Auteur : Christian Legault

  • Je, me, moi

    Je, me, moi

    Je, me, moi

    Même après une si longue pause, je n’ai aucun texte de préparé. J’ai pratiquement épuisé ma liste d’idées de sujets que je mets plus ou moins à jour lorsque je crois tenir un thème intéressant à traiter. Bref.

    Mercredi, je vous parlais de discrimination. N’est-ce pas ridicule de ma part d’être resté dans un environnement si malsain pendant autant d’années ? Ne devrais-je pas en culpabiliser, voire m’en excuser auprès de tous, ou au minimum auprès de mon enfant ?

    Certainement. Ici et là, je l’ai fait. J’étais mal de voir les piètres résultats que j’atteignais malgré tous les efforts que je fournissais. Un boulet, une cruelle lourdeur m’habitait, impossible de la nommer davantage. Ce ressenti, ce vécu, avait des effets sur moi et sur ma vie, mais je ne savais pas de quoi il s’agissait. Ceci explique cela.

    Qu’aurait été ma vie sans cette maltraitance familiale et sans cette violence conjugale ? Personne ne saurait le dire. Néanmoins, avec tous ces textes que j’écris sur moi, sur ma vie, sur mon vécu et avec tout ce qui se passe actuellement, je constate que j’étais victime de violence. Quel soulagement de pouvoir enfin le nommer.

    Je ne tire aucune gloire à me dire avoir été victime. Vraiment aucune. Au contraire. Je pense que l’idée même d’être une victime me rebutait à tel point que je refusais de reconnaître que j’étais dans une telle situation. Qui veut être une victime ? Se voir démuni, sans ressources, pris au piège, affaibli ? Personne.

    Je suppose qu’il est aussi difficile de se voir dans la position du bourreau ; de réaliser, en fin de compte, que notre façon d’agir fait du mal, voire détruit des vies. C’est sûrement une prise de conscience horrible. En même temps, qui n’a jamais été de ce côté ?

    « Je, me, moi. » Cela peut être une façon de placer nos besoins avant ceux de tout le monde. Il existe la possibilité de toujours se faire passer en premier, de croire que nos besoins sont prioritaires et que ceux des autres sont insignifiants. C’est ainsi que l’on déshumanise l’autre.

    « Je, me, moi » peut aussi être une façon saine de travailler sur soi, de comprendre la vie. On regarde un film, une série télévisée ou un spectacle, et l’on cherche en soi une résonance, un vécu qui pourrait ressembler à ce que l’on voit. Quelque chose qui pourrait nous faire ressentir réellement cette expérience, ne serait-ce qu’un peu. Trouver ce qui nous a honnêtement motivés dans nos actions et percevoir ce qui, possiblement, anime les agissements de cet autre être humain.

    Un tel procédé permet de développer une capacité d’empathie et d’aiguiser notre compréhension de l’existence. Cela nous donne une idée de réalités différentes de la nôtre.

    En mémoire de Serge Christiaenssens : Lien Wikipédia

    11 mars 2026


    I, Me, Mine

    Even after such a long break, I have no prepared text. I have practically exhausted my list of ideas that I update more or less whenever I think I have an interesting subject to cover. In short.

    On Wednesday, I spoke to you about discrimination. Isn’t it ridiculous on my part to have stayed in such an unhealthy environment for so many years? Shouldn’t I feel guilty about it, or even apologize to everyone, or at the very least, to my child?

    Certainly. Here and there, I have done so. It pained me to see the poor results I achieved despite all the effort I put in. A ball and chain, a cruel heaviness inhabited me, impossible to name further. This feeling, this experience, had effects on me and my life, but I didn’t know what it was. This explains that.

    What would my life have been like without this family maltreatment and without this domestic violence? No one can say. Nevertheless, with all these texts I am writing about myself, my life, and my experience, and with everything happening now, I realize that I was a victim of violence. What a relief to finally name it.

    I take no pride in calling myself a victim. Truly none. On the contrary. I think the idea of being a victim repelled me to such an extent that I refused to acknowledge I was in such a situation. Who wants to be a victim? To see oneself helpless, without resources, trapped, weakened? No one.

    I suppose it is also difficult to see oneself in the position of the abuser; to realize, in the end, that our way of acting causes harm, or even destroys lives. It must be a horrific realization. At the same time, who has never been on that side?

    « I, me, mine. » This can be a way of putting our needs before everyone else’s. There is the possibility of always putting ourselves first, of seeing our needs as the priority while viewing others’ as insignificant. This is how the other is dehumanized.

    « I, me, mine » can also be a healthy way of working on oneself, of understanding life. We watch a film, a TV series, or a show, and we look within ourselves for a resonance, an experience that might resemble what we see. Something that could make us truly live that experience, if only a little. To honestly find what motivated our own actions and to see what possibly drives the actions of that other human being.

    Such a process allows us to develop a capacity for empathy and to sharpen our understanding of life. It gives us a sense of realities different from our own.

    In memory of Serge Christiaenssens: Wikipedia Link

    March 11, 2026

  • La discrimination

    La discrimination

    La discrimination

    Le Diable en canot d’écorce, sur TOU.TV. À la Maison symphonique de Montréal, le son et l’ambiance sont incroyables. C’est certain que ma télévision ne me rend pas toute cette réalité. Néanmoins, j’ai pu apprécier la musique de l’Orchestre symphonique de Montréal qui accompagne le conte de Noël revisité par Michel Tremblay et raconté par Laurent Paquin. J’ai bien aimé l’ensemble. C’était aussi l’occasion de me plonger dans les histoires de nos ancêtres qui nous habitent encore.

    Mon texte

    Laissez-moi vous parler encore un peu de moi, de mon vécu, de la façon dont la discrimination s’est présentée dans ma vie.

    Dès ma naissance, j’ai été identifié comme différent ; ça se savait. L’un de mes plus vieux souvenirs est celui où j’ai cassé une plante d’une seule main alors que ma mère m’invitait à la rejoindre à la fenêtre pour voir mon père revenir à la maison. Je ne sais pas comment j’ai su qu’il s’agissait d’un mensonge, que mon père ne reviendrait pas ; c’était une certitude en moi, simplement. Mes parents ont divorcé lorsque j’avais 18 mois. Ma mère s’est référée à cette colère toute ma vie : j’étais « le colérique ». Les autres suppositions de maladie mentale ne m’étaient pas dites ; j’ai réalisé beaucoup plus tard leur présence, et encore plus tard leurs impacts à travers les lourdes répercussions sur ma vie et mon bien-être.

    Avec mon accident de voiture, le polytraumatisme crânien et l’amnésie, la « machine » est partie. Aux théories secrètes de ma famille se sont ajoutées celles des médecins, de l’Armée, de la SAAQ* et d’autres encore. Chacun expliquait pourquoi j’étais comme ça, pourquoi j’étais différent. Personne n’avait de solution, personne ne me demandait si j’étais d’accord, si cela me faisait du bien ou si cela me permettait de vivre. Rien. Nada. Niet. Même après avoir été indemnisé ! On disait qu’on m’avait donné cet argent pour me faire taire.

    J’ai vu mon isolement grandir, tout comme ma souffrance, de plus en plus vécue dans le silence. Chaque mot que j’utilisais servait à justifier une maladie mentale : mon labyrinthe sans issue.

    Je ne demande à personne de comprendre comment mon esprit fonctionne. Je ne sais même pas s’il est possible que cela se fasse. Il suffirait que l’on puisse reconnaître et accepter que je fonctionne différemment, que j’analyse et expérimente la vie différemment. Ce que je demande, par contre, c’est d’être aimé et respecté pour ce que je suis, avec ma différence. Je n’en peux plus des fausses théories sur ce que je suis, sur cette « maladie » qui m’habiterait au point que je serais intégralement elle — au point que je ne serais plus un être humain, mais plutôt une petite chose à caser, à traiter, à éliminer. Un poids pour ma famille et pour cette société, comme si ma disparition allait enfin soulager l’une et l’autre. Ça suffit.

    Ça suffit. Je me suis séparé, puis j’ai divorcé. Peu à peu, les contacts avec ma famille ont aussi diminué pour finalement ne plus exister. Je ne vois plus de médecin pour m’expliquer ma différence, mais j’ai fait des démarches avec mon médecin de famille pour « diffuser » autant que possible dans le système de santé le fait que je suis autiste, afin de mettre en perspective les faux diagnostics. Je fais la paix avec mon passé en comprenant d’où venaient ces erreurs, les avantages que certains tiraient de ces faussetés, et ce qui poussait ma famille à se décharger en projetant maladivement sur moi ses propres problèmes. Ces agissements inhumains envers moi sont maintenant derrière moi. Je me doute toutefois que je devrai sans cesse rester vigilant pour me protéger, en démontrant tout ce que je peux réussir sans le poids de la discrimination.

    *Société de l’assurance automobile du Québec

    10 mars 2026


    Discrimination

    Le Diable en canot d’écorce (The Devil in a Bark Canoe), on TOU.TV. At the Maison symphonique de Montréal, the sound and atmosphere are incredible. Of course, my television cannot fully capture that reality. Nevertheless, I was able to appreciate the music of the Orchestre symphonique de Montréal accompanying the Christmas tale revisited by Michel Tremblay and narrated by Laurent Paquin. I enjoyed the whole experience. It was also an opportunity to immerse myself in the stories of our ancestors that still dwell within us.

    My Text

    Let me tell you a bit more about myself, my experience, and how discrimination has manifested in my life.

    From birth, I was identified as different; it was known. One of my oldest memories is breaking a plant with one hand while my mother invited me to the window to watch my father return home. I don’t know how I knew it was a lie, that my father would not be coming back; it was simply a certainty within me. My parents divorced when I was 18 months old. My mother referred to that anger my whole life: I was « the angry one. » Other assumptions of mental illness were not told to me; I realized their presence much later, and even later, their impact through the massive repercussions on my life and well-being.

    With my car accident, the multiple head trauma, and the amnesia, the « machine » started up. To my family’s secret theories were added those of doctors, the Army, the SAAQ*, and others. Everyone explained why I was this way, why I was different. No one had a solution, no one asked if I agreed, if it did me any good, or if it allowed me to live. Nothing. Nada. Niet. Even after being compensated! It was said that the money had been given to me to keep me quiet.

    I saw my isolation grow along with my suffering, more and more in silence. Every word I used was used to justify a mental illness: my dead-end labyrinth.

    I don’t ask anyone to understand how my mind works. I don’t even know if that is possible. It would be enough if people could acknowledge and accept that I function differently, that I analyze and experience life differently. What I do ask for, however, is to be loved and respected for who I am, with my difference. I am done with false theories about who I am, about the « illness » that supposedly inhabits me to the point where I am entirely defined by it—to the point where I would no longer be a human being, but rather a small thing to be pigeonholed, treated, or eliminated. A nuisance for my family and this society, as if my disappearance would finally relieve both. Enough is enough.

    Enough. I separated, then divorced. Gradually, contact with my family also diminished until it eventually ceased to exist. I no longer see doctors to explain my difference, but I have taken steps with my family physician to « broadcast » as much as possible within the healthcare system the fact that I am autistic, in order to put the false diagnoses into perspective. I am making peace with my past by understanding where those false diagnoses came from, the advantages some gained from those falsehoods, and what pushed my family to offload their own problems by unhealthily projecting them onto me. These inhuman actions toward me are now at a much lower level than ever before. However, I suspect I will always have to be careful to protect myself—by demonstrating everything I can achieve without the weight of discrimination.

    *Quebec’s automobile insurance board (Société de l’assurance automobile du Québec)

    March 10, 2026

  • L’interprétation des images

    L’interprétation des images

    L’interprétation des images

    Le monument de l’UNESCO

    « Le monument emblème de l’UNESCO, fait de bronze, de granit et de verre, commémore la proclamation du Vieux-Québec en tant que joyau du patrimoine mondial en 1985. Il est situé près de la place d’Armes, du Château Frontenac et voisine le monument Champlain : difficile de le manquer ! »*

    Mon texte de ce vendredi

    Il me semble que je pourrais parler de mes théories et hypothèses pendant longtemps. Par contre, par moments de lucidité ou d’insécurité — qui sait —, je repense à mes écrits et je me dis que c’est déjà trop, que je me suis trop avancé. Que comprend-on de ma communication ? Suis-je vraiment capable d’appuyer ce que j’avance ou s’agit-il simplement d’anecdotes prises au hasard ? Est-ce que je traduis bien les images que je vois ?

    Peut-être que l’essentiel de mes préoccupations est là : dans l’interprétation de ce que je vois. Au-delà des doutes premiers, ceux inspirés en grande partie par ma famille, ceux qui me font croire à des hallucinations vides de sens ou à une maladie mentale, il n’en reste pas moins que je n’étais pas sûr de la signification des images que je percevais. Je savais simplement qu’elles avaient beaucoup de sens. Énormément, et à plusieurs niveaux.

    L’hypothèse la plus persistante a sûrement été le syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Celle-ci expliquait enfin une partie des images que je voyais, et une partie de mon vécu aussi. Des experts se prononçaient en faveur de cette explication, bien que d’autres s’y opposaient totalement, trouvant mille et une raisons pour justifier leurs dires.

    Je me souviens aussi d’avoir eu plusieurs discussions avec un ami de mon patron et de mon père. Nous avons parlé d’une partie de ces images. Cela fait déjà plus de trente ans. Il me demandait si la pyramide avait trois ou quatre côtés — une question que certains se posent encore aujourd’hui —, tout comme il cherchait à savoir si la deuxième pyramide était reliée par le sommet ou par la base. Pour lui, non seulement ce que je voyais n’était pas une hallucination, mais il s’agissait d’un vécu réservé à des initiés de haut rang.

    Dans une autre conversation avec un psychiatre de grande renommée, je lui avoue candidement ma compréhension : les voix que ses patients entendent sont en fait leurs propres pensées qu’ils attribuent à une autre personne ou entité. Il en fut stupéfait, tout en continuant de croire au bienfait des médicaments qu’il me prescrivait.

    Quoi qu’il en soit, chacun projette son explication sur les images que je vois. Après avoir traversé tous ces doutes, j’en ai conclu que j’étais bien en bonne santé mentale, ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas souffert de SSPT, de dépression majeure ou que je n’ai pas pris de médicaments inappropriés. Simplement, au fond, j’ai toujours douté de l’explication que je donnais à mes visions. Je trouve ce doute sain, tout comme cette conscience de la projection. Ensemble, ils me permettent de développer un esprit critique, d’analyser différents points de vue et de comprendre sur quelles bases les autres s’appuient pour affirmer telle ou telle chose.

    L’esprit critique me paralyse de temps en temps. Là encore, c’est parfois l’anxiété qui me fait croire que j’emprunte un chemin que peu de personnes ont trouvé, comme une ultime tentative de me rassurer. Je doute aussi de ma paralysie.

    Actuellement, tout va relativement bien pour moi. Relativement. Je n’arrive pas à avancer dans mes cours et je suis tout aussi isolé physiquement que je le suis depuis des années. Toutefois, je suis plein d’espoir quant à l’avenir qui s’offre à nous. C’est l’occasion de faire des changements profonds sans bouleversement catastrophique. Nous avons la possibilité de transformer notre économie pour la rendre plus humaine, plus centrée sur les besoins vitaux de chacun. C’est aussi le moment d’une transition vers une économie plus verte, respectueuse de notre planète. C’est l’opportunité pour les plus riches, incluant les entreprises, de puiser de nouvelles forces en s’occupant des faiblesses de nos sociétés et des personnes qui ne cherchent que des chances égales pour s’épanouir.

    *Photo et texte provenant du site Web quebec-cite.com (8 mai 2020).

    9 mars 2026


    Deciphering the Imagery

    The UNESCO Monument

    « The UNESCO emblem monument, made of bronze, granite, and glass, commemorates the proclamation of Old Quebec as a World Heritage treasure in 1985. It is located near Place d’Armes and the Château Frontenac, neighboring the Champlain monument: it’s hard to miss! »*

    My Text for this Friday

    It seems to me that I could speak of my theories and hypotheses for a long time. On the other hand, in moments of lucidity or insecurity—who knows—I look back at my writings and tell myself it’s already too much, that I’ve gone too far. What is understood of my communication? Am I truly capable of supporting what I claim, or are these simply random anecdotes? Am I translating the images I see correctly?

    Perhaps the core of my concerns lies there: in the interpretation of what I see. Beyond the initial doubts, largely inspired by my family—those that lead me to believe in meaningless hallucinations or mental illness—the fact remains that I was not sure of the meaning of the images I perceived. I simply knew they held great meaning. Vast, multifaceted meaning.

    The most persistent hypothesis was surely Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD). This finally explained part of the images I saw, as well as part of my life experience. Experts spoke in favor of this explanation, while others opposed it entirely, finding a thousand reasons to justify their stance.

    I also remember having several discussions with a friend of my boss and my father. We spoke about some of these images. This was over thirty years ago. He asked me if the pyramid had three or four sides—a question some still ask today—and whether the second pyramid was connected by the apex or the base. To him, not only was what I saw not a hallucination, but it was an experience reserved for high-ranking initiates.

    In another conversation with a highly renowned psychiatrist, I candidly admitted my understanding: the voices his patients hear are actually their own thoughts, which they attribute to another person or entity. He was stunned, yet continued to believe in the benefits of the medication he prescribed for me.

    In any case, everyone projects their own explanation onto the images I see. After navigating all these doubts, I concluded that I am indeed in good mental health—which does not mean I haven’t suffered from PTSD or major depression, or that I haven’t taken inappropriate medication. Simply that, deep down, I have always doubted the explanation I gave to my visions. I find this doubt healthy, as I do this awareness of projection. Together, they allow me to develop a critical mind, to analyze different points of view, and to understand the foundations upon which others base their claims.

    Critical thinking paralyzes me from time to time. There again, it is sometimes anxiety that makes me believe I am on a path few have found, as a ultimate attempt to reassure myself. I doubt my paralysis as well.

    Currently, everything is going relatively well for me. Relatively. I am struggling to move forward with my courses, and I am just as physically isolated as I have been for years. However, I am full of hope for the future ahead of us. It is an opportunity to make profound changes without catastrophic upheaval. We have the possibility to transform our economy to make it more human, more centered on everyone’s vital needs. It is also time for a transition toward a greener economy, in respect of our planet. It is an opportunity for the wealthiest, including corporations, to find new strength by addressing the weaknesses of our societies and helping those who seek only equal chances to flourish.

    *Photo and text from quebec-cite.com (May 8, 2020).

    March 9, 2026

  • La vie et la mort

    La vie et la mort

    La vie et la mort

    Pour toujours, plus un jour

    Pour toujours, plus un jour, une série québécoise vue sur Crave. J’ai bien apprécié le jeu des acteurs, ainsi que les différents regards sur la vie et la mort qu’on y retrouve. Bien sûr, je la recommande.

    Ma réflexion sur la vie et la mort

    L’une des raisons qui me faisaient douter de la réalité que je vivais — en plus des différentes théories à mon sujet — était que je ne comprenais pas tout à fait mes visions. J’ai vite émis l’hypothèse qu’il s’agissait de projections, de la façon dont mon esprit communiquait par images symboliques ; mais la manière de relier ces images à mon quotidien était déficiente, et cela m’isolait.

    Justement, ces symboles pleins de sens demandent du temps pour en saisir suffisamment de variations et en faire une synthèse. Je vous ai parlé de ces expériences bizarres, et jamais je n’aurais pu les comprendre sans avoir un recul suffisant. Aurais-je dû voir dans « le monde du vide absolu », par exemple, la nécessité d’aller dans l’espace ? Bien sûr que non.

    Lorsque j’ai intégré le monde de matière condensée, ce point est devenu un univers où chaque être et chaque chose étaient liés les uns aux autres par les pieds, à la planète. À l’époque, je ne pouvais pas saisir complètement le sens de cette conception, bien que je comprenais intuitivement qu’il y avait de l’amour à la base de tout ce qui existe ; cela nous reliait les uns aux autres. Plus tard, lors de mes études en psychoéducation, j’ai découvert la pyramide de Maslow. De nouveaux sens s’ajoutaient alors à cette vision, lui donnant une profondeur grandissante.

    « Une chaîne a la force de son maillon le plus faible. »*

    Actuellement, au Québec, nous voyons que le maillon faible est lié à l’hébergement des personnes âgées. Selon les sociétés, les faiblesses peuvent varier. Dans cette projection où chacun est lié par l’amour à la base, je pourrais aussi comprendre, tristement à l’opposé, qu’il existe des géants aux pieds d’argile.

    *Citation tirée du site Web Le Parisien.

    9 mars 2026


    Life and Death

    Pour toujours, plus un jour

    Pour toujours, plus un jour (Forever and a Day), a Quebec series watched on Crave. I truly enjoyed the acting, as well as the different perspectives on life and death presented. I certainly recommend it.

    My Reflection on Life and Death

    One of the reasons that made me doubt the reality I was living—in addition to the various theories about me—was that I didn’t fully understand my visions. I quickly hypothesized that they were projections, the way my mind communicated through symbolic images; however, the way I linked these images to my daily life was flawed, and that isolated me.

    In fact, these meaningful symbols take time to understand in enough variations to create a synthesis. I have told you about these bizarre experiences, and I could never have understood them without sufficient hindsight. Should I have seen in « the world of absolute void, » for example, a necessity to go into space? Of course not.

    When I integrated the world of condensed matter, that point became a universe where everyone and everything was linked to one another by their feet, to the planet. At the time, I couldn’t fully grasp the meaning of this concept, though I intuitively understood that love was at the base of everything that exists; it connected us to one another. Later, during my studies in psychoeducation, I came across Maslow’s hierarchy of needs. New meanings were added to this vision, giving it a growing depth.

    « A chain is only as strong as its weakest link. »*

    Currently, in Quebec, we see that the weakest link is related to the housing of the elderly. Depending on the society, the weaknesses may vary. In this projection where everyone is linked by love at the base, I could also sadly understand, as the opposite, that there are giants with feet of clay.

    *Quote taken from the Le Parisien website.

    March 9, 2026

  • Le retour

    Le retour

    Le retour

    Cela fait dix jours que je suis revenu à Montréal, dix jours de quarantaine complète, et cela continue. Mon rapatriement s’est fait avec l’aide de plusieurs personnes, d’abord sur l’île de Flores, puis dans la capitale du Guatemala, en particulier grâce aux travailleurs de l’aéroport La Aurora. J’ai aussi apprécié le dévouement du personnel d’Air Transat et celui de l’aéroport de Montréal. Toutes ces personnes se sont mises à risque pour nous aider à revenir à la maison. Merci également aux gouvernements du Guatemala et du Canada d’avoir permis mon retour dans d’excellentes conditions.

    Je dois avancer dans mes cours et mieux me concentrer sur mes études. Je vais donc prendre une petite pause du blogue ; au mieux, je serai moins régulier. Est-ce que je pourrai ne rien écrire ?

    J’aurais voulu vous parler encore un peu plus de cette projection qui me permet une distanciation pour une meilleure analyse, grâce à une sorte de synthèse des points de vue conscientisés. Il y a aussi des apprentissages que j’ai pu faire ces derniers mois. Dans la lignée du Labyrinthe, il y aurait certainement lieu d’élaborer sur le sentiment d’impuissance que cela engendre chez les hommes et les femmes, sur les frustrations vécues et peut-être même sur les crises de colère qui s’ensuivent. Chacun a le devoir de prendre conscience de ce sentiment et de trouver en soi la force d’aller chercher l’aide nécessaire. Je reviendrai éventuellement sur cet autre regard.

    Avec beaucoup de gratitude,

    Christian

    9 mars 2026


    The Return

    I have been back in Montreal for ten days now—ten days of complete quarantine, and it continues. My repatriation was made possible with the help of many people, first on the island of Flores, then in Guatemala City, particularly thanks to the workers at La Aurora International Airport. I also appreciated the dedication of the Air Transat staff and those at the Montreal airport. All these individuals put themselves at risk to help us return home. My thanks also go to the governments of Guatemala and Canada for enabling my return under excellent conditions.

    I need to make progress in my courses and focus more effectively on my studies. I will therefore take a short break from the blog; at best, I will be less regular. Will I be able to write nothing at all?

    I would have liked to tell you even more about this projection, which allows me a sense of distance for better analysis through a kind of synthesis of conscious perspectives. There are also lessons I have learned over the last few months. Following the theme of The Labyrinth, there would certainly be reason to elaborate on the feeling of powerlessness this creates in men and women, the frustrations experienced, and perhaps even the fits of anger that follow. Everyone has a duty to become aware of this feeling and to find within themselves the strength to seek the necessary help. I will eventually return to this other perspective.

    With great gratitude,

    Christian

    March 9, 2026

  • Le labyrinthe – suite de mon histoire

    Le labyrinthe – suite de mon histoire

    Le labyrinthe – suite de mon histoire

    Entrevue expérimentale avec Lady Gaga

    Voici ce qui m’apparaît être un nouveau départ pour Lady Gaga. Je parle de cette vidéo, bien sûr, Stupid Love, chanson tirée de son album Chromatica. La série de spectacles, Lady Gaga : The Chromatica Ball, est bien évidemment reportée à cause de la présente pandémie.

    Il y a eu aussi, il y a quelques mois, le lancement d’Haus Laboratories, la réalisation d’un vieux rêve qui demandait à prendre forme ; comme un passage obligé pour se toucher soi-même profondément, en son cœur. Un sentiment inexplicable, mais présent. Une sorte de preuve qu’on existe, qu’on a raison de s’aimer soi-même. Cela ne pouvait être autrement.

    Elle ne peut se défaire de ce qu’elle considère comme une partie d’elle-même : ses « Little Monsters », qui symbolisent l’acceptation de l’identité profonde de l’autre, sans oublier la sienne, toujours avec amour, avec ce besoin insatiable d’être aimée davantage. Impossible de se séparer d’eux, ni même de faire un compromis. Une passion colorée.

    Qu’est-ce qu’une révolution ? Un travail sur soi fait de blessures, de peines, de joies et de beaucoup d’amour reçu et donné. On dit aussi « se réinventer » pour nommer un long processus avec ses hauts et ses bas, un chemin fait de rage de vivre, de colère, mais aussi d’exaltation. Chaque pas pour se découvrir soi-même est essentiel. Le but, me semble-t-il, est d’apprendre à se connaître sous un angle différent, avec une profondeur jamais atteinte. Trouver cette touche unique en soi qui ne demande qu’à s’exprimer, qu’à prendre forme. Un objectif sans cesse repoussé.

    Voici l’esprit de notre échange conceptuel survenu il y a quelque temps déjà, mais qui s’exprime maintenant.


    Le labyrinthe – suite de mon histoire

    Faire ressortir le beau du conflit, faire la paix avec la colère. De belles paroles, certes, mais… Grâce à la compréhension et à la compassion, toutefois, les peurs peuvent être intégrées pour finalement sortir du labyrinthe. Réaliser, en fin de compte, l’aide reçue et en être reconnaissant.

    Autre expérience bizarre : le monde du vide.

    Éventuellement, toujours dans le cadre de ma formation à la conscience du moment présent — autre projection conceptuelle —, je me suis retrouvé dans un espace que j’ai appelé « Le monde du vide absolu ». Je n’étais qu’un esprit, sans aucun corps. Il n’y avait rien autour de moi, absolument rien. Je me sentais seul, oui, mais surtout, chacune de mes peurs se faisait sentir. De toutes parts, je faisais paradoxalement face à un mur. Je ne pouvais pas fuir ; j’étais prisonnier de mes peurs.

    En même temps, je n’ai pu m’empêcher de revenir à mon besoin irrésistible d’aimer. Peu à peu, je me suis concentré sur cet amour en moi. Étonnamment, un point blanc est apparu au loin. Comment était-ce possible ? Comme pour une graine semée, j’ai commencé à projeter mon amour sur celle-ci. Quelqu’un ou quelque chose l’avait mise là, assurément. Je n’avais pu faire cela seul.

    Tranquillement, je me suis approché de ce point de matière condensée jusqu’à l’intégrer, pour entrer dans cette nouvelle réalité faite d’amour. Je le savais, je le ressentais et je le vivais. C’était beau, plein de sens. Chacun lié à l’autre et au tout, unis pour tous ; résilients et solidaires.

    J’avais enfin trouvé une sortie au labyrinthe de la peur — et parfois aussi de la peur de mon propre potentiel.

    8 mars 2026


    Experimental Interview with Lady Gaga

    This appears to me as a new beginning for Lady Gaga. I am speaking of this video, of course, Stupid Love, a song from her album Chromatica. The concert tour, Lady Gaga: The Chromatica Ball, is obviously postponed due to the current pandemic.

    There was also, a few months ago, the launch of Haus Laboratories—the fulfillment of an old dream that demanded to take shape; like a necessary rite of passage to touch one’s own heart deeply. An inexplicable yet present feeling. A kind of proof that one exists, that one is right to love oneself. It could not be otherwise.

    She cannot detach herself from what she considers a part of herself: her « Little Monsters, » who symbolize the acceptance of the other’s deep identity, without forgetting her own—always with love, with that insatiable need to be loved ever more. It is impossible to part from them, or even to compromise. A colorful passion.

    What is a revolution? Work on oneself made of wounds, sorrows, joys, and a great deal of love received and given. We also use the term « reinventing oneself » to describe a long process with its ups and downs, a path made of a lust for life, of anger, but also of exaltation. Every step toward self-discovery is essential. The goal, it seems to me, is to learn to know oneself from a different angle, with a depth never before reached. To find that unique touch within that only asks to be expressed, to take form. A goal constantly pushed further.

    This is the spirit of our conceptual exchange that took place some time ago, but is finding expression now.


    The Labyrinth – Continuation of My Story

    Bringing out the beauty from conflict, making peace with anger. Fine words, indeed, but… Through understanding and compassion, however, fears can be integrated to finally exit the labyrinth. Realizing, in the end, the help received and being grateful for it.

    Another bizarre experience: the world of the void.

    Eventually, still within my training in present-moment awareness—another conceptual projection—I found myself in a space I called « The World of Absolute Void. » I was but a spirit, with no body at all. There was nothing around me, absolutely nothing. I felt alone, yes, but above all, every one of my fears made itself felt. From every side, paradoxically, I faced a wall. I could not flee; I was a prisoner of my fears.

    At the same time, I could not help but return to my irresistible need to love. Gradually, I focused on this love within me. Surprisingly, a white dot appeared in the distance. How was this possible? Like a seed sown, I began to project my love upon it. Someone or something had put it there, surely. I could not have done this alone.

    Quietly, I approached this point of condensed matter until I integrated it, entering this new reality made of love. I knew it, I felt it, and I lived it. It was beautiful, full of meaning. Each linked to the other and to the whole, united for all; resilient and solidary.

    I had finally found an exit from the labyrinth of fear—and sometimes from the fear of my own potential.

    March 8, 2026

  • L’handicapé

    L’handicapé

    L’handicapé

    J’ignorais tout de cette histoire ; je n’ai même jamais vraiment pensé qu’une telle réalité puisse exister. Ce documentaire porte sur un camp créé pour des personnes vivant avec différentes limitations : tous peuvent s’entraider, chacun peut sortir de son isolement. J’ai pu formuler un vécu grâce à ce film. À voir.

    Mon texte : Le labyrinthe

    À vrai dire, je ne me suis jamais vu comme un handicapé, mais plutôt comme « limité » par des circonstances extérieures. Je faisais beaucoup d’efforts, mais rien n’avançait. Chacun y allait de son explication, ajoutant au poids de ma différence une limitation supplémentaire. Finalement, la réalité que je vivais était inconnue de ces personnes qui y projetaient plutôt leurs propres interprétations ou problèmes.

    Ma différence m’isolait de tous, m’empêchait d’accéder à des services adéquats ou même de répondre à mes besoins de base. Je dis souvent que ma langue maternelle est le français, mais c’est partiellement faux. Ma première langue, celle de ma réalité quotidienne, est le langage conceptuel. On vient d’identifier là la source de la majorité des mauvaises projections : j’utilisais les mots français qu’on me fournissait pour tenter de décrire un univers extraterrestre, alors que j’étais face à des personnes affirmant que seule la Terre est réelle. Pratiquement littéralement.

    En plus du problème de communication, on faisait abstraction complète de l’isolement que je vivais et de l’absence de contact humain durant des dizaines d’années. Pas une semaine ou deux : des dizaines d’années. Toute ma vie. Cela a des conséquences sur la façon dont on interagit avec les autres et avec soi-même. Être ignoré par sa famille, dénigré par des explications erronées, être catalogué par la société via de faux diagnostics entraîne des effets secondaires.

    Mon idée n’est pas de rejeter la faute sur l’autre, qui ne fait qu’alourdir les limitations de la différence. En même temps, il s’agit de mon identité, de ce que je suis ; ce n’est pas un choix que je peux modifier. Quant à l’autre, il ne s’agit pas seulement d’une question d’éducation. Des personnes détenant des doctorats n’ont pas fait exception à une projection malsaine, c’est-à-dire une projection sans la distanciation nécessaire à un réel esprit critique.

    Le regard qu’on a porté sur moi me maintenait dans un labyrinthe sans issue ; quoi que je fasse, je me retrouvais face à un mur. Mon mode de communication atypique et mon appréhension différente de la réalité ne m’offraient pas d’accès à l’égalité. J’ai dû me tenir debout. L’isolement, totalement ignoré, et le manque d’empathie ont certainement été les épreuves les plus difficiles, surtout de la part d’une famille qui se disait ouverte et prêchait l’aide aux autres.

    Dans tout cela, je me suis senti comme un imposteur parce que je tentais d’agir « normalement » alors que j’étais différent. Je l’étais aussi quand j’endossais de bonne foi les hypothèses qu’on émettait à mon sujet. Cela a duré jusqu’à ce qu’on prenne du temps pour moi, pour l’humain, et qu’on me dise que j’étais autiste. Une nouvelle vie.

    Au Québec, on a la main sur le cœur. C’est l’une de nos distinctions. Notre système est conçu pour aider nos concitoyens et avoir un impact international. Nos nombreuses batailles pour défendre notre culture nous ont obligés à une grande protection. On peut bien spéculer sur un racisme spécifiquement québécois, mais la réalité est que nous n’avons cessé d’être attaqués sur notre différence ; cette défense est devenue un réflexe de survie.

    Avec une aide extérieure, une acceptation de notre culture distincte et une protection explicite de notre différence, un nouveau mouvement pourrait naître. J’en suis convaincu. Un mouvement qui nous permettrait de nous épanouir en tant que nation dans un monde qui a besoin de nous, un monde qui a besoin de la différence de chacun.

    8 mars 2026


    The Disabled

    I knew nothing of this story; I never even really thought such a reality could exist. This documentary is about a camp created for people living with various limitations: everyone can help each other, and everyone can break out of their isolation. I was able to articulate a personal experience through this film. A must-watch.

    My Text: The Labyrinth

    Truth be told, I have never seen myself as disabled, but rather as « limited » by external circumstances. I put in a great deal of effort, yet nothing progressed. Everyone had their own explanation, adding an extra layer of limitation to the weight of my difference. Ultimately, the reality I was living was unknown to these people, who instead projected their own explanations or problems onto it.

    My difference isolated me from everyone, preventing me from accessing adequate services or even meeting my basic needs. I often say my mother tongue is French, but that is partially false. My first language, that of my daily reality, is conceptual language. We have just identified the source of most misprojections: I was using the French words provided to me to try to describe an alien universe, while facing people who insisted that only the Earth is real. Quite literally.

    In addition to the communication problem, the isolation I endured and the absence of human contact for decades were completely ignored. Not a week or two: decades. My whole life. This obviously has consequences on how one interacts with others and with oneself. Being ignored by one’s family, denigrated by erroneous explanations, and categorized by society through false diagnoses has side effects.

    My intent is not to blame the « other » for adding weight to the limitations of difference. At the same time, this is my identity, who I am; it is not a choice I can change. As for the other, it is not just a question of education. People with doctorates were no exception to unhealthy projection—that is, projection without the distance required for true critical thinking.

    The gaze cast upon me kept me in a labyrinth with no exit; whatever I did, I found myself facing a wall. My different mode of communication and my different perception of reality did not offer me access to equality. I had to stand tall. The isolation, entirely overlooked, and the lack of empathy were certainly the hardest things to endure, especially from a family that claimed to be open-minded and constantly preached the necessity of helping others.

    In all of this, I felt like an impostor because I was trying to act « normally » while being different. I felt like one too when I in good faith inhabited the hypotheses people formed about me. This lasted until someone took the time for me, specifically for me as a human being, and told me I was autistic. A new life.

    In Quebec, we wear our hearts on our sleeves. It is one of our defining traits. Our political and economic system is designed to help our fellow citizens as much as possible and to have the best possible international impact. Our many battles to defend ourselves, to keep our distinct culture alive, have forced us into a state of high protection. One might hypothesize a specifically Quebecois racism, but the reality is that we have never ceased to be attacked for our difference, and this defense has become a survival reflex—a necessity for our culture.

    With outside help, with an understanding and acceptance of our cultural difference, and with the explicit protection of our distinction, a new movement could be born. I am convinced of it. A movement that would allow us to flourish as a nation in a world that needs us—a world that needs everyone’s difference.

    March 8, 2026

  • Le chemin

    Le chemin

    Le chemin

    Je vais plus ou moins régulièrement sur Facebook, alors qu’avant mon blogue, j’y écrivais souvent mes états d’âme et d’autres petites anecdotes de ma vie. Bref, je me suis abonné à la page de Corneille et j’ai vu passer cette vidéo de son spectacle. Je l’ai regardée cette semaine. Je ne sais pas pourquoi — le timbre de sa voix, son vécu qui transpire dans son art ou le sens de ses mots —, mais j’apprécie beaucoup ce qu’il fait. À voir.

    La projection et l’encadrement

    À la suite de mon coma, j’ai commencé à voir ce que je ne faisais que pressentir auparavant. Voici un vécu singulier.

    Je suis dans un monde parallèle, dans une autre dimension. On peut y voir un rêve ou une représentation conceptuelle de ma situation du moment. Qu’importe, c’est une projection. Il fait nuit, encore une fois, et je me retrouve dans ce lieu. Un endroit sans délimitation précise où chacun a une petite forme ovale, sauf celui qui se trouve au centre : un grand cône lumineux immobile. Je ne bouge pas non plus, contrairement aux autres dont j’envie la chance de savoir ce qu’ils doivent faire. Ils vont et viennent sans arrêt. Nous sommes dans une salle de cours, en formation.

    Je suis là, d’abord la nuit durant mon sommeil, puis peu à peu, le jour, bien éveillé et de mon plein gré. J’observe ce qui se passe et attends impatiemment les indications du professeur. Plusieurs jours se passent, toujours différemment, mais selon ce même modèle. Soudainement, je comprends que tout ce qu’il y avait à faire était de se concentrer sur ce qui se passe, d’apprendre à fixer mon esprit. Graduellement, les autres étudiants cessent de bouger et s’installent autour du professeur. La forme de mon corps devient conique. Nous commencions notre formation sur la présence, sur l’ici et maintenant.

    Cette expérience inhabituelle, et toutes celles du même type qui ont suivi, m’ont appris à vivre avec plusieurs points de vue simultanés. Je ne pouvais être sûr que ce que je voyais ne découlait pas de lésions cérébrales dues à l’accident ; je ne pouvais nier l’aspect mystique, alors que l’idée d’une représentation conceptuelle m’apparaissait plausible. Néanmoins, ce n’est que lorsque j’ai admis la possibilité de l’autisme que j’ai pu me libérer complètement de la lourdeur du regard des autres.

    Je disais dans un texte précédent ne respecter aucun « code » d’éthique ou de déontologie dans mon implication sur les réseaux sociaux ou sur mon blogue. Je commençais d’ailleurs à me dire que je ne pouvais pas, en toute honnêteté, utiliser le terme de journaliste. Pourtant, je suivais spontanément un chemin. Mes repères sont des balises pour un sentier à suivre. L’amour de l’humain et de la vie me sert à évaluer mes gestes et mes mots. Je reste attentif à la projection sur mon écran. Finalement, j’avais adopté une éthique et établi les bases d’un code de déontologie. Un perfectionnement restait toutefois nécessaire.

    Voilà qui donne une vue d’ensemble sur l’essentiel de ma théorie de la projection, une hypothèse vivante que j’ai maintes fois vérifiée, tant pour moi que pour les autres, dans la mesure du possible.

    8 mars 2026


    The Path

    I visit Facebook more or less regularly, whereas before my blog, I often wrote about my moods and other small anecdotes of my life there. In short, I subscribed to Corneille’s page and saw a video of his show. I watched it this week. I don’t know why—perhaps the timbre of his voice, his life experience bleeding through his art, or the meaning of his words—but I truly appreciate what he does. A must-watch.

    Projection and Framework

    Following my coma, I began to see what I had only sensed before. Here is a singular experience.

    I am in a parallel world, in another dimension. One might see it as a dream or a conceptual representation of my current situation. Regardless, it is a projection. It is night, once again, and I find myself in this place. A place without precise boundaries where everyone has a small oval shape, except for the one in the center: a large, motionless, luminous cone. I do not move either, unlike the others whose fortune of knowing what to do I envy. They come and go incessantly. We are in a classroom, in training.

    I am there, first at night during my sleep, then gradually during the day, fully awake and of my own free will. I observe what is happening and wait impatiently for the teacher’s instructions. Several days pass, always differently, but following this same model. Suddenly, I understand that all there was to do was to concentrate on what is happening, to learn to focus my mind. Gradually, the other students stop moving and settle around the teacher. My body’s shape becomes conical. We were beginning our training on presence, on being in the here and now.

    This unusual experience, and all those of the same kind that followed, taught me to live with multiple viewpoints simultaneously. I could not be certain that what I saw did not stem from brain injuries due to the accident; I could not deny the mystical aspect, while the idea of a conceptual representation seemed plausible. Nevertheless, it was only when I admitted the possibility of autism that I could completely free myself from the weight of others’ gazes.

    I mentioned in a previous text that I followed no « code » of ethics or professional conduct in my involvement on social media or my blog. I was even beginning to tell myself that I could not honestly use the term « journalist. » Yet, I was spontaneously following a path. My benchmarks are markers for a path to be taken. Love for Humanity and for life serves as a guide to evaluate my actions and my words. I remain attentive to the projection on my screen. Ultimately, I had adopted an ethic and established the foundations of a code of conduct. Further refinement, however, remained necessary.

    This provides an overview of the core of my theory of projection, a living hypothesis that I have verified many times, both for myself and, as far as possible, for others.

    March 8, 2026

  • Le Ciel

    Le Ciel

    Le Ciel

    Star Trek: Picard, sur Crave. Un peu avant mon départ, je me suis abonné à Crave en français. J’ai ainsi pu écouter les deux premiers épisodes de la série. Probablement à cause des droits d’auteur ou de diffusion — c’est du moins ma supposition —, je n’ai pas accès à la série depuis le Guatemala. J’ai trouvé ces épisodes assez intrigants pour vouloir voir la suite. En attendant, sur Netflix, j’ai pu me rabattre sur l’épisode double de la saison 7 de Star Trek : La Nouvelle Génération, l’épisode 25, All Good Things… Picard y fait face à une multitude de réalités, à différentes dimensions et à des voyages dans le temps. À voir.

    Projection (une synthèse)

    L’image du Rubik’s Cube est peut-être plus simple pour illustrer mon hypothèse de la projection. L’humain se projette continuellement, tant dans ses aspirations que dans ses peurs. On peut voir dans ces images un sens, une raison profonde pour laquelle une telle représentation est choisie plutôt qu’une autre. J’ai donné l’exemple d’une personne souffrant de problèmes de dissociation qui, malgré et peut-être surtout à cause de ses études dans ce domaine, projette son problème sur les autres, davantage sur ceux qui font obstacle à ses objectifs personnels ou professionnels. Tant pis pour l’éthique et la déontologie ; elle a raison et son comportement s’en trouve donc justifié.

    Il n’est pas non plus nécessaire de croire en Dieu pour se projeter sur cet écran. Il s’agit d’une représentation de l’idéal pour un être humain, et le nom de l’écran importe peu. Avoir la certitude d’un moment meilleur est ce que j’appelle la foi.

    Il reste à se retrouver dans cet univers de miroirs. J’ai identifié un repère : l’amour. Je l’utilise aussi comme un processus. Il me sert à me relier à mes idéaux, à l’humain — en moi et à l’extérieur de moi — ainsi qu’à la vie. Chacun devient alors un repère. Cette multitude de points de vue me permet de mieux comprendre l’autre, d’être empathique envers sa réalité et, ainsi, de mieux me relier à lui. Cet autre peut même être moi dans le passé, moi devant un ensemble de choix à faire ou, pourquoi pas, moi projeté dans l’avenir.

    Perdu dans tous ces reflets, je cherche à faire une synthèse, un point de rencontre où je suis bien ancré dans le moment présent. J’y trouve un esprit critique grâce à une compréhension vivante de la situation. Mon pouvoir sur ma vie est là, pas ailleurs. Bizarrement, cela me ramène aux cours que je suis présentement, à un aspect en particulier : celui de l’éthique et de la déontologie journalistique qui tracent un chemin.

    8 mars 2026


    The Sky

    Star Trek: Picard, on Crave. Shortly before my departure, I subscribed to Crave in French. I was able to watch the first two episodes of the series. Likely due to copyright or broadcasting rights—that is my assumption—I cannot access the series from Guatemala. I found those episodes intriguing enough to want to see the rest. In the meantime, via Netflix, I fell back on the double episode of Season 7 of Star Trek: The Next Generation, Episode 25, All Good Things… Picard faces a multitude of realities, different dimensions, and time travel. A must-watch.

    Projection (A Synthesis)

    The image of the Rubik’s Cube is perhaps simpler for illustrating my hypothesis on projection. Humans continually project themselves, as much in their aspirations as in their fears. One can see in these images a meaning, a profound reason why one representation is chosen over another. I gave the example of someone with dissociation issues who, despite and perhaps especially because of their studies in that field, projects their problem onto others—particularly those who stand in the way of their personal or professional goals. So much for ethics and professional conduct; they believe they are right, and their behavior is thus justified.

    Nor is it necessary to believe in God to project oneself onto that screen. It is a representation of an ideal for a human being, and the name of the screen matters little. Having the certainty of a better moment is what I call faith.

    It remains to find one’s way in this universe of mirrors. I have identified one benchmark: love. I also use it as a process. It serves to connect me to my ideals, to the human—within and outside of myself—as well as to life. Each becomes a benchmark. This multitude of perspectives allows me to better understand the other, to be empathetic toward their reality, and thus, to better connect with them. This « other » could even be me in the past, me facing a set of choices, or even me projected into the future.

    Lost in all these reflections, I seek to create a synthesis, a meeting point where I am firmly anchored in the present moment. There, I find a critical mind thanks to a living understanding of the situation. My power over my life is there, nowhere else. Strangely, this brings me back to the courses I am currently taking, specifically to one aspect: journalistic ethics and professional conduct, which trace a path forward.

    March 8, 2026

  • Sans limite

    Sans limite

    Sans limite

    J’ai apprécié quelques entrevues de cette série. C’est très intéressant. Celle-ci, je l’ai vue une première fois il y a déjà plusieurs semaines et je l’ai réécoutée hier. J’aime beaucoup la vision de Melinda Gates ; je m’y retrouve. À écouter.

    La projection (et mes repères)

    Lorsque j’explique ma vision des religions, j’utilise l’image d’un Rubik’s Cube, pour je ne sais quelle raison. Je présente chaque face du fameux cube comme une vue de Dieu, chaque religion percevant le cube selon sa propre position. Je suppose aussi que certaines personnes pourraient jouer avec le cube, mélanger les couleurs et y reconnaître Dieu. D’autres l’appelleraient peut-être le Grand Esprit.

    Je l’ai déjà dit sur les réseaux sociaux : j’ai la foi. Je suis né et j’ai grandi dans la religion catholique. Ma mère pratiquait peu, mon père pas du tout. Ma marraine, la sœur de ma mère, allait à l’église tous les dimanches. Pour ma part, comme plusieurs Québécois, je ne suis pas pratiquant, même si je visite des églises lors de mes voyages ou par hasard à Montréal — à l’Oratoire Saint-Joseph, par exemple, où je me retrouve mystérieusement une fois ou deux par année.

    Quoi qu’il en soit, il est curieux que j’utilise l’image du cube, car la sphère me vient plus spontanément dans mon discours intérieur. La sphère et ses facettes à l’infini. Il s’agit d’une représentation conceptuelle, bien sûr. Personne ne saurait dire à quoi Dieu ressemble. En tant qu’êtres humains, nous nous projetons dans un être supérieur, dans un idéal, selon ce que nous en comprenons à un certain moment de notre évolution. Ainsi, ma vision de cet idéal a changé au fil des ans. Mon idéal est vivant, il s’adapte, mais il me pousse toujours à m’améliorer, à passer à une étape supérieure. Sans fin.

    J’ai tout de même établi un point de départ dans ma quête : Dieu est amour. Même si la remise en question a surgi de temps à autre, surtout dans les périodes difficiles, rien d’autre ne pouvait maintenir l’harmonie de l’univers tel que je le concevais. Cette sphère lumineuse, ma représentation personnelle et conceptuelle de Dieu, a toujours fini par s’imposer à moi, non pas comme une obligation, mais comme une évidence.

    Je défends aussi la laïcité de l’État, ce qui ne contredit en rien ma foi. J’y reviendrai sûrement dans un prochain texte.

    J’ai donc en Dieu un écran pour y projeter mes idéaux, le tout étant vivant. Ensuite, je dirais que je suis un amoureux. J’aime la vie, l’Humain et, évidemment, Dieu. Dans mon univers de miroirs, ce sont mes repères. De là découlent une empathie grandissante, un pardon dont le degré évolue et la compréhension d’un compromis nécessaire.

    À lire la semaine prochaine : Comment je me situe dans tout ça ?

    8 mars 2026


    Limitless

    I enjoyed several interviews from this series. Very interesting. I saw this one for the first time a few weeks ago and listened to it again yesterday. I really like Melinda Gates’ perspective; I can relate to it. A must-listen.

    Projection (and My Benchmarks)

    When explaining my vision of religions, I use the image of a Rubik’s Cube, for some unknown reason. I present each face of the famous cube as a view of God, with each religion seeing the cube from its own position. I also assume that some people might play with the cube, mix the colors, and still recognize God. Others might call it the Great Spirit.

    I have said it before on social media: I have faith. I was born and raised in the Catholic religion. My mother practiced little, and my father not at all. My godmother, my mother’s sister, went to church every Sunday. As for me, like many Quebecers, I do not practice, though I visit churches during my travels or by chance in Montreal—at Saint Joseph’s Oratory, for instance, where I mysteriously find myself once or twice a year.

    Regardless, it is strange that I use the image of the cube, since the sphere comes more spontaneously to me in my internal dialogue. The sphere and its infinite facets. This is a conceptual representation, of course. No one can say what God looks like. As human beings, we project ourselves into a higher being, into an ideal, based on our understanding at a given point in our evolution. Thus, my vision of this ideal has changed over the years. My ideal is alive, it adapts, but it always pushes me to improve, to move to a higher stage. Endlessly.

    I have nevertheless agreed upon a starting point in my quest: God is love. Even if questioning has arisen from time to time, especially during difficult periods, nothing else could harmoniously hold the universe together as I conceived it. This luminous sphere, my personal and conceptual representation of God, has always ended up asserting itself to me—not as an obligation, but as an obvious truth.

    I also defend state secularism, which in no way refutes my faith. I will surely return to this in a future text.

    In God, I therefore have a screen upon which to project my ideals, the whole of it being alive. Furthermore, I would say that I am a lover. I love life, Humanity, and, obviously, God. In my universe of mirrors, these are my benchmarks. From this flows a growing empathy, a degree of forgiveness that evolves, and an understanding of the necessary compromise.

    To be read next week: How do I fit into all of this?

    March 8, 2026