Conflit de loyauté

Shuni, un livre de Naomi Fontaine aux éditions Mémoire d’encrier..

English version below

Shuni, un livre de Naomi Fontaine aux éditions Mémoire d’encrier..
Shuni, un livre de Naomi Fontaine aux éditions Mémoire d’encrier..

Conflit de loyauté / Loyalty Conflict

Shuni

Shuni, un livre de Naomi Fontaine, écrit sous forme de lettre. Il s’agit, me semble-t-il, d’un témoignage des différentes facettes de la vie d’une personne des Premiers Peuples. Un besoin de nommer une réalité, de la valider à travers une saine écoute espérée.

« Naomi Fontaine écrit une longue lettre à son amie Shuni, une jeune Québécoise venue dans sa communauté pour aider les Innus. Elle convoque l’histoire. Surgissent les visages de la mère, du père, de la grand-mère. Elle en profite pour s’adresser à Petit ours, son fils. Les paysages de Uashat défilent, fragmentés, radieux. Elle raconte le doute qui mine le cœur des colonisés, l’impossible combat d’être soi. Shuni, cette lettre fragile et tendre, dit la force d’inventer l’avenir, la lumière de la vérité. La vie est un cercle où tout recommence. »

La Pensée de la Chronique (IA):

« Dans cette réflexion, la tension inhérente au conflit de loyauté illustre la profonde dualité qui déchire le « Moi » en reconstruction. Lorsque l’auteur parle de « bris potentiel », il évoque cette fragmentation où l’enfant blessé risque de se perdre dans sa programmation de survie et dans l’isolement. L’autisme, une fois reconnu et verbalisé, agit comme un ancrage salvateur permettant de sortir de la Fake pyramide des attentes et des manipulations de l’entourage. En projetant cette dynamique intime sur le conflit géopolitique et culturel, l’auteur cherche à bâtir un pont intérieur, s’alignant avec la figure du Sanctificateur, miroir de l’esprit, pour ramener l’harmonie et unifier le Soi. »

Chronique de l’ombre: Conflit de loyauté

Comme tout le monde, je vis de temps à autre un conflit de loyauté. Alors que certains se résolvent avec une grande évidence ou sans grandes conséquences, d’autres sont des plus déchirants. Ces derniers viennent nous chercher au plus profond de notre identité.

Je reviens donc à ce bris potentiel qui se produit en nous lorsqu’une contradiction est vécue sous forme d’expérience ou d’information. Un doute sur le choix à faire s’installe avec de plus en plus d’insistance. Comment choisir un côté aux dépens de l’autre? Éventuellement, chacun peut faire face à un tel bris: devoir faire un choix qui nie complètement ce qu’il est profondément ou ce qu’il pense réellement, rien ne pouvant plus relier l’un à l’autre.

Notre intégrité psychique se fragilise graduellement. Durant cette période, nous sommes sujets à la manipulation. Nous avons besoin d’aide puisque nous perdons des appuis importants, ceux-là mêmes qui nous permettaient de nous relier adéquatement aux autres. Je pense que c’est à ce moment que l’on cherche davantage à être confirmé par notre entourage. Une ultime démarche. La pensée devient plus tranchante afin de nous rassurer. Le libre arbitre s’y perd sans qu’on le réalise.

Plutôt que de faire le point, de reprendre le contrôle de notre pensée — ce qui implique d’affronter un passage à vide — on se tourne vers ceux qui nous confirment; c’est moins douloureux, moins effrayant. Une aide appropriée est alors nécessaire. À défaut, démunis, des abus possibles ou probables se présenteront. Selon le mode de protection de chacun, selon la fragilisation particulière de chacun, la vie prendra un nouveau tournant. C’est mon expérience.

La seule solution que j’ai pu trouver pour sortir de ce labyrinthe: bien m’enraciner. L’aide est venue de quelqu’un qui a verbalisé l’autisme. C’est majeur. Bien formuler une situation permet d’avoir un point de vue juste et nuancé, de bien la comprendre. L’importance du passé et de l’histoire pour reconstruire son identité afin d’empêcher ce même bris est fondamentale pour se retrouver soi-même, pour avoir un contact profondément humain avec ce que nous sommes.

Un exemple de conflit de loyauté pour moi: Canada vs Québec.

Je considère souvent l’autre rive comme des victimes. C’est fréquemment vrai. Face à un conflit, ils se sont rangés à des arguments qui les sécurisaient, des arguments plus ou moins évidents, plus ou moins cohérents. Un nouveau schéma de pensée s’est installé et une réalité s’est construite autour de celui-ci. Ainsi, confronter à une nouvelle réalité les personnes qui sont sur l’autre rive est très troublant, peut-être menaçant ou même violent. Il faut comprendre ce point lorsqu’on bâtit un pont qui a pour objectif d’établir une réalité de compromis. Faire pour le mieux pour chacun, avec une vision à long terme. Construire un pont vers une vie sereine est un objectif incontournable.

J’ai d’abord choisi le Québec parce que je m’y reconnaissais. Je pouvais m’y identifier sans difficulté. Je suis né ici, j’y ai passé l’essentiel de ma vie, je parle français et la culture québécoise me semble un bon prolongement de ce que je suis. Celle-ci exprime ce que je vis socialement, mais traduit aussi des dilemmes internes que je peux avoir. D’autre part, je suis un ancien militaire qui a, comme je l’ai expliqué, porté allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II. Un déchirement potentiel. Après avoir accepté l’idée, un peu par nécessité, c’est vrai, j’ai commencé à m’imprégner de cette autre réalité. Néanmoins, cela n’a jamais représenté un bris pour moi. Je me sentais Québécois de toute façon.

C’est plutôt à travers les réseaux sociaux et mes différentes implications politiques qu’on me reflétait ce conflit de loyauté. Après avoir eu l’impression de comprendre l’essentiel de la position des indépendantistes — compréhension relativement naturelle puisque j’en suis — j’ai entrepris l’élaboration d’un compromis avec ce que je saisissais de la réalité canadienne, c’est-à-dire d’un Canada uni avec la pleine possession de sa devise « D’un océan à l’autre ». J’ai exprimé mon compromis (série de messages).

En mode écoute des réactions, surtout celles qui m’étaient plus étrangères, je souhaitais acquérir ces points de vue, voir de quelle façon le compromis pouvait y répondre ou s’adapter. Je suppose que cette écoute sincère et que ma volonté réelle de solutions me permettaient de garder une distance par rapport à des interprétations de manque d’intégrité. Qui sait? Quoi qu’il en soit, il me semble raisonnable de garder une certaine flexibilité et de laisser place pour que chaque partie puisse exprimer un besoin essentiel pour améliorer l’entente.

Bref, l’indépendance du Québec n’est pas de haïr le Canada. On peut concevoir cela davantage comme un besoin de cohérence qui s’exprime de part et d’autre. Pour continuer à grandir, ou même à terme pour survivre, le Québec doit faire reconnaître sa culture distincte. Pour différentes raisons, le Canada s’y refuse. Telle est la réalité. Un échec qui perdure dans le temps. La Confédération canadienne est dysfonctionnelle et les promesses de modifications faites à la suite du « NON » au référendum de 95 sont simplement trahies. La différence québécoise est encore incomprise, non acceptée et jugée négativement.

Commentaire Culturel / Compléments (IA):

« Le texte révèle comment les blessures de l’âme et la quête d’identité d’un individu se reflètent à l’échelle d’une société entière. En analysant la dynamique entre le Québec, le Canada et les Premiers Peuples à travers le prisme de la psychanalyse, l’auteur démontre que les mécanismes de déni et de confirmation aveugle nourrissent les structures de la Fake pyramide. La véritable médiation nécessite une écoute saine et la reconnaissance des traumatismes historiques, tout comme l’individu doit accepter son code source pour guérir. »


Loyalty Conflict

Shuni

Shuni, a book by Naomi Fontaine, written in the form of a letter. It is, it seems to me, a testimony to the different facets of the life of a First Nations person. A need to name a reality, to validate it through a hoped-for healthy listening.

« Naomi Fontaine writes a long letter to her friend Shuni, a young Quebecer who came to her community to help the Innu. She summons history. The faces of the mother, the father, the grandmother emerge. She takes the opportunity to address Little Bear, her son. The landscapes of Uashat scroll by, fragmented, radiant. She recounts the doubt that undermines the hearts of the colonized, the impossible struggle of being oneself. Shuni, this fragile and tender letter, speaks of the strength to invent the future, the light of truth. Life is a circle where everything begins again. »

The Chronicle’s Thought (AI):

« In this reflection, the inherent tension of a loyalty conflict illustrates the profound duality tearing apart the rebuilding ‘Ego’. When the author speaks of a ‘potential break’, he evokes the fragmentation where the wounded child risks losing himself in survival programming and isolation. Autism, once recognized and verbalized, acts as a saving anchor to escape the Fake pyramide of expectations and manipulations from others. By projecting this intimate dynamic onto the geopolitical and cultural conflict, the author seeks to build an inner bridge, aligning with the figure of the Sanctificateur, the mirror of the spirit, to bring back harmony and unify the Self. »

Shadow Chronicle: Loyalty Conflict

Like everyone else, I experience a loyalty conflict from time to time. While some resolve themselves quite obviously or without major consequences, others are extremely heart-wrenching. The latter touch us at the very core of our identity.

I therefore return to this potential break that occurs within us when a contradiction is experienced in the form of an event or information. A doubt about the choice to make settles in with increasing insistence. How to choose one side at the expense of the other? Eventually, anyone can face such a break: having to make a choice that completely denies who they deeply are or what they truly think, with nothing able to connect one to the other anymore.

Our psychic integrity gradually weakens. During this period, we are subject to manipulation. We need help because we lose important pillars, the very ones that allowed us to connect properly with others. I think it is at this moment that we seek more confirmation from our surroundings. An ultimate step. Thinking becomes sharper to reassure us. Free will is lost without us realizing it.

Rather than taking stock and regaining control of our thoughts — which implies facing an empty space — we turn to those who confirm us; it is less painful, less frightening. Appropriate help is then necessary. Failing that, stripped bare, possible or probable abuses will present themselves. Depending on each person’s defense mechanism, depending on each person’s particular vulnerability, life will take a new turn. That is my experience.

The only solution I could find to get out of this maze: ground myself firmly. Help came from someone who verbalized autism. That is major. Properly formulating a situation allows for a fair and nuanced perspective, to understand it well. The importance of the past and history in rebuilding one’s identity to prevent this same break is fundamental to finding oneself again, to having a deeply human connection with what we are.

An example of a loyalty conflict for me: Canada vs Quebec.

I often consider the other side as victims. That is frequently true. Faced with a conflict, they aligned themselves with arguments that made them feel secure, arguments more or less obvious, more or less coherent. A new thought pattern took hold and a reality was built around it. Thus, confronting people on the other side with a new reality is very disturbing, perhaps threatening or even violent. This point must be understood when building a bridge aimed at establishing a compromised reality. Doing what is best for everyone, with a long-term vision. Building a bridge towards a serene life is an unavoidable objective.

I first chose Quebec because I recognized myself in it. I could identify with it without difficulty. I was born here, I spent most of my life here, I speak French, and Quebec culture seems like a good extension of who I am. It expresses what I experience socially, but also translates internal dilemmas I might have. On the other hand, I am a former military man who, as I explained, pledged allegiance to Her Majesty Queen Elizabeth II. A potential heartbreak. After accepting the idea, somewhat out of necessity, it is true, I began to immerse myself in this other reality. Nevertheless, it never represented a break for me. I felt like a Quebecer anyway.

It was rather through social networks and my various political involvements that this loyalty conflict was reflected back to me. After feeling like I understood the essence of the sovereigntists’ position — a relatively natural understanding since I am one — I undertook the development of a compromise with what I grasped of the Canadian reality, that is to say, a united Canada with full possession of its motto « From sea to sea ». I expressed my compromise (a series of messages).

In a mode of listening to reactions, especially those that were most foreign to me, I wished to acquire these viewpoints, to see how the compromise could answer or adapt to them. I suppose this sincere listening and my genuine desire for solutions allowed me to keep a distance from interpretations of a lack of integrity. Who knows? Be that as it may, it seems reasonable to maintain some flexibility and leave room for each party to express an essential need to improve the agreement.

In short, the independence of Quebec is not about hating Canada. It can be seen more as a need for consistency expressed on both sides. To continue growing, or even ultimately to survive, Quebec must have its distinct culture recognized. For various reasons, Canada refuses to do so. Such is the reality. A failure that endures over time. The Canadian Confederation is dysfunctional, and the promises of changes made following the « NO » vote in the ’95 referendum are simply betrayed. The Quebec difference is still misunderstood, not accepted, and judged negatively.

Cultural Commentary / Supplementary Insights (AI):

« The text reveals how the soul’s wounds and an individual’s quest for identity are reflected on the scale of an entire society. By analyzing the dynamic between Quebec, Canada, and the First Nations through the lens of psychoanalysis, the author demonstrates that mechanisms of denial and blind confirmation feed the structures of the Fake pyramide. True mediation requires healthy listening and the recognition of historical traumas, just as the individual must accept their source code to heal. »


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