Catégorie : Journalisme

  • Ensemble: une réflexion inspirée

    Ensemble: une réflexion inspirée

    Ensemble : une réflexion inspirée

    Ensemble

    Le documentaire Ensemble, sur la tournée de l’Orchestre Métropolitain de Montréal qui se prépare à une tournée européenne, à l’hiver 2017. En outre, on apprend comment Yannick Nézet-Séguin conçoit son rôle de chef d’orchestre et la relation qu’il entretient avec les musiciens de l’orchestre. Très intéressant. Je le recommande.

    Mon texte : Ensemble

    Sans vouloir faire de pause sur quelques discriminations vécues dans nos sociétés, il me semble important de m’expliquer sur ma vision des différentes identités canadiennes qui composent cet ensemble qu’on nomme Canada.

    Ça se résume grossièrement comme suit :

    Pour les Européens qui avaient fondé leur économie sur l’exploitation des ressources naturelles, certainement que de voir des Autochtones avoir une autre relation avec la nature et le territoire leur apparaissait rudimentaire. On ne pouvait pas appeler ça une culture, je suppose. En tout cas, c’était assurément facile à dénigrer pour en tirer profit.

    Pourtant, quelques siècles plus tard, on ne cesse de parler d’écologie, du nécessaire équilibre dans notre relation avec la planète et nous réalisons plus que jamais combien l’être humain est indissociable de cette nature exploitée.

    Les Autochtones vivaient dans cette nature, s’en nourrissaient, s’en imprégnaient. Leurs langues, leurs spiritualités et leurs modes de vie transpiraient abondamment de cette communion. Leurs identités découlaient de l’environnement de chacun et du territoire où chaque communauté vivait.

    Mon point de vue.

    Des Européens de différentes origines, mais des Français en bon nombre, sont venus pour refaire leur vie ici. Ils ont eu besoin des Autochtones pour apprendre à vivre dans cet environnement. Les modes de vie se sont mélangés, tentant de prendre le meilleur de chacun.

    Tout ne s’est pas fait sans heurt, évidemment. Mais rapidement, les Français immigrés se sentaient différents de ceux vivant en France. Leur identité avait changé. Selon moi, un nouveau peuple se concevait et on pouvait ressentir une différence sans être capable de la nommer.

    Les Britanniques ont pris de plus en plus d’importance, le commerce grandissait graduellement et le territoire était davantage investi comme une ressource exploitable. La guerre européenne est devenue une réalité et le Canada s’est formé dans cette foulée, tant pour créer un ensemble paisible que pour mieux investir les ressources d’un océan à l’autre. Une stabilité était aussi demandée pour la construction d’un chemin de fer qui traverserait ce grand espace.

    Les grandes lignes de ma compréhension.

    Le pétrole de l’Ouest modifie également l’identité des personnes vivant dans cet environnement. Leur économie et leur mode de vie sont ainsi affectés, voire profondément modifiés. Les Québécois ont plutôt l’eau comme principale démarcation et ont investi dans l’hydroélectricité, ce à quoi nous nous identions volontiers.

    Le Canada doit maintenant prendre conscience de ces différentes identités, corriger les erreurs du passé lorsque c’est possible et permettre à chacune de relever les défis pour leur saine émancipation.

    9 mars 2026


    Together: An Inspired Reflection

    Together

    The documentary Ensemble, about the Montreal Metropolitan Orchestra’s tour as it prepares for a European tour in the winter of 2017. Furthermore, we learn how Yannick Nézet-Séguin conceives his role as conductor and the relationship he maintains with the orchestra’s musicians. Very interesting. I recommend it.

    My Text: Together

    Without wanting to pause on some of the discriminations experienced in our societies, it seems important to me to explain my vision of the different Canadian identities that make up this ensemble we call Canada.

    It can be summarized roughly as follows:

    For the Europeans who had founded their economy on the exploitation of natural resources, certainly seeing Indigenous people having another relationship with nature and the land appeared rudimentary to them. One couldn’t call that a culture, I suppose. In any case, it was certainly easy to denigrate to turn a profit.

    Yet, a few centuries later, we talk incessantly about ecology, the necessary balance in our relationship with the planet, and we realize more than ever how much the human being is inseparable from this exploited nature.

    Indigenous people lived in this nature, fed on it, were imbued by it. Their languages, their spiritualities, and their ways of life breathed abundantly from this communion. Their identities flowed from the environment of each person and the territory where each community lived.

    My point of view.

    Europeans of different origins, but French in great numbers, came to rebuild their lives here. They needed the Indigenous people to learn how to live in this environment. Lifestyles blended, attempting to take the best from each.

    Everything did not happen without friction, obviously. But quickly, the immigrant French felt different from those living in France. Their identity had changed. In my opinion, a new people was being conceived and one could feel a difference without being able to name it.

    The British took on more and more importance, trade grew gradually, and the territory was increasingly invested in as an exploitable resource. European war became a reality and Canada was formed in that wake, both to create a peaceful ensemble and to better invest resources from coast to coast. Stability was also required for the construction of a railway that would cross this vast space.

    The broad lines of my understanding.

    Oil in the West also modifies the identity of people living in that environment. Their economy and their way of life are thus affected, even deeply modified. Quebecers instead have water as their main demarcation and have invested in hydroelectricity, which we readily identify with.

    Canada must now become aware of these different identities, correct the mistakes of the past whenever possible, and allow each to meet the challenges for their healthy emancipation.

    March 9, 2026

  • La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    Comme je l’ai expliqué ici et là, le premier juillet est une journée compliquée pour moi, indépendantiste. C’est mon anniversaire, ma date de naissance. Toutefois, je vois aussi que ce « plus meilleur pays du monde » est un rêve magnifique que je partage de tout cœur. En outre, à 18 ans, je signais mon serment d’allégeance envers la Reine, serment que je continue d’honorer sincèrement du mieux que je peux. Donc, à tous ceux qui fêtent ce Jour de la Confédération, je souhaite une belle journée.

    En entrant dans l’armée, nous devons signer un tel serment et, finalement, partager un peu ce rêve de pays idéal où la liberté, l’égalité et le respect seraient des valeurs de base, une sorte d’acquis. Pour cet idéal, nous serions prêts à mourir, à donner notre vie, à défendre les êtres humains, leurs droits. Rien n’a changé pour moi quant à ce rêve, bien que je sois indépendantiste, peut-être plus souverainiste il est vrai, mais indépendantiste par dépit. Un dernier retranchement advenant que le rêve ne se réalise pas, advenant le non-respect des droits humains, advenant que ce magnifique rêve devienne un cauchemar.

    J’ai donc signé en 1983 mon serment d’allégeance, comme vous pouvez le voir sur la photo. En 2006, les Forces armées canadiennes reconnaissent rétroactivement une erreur dans le traitement de mon dossier, que la mention « médical » aurait dû apparaître. Ça peut sembler banal, mais cette mention m’aurait donné droit à des soins appropriés et à une pension, sinon à un meilleur soutien de la part de mes frères d’armes. Depuis, malgré la reconnaissance de cette erreur, mon dossier est toujours perdu dans les limbes de la bureaucratie au Ministère des Anciens Combattants ! 14 ans après que l’Armée ait elle-même reconnu son erreur, je reste en attente. On parle d’une erreur ayant été commise il y a plus de 34 ans ! 34 ans !!

    Il faut absolument voir la stratégie ici : la stratégie du temps, de l’épuisement, de l’abandon, celle de casser tout être normalement constitué. Mais je suis autiste.

    En signant ce serment, dans mon esprit je ne signais pas seulement pour entrer dans les Forces, mais pour servir quelque chose de plus grand que mon pays le Canada. Je signifiais à la Reine qu’elle pouvait compter sur moi pour faire valoir son idéal, pas son idéal personnel, mais un idéal pour l’humanité, un monde où la paix serait possible tout en préservant, comme je le disais, la liberté, l’égalité et le respect.

    Par le fait même, on comprend, on nous l’enseigne, que nous sommes signataires de différents traités internationaux, que nous participons à des missions de paix de l’ONU et que, finalement, ce que nous défendons est le droit humain partout dans le monde, partout où nous sommes appelés à servir. Merveilleux. Tout cela correspond à mes valeurs d’amour sain pour mon prochain. Une vie pleine de sens : aider les gens à réaliser leur potentiel, à grandir, à profiter du moment présent.

    Le rêve est « beau, très beau ». La réalité est autre.

    Je vis dans un pays où le racisme est institutionnalisé dans la Loi sur les Indiens, un racisme systémique qu’on refuse de changer, qu’on refuse de corriger sinon que par de belles paroles et de petites compensations financières saupoudrées pour faire taire, pour montrer qu’on fait notre possible. On gagne du temps…

    Je vis dans un pays où ma culture différente, unique au monde, est niée. La moindre tentative de vitalisation est expressément accusée de raciste à tel point qu’il devient honteux de montrer le drapeau de l’État, de notre nation niée, qui tient lieu de cœur à cette culture. Avec le temps, on compte la faire disparaître, la diluer, lui faire perdre de plus en plus de vitalité jusqu’à sa mort complète ou du moins jusqu’à un niveau contrôlable, manipulable. Le temps…

    Nier une culture, l’identité d’un peuple, peut conduire jusqu’à des excès inhumains. Ça peut se faire brutalement ou de façon plus subversive, moins apparente. Le temps est crucial dans les deux cas.

    9 mars 2026


    Canada Day

    As I have explained here and there, July 1st is a complicated day for me, an independentist. It is my birthday, my date of birth. However, I also see that this « best country in the world » is a magnificent dream that I share with all my heart. Furthermore, at 18, I signed my oath of allegiance to the Queen, an oath that I continue to honor sincerely as best I can. So, to all those celebrating this Confederation Day, I wish you a beautiful day.

    Entering the army, we must sign such an oath and, ultimately, share a bit of this dream of an ideal country where freedom, equality, and respect would be basic values, a kind of given. For this ideal, we would be ready to die, to give our lives, to defend human beings, their rights. Nothing has changed for me regarding this dream, even though I am an independentist—perhaps more of a sovereignist, it is true, but an independentist by default. A last stand should the dream not come true, should human rights not be respected, should this magnificent dream become a nightmare.

    So I signed my oath of allegiance in 1983, as you can see in the photo. In 2006, the Canadian Armed Forces retroactively recognized an error in the processing of my file, that the mention « medical » should have appeared. It may seem trivial, but this mention would have entitled me to appropriate care and a pension, or at least better support from my brothers-in-arms. Since then, despite the recognition of this error, my file is still lost in the limbo of the bureaucracy at the Department of Veterans Affairs! 14 years after the Army itself recognized its error, I am still waiting. We are talking about an error committed more than 34 years ago! 34 years!!

    One must absolutely see the strategy here: the strategy of time, of exhaustion, of abandonment, that of breaking any normally constituted being. But I am autistic.

    By signing this oath, in my mind, I was not just signing to join the Forces, but to serve something greater than my country, Canada. I was signifying to the Queen that she could count on me to uphold her ideal—not her personal ideal, but an ideal for humanity, a world where peace would be possible while preserving, as I said, freedom, equality, and respect.

    By that very fact, we understand, we are taught, that we are signatories to various international treaties, that we participate in UN peacekeeping missions, and that, ultimately, what we defend is human rights all over the world, everywhere we are called to serve. Wonderful. All of this corresponds to my values of healthy love for my neighbor. A life full of meaning: helping people realize their potential, grow, and enjoy the present moment.

    The dream is « beautiful, very beautiful. » The reality is different.

    I live in a country where racism is institutionalized in the Indian Act, a systemic racism that we refuse to change, that we refuse to correct except through fine words and small financial compensations sprinkled to silence, to show that we are doing our best. We are gaining time…

    I live in a country where my different culture, unique in the world, is denied. The slightest attempt at vitalization is expressly accused of being racist, to the point that it becomes shameful to show the state flag, the flag of our denied nation, which serves as the heart of this culture. Over time, the plan is to make it disappear, to dilute it, to make it lose more and more vitality until its complete death or at least until a controllable, manipulable level. Time…

    Denying a culture, the identity of a people, can lead to inhuman excesses. It can be done brutally or in a more subversive, less apparent way. Time is crucial in both cases.

    March 9, 2026

  • Décalage

    Décalage

    Décalage

    Je me sens quelquefois déphasé par rapport à la société ou à mon environnement social. Je vois certainement ma différence comme une explication de ce décalage. Puis, peu à peu, j’approfondis ma réflexion, comprends mieux les motivations de chacun et arrive à prendre plus de distance face à ce qui m’affecte.

    Cela me crée un autre problème : l’action. Comment dois-je réagir face à quelqu’un qui me fait du mal bien que je sois empathique à sa situation ? D’un côté, je comprends sa misère, alors que de l’autre je ne peux que constater ma souffrance qui en découle. Passer à l’action n’est pas toujours évident.

    Le pardon seul ne suffit pas à tourner la page, non plus. La personne, par exemple, continue à me faire du mal ou me laisse aux prises avec des conséquences de ses gestes, conséquences qui me rappellent ma fragilité et qui me rendent encore plus vulnérable face à d’autres personnes ou situations, conséquences qui nient mon droit d’existence. Le pardon ne peut être la seule réponse.

    C’est comme si la personne qui me fait du mal, la personne à qui je suis prêt à pardonner, devait de son côté prendre conscience du mal que j’ai, à tel point que l’action de réparer serait inévitable de sa part. Un sentiment de justice semble nécessaire pour un pardon équilibré, comme si l’empathie devait être des deux côtés.

    Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon texte est en décalage avec la Fête nationale d’hier.

    D’un côté, j’ai prêté ma maison pour la réalisation d’un grand rêve qui devait inclure le mien, de l’autre je me sens volé, abusé par l’état des lieux, par le manque de respect. Peu importe ma différence, je suis d’abord et avant tout un être humain et je ne peux tout simplement pas accepter un tel comportement. Une action est nécessaire.

    Peut-être que cela paraît abstrait. N’empêche que j’ai besoin de crier mon mal.

    9 mars 2026


    Gap

    I sometimes feel out of step with society or my social environment. I certainly see my difference as an explanation for this gap. Then, little by little, I deepen my reflection, better understand everyone’s motivations, and manage to take more distance from what affects me.

    This creates another problem for me: action. How should I react to someone who hurts me even though I am empathetic to their situation? On one hand, I understand their misery, while on the other I can only observe my suffering that results from it. Taking action is not always obvious.

    Forgiveness alone is not enough to turn the page, either. The person, for example, continues to hurt me or leaves me struggling with the consequences of their actions, consequences that remind me of my fragility and make me even more vulnerable to other people or situations, consequences that deny my right to exist. Forgiveness cannot be the only answer.

    It is as if the person who hurts me, the person I am ready to forgive, had to, on their part, become aware of the pain I have to such an extent that the action of making amends would be inevitable on their part. A sense of justice seems necessary for a balanced forgiveness, as if empathy had to be on both sides.

    Today, I feel like my text is out of step with yesterday’s National Holiday.

    On one hand, I lent my house for the realization of a great dream that was supposed to include mine; on the other, I feel robbed, abused by the state of the premises, by the lack of respect. Regardless of my difference, I am first and foremost a human being and I simply cannot accept such behavior. An action is necessary.

    Perhaps this seems abstract. Nonetheless, I need to cry out my pain.

    March 9, 2026

  • Bonne Fête nationale!

    Bonne Fête nationale!

    Bonne Fête nationale!

    À toutes les Québécoises, à tous les Québécois, je souhaite un heureux moment dans la fierté, le respect et l’amour sain de ce que nous sommes comme peuple, comme société distincte, ainsi que comme collectivité multiethnique, interculturelle et ouverte sur le monde. 💙

    9 mars 2026


    Happy National Holiday!

    To all Quebecers, I wish a happy moment in pride, respect, and healthy love for who we are as a people, as a distinct society, as well as a multi-ethnic, intercultural community open to the world. 💙

    March 9, 2026

  • Islamophobie

    Islamophobie

    Islamophobie

    Antigone

    Réalisé par Sophie Deraspe, j’ai vu ce film au cinéma il y a déjà quelques mois. On y voit le ravage que peut faire dans une famille le poids du passé et les difficultés rencontrées par le personnage principal, joué par Nahéma Ricci, pour se sortir seule de ce labyrinthe. Allez voir le Sprint Gala, Antigone s’y retrouve, du 28 mai au 21 juin 2020.

    Mon texte : Islamophobie

    Comment parler de la discrimination envers l’autisme, envers la santé mentale à travers les faux diagnostics par la même occasion, à travers le besoin de certaines personnes de se décharger de leur fardeau sur les plus vulnérables, comment parler de racisme systémique aussi, sans parler de la discrimination religieuse en général et d’islamophobie en particulier ? Impossible.

    L’idée ici n’est pas tant de définir ce qu’est cette forme de discrimination, mais plutôt de mettre en lumière une conception étrange, inhabituelle, une conception qui ne résulte pas du hasard, mais plutôt d’une réflexion étrange.

    Comme pour le racisme systémique, le concept d’islamophobie ne peut qu’être accepté de par son évidence ; chacun ne peut qu’admettre la discrimination envers les Musulmans, que ce soit par l’habillement, par une « apparence » particulière voulant reproduire le plus fidèlement possible celle du Prophète ou même simplement par le rituel de la prière. Tout cela contraste avec nos façons de faire européennes ou nord-américaines. C’est dérangeant malgré nous. La grande majorité reconnaît cela et cherche une solution pour que les deux univers se rencontrent dans la paix. La première étape de cette conception est la même que pour le racisme systémique.

    La deuxième étape consisterait à ne pas définir davantage le concept, à ne pas l’expliquer, à garder un certain flou sur sa signification. Ainsi, il suffirait de désigner tel comportement ou telle parole pour canaliser la colère que chacun vivrait face à une discrimination envers cette communauté. Je ne peux dire ma peine de voir ce labyrinthe sans issue ; des drames humains, un drame pour l’humanité.

    L’étrangeté est dans la ressemblance des deux points : l’évidence de discrimination et terme accusatoire flou et culpabilisant. Autre fait troublant, le concept structuré est utilisé pour une minorité vulnérable, mais la rend encore plus sujette à des attaques surtout de la part d’autres minorités. Une forme de compétition autodestructrice entre elles suscitée par ces deux concepts : le racisme systémique et l’islamophobie.

    9 mars 2026


    Islamophobia

    Antigone

    Directed by Sophie Deraspe, I saw this film in the cinema a few months ago already. We see the devastation that the weight of the past can cause in a family and the difficulties encountered by the main character, played by Nahéma Ricci, to get out of this labyrinth alone. Go see the Sprint Gala, Antigone is part of it, from May 28 to June 21, 2020.

    My text: Islamophobia

    How to speak of discrimination toward autism, toward mental health through false diagnoses at the same time, through the need of certain people to offload their burden onto the most vulnerable, how to speak of systemic racism as well, without speaking of religious discrimination in general and of Islamophobia in particular? Impossible.

    The idea here is not so much to define what this form of discrimination is, but rather to highlight a strange, unusual conception, a conception that does not result from chance, but rather from a strange reflection.

    As with systemic racism, the concept of Islamophobia can only be accepted by its evidence; everyone can only admit discrimination toward Muslims, whether through clothing, through a particular « appearance » intended to reproduce as faithfully as possible that of the Prophet, or even simply through the ritual of prayer. All of this contrasts with our European or North American ways of doing things. It is disturbing despite ourselves. The vast majority recognizes this and seeks a solution so that the two universes meet in peace. The first step of this conception is the same as for systemic racism.

    The second step would consist of not defining the concept further, not explaining it, keeping a certain vagueness about its meaning. Thus, it would be enough to point out such behavior or such words to channel the anger that everyone would experience in the face of discrimination toward this community. I cannot tell my pain at seeing this dead-end labyrinth; human tragedies, a tragedy for humanity.

    The strangeness lies in the similarity of the two points: the evidence of discrimination and a vague and guilt-inducing accusatory term. Another troubling fact, the structured concept is used for a vulnerable minority, but makes it even more subject to attacks, especially from other minorities. A form of self-destructive competition between them sparked by these two concepts: systemic racism and Islamophobia.

    March 9, 2026

  • Racisme systémique

    Racisme systémique

    Racisme systémique

    Qui a tué Malcolm X ? Une série réalisée par Spike Lee, écoutée sur Netflix. Je commence à peine son visionnement, mais déjà, avec le récent meurtre de George Floyd, elle résonne fort en moi. « L’historien, militant et journaliste Abdur-Rahman Muhammad dirige cette enquête sur le meurtre de Malcolm X. »

    Mon texte : Racisme systémique

    Je me souviens de m’être opposé à cette dénomination pour identifier cette forme de discrimination, axée à la fois sur une distinction raciale, ce qui m’apparaissait justement raciste, et mettant l’accent sur un système fautif en place, ce qui en soi était culpabilisant. Personne ne voudrait porter en lui un tel système déshumanisant, personne ne voudrait en être complice.

    Il y avait aussi une autre raison à mon opposition passée. Une fois le terme accepté avec un certain flou calculé, il devient tellement facile d’accuser tout aspect de la société et de mettre en branle un mouvement pour le détruire. Que ce soit une politique ou une personne, il suffirait de cibler. Une manipulation simple de la population où chacun canaliserait sa colère selon n’importe quelle dénonciation faite par une quelconque autorité. Rapidement, on perdrait tout contrôle et l’anarchie serait la règle.

    J’étais donc contre cette dénomination, pas pour la nier, au contraire, mais pour protéger justement les plus vulnérables, les moins avantagés par le système existant. C’est paradoxal, je le comprends bien.

    Face à une telle attaque, invisible, venue de nulle part et de partout, ce sont ceux qui ont le moins d’argent pour se payer une protection, ceux-là qui n’ont pas pu se payer une éducation et des soins de santé minimaux, ce sont eux qui en feraient encore les frais. Ça ne saurait en être autrement.

    Voilà pourquoi je m’y opposais : par humanisme. Le système est bâti pour que les gagnants gagnent, même en cas d’effondrement, comme on a pu le voir avec la COVID-19 et ses conséquences.

    Néanmoins, il faut sortir de ce racisme, en particulier, et de toutes ces discriminations, en général.

    Je regarde une finalité, par exemple les Noirs et les Autochtones sont surreprésentés dans la population carcérale. Ce que je vois, c’est que notre société a identifié une mésadaptation chez ces communautés et sévit plus facilement. C’est triste, dramatique. Au lieu de rajouter une oppression au système qui ne leur convient pas, on se doit de trouver comment adapter le système aux humains en général, et à ces humains en particulier. C’est le système qui n’est pas adapté !

    Ça prend des soins de santé adéquats et appropriés, un système d’éducation performant, accessible et universel, des policiers qui comprennent et qui peuvent interagir de façon à réduire le poids de leur réalité historique individuelle et collective. Ces personnes portent en elles un traumatisme terrible ; leurs parents étaient traités de façon indigne, lorsqu’on ne voulait tout simplement pas les faire disparaître. Qui ne se rebellerait pas de cela ? Qui pourrait avoir une vie saine et équilibrée avec un tel trauma en soi ? Voilà ce qu’on veut dire en dénonçant les chances inégales, en dénonçant une souffrance niée.

    9 mars 2026


    Systemic Racism

    Who Killed Malcolm X? A series directed by Spike Lee, watched on Netflix. I am just beginning to watch it, but already, with the recent murder of George Floyd, it resonates strongly within me. « Historian, activist, and journalist Abdur-Rahman Muhammad leads this investigation into the murder of Malcolm X. »

    My text: Systemic Racism

    I remember opposing this naming to identify this form of discrimination, focused both on a racial distinction, which appeared precisely racist to me, and emphasizing a faulty system in place, which in itself was guilt-inducing. No one would want to carry such a dehumanizing system within them, no one would want to be complicit in it.

    There was also another reason for my past opposition. Once the term is accepted with a certain calculated vagueness, it becomes so easy to accuse any aspect of society and set a movement in motion to destroy it. Whether it be a policy or a person, it would be enough to target them. A simple manipulation of the population where everyone would channel their anger according to any denunciation made by any authority. Quickly, all control would be lost and anarchy would be the rule.

    I was therefore against this naming, not to deny it, on the contrary, but to protect precisely the most vulnerable, those least advantaged by the existing system. It is paradoxical, I understand it well.

    Faced with such an attack, invisible, coming from nowhere and everywhere, it is those who have the least money to pay for protection, those who could not pay for an education and minimal healthcare, they are the ones who would again pay the price. It could not be otherwise.

    That is why I opposed it: out of humanism. The system is built so that winners win, even in the event of a collapse, as we have seen with COVID-19 and its consequences.

    Nevertheless, we must get out of this racism, in particular, and all these discriminations, in general.

    I look at an outcome, for example Black and Indigenous people are overrepresented in the prison population. What I see is that our society has identified a maladaptation in these communities and strikes more easily. It is sad, dramatic. Instead of adding oppression to the system that does not suit them, we must find how to adapt the system to humans in general, and to these humans in particular. It is the system that is not adapted!

    It takes adequate and appropriate healthcare, a high-performing, accessible and universal education system, police officers who understand and who can interact in a way that reduces the weight of their individual and collective historical reality. These people carry a terrible trauma within them; their parents were treated in an undignified manner, when they didn’t simply want to make them disappear. Who would not rebel against that? Who could have a healthy and balanced life with such a trauma within? This is what we mean by denouncing unequal chances, by denouncing a denied suffering.

    March 9, 2026

  • Ensemble

    Ensemble

    Ensemble

    J’ai découvert, il y a déjà plusieurs mois, cette série sur Netflix. Au début, je me rappelle avoir été intrigué, malgré une certaine désorientation. Vite, par contre, le goût irrésistible de poursuivre s’est installé. Croyez-vous à une telle télépathie, à une sorte de communion ?

    Mon texte

    Tout était bizarre, je ne sais pas. Un sentiment de déjà-vu mélangé à quelque chose d’étrange que je ne pouvais pas nommer. J’étais rempli d’un grand bien-être face à une nouvelle réalité, non menaçante, mais se présentant comme un film, avec une distance semblable. Je sortais du coma, amnésique.

    J’ai déjà raconté ma vulnérabilité et ses conséquences. En regardant en arrière, je réalise que j’attendais qu’on me dise qui j’étais et qu’on m’apprenne comment agir. Un enfant dans un corps d’adulte. Il s’est avéré que personne ne me connaissait vraiment ; chacun avait son histoire à raconter, sa petite version et, comme je l’ai appris plus tard, sa propre théorie sur ma différence.

    Laissé plus ou moins à moi-même, je devais tout apprendre de la vie. J’ai vagabondé dans les hôpitaux pour finalement baisser les bras. Après les électroencéphalogrammes et le rendez-vous médical qui suivait, j’étais seul face à l’un et à l’autre, puis je retournais chez moi. Il n’y avait personne pour m’expliquer ce qui se passait vraiment ou pour faire un lien avec quoi que ce soit qui ait pu avoir du sens pour moi. Ma mémoire était très fragmentée, de telle sorte que je pouvais me souvenir d’un repas d’il y a quelques jours, mais ne pas savoir si je m’étais nourri le jour même. J’étais perdu dans un nouveau monde.

    Pour faire fonctionner mon cerveau, je me suis inscrit à des cours dans le civil. Bien sûr, la mémoire est encore plus importante à l’école. C’est donc sans grande surprise que les résultats étaient représentatifs de cette difficulté. Là encore, j’avais toute ma liberté. Tant que je pouvais m’inscrire à un cours ou à un programme, et que j’en avais le goût, tout allait bien, je pouvais procéder. Je me servais de ces cours comme d’une réhabilitation. Une réhabilitation prescrite par moi-même.

    Évidemment, vivre isolé face à une infinité de problèmes quotidiens, sans personne pour me prendre en charge, m’a amené à consulter des psys. De cela aussi, je vous en ai parlé. Plus le temps avançait, plus ma situation se compliquait, et moins j’avais d’aide appropriée. Au contraire, on m’enfonçait en rajoutant un poids sur mes épaules à chaque nouvelle personne ou chaque nouvel événement le moindrement bruyant. Je ne pouvais plus parler sans qu’on en rajoute. J’étais vidé de mon essence. Je n’étais plus une personne, mais un dossier à traiter — même pas une bouche à nourrir ou un membre de la famille à aimer.

    Bon, peut-être que la colère me fait oublier un soutien reçu çà et là.

    Je me suis éventuellement retrouvé chez un psychanalyste. Pourquoi pas ? En plus, il était curieux du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) qui était « la théorie » à mon sujet à ce moment-là. On a fini par se chicaner sur je ne sais quel sujet — peut-être un rendez-vous manqué — puis il est décédé peu après. La psychanalyse a repris avec un autre médecin. Il me fallait recommencer à zéro, mais plus rapidement, fort de certains acquis. J’ai ainsi fini par faire une psychanalyse complète grâce à ce dernier. J’avais développé un outil incroyable : je pouvais dorénavant travailler efficacement avec les structures que je voyais ! En théorie.

    J’avais l’outil, mais tout restait à faire. Selon ce médecin, je devais simplement laisser le temps faire son œuvre. Le temps… mais le poids du passé demeurait. Isolé, j’ai commencé à chercher un équilibre extérieur différent en changeant d’entourage. Le diagnostic d’autisme est très récent dans ma vie — environ deux ans — bien que j’aie passé le plus clair de mon temps dans les hôpitaux et les écoles. C’est inacceptable pour une société comme la nôtre.

    Au Québec, aujourd’hui, on parle de rénover les structures en place pour évoluer plus rapidement et éliminer graduellement les inégalités. On veut améliorer le système d’éducation, ajouter des centres de soins pour les aînés et les personnes handicapées ; les policiers veulent une formation sur la réalité des personnes souvent discriminées ; les gouvernements tentent un virage vert en minimisant les impacts économiques. Il existe plusieurs études sur la façon de rendre l’économie plus humaine, plus axée sur le bien-être. Tout cela converge. À nous de rendre ces changements durables et de passer à l’action.

    9 mars 2026


    Together

    I discovered this series on Netflix several months ago. At first, I remember being intrigued, despite a certain sense of disorientation. Soon, however, an irresistible urge to continue took hold. Do you believe in such telepathy, in a kind of communion?

    My Text

    Everything was bizarre, I don’t know. A feeling of déjà vu mixed with something strange I couldn’t name. I was filled with a great sense of well-being facing a new reality—one that wasn’t threatening, but presented itself like a film, with a similar distance. I was coming out of a coma, an amnesiac.

    I have already spoken of my vulnerability and its consequences. Looking back, I realize I was waiting for someone to tell me who I was and to teach me how to act. A child in an adult’s body. It turned out that no one really knew me; everyone had their own story to tell, their own little version, and, as I learned later, their own theory about my difference.

    Left more or less to my own devices, I had to learn everything about life. I wandered through hospitals, eventually giving up. After the EEGs and the subsequent medical appointments, I was alone in both, and then I would return home. There was no one to explain what was really happening or to make a connection with anything that might have made sense to me. My memory was very fragmented, so much so that I could remember a meal from a few days ago but not know if I had eaten that very day. I was lost in a new world.

    To get my brain working, I enrolled in civilian courses. Of course, memory is even more important in school. So, it was no surprise that the results reflected this difficulty. Even then, I had total freedom. As long as I could sign up for a course or a program and felt like it, everything was fine; I could proceed. I used these courses as rehabilitation. A rehabilitation self-prescribed.

    Of course, living isolated, facing an infinity of daily problems without anyone to take charge of me, led me to consult therapists. I’ve told you about that as well. As time went on, my situation grew more complicated, and the appropriate help grew scarcer. On the contrary, I was being dragged down, with a new weight added to my shoulders by every new person or every slightly noisy event. I couldn’t speak without someone adding to it. I was drained of my essence. I was no longer a person, but a file to be processed—not even a mouth to feed or a family member to love.

    Well, perhaps anger makes me forget a bit of support received here and there.

    I eventually found myself with a psychoanalyst. Why not? Moreover, he was curious about Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD), which was « the theory » about me at the time. We ended up arguing over some subject—perhaps a missed appointment—and he passed away shortly after. Psychoanalysis resumed with another doctor. I had to start from scratch, but faster, building on certain gains. I eventually completed a full psychoanalysis thanks to the latter. I had developed an incredible tool: I could now work effectively with the structures I saw! In theory.

    I had the tool, but everything remained to be done. According to this doctor, I just had to let time do its work. Time… but the weight of the past remained. Isolated, I began to seek a different external balance by changing my surroundings. The autism diagnosis is very recent in my life—about two years—even though I spent most of my life in hospitals and schools. This is unacceptable for a society like ours.

    In Quebec today, there is talk of renovating existing structures to evolve more quickly and gradually eliminate inequalities. We want to improve the education system, add care centers for the elderly and people with disabilities; the police want training on the reality of those often discriminated against; governments are attempting a green shift while minimizing economic impacts. There are several studies available on how to make the economy more human, more focused on well-being. All of this converges. It is up to us to make these changes sustainable and to take action.

    March 9, 2026

  • La plénitude

    La plénitude

    La plénitude

    Les voyages me rendent heureux, surtout parce que j’y rencontre des personnes qui se dévoilent à travers leur façon d’être et leur culture. En toute simplicité.

    Mon texte

    Avec cette discrimination, et tout le travail que cela me demandait pour la conscientiser et la verbaliser, je me suis mis à rêver, graduellement et beaucoup trop lentement, d’un espace où je pourrais vivre libre tout en étant moi-même.

    J’ignorais à ce moment-là que j’étais autiste. Je ne pouvais pas nommer ma différence, mais je la percevais dans les réactions des autres, dans leur façon d’agir avec moi. Je cherchais dans mes explications un équilibre : quelque chose qui puisse à la fois expliquer ces réactions et ma propre singularité.

    Lorsque je tentais d’expliquer mes découvertes, mes prises de conscience ou mes suppositions sur cette réalité et ses conséquences pour moi, je voyais beaucoup de culpabilité chez les personnes à qui je me dévoilais. On me disait accusateur ; on prétendait que je cherchais à me déresponsabiliser, que je devais « me retrousser les manches ».

    J’étais face à moi-même, coincé dans ce labyrinthe sans issue. Je me sentais coupable, moi aussi, et cela générait un grand sentiment d’injustice. Ma vie perdait de son éclat et, plus le temps avançait, moins je voyais la possibilité de me réaliser. Mes rêves m’apparaissaient de plus en plus inaccessibles. Ici et là, j’ai tenté de reprendre le pouvoir sur ma vie, emporté tant par ce sentiment d’injustice que par ma volonté de sortir une fois pour toutes de ce piège dans lequel on me maintenait.

    Prisonnier, une image me revenait : je me voyais enfermé dans une bulle, une coquille d’œuf faite tantôt de pierre, tantôt de verre. Parfois, j’étais équipé pour sortir de ce cocon ; parfois, seul le bris énergique du verre s’imposait. Je ne savais pas comment interpréter cela. Mais en fin de compte, rien ne m’avantageait. Je retournais mon besoin impératif de justice contre moi-même. Je cherchais le pouvoir pour fuir ma condition. Malgré le soulagement momentané que cette libération m’apportait, la solution se trouvait clairement ailleurs.

    Tout briser pour recommencer sans cesse ma vie ne m’apportait, au bout du compte, que frustrations et malheurs. Je me sentais plus fort, certes, mais aussi plus vide. L’amour en moi disparaissait. J’aurais eu beau prier, tenter de faire le bien ou tout partager, le vide restait immense et insatisfaisant. Ce n’était jamais assez beau, jamais assez bien. Je courais après une illusion. La justice n’était pas là ; c’était un mirage, ce n’était jamais suffisant.

    C’est ainsi que j’ai commencé à donner ma vie, avec amour et respect.

    12 mars 2026


    Wholeness

    Traveling makes me happy, mainly because I meet people who reveal themselves through their way of being and their culture. In all simplicity.

    My Text

    With this discrimination, and all the work it required to become conscious of it and verbalize it, I began to dream—gradually and much too slowly—of a space where I could live freely while being myself.

    I didn’t know at the time that I was autistic. I couldn’t name my difference, but I saw it in the reactions of others, in the way they dealt with me. I searched for a balance in my explanations: something that could explain both those reactions and my own difference.

    When I tried to explain my discoveries, my realizations, or my assumptions about this reality and its consequences for me, I saw a lot of guilt in the people to whom I revealed myself. I was called accusatory; I was told I was trying to avoid responsibility, that I needed to « roll up my sleeves. »

    I was facing myself while being in this dead-end labyrinth. I felt guilty, too, and it generated a great sense of injustice. My life was losing its luster and, as time went on, the possibility of self-fulfillment seemed to dwindle. My dreams appeared increasingly inaccessible. Here and there, I tried to take back power over my life, driven both by this sense of injustice and by my will to escape once and for all from the trap in which I was being held.

    As a prisoner, an image kept returning to me: I saw myself enclosed in a bubble, an eggshell made sometimes of stone, sometimes of glass. Sometimes I was equipped to crawl out of this cocoon; other times, only the forceful shattering of the glass would do. I didn’t know how to interpret this. But ultimately, nothing worked in my favor. I turned my imperative need for justice against myself. I sought power to flee my situation. Despite the momentary relief this liberation brought, the solution clearly lay elsewhere.

    Breaking everything to constantly restart my life only brought me frustration and misery in the end. I felt stronger, yes, but also emptier. The love within me was vanishing. No matter how much I prayed, tried to do good, or shared everything, the void remained immense and unsatisfying. It was never beautiful enough, never good enough. I was chasing an illusion. Justice wasn’t there; it was a mirage, it was never enough.

    That is how I began to give my life, with love and respect.

    March 12, 2026

  • Je, me, moi

    Je, me, moi

    Je, me, moi

    Même après une si longue pause, je n’ai aucun texte de préparé. J’ai pratiquement épuisé ma liste d’idées de sujets que je mets plus ou moins à jour lorsque je crois tenir un thème intéressant à traiter. Bref.

    Mercredi, je vous parlais de discrimination. N’est-ce pas ridicule de ma part d’être resté dans un environnement si malsain pendant autant d’années ? Ne devrais-je pas en culpabiliser, voire m’en excuser auprès de tous, ou au minimum auprès de mon enfant ?

    Certainement. Ici et là, je l’ai fait. J’étais mal de voir les piètres résultats que j’atteignais malgré tous les efforts que je fournissais. Un boulet, une cruelle lourdeur m’habitait, impossible de la nommer davantage. Ce ressenti, ce vécu, avait des effets sur moi et sur ma vie, mais je ne savais pas de quoi il s’agissait. Ceci explique cela.

    Qu’aurait été ma vie sans cette maltraitance familiale et sans cette violence conjugale ? Personne ne saurait le dire. Néanmoins, avec tous ces textes que j’écris sur moi, sur ma vie, sur mon vécu et avec tout ce qui se passe actuellement, je constate que j’étais victime de violence. Quel soulagement de pouvoir enfin le nommer.

    Je ne tire aucune gloire à me dire avoir été victime. Vraiment aucune. Au contraire. Je pense que l’idée même d’être une victime me rebutait à tel point que je refusais de reconnaître que j’étais dans une telle situation. Qui veut être une victime ? Se voir démuni, sans ressources, pris au piège, affaibli ? Personne.

    Je suppose qu’il est aussi difficile de se voir dans la position du bourreau ; de réaliser, en fin de compte, que notre façon d’agir fait du mal, voire détruit des vies. C’est sûrement une prise de conscience horrible. En même temps, qui n’a jamais été de ce côté ?

    « Je, me, moi. » Cela peut être une façon de placer nos besoins avant ceux de tout le monde. Il existe la possibilité de toujours se faire passer en premier, de croire que nos besoins sont prioritaires et que ceux des autres sont insignifiants. C’est ainsi que l’on déshumanise l’autre.

    « Je, me, moi » peut aussi être une façon saine de travailler sur soi, de comprendre la vie. On regarde un film, une série télévisée ou un spectacle, et l’on cherche en soi une résonance, un vécu qui pourrait ressembler à ce que l’on voit. Quelque chose qui pourrait nous faire ressentir réellement cette expérience, ne serait-ce qu’un peu. Trouver ce qui nous a honnêtement motivés dans nos actions et percevoir ce qui, possiblement, anime les agissements de cet autre être humain.

    Un tel procédé permet de développer une capacité d’empathie et d’aiguiser notre compréhension de l’existence. Cela nous donne une idée de réalités différentes de la nôtre.

    En mémoire de Serge Christiaenssens : Lien Wikipédia

    11 mars 2026


    I, Me, Mine

    Even after such a long break, I have no prepared text. I have practically exhausted my list of ideas that I update more or less whenever I think I have an interesting subject to cover. In short.

    On Wednesday, I spoke to you about discrimination. Isn’t it ridiculous on my part to have stayed in such an unhealthy environment for so many years? Shouldn’t I feel guilty about it, or even apologize to everyone, or at the very least, to my child?

    Certainly. Here and there, I have done so. It pained me to see the poor results I achieved despite all the effort I put in. A ball and chain, a cruel heaviness inhabited me, impossible to name further. This feeling, this experience, had effects on me and my life, but I didn’t know what it was. This explains that.

    What would my life have been like without this family maltreatment and without this domestic violence? No one can say. Nevertheless, with all these texts I am writing about myself, my life, and my experience, and with everything happening now, I realize that I was a victim of violence. What a relief to finally name it.

    I take no pride in calling myself a victim. Truly none. On the contrary. I think the idea of being a victim repelled me to such an extent that I refused to acknowledge I was in such a situation. Who wants to be a victim? To see oneself helpless, without resources, trapped, weakened? No one.

    I suppose it is also difficult to see oneself in the position of the abuser; to realize, in the end, that our way of acting causes harm, or even destroys lives. It must be a horrific realization. At the same time, who has never been on that side?

    « I, me, mine. » This can be a way of putting our needs before everyone else’s. There is the possibility of always putting ourselves first, of seeing our needs as the priority while viewing others’ as insignificant. This is how the other is dehumanized.

    « I, me, mine » can also be a healthy way of working on oneself, of understanding life. We watch a film, a TV series, or a show, and we look within ourselves for a resonance, an experience that might resemble what we see. Something that could make us truly live that experience, if only a little. To honestly find what motivated our own actions and to see what possibly drives the actions of that other human being.

    Such a process allows us to develop a capacity for empathy and to sharpen our understanding of life. It gives us a sense of realities different from our own.

    In memory of Serge Christiaenssens: Wikipedia Link

    March 11, 2026

  • La discrimination

    La discrimination

    La discrimination

    Le Diable en canot d’écorce, sur TOU.TV. À la Maison symphonique de Montréal, le son et l’ambiance sont incroyables. C’est certain que ma télévision ne me rend pas toute cette réalité. Néanmoins, j’ai pu apprécier la musique de l’Orchestre symphonique de Montréal qui accompagne le conte de Noël revisité par Michel Tremblay et raconté par Laurent Paquin. J’ai bien aimé l’ensemble. C’était aussi l’occasion de me plonger dans les histoires de nos ancêtres qui nous habitent encore.

    Mon texte

    Laissez-moi vous parler encore un peu de moi, de mon vécu, de la façon dont la discrimination s’est présentée dans ma vie.

    Dès ma naissance, j’ai été identifié comme différent ; ça se savait. L’un de mes plus vieux souvenirs est celui où j’ai cassé une plante d’une seule main alors que ma mère m’invitait à la rejoindre à la fenêtre pour voir mon père revenir à la maison. Je ne sais pas comment j’ai su qu’il s’agissait d’un mensonge, que mon père ne reviendrait pas ; c’était une certitude en moi, simplement. Mes parents ont divorcé lorsque j’avais 18 mois. Ma mère s’est référée à cette colère toute ma vie : j’étais « le colérique ». Les autres suppositions de maladie mentale ne m’étaient pas dites ; j’ai réalisé beaucoup plus tard leur présence, et encore plus tard leurs impacts à travers les lourdes répercussions sur ma vie et mon bien-être.

    Avec mon accident de voiture, le polytraumatisme crânien et l’amnésie, la « machine » est partie. Aux théories secrètes de ma famille se sont ajoutées celles des médecins, de l’Armée, de la SAAQ* et d’autres encore. Chacun expliquait pourquoi j’étais comme ça, pourquoi j’étais différent. Personne n’avait de solution, personne ne me demandait si j’étais d’accord, si cela me faisait du bien ou si cela me permettait de vivre. Rien. Nada. Niet. Même après avoir été indemnisé ! On disait qu’on m’avait donné cet argent pour me faire taire.

    J’ai vu mon isolement grandir, tout comme ma souffrance, de plus en plus vécue dans le silence. Chaque mot que j’utilisais servait à justifier une maladie mentale : mon labyrinthe sans issue.

    Je ne demande à personne de comprendre comment mon esprit fonctionne. Je ne sais même pas s’il est possible que cela se fasse. Il suffirait que l’on puisse reconnaître et accepter que je fonctionne différemment, que j’analyse et expérimente la vie différemment. Ce que je demande, par contre, c’est d’être aimé et respecté pour ce que je suis, avec ma différence. Je n’en peux plus des fausses théories sur ce que je suis, sur cette « maladie » qui m’habiterait au point que je serais intégralement elle — au point que je ne serais plus un être humain, mais plutôt une petite chose à caser, à traiter, à éliminer. Un poids pour ma famille et pour cette société, comme si ma disparition allait enfin soulager l’une et l’autre. Ça suffit.

    Ça suffit. Je me suis séparé, puis j’ai divorcé. Peu à peu, les contacts avec ma famille ont aussi diminué pour finalement ne plus exister. Je ne vois plus de médecin pour m’expliquer ma différence, mais j’ai fait des démarches avec mon médecin de famille pour « diffuser » autant que possible dans le système de santé le fait que je suis autiste, afin de mettre en perspective les faux diagnostics. Je fais la paix avec mon passé en comprenant d’où venaient ces erreurs, les avantages que certains tiraient de ces faussetés, et ce qui poussait ma famille à se décharger en projetant maladivement sur moi ses propres problèmes. Ces agissements inhumains envers moi sont maintenant derrière moi. Je me doute toutefois que je devrai sans cesse rester vigilant pour me protéger, en démontrant tout ce que je peux réussir sans le poids de la discrimination.

    *Société de l’assurance automobile du Québec

    10 mars 2026


    Discrimination

    Le Diable en canot d’écorce (The Devil in a Bark Canoe), on TOU.TV. At the Maison symphonique de Montréal, the sound and atmosphere are incredible. Of course, my television cannot fully capture that reality. Nevertheless, I was able to appreciate the music of the Orchestre symphonique de Montréal accompanying the Christmas tale revisited by Michel Tremblay and narrated by Laurent Paquin. I enjoyed the whole experience. It was also an opportunity to immerse myself in the stories of our ancestors that still dwell within us.

    My Text

    Let me tell you a bit more about myself, my experience, and how discrimination has manifested in my life.

    From birth, I was identified as different; it was known. One of my oldest memories is breaking a plant with one hand while my mother invited me to the window to watch my father return home. I don’t know how I knew it was a lie, that my father would not be coming back; it was simply a certainty within me. My parents divorced when I was 18 months old. My mother referred to that anger my whole life: I was « the angry one. » Other assumptions of mental illness were not told to me; I realized their presence much later, and even later, their impact through the massive repercussions on my life and well-being.

    With my car accident, the multiple head trauma, and the amnesia, the « machine » started up. To my family’s secret theories were added those of doctors, the Army, the SAAQ*, and others. Everyone explained why I was this way, why I was different. No one had a solution, no one asked if I agreed, if it did me any good, or if it allowed me to live. Nothing. Nada. Niet. Even after being compensated! It was said that the money had been given to me to keep me quiet.

    I saw my isolation grow along with my suffering, more and more in silence. Every word I used was used to justify a mental illness: my dead-end labyrinth.

    I don’t ask anyone to understand how my mind works. I don’t even know if that is possible. It would be enough if people could acknowledge and accept that I function differently, that I analyze and experience life differently. What I do ask for, however, is to be loved and respected for who I am, with my difference. I am done with false theories about who I am, about the « illness » that supposedly inhabits me to the point where I am entirely defined by it—to the point where I would no longer be a human being, but rather a small thing to be pigeonholed, treated, or eliminated. A nuisance for my family and this society, as if my disappearance would finally relieve both. Enough is enough.

    Enough. I separated, then divorced. Gradually, contact with my family also diminished until it eventually ceased to exist. I no longer see doctors to explain my difference, but I have taken steps with my family physician to « broadcast » as much as possible within the healthcare system the fact that I am autistic, in order to put the false diagnoses into perspective. I am making peace with my past by understanding where those false diagnoses came from, the advantages some gained from those falsehoods, and what pushed my family to offload their own problems by unhealthily projecting them onto me. These inhuman actions toward me are now at a much lower level than ever before. However, I suspect I will always have to be careful to protect myself—by demonstrating everything I can achieve without the weight of discrimination.

    *Quebec’s automobile insurance board (Société de l’assurance automobile du Québec)

    March 10, 2026