Mon opinion

a balado de Fred Savard, écouté sur Balados. Photo: gracieuseté.

Mon opinion

La balado de Fred Savard

La balado de Fred Savard. Hier, j’ai écouté l’épisode du 31 octobre dernier. Plusieurs sujets m’intéressaient et j’aime bien l’humour sarcastique qu’on y retrouve.

« Épisode très costaud avec Godefroy Laurendeau qui parle méthane et GNL Québec ; Jean-Sébastien Barbeau sur l’écosystème publicitaire des médias québécois vs les GAFAM ; le professeur Amadou Sadjo Barry et l’avocate Safie Diallo offrent un point de vue différent sur la censure et la lutte antiraciste et notre invité, le carnettiste André Major. »

En complément

Comment écouter des balados (Via Québec Amérique)

Balados (Podcasts, Apple)

Balado, selon la définition de l’Office québécois de la langue française.

« PS : Plusieurs personnes nous demandent pourquoi UNE balado et non pas UN balado. La raison est simple : on trouve qu’une baladodiffusion mais UN balado, c’est du maudit niaisage et que pour une fois, on trouve ça cool que le féminin l’emporte. » — Fred Savard

Mon texte : Mon opinion

Distinguer l’opinion de l’information est un travail de chaque instant. Je ne sais pas comment je procède. Qui fait la part des choses aisément ? Qui peut simplement expliquer la différence entre l’opinion et l’information ? Il me semble retrouver une telle confusion sur les réseaux sociaux, mais aussi, comme je le dénonçais, dans des expertises psychologiques et psychiatriques, sans oublier neuropsychologiques.

Avoir une opinion signifie porter un jugement sur une situation, sur un événement ou sur une personne. C’est un jugement, ni plus ni moins. Celui-ci peut se fonder sur d’autres opinions, plus ou moins valables, sur des faits ou, commodément, sur rien du tout. Plus l’opinion se réfère à une multitude de points de vue et les discute, plus elle gagne en crédibilité. Il en va de même pour les faits et leurs interprétations.

On a beau avoir une bonne réputation en psychologie, par exemple, il ne suffit pas de prendre une ou deux phrases sorties de leur contexte pour juger une personne, pour la condamner à vie. (Comme je l’ai mentionné et expérimenté, il est impossible de faire retirer de faux diagnostics de mon dossier médical. C’est ainsi pour tout le monde. Ce jugement devient donc une condamnation éternelle qu’il me faudra combattre toute la vie. Ce n’est pas banal.)

Donc, une personne peut avoir une opinion plus ou moins étoffée, plus ou moins solide. La personne qui émet l’opinion peut jouir d’une crédibilité qui s’appuie sur l’habitude du bien-fondé de ses jugements. Apparemment, cette crédibilité est quelquefois douteuse, surfaite, voire, dans certains cas, fallacieuse. Ce dernier aspect, la crédibilité, n’est pas discutable, ou très peu. Ainsi, remettre en cause l’opinion d’une personne jouissant d’une certaine crédibilité — peut-être simplement grâce à son titre professionnel — nous conduit dans un labyrinthe dont il est pratiquement impossible de sortir. Ce questionnement implique que l’on mette en doute ladite crédibilité, l’opinion et la crédibilité devenant indissociables. C’est révoltant.

C’est révoltant parce qu’on a émis tant de faux diagnostics sur moi, que j’ai passé ma vie à faire valoir le moindre droit, toujours à contre-courant, et que lorsque je gagnais, on me disait sans gêne que c’était pour me faire taire, pour que je cesse de me battre. Pas parce que j’avais raison, pas parce que mon combat était justifié. Je n’avais droit à aucun crédit.

Une information est davantage un fait rapporté. Dans l’exemple que je donnais plus haut, on peut citer une personne. Cela devient un fait ; Christian a dit : « N’as-tu jamais dansé avec le Diable au clair de lune ? » Mais ce fait peut être mal rapporté, peut être sorti de son contexte ou peut, sciemment ou non, exclure des compléments d’information qui changeraient potentiellement son interprétation. Parce que, oui, un fait s’interprète.

Dans cet exemple, Christian dit cette phrase à un ami qu’il apprécie beaucoup, qui s’en va passer une entrevue apparemment difficile. Le sens n’est pas du tout le même que lorsqu’un personnage, Le Joker, joué par Jack Nicholson, la dit dans le film Batman (1989). Le contexte diffère et, donc, je ne peux pas porter le même jugement. Je ne peux pas émettre raisonnablement la même opinion, que je sois une sommité en psychiatrie ou non.

Mon esprit fonctionne avec des images, d’une part, et j’ai été amnésique au point de ne pas me reconnaître dans le miroir, d’autre part. J’ai une relation particulière avec ma mémoire, le doute existe toujours, comme je l’ai déjà mentionné, et les mots utilisés ont souvent plus d’un sens parce qu’ils décrivent une ou des images dans mon esprit ; sans compter que j’ai dû réapprendre, après le coma, l’essentiel de mon vocabulaire. Plus jeune, en regardant mes écrits, je me disais que c’était comme de la poésie, bien que je réalisasse ne respecter aucune des règles qu’on attribuait à ce genre littéraire. Cette impression est tombée dans l’oublie jusqu’à récemment.

Le fonctionnement de mon esprit et ma façon de m’exprimer ont mille et une explications, ainsi chacun avait son opinion. Personne ne me demandait ce que j’en pensais, néanmoins. Puis l’autisme est apparu dans une expertise. Tout prenait son sens. Je comprenais les opinions des autres, bien qu’en désaccord, mais enfin j’avais quelque chose pour m’appuyer, pour expliquer ma différence et, finalement, construire un argumentaire pour affronter tant les jugements sociaux que ceux des psys ou même ceux des sommités.

Au Québec, et, ma foi, dans les Premières Nations, on a été vidé de notre sens de la vie en niant notre culture. Au Québec, notre différence s’est limitée à une langue. Pour les Autochtones, même pas à ce minimum vital. La culture est ce qui donne un sens à notre vie collective, c’est la base sur laquelle on échange, pas seulement grâce aux mots, mais aussi avec des références vécues.

9 mars 2026


My Opinion

La balado de Fred Savard

La balado de Fred Savard. Yesterday, I listened to the episode from last October 31st. Several subjects interested me, and I like the sarcastic humor found there.

« Very heavy episode with Godefroy Laurendeau talking methane and GNL Québec; Jean-Sébastien Barbeau on the advertising ecosystem of Quebec media vs. the GAFAM; Professor Amadou Sadjo Barry and lawyer Safie Diallo offer a different perspective on censorship and the anti-racist struggle, and our guest, columnist André Major. »

In addition

How to listen to podcasts (Via Québec Amérique)

The Apple app: Podcasts

Balado, according to the definition of the Office québécois de la langue française. « PS: Several people ask us why UNE balado (feminine) and not UN balado (masculine). The reason is simple: we find that ‘une baladodiffusion’ but ‘un balado’ is damn nonsense, and for once, we think it’s cool that the feminine wins. » — Fred Savard

My text: My Opinion

Distinguishing opinion from information is a constant task. I don’t know how I proceed. Who sifts through things easily? Who can simply explain the difference between opinion and information? I seem to find such confusion on social networks, but also, as I denounced, in psychological and psychiatric expertises, not to mention neuropsychological ones.

To have an opinion means to pass judgment on a situation, an event, or a person. It is a judgment, nothing more, nothing less. It can be based on other opinions, more or less valid, on facts, or conveniently on nothing at all. The more an opinion refers to a multitude of points of view and discusses them, the more credibility it gains. The same goes for facts and their interpretations.

One may have a good reputation in psychology, for example, but it is not enough to take one or two sentences out of context to judge a person, to condemn them for life. (As I mentioned and experienced, it is impossible to have false diagnoses removed from my medical file. It is like this for everyone. This judgment thus becomes an eternal condemnation that I will have to fight all my life. This is not trivial.)

Therefore, a person can have a more or less developed, more or less solid opinion. The person expressing the opinion may enjoy a credibility based on the historical validity of their judgments. Apparently, this credibility is sometimes doubtful, overrated, or even, in some cases, fallacious. This last aspect, credibility, is not debatable, or very little so. Thus, questioning the opinion of a person enjoying a certain credibility—perhaps simply because of their professional title—leads us into a labyrinth from which it is practically impossible to escape. This questioning implies that one is doubting said credibility, with opinion and credibility becoming inseparable. It is revolting.

It is revolting because so many false diagnoses were issued about me, because I spent my life asserting the slightest right, always against the current, and when I won, I was told without shame that it was to shut me up, so that I would stop fighting. Not because I was right, not because my struggle was justified. I was entitled to no credit.

Information is more a reported fact. In the example I gave above, one can quote a person. It becomes a fact; Christian said: « Have you ever danced with the Devil in the pale moonlight? » But this fact may be poorly reported, taken out of context, or may knowingly or unknowingly exclude additional information that would potentially change its interpretation. Because, yes, a fact is interpreted.

In this example, Christian says this phrase to a friend he likes very much, who is going to an apparently difficult interview. The meaning is not at all the same as when a character, The Joker, played by Jack Nicholson, says it in the film Batman (1989). The context differs, and therefore I cannot pass the same judgment. I cannot reasonably express the same opinion, whether I am an authority in psychiatry or not.

My mind functions with images, on one hand, and I was amnesiac to the point of not recognizing myself in the mirror, on the other. I have a particular relationship with my memory; doubt always exists, as I have already mentioned, and the words used often have more than one meaning because they describe one or more images in my mind; not to mention that I had to relearn, after the coma, the bulk of my vocabulary. Younger, looking at my writings, I told myself it was like poetry, although I realized I respected none of the rules attributed to that literary genre. This impression fell into oblivion until recently.

The functioning of my mind and my way of expressing myself had a thousand and one explanations; thus everyone had their opinion. No one asked me what I thought, however. Then autism appeared in an expertise. Everything made sense. I understood the opinions of others, although I disagreed, but finally I had something to lean on, to explain my difference and, finally, to build an argument to face both social judgments and those of the shrinks or even those of the authorities.

In Quebec, and, my word, in the First Nations, we have been emptied of our sense of life by denying our culture. In Quebec, our difference was limited to a language. For Indigenous people, not even to that vital minimum. Culture is what gives meaning to our collective life; it is the basis on which we exchange, not only through words, but also with lived references.

March 9, 2026


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