L’abandon de soi

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L’abandon de soi

On se fait tous une image de l’autre ; c’est nécessaire pour le comprendre, pour avoir une relation. Par le fait même, nous développons une image de nous-mêmes pour se comprendre et pour être en relation avec soi-même. Cette dernière image sera notre référence pour comprendre l’univers qui nous entoure.

À travers les épreuves, nous apprenons ce que nous sommes. Cet apprentissage se fait en se relevant. À travers lui, nous nous voyons plus clairement, nous devenons plus transparents à nos propres yeux. Nous devenons de plus en plus cohérents avec nous-mêmes, avec ce que l’on est profondément : des êtres humains. C’est sur cette base, sur cet objectif ultime de tous et chacun, que nous pourrons nous relier aux autres, sur notre humanité commune.

Sur ce chemin, il y aura l’abandon de soi, l’abandon de cette image que l’on a de soi-même. Notre compréhension de nous-mêmes est changeante ; elle doit l’être pour évoluer, pour progresser. Elle demande de se remettre en question, elle demande de douter de soi, mais cela implique aussi de remettre en question l’image de l’autre, de douter de lui.

Au fil du temps, au fil des épreuves, vous trouverez le courage et la confiance en vous. Inévitablement, vous vous sentirez trahis et blessés. Vous serez confrontés à la petitesse et à la méchanceté de ces abuseurs en évolution. Plus rarement, peut-être de façon exceptionnelle, on vous fera même subir des monstruosités. Votre image de vous-mêmes en sera affectée, voire possiblement détruite. Mais ce n’est qu’une image. Certes, le mal est profond néanmoins.

Sans image pour se relier à soi-même et aux autres, l’isolement social s’installe. Mais c’est d’être coupé de ce à quoi nous nous reconnaissions qui est la plus grande coupure, la plus grande souffrance. Nous sommes abandonnés, sans ressources, face à la mort sous différentes formes.

Bizarrement et contre toute attente — paradoxalement, donc —, c’est par l’abandon de soi que nous pourrons traverser cette épreuve. Avec un courage et une confiance grandissante, nous nous relèverons et deviendrons plus humains, avec une nouvelle image encore plus belle. Une nouvelle relation s’établira, avec soi-même et avec l’autre. L’entourage sera modifié pour mieux connecter avec ce que nous sommes devenus : une sorte de sélection naturelle.

MAJ 4 mars 2026


Surrender of the Self

We all create an image of the other; it is necessary to understand them, to have a relationship. By the same token, we develop an image of ourselves to understand and be in relation with ourselves. This latter image becomes our reference point for understanding the universe around us.

Through hardships, we learn who we are. This learning happens by picking ourselves back up. Through it, we see ourselves more clearly; we become more transparent to our own eyes. We become increasingly coherent with ourselves, with who we profoundly are: human beings. It is on this foundation—this ultimate objective for each and every one of us—that we can connect with others, based on our common humanity.

On this path, there will be the surrender of the self, the letting go of this image we hold of ourselves. Our understanding of ourselves is shifting; it must be so in order to evolve, to progress. It requires questioning oneself, it requires self-doubt—but this also implies questioning the image of the other, and doubting them.

Over time, through trials, you will find courage and self-confidence. Inevitably, you will feel betrayed and wounded. You will be confronted with the smallness and malice of those « abusers in evolution. » More rarely, perhaps in exceptional cases, you may even be subjected to monstrosities. Your image of yourself will be affected, perhaps even destroyed. But it is only an image. Granted, the pain is deep nonetheless.

Without an image to relate to oneself and others, social isolation sets in. But being severed from that which we recognized as ourselves is the greatest severance, the greatest suffering. We are abandoned, without resources, facing death in its various forms.

Strangely and against all odds—paradoxically, then—it is through the surrender of the self that we can cross this ordeal. With growing courage and confidence, we will rise again and become more human, with a new image that is even more beautiful. A new relationship will be established, with oneself and with the other. One’s surroundings will be modified to better connect with what we have become: a kind of natural selection.

Updated March 4, 2026


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