La Liberté : Le combat d’une vie
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Avez-vous vu l’excellente série Marco Polo ? (Photo : gracieuseté)
Je ne me souviens pas de la première fois où je me suis senti libre. Ou peut-être que si… J’avais 22 ou 23 ans. Après des années de lutte pour faire valoir mes droits suite à un accident, j’obtenais enfin gain de cause. On confirmait que ma souffrance était réelle. Pourtant, ce sentiment de liberté, je l’avais déjà connu ; je le vivais même constamment, à l’exception de la pression financière et de la solitude.
Comme vous pouvez l’imaginer, ma vie a été un combat incessant. Chaque cause pour laquelle je me battais semblait en engendrer mille autres, de manière exponentielle. Le poids du passé, des origines, des traumas, de mes batailles parfois maladroites et de mon autisme non diagnostiqué… Rien ne se réglait, tout s’accumulait.
Suis-je devenu un guerrier ou suis-je né ainsi ? Puisque mon autisme possède une « structure militaire », comme je le mentionnais la semaine dernière, j’en déduis que je suis un guerrier de naissance. J’ai d’abord cherché à comprendre, puis à aimer. Par naïveté, cet amour est devenu un moyen de défense, puis une arme utilisée à toutes les sauces.
Avec la maturité, le calme et la patience, et en gardant toujours la liberté comme ligne de mire, j’ai poursuivi mes combats avec plus de discernement. Une fois les obstacles identifiés, je m’y suis attaqué avec une discipline grandissante. J’ai appris que certaines difficultés se contournent, que d’autres exigent des moyens que nous n’avons pas encore, et que certaines sont des pièges artificiels. Enfin, il y a ces batailles qui, tout simplement, ne valent pas la peine d’être menées.
Il faut toujours se rappeler pourquoi nous faisons la guerre. Dans le feu de l’action, on finit par se laisser prendre au jeu ; on s’immerge tant dans la bataille qu’on en perd de vue l’objectif ultime. C’est humain.
Une armée est au service du politique ; il ne saurait en être autrement en démocratie. Le politique, lui, est soumis au peuple. Il en va de même pour tous les pouvoirs : ils doivent être indépendants tout en s’assurant un équilibre mutuel. C’est là l’essence d’une saine démocratie. Le but ultime demeure la liberté de chacun, dans l’équilibre.
MAJ 6 mars 2026
Freedom: The Battle of a Lifetime
Have you seen the excellent series Marco Polo? (Photo: Courtesy)
I don’t remember the first time I felt free. Or perhaps I do… I must have been 22 or 23. After years of fighting for my rights following an accident, I finally won my case. It was finally confirmed that my pain was real. Yet, I had known that feeling of freedom before; in fact, I lived it constantly—except for the weight of financial pressure and loneliness.
As you can imagine, my entire life has been a struggle. It was endless. There were a thousand causes to fight for, each one often leading to an exponential number of others. The weight of my past, my origins, my traumas, my sometimes clumsy battles, and the weight of my undiagnosed autism… Nothing was ever settled; everything just accumulated.
Did I become a warrior, or was I born one? Since my autism has a « military structure »—as I mentioned last week—I gather that I am a warrior by birth. At first, I sought to understand, then I learned to love. Naively, that love became a defense mechanism, then a weapon used for every purpose.
With maturity, a certain calm, and patience—always keeping freedom as my target—I pursued my battles with greater discernment. After identifying what stood between me and that sense of freedom, I tackled each obstacle with growing discipline. Some difficulties are better bypassed; others we do not yet have the means to fight; some are artificial—traps. Ultimately, there are battles that are simply not worth fighting.
We must always remember why we go to war. What is the goal? In the heat of the moment, we get caught up in the game; we become so immersed in the battle that we lose sight of the plan, or even the ultimate objective. That is human nature.
An army serves the political leadership; it cannot be otherwise in a democracy. The leadership, in turn, is subject to the people. So it goes for all forms of power: they must be independent while remaining mindful of their duty to oversee one another. It is a matter of balance, of a healthy democracy. The ultimate goal is the freedom of each and every individual, held in balance.
Updated March 5, 2026


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