, le groupe prime sur toute autre considération. L’humain est plutôt recherché dans sa manifestation globale et commune. L’individu y est perçu comme une simple partie de cette unité formée par l’ensemble. La représentation de l’idéal est donc à l’opposé, et la participation à cet objectif tout aussi différente.

    Trouver l’humain en nous aux dépens de la société, ou trouver l’humain dans la société aux dépens de l’individu : pourrait-on résumer ainsi ces deux approches ?

    Il y a certainement là un défi de concertation et de coopération. Une fois la différence identifiée et nommée, il reste à établir un pont, une sorte de traducteur qui nous permettra de nous enrichir les uns des autres, plutôt que de diaboliser ce qui nous était encore incompréhensible hier.

    8 mars 2026


    Vikings: A People

    I thoroughly enjoyed the first two seasons of the series Vikings on Netflix. It also appears to be available on other streaming services. Beyond the plotlines specific to the show, I found myself reflecting on the organization of societies, the dialogue and cooperation between individuals, the beliefs that unite them, and the balance between individualism and communitarianism.

    The Collective

    In societies where the individual is prioritized—more or less willingly depending on the situation—it seems that we look for the « human » within each person. This quest is carried out with varying levels of awareness depending on the individual or the stage of their life. I mentioned this in my previous text: it is an ideal toward which we move, an objective in which we wish to take part.

    In other societies, the group takes precedence over all other considerations. The « human » is instead sought in its global, collective manifestation. The individual is seen as a part of this unity formed by the whole. The representation of the ideal is therefore the polar opposite, and the participation in this objective is just as different.

    Finding the human within ourselves at the expense of society, or finding the human within society at the expense of the individual: could these two approaches be summarized this way?

    There is certainly a challenge of dialogue and cooperation here. Once the difference is identified and named, what remains is to build a bridge—a kind of translator that allows us to enrich one another, rather than demonizing what was incomprehensible to us only yesterday.

    March 8, 2026

  • Katherine Levac: l’individu dans le peuple

    Katherine Levac: l’individu dans le peuple

    Katherine Levac : l’individu dans le peuple

    Le spectacle de vendredi dernier de Katherine Levac au Théâtre Desjardins. Elle raconte avec humour et légèreté certains passages de sa vie de Franco-Ontarienne. Une belle soirée très agréable au cours de laquelle j’ai ri quelques fois, mais j’ai surtout souri du début à la fin. Le spectacle nous a beaucoup plu.

    L’individu

    Ma vie s’est construite dans la souffrance, les peines, les rejets et l’abandon. Il y a en moi une sorte de sentiment de « laissé-pour-compte ». Il est inutile de revenir sur les traumatismes et les moments difficiles déjà mentionnés dans plusieurs textes précédents. J’ai eu, bien sûr, une chance inouïe de traverser ces épreuves et j’en suis reconnaissant.

    Ce qui me semble important de souligner est l’universalité de ces expériences humaines. Je suis conscient que chacun les a vécues sous une forme ou une autre, et sûrement à des degrés divers. C’est le fait d’être humain qui nous permet de nous rejoindre dans ce vécu. Il s’agit de notre nature, un lieu commun.

    Tout au long de notre vie, nous tentons de prouver notre valeur, de faire valoir notre droit d’exister et, plus particulièrement, d’essayer de nous faire aimer pour ce que nous sommes. Nos blessures et nos réalisations définiront en partie l’image que nous avons de nous-mêmes ; une représentation de soi avec laquelle nous chercherons, plus ou moins adroitement, à nous relier aux autres. Nous finissons par être esclaves de cette vision.

    Il est possible de se libérer de ces contraintes, imposées le plus souvent par l’environnement. Prendre conscience de ce qui affecte l’image que nous avons de nous-mêmes est certainement un premier pas. Cette conscientisation permettra éventuellement de nous libérer et de mieux nous connecter à notre nature profonde, sans pour autant renier ce qui nous distingue les uns des autres. Nous serons alors en mesure de déterminer consciemment nos réactions, plutôt que de les laisser dictées par les blessures, les peines, la colère ou les frustrations.

    8 mars 2026


    Katherine Levac: The Individual Within the People

    Last Friday’s show by Katherine Levac at Théâtre Desjardins. With humor and levity, she recounts certain chapters of her life as a Franco-Ontarian. It was a lovely, pleasant evening during which I laughed a few times, but above all, I smiled from beginning to end. We enjoyed the performance very much.

    The Individual

    My life has been forged through suffering, sorrow, rejection, and abandonment. There is a sort of feeling of being « left behind » within me. There is no need to revisit the traumas and difficult moments already mentioned in several previous texts. I have, of course, been incredibly fortunate to make it through these difficulties, and for that, I am grateful.

    What seems important to specify is the universality of these human experiences. I am aware that everyone has lived through them in one form or another, and surely to varying degrees. It is the very fact of being human that allows us to find common ground in these experiences. This is our nature—a common thread.

    Throughout our lives, we strive to prove our worth, to assert our right to exist, and more specifically, to try to be loved for who we are. Our wounds and our achievements will partly define the image we have of ourselves; a self-representation through which we seek, more or less skillfully, to connect with others. Ultimately, we become slaves to this vision.

    It is possible to free oneself from these constraints, which are most often imposed by our environment. Becoming aware of what affects our self-image is certainly a first step. This realization will eventually allow us to liberate ourselves and better connect with our deep nature, without denying what distinguishes us from one another. We will then be able to consciously determine our reactions, rather than having them dictated by wounds, sorrows, anger, or frustrations.

    March 8, 2026

  • « We Shall Overcome »: un regard sur l’identité

    « We Shall Overcome »: un regard sur l’identité

    « We Shall Overcome » : un regard sur l’identité

    Mercredi, j’ai lu le discours de Martin Luther King dans l’ouvrage Les 100 discours qui ont marqué le XXe siècle. On y trouve également un court texte qui brosse un portrait de la situation à l’époque où celui-ci a été prononcé. Jeudi, je suis allé voir le spectacle We Shall Overcome, qui porte le même nom qu’un des discours de Martin Luther King.

    L’image et l’identité.

    Comme la majorité, je connaissais « I have a dream »… J’ai aussi entendu parler du célèbre rêve américain. Moi-même, j’ai pris une photo de New York que j’ai intitulée Enfin !. Je tente, de temps à autre, d’en faire une représentation en peinture que j’appellerai Le Rêve.

    Quel est ce rêve ? De quoi rêvons-nous, finalement ? De liberté, bien sûr. De paix, probablement. De prospérité économique et humaine, assurément. A-t-on déjà vu quelqu’un espérer être enchaîné, pauvre ou victime de discrimination ? Chacun souhaite surmonter les obstacles pour réaliser son potentiel, améliorer son sort et posséder une belle image de soi-même. Il en est de même pour les collectivités.

    Qu’il s’agisse d’un individu ou d’un peuple, il est tout à fait normal de vouloir triompher et vaincre une injustice. Il ne s’agit pas d’inverser les rôles pour que le dominé devienne le dominant. Il est ici question d’égalité, de compréhension et d’empathie. On peut bien écouter la souffrance de quelqu’un, l’entendre au point de répéter ses mots ou de pouvoir raconter son histoire, mais la recevons-nous véritablement ?

    Au-delà de l’espoir de liberté et d’accès à une certaine justice, il y a le poids du passé qui doit être porté : l’héritage. C’est un devoir que d’aider les gens à retrouver leurs racines et de prendre notre part de responsabilité : un autre héritage. En reconnaissant l’injustice passée et en se pardonnant, l’un à l’autre et à soi-même, une réconciliation devient possible.

    Peut-être que tout cela est une question d’image ; celle que nos ancêtres projetaient sur la culture et sur la réalité. Nous brisions cette image de l’autre à nos yeux, et la victoire à la guerre imposait également notre vision aux vaincus. Cela n’a pas changé. En temps de guerre, on brise le moral de l’ennemi et, ce faisant, on se motive en vantant la supériorité de notre propre image. C’est nécessaire pour se faire la guerre.

    Ensuite, les gagnants imposent leur culture, leurs lois et leur vision de la réalité. C’est automatique, il n’y a aucun doute là-dessus. Quant aux perdants, ils entament une longue reconstruction. Ils doivent se relever et se forger une nouvelle image d’eux-mêmes. Plus ou moins consciemment, chacun cherche l’égalité avec les vainqueurs. Les tensions reprennent donc tôt ou tard car, pour obtenir cette égalité, le prix à payer est souvent la perte de son identité, ce qui s’avère dysfonctionnel.

    Quelque part, il y a aussi un prix à payer pour le gagnant : adapter son image à une nouvelle réalité et à un nouvel équilibre sain, à travers l’égalité avec celui qu’il détruisait encore hier.

    8 mars 2026


    « We Shall Overcome »: A Look at Identity

    On Wednesday, I read Martin Luther King’s speech in the book The 100 Speeches That Marked the 20th Century. It also includes a short text outlining the situation at the time it was delivered. On Thursday, I went to see the show We Shall Overcome, named after one of Martin Luther King’s speeches.

    Image and identity.

    Like most people, I was familiar with « I have a dream »… I have also heard of the famous American Dream. I even took a photograph of New York myself, which I titled Finally!. From time to time, I attempt to paint a representation of it that I will call The Dream.

    What is this dream? What do we ultimately dream of? Of freedom, of course. Of peace, probably. Of economic and human prosperity, certainly. Have we ever seen anyone hope to be shackled, impoverished, or a victim of discrimination? Everyone wishes to overcome obstacles to realize their potential, improve their lot, and maintain a positive self-image. The same applies to communities.

    Whether we speak of an individual or a people, it is only natural to want to triumph and overcome injustice. It is not about reversing roles so that the oppressed becomes the oppressor. It is about equality, understanding, and empathy. We may listen to someone’s suffering, hear it well enough to repeat the words or retell their story, but do we truly receive it?

    Beyond the hope for freedom and access to a measure of justice, there is the weight of the past that must be carried: heritage. It is a duty to help people find their roots and to take our share of responsibility: another form of heritage. By acknowledging past injustice and forgiving one another and ourselves, reconciliation becomes possible.

    Perhaps all of this is a question of image—the image our ancestors held of culture and reality. We would shatter the image of the « other » in our eyes, and victory in war would impose our vision upon the vanquished. This hasn’t changed. In times of war, we break the enemy’s morale, and in doing so, we motivate ourselves by boasting of the superiority of our own image. This is necessary to wage war.

    Afterward, the winners impose their culture, their laws, and their vision of reality. It is automatic; there is no doubt about it. As for the losers, they begin a long process of reconstruction. They must pick themselves up and rebuild their self-image. More or less consciously, everyone seeks equality with the victors. Tensions thus resurface sooner or later because, to achieve this equality, the price to pay is often the loss of one’s identity, which proves to be dysfunctional.

    In a way, there is also a price for the winner to pay: adapting their image to a new reality and a new, healthy balance through equality with the very person they were destroying only yesterday.

    March 8, 2026

  • Ma religion et mon identité

    Ma religion et mon identité

    Ma religion et mon identité

    « Dans cette chronique, l’auteur explore la psychogénéalogie de sa propre âme. En remontant à son expérience de mort imminente (le tunnel et l’être de lumière), il identifie le point de départ de son « devoir humain ». Le catholicisme, qu’il a reçu en héritage de sa mère et de sa grand-mère, agit ici comme le Surmoi originel : un cadre qui offre des instructions pour « devenir une meilleure personne » mais qui peut aussi devenir une cage (le pensionnat, l’ordre contemplatif). L’auteur fait un parallèle fascinant entre ses bibles (celle de l’armée, celle de sa tante, celle de ses pairs) et les différentes couches de son identité : le soldat, l’autiste à « guérir » et l’homme affilié. En se comparant à Lucifer se révoltant contre son père, il reconnaît que cette révolte est elle-même une partie de son « programme » interne. Le Sanctificateur intervient ici pour transformer ces « relents » religieux en une quête de sens rationnelle et universelle. »

    Ma religion et mon identité

    Croire qu’il y a une lumière au bout du tunnel suscite le courage de continuer et éveille l’espoir de jours meilleurs. On le souhaite, on en rêve et on marche vers ce qui nous semble être l’idéal. C’est aussi ce que je fais. Sauf que…

    Justement, à la suite de mon accident, durant mon coma, j’ai traversé un tunnel noir au bout duquel se trouvait un être lumineux. Dès mon arrivée, il m’a dit de retourner sur Terre. Je ne le souhaitais pas et lui ai demandé pourquoi. Il m’a fait voir mon avenir, dont je n’ai gardé que quelques vagues souvenirs. Il s’agissait de la réalisation de mes rêves les plus profonds. J’ai écrit sur cette expérience dans mon livre L’enfer de Dieu.

    Comme vous pouvez l’imaginer, cela a transformé ma vision de la vie. J’ai toujours eu un côté mystique. Très jeune, j’envisageais la possibilité d’être prêtre ou moine, sûrement un moine contemplatif. Le vœu de chasteté m’apparaissait toutefois impossible et, peu à peu, j’en suis venu à m’enrôler dans les Forces armées canadiennes.

    De mon service militaire, je n’ai rien gardé de concret, hormis des certificats d’études et une tonne de papiers médicaux destinés à faire valoir mes droits. Je me suis départi du reste, qui n’avait aucun but pratique ou essentiel. J’ai néanmoins conservé ce petit livre que l’on voit sur la photo ci-haut. Plus tard, une vieille tante m’a donné une bible dans l’espoir de me guérir de ce qui lui semblait être un « mal » chez moi. (Faisait-elle référence à mon autisme ?) Plus de dix ans après ce dernier cadeau, un groupe d’hommes auxquels je m’étais affilié m’a aussi offert une bible dans laquelle certains ont signé leur nom. On peut voir ces présents sur la photo.

    D’une grand-mère soumise à la religion, en passant par une mère franchement marquée, jusqu’à moi qui ai été pensionnaire dans une école religieuse, j’ai été imprégné par le catholicisme. Après une longue introspection, je vois comment les textes imagés de ces livres ont influencé mon identité et pourquoi j’en trouve des « relents » au cœur de ce que je suis en tant qu’être humain.

    La semaine dernière, je mentionnais le « petit programme » qui s’activait sans même que je m’en rende compte. Une partie de moi est soumise à cette routine sans que je puisse y faire quoi que ce soit. J’avais beau agir comme le personnage de Lucifer dans la série éponyme — c’est-à-dire me révolter contre mes parents et en particulier contre mon père — il n’en demeurait pas moins que cela faisait partie de ma nature.

    La religion sculpte l’identité : elle offre un cadre, une référence à notre comportement et donne des paramètres sur la façon de vivre avec l’autre. Les livres saints sont également un mode d’emploi pour l’usage de notre humanité, une sorte de série d’instructions pour devenir de meilleures personnes. La religion nous fournit un idéal à atteindre ou, du moins, vers lequel se diriger. Établir cet idéal donne, selon moi, un sens à notre vie.

    Les revers ? Il y en a, bien sûr. Mais il y a tout de même un héritage à assumer et des leçons à tirer. Connaissez-vous la psychogénéalogie ? J’en parle brièvement dans mon texte Héritage.


    My Religion and My Identity

    « In this column, the author explores the psychogenealogy of his own soul. Recalling his near-death experience (the tunnel and the being of light), he identifies the starting point of his ‘human duty.’ Catholicism, inherited from his mother and grandmother, acts here as the original Superego: a framework offering instructions to ‘become a better person’ but which can also become a cage (the boarding school, the contemplative order). The author draws a fascinating parallel between his Bibles (the military one, his aunt’s, his peers’) and the different layers of his identity: the soldier, the autistic person to ‘cure,’ and the affiliated man. By comparing himself to Lucifer rebelling against his father, he recognizes that this rebellion is itself part of his internal ‘program.’ The Sanctifier intervenes here to transform these religious ‘traces’ into a rational and universal search for meaning. »


    My Religion and My Identity

    Believing there is a light at the end of the tunnel gives one the courage to keep going and awakens the hope for better days. We wish for it, we dream of it, and we walk toward what seems to be the ideal. This is what I do as well. Except…

    Precisely, following my accident, while in a coma, I traversed a dark tunnel at the end of which stood a being of light. Upon my arrival, it told me to return to Earth. I did not want to and asked why. It showed me my future, of which I have kept only vague memories. It involved the fulfillment of my deepest dreams. I wrote about this experience in my book, L’enfer de Dieu (God’s Hell).

    As you can imagine, this transformed my vision of life. I have always had a mystical side. At a very young age, I considered the possibility of becoming a priest or a monk—likely a contemplative monk. However, the vow of chastity seemed impossible to me, and gradually, I ended up enlisting in the Canadian Armed Forces.

    From my military service, I have kept nothing concrete, save for educational certificates and a mountain of medical records to assert my rights. I got rid of the rest, which served no practical or essential purpose. I did, however, keep the small book seen in the photo above. Later, an elderly aunt gave me a Bible in the hope of curing what she perceived as an « ailment » in me. (Was she referring to my autism?) More than a decade after that gift, a group of men I was affiliated with also gave me a Bible in which some had signed their names. These gifts can be seen in the photo.

    From a grandmother submissive to religion, to a mother deeply marked by it, to myself as a boarder in a religious school, I was steeped in Catholicism. After long introspection, I can see how the vivid imagery of these books influenced my identity, and why I find « traces » of them at the core of who I am as a human being.

    Last week, I mentioned the « small program » that activated without me even realizing it. A part of me is bound to this routine, and there is nothing I can do about it. No matter how much I acted like the character of Lucifer in the series of the same name—rebelling against my parents and particularly my father—the fact remains that it was part of my nature.

    Religion carves out identity; it offers a framework, a reference for our behavior, and sets parameters for how to live with others. Holy books are also a user manual for our humanity, a kind of set of instructions on how to become better people. Religion provides an ideal to reach for or, at the very least, a direction in which to head. In my opinion, establishing this ideal gives meaning to our lives.

    The drawbacks? There are some, of course. Nonetheless, there is a heritage to embrace and lessons to be learned. Are you familiar with psychogenealogy? I also speak briefly about it in my text, Héritage.

  • La Faille: une réflexion inspirée

    La Faille: une réflexion inspirée

    La Faille: une réflexion inspirée

    J’ai bien aimé la première saison de cette surprenante série. Je vous la conseille.

    Ma réflexion de ce vendredi est une suite sur l’identité et l’identitaire. En fin de compte, je cherchais qui j’étais et croyais pouvoir investir à peu près n’importe quel aspect de la vie. J’ai choisi d’être militaire sans savoir à quel point cela correspondait au fonctionnement de mon esprit. Même là, je me projetais dans un avenir où j’étudierais la psychologie au sein des Forces armées, dès que mon changement de carrière le permettrait.

    De tout cela, il ne reste que l’essence. J’ai gardé l’esprit militaire et passé ma vie à explorer les profondeurs de l’âme humaine, acquérant des connaissances grâce à l’expérimentation sur moi-même. J’étais mon propre cobaye, mon corps un laboratoire pour comprendre ma nature. J’ai été la victime de quelques bourreaux, mais aussi de moi-même. Je cherchais les lois internes qui me faisaient agir d’une certaine façon ou penser autrement.

    J’étais ouvert aux explications, trop ouvert. Je me faisais souvent la réflexion que j’agissais ainsi pour expérimenter la vie, un peu comme si, caché en moi, un « petit programme »* s’exécutait sans mon consentement pour que je devienne un objet de fantasme. On projetait sur moi d’abord des espoirs, puis, après un temps, les peurs les plus sombres que ces personnes portaient en elles.

    Ainsi, une personne ayant honte de l’origine modeste de sa famille finissait par vouloir me faire vivre cette pauvreté, même si je n’avais aucun lien, de près ou de loin, avec cette situation. Une autre, effrayée par ses propres dissociations, étudiait la chose et commençait à expliquer ses problèmes familiaux et sociaux à partir de la projection de ses propres écarts. Je devenais pour elle un écran formidable. Ces personnes, et bien d’autres, se sentaient soulagées d’un poids, de quelque chose qui leur faisait mal, comme si elles pouvaient enfin se venger sur quelqu’un qui comprenait, qui acceptait ces souffrances. Elles croyaient que je les méritais ; elles le pressentaient. J’aurais beau parler, par exemple, de mon autisme jusqu’à la fin des temps, si l’autre y voit une dissociation, c’est immuable. 👈 (Projection, préjugés et fermeture.)

    Cette projection sur moi expliquait enfin leur mal. Mon désir absolu de compréhension était un écran idéal, tandis que mon empathie donnait un sens à leurs actions. Le tout donnait l’impression d’une mauvaise estime de soi, agrémentée de culpabilité — peu importe qu’il s’agisse de celle de la victime. Dans ce transfert, j’étais LE bourreau, la cause du chaos.


    *Le « petit programme » en question :

    « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29)

    « L’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. » (Ésaïe 53:6)

    8 mars 2026


    La Faille: An Inspired Reflection

    The Wall (La Faille) I truly enjoyed the first season of this surprising series. I highly recommend it.

    My reflection for this Friday is a continuation of my thoughts on identity. In the end, I was searching for who I was and believed I could invest myself in almost any aspect of life. I chose to be a soldier without realizing how much it aligned with the way my mind functions. Even then, I envisioned a future where I would study psychology within the Armed Forces as soon as a career change allowed.

    Of all that, only the essence remains. I have kept the military mindset and spent my life exploring the depths of the human soul, gaining knowledge through self-experimentation. I was my own guinea pig, my body a laboratory to understand my nature. I have been the victim of a few tormentors, but also of myself. I sought the internal laws that made me act in such a way or think otherwise.

    I was open to explanations—too open. I often reflected that I was doing this to experience life, almost as if, hidden within me, a « small program »* was running without my consent, turning me into an object of fantasy. People first projected their hopes onto me, then, after a while, the darkest fears they carried within themselves.

    For instance, someone ashamed of their family’s modest origins would eventually want me to experience that poverty, even though I had no connection, near or far, to that situation. Another person, frightened by their own dissociations, would study the subject and begin to explain their family and social problems by projecting their own lapses onto me. I became a formidable screen for them. These people, and many others, felt relieved of a burden, of something that hurt them, as if they could finally take revenge on someone who understood, who accepted these sufferings. They believed I deserved them; they sensed it. I could speak about my autism until the end of time, but if the other person sees it as dissociation, it is set in stone. 👈 (Projection, prejudice, and closed-mindedness.)

    This projection onto me finally explained their pain. My absolute desire for understanding served as a perfect screen, while my empathy gave meaning to their actions. The whole thing gave the impression of low self-esteem seasoned with guilt—regardless of whether it was the victim’s guilt. In this transference, I was THE tormentor, the cause of the chaos.


    *The « small program » in question:

    « Behold! The Lamb of God who takes away the sin of the world! » (John 1:29)

    « And the Lord has laid on Him the iniquity of us all. » (Isaiah 53:6)

    March 8, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »