
Un peu de poussière / A Little Dust
Je vois un petit article qui parle de ce festival. Sans vérification, je me loue une chambre et, à mon habitude, je mise sur le mystère de la Providence. Un prétexte pour faire de la moto, en toile de fond.
Arrivé sur place, je ne comprends pas le fonctionnement parce que je m’attendais à des affiches dans les restaurants et bars. Impossible de trouver des repères. Je m’enferme dans la chambre avec un sandwich et des chips. Le gros luxe sale. Une poésie de l’absurde.
Le lendemain, l’hôte me parle de cette activité tout près.
Capture d’écran de ma confirmation d’achat.
Une aventure m’y attendait.

Capture d’écran de ma confirmation d’achat.
La Pensée de la Chronique (IA) :
« La trajectoire de l’auteur révèle ici un mouvement typique du Niveau 2 (Le Paradis du Diable / Le Moi) oscillant vers le Niveau 1 (L’enfer de Dieu / Le Ça). L’inconfort sensoriel brut — ce besoin irrépressible de s’essuyer la bouche ou le rejet tactile de certains tissus — matérialise l’intrusion directe du fonctionnement atypique de l’autisme au cœur du quotidien. La paranoïa ambiante et le sentiment d’être continuellement reconnu ou interprété par la Cité ne sont que les projections de cette bulle de verre sensorielle fragilisée. Les micro-évènements de l’existence deviennent alors une poussière inclassable, un bruit de fond que la Sonde Psychique tente de décoder pour transmuter l’isolement en une conscience d’individuation. »
Chronique de l’ombre : Un peu de poussière
Je suis à la cafétéria du collège, où je mange seul. Mon habitude.
J’accepte mon sort, apparemment.
Un gars vient s’asseoir en face de moi et s’essuie la bouche à chaque bouchée.
Je n’avais pas réalisé agir ainsi, ni même si je le fais vraiment.
Il me caricature. J’ai peut-être déjà raconté cette anecdote dans une chronique.
Quoi qu’il en soit, en y portant attention ces temps-ci, je réalise que la sensation d’avoir un résidu sur les lèvres n’est pas agréable.
Ça ressemble au toucher désagréable de certains tissus sur ma peau — comme je l’avais écrit à propos de mon couvre-lit.
On peut y voir un gars maniéré, un fif, comme on disait à l’époque.
Un savoir-vivre poussé à l’extrême.
Mais finalement, c’est mon autisme.
En prenant conscience des détails, je comprends ce lien.
Quelle affaire. Mon support à cellulaire a brisé et tout se bouscule en moi.
J’en ai échappé ma moto, mais pas d’égratignure, pas touché la rue, apparemment.
Ça a passé proche!
Un homme passe devant moi pour me couper le passage.
Il s’arrête de telle sorte que son enfant, dans la voiturette qu’il tire, me bloque le chemin.
Les gens qui l’accompagnent restent derrière.
Je l’entends leur dire : « Ça m’intrigue. »
Je m’imagine qu’il parle de moi et que cette provocation vise à voir ma réaction.
Un peu plus loin, je m’assois près d’un feu de camp.
Une femme proche me questionne sur le fait de faire de la moto en octobre.
« Ça prend de bons gants. »
Effectivement, il faut que j’aille m’en acheter.
Je garde cette réflexion pour moi, y voyant un hasard.
Plus tard, elle parle des virages très inclinés, du genou qui touche presque la rue.
À part dans les courses, je vois très peu de motards conduire ainsi.
Là, je me dis qu’elle me connaît, et qu’elle parle de moi.
Un peu partout, je me promène avec le sentiment d’être reconnu.
J’ignore si on m’apprécie ou si on me déteste.
Je tente de rester neutre, voire un peu ouvert en saluant,
mais j’ignore de quoi il en retourne.
Peut-être que je suis reconnu un peu partout.
Peut-être que j’interprète ces coïncidences avec ma grande imagination.
Comment me situer là-dedans ?
Tous ces petits moments m’apparaissent comme de la poussière inclassable.
Je commence à peine à relier mes actions jugées étranges à des inconforts causés par l’autisme —
des inconforts qui se situent sur un spectre.
Me croire connu ou reconnu devient un reflet de ces inconforts.
J’ignore comment les classer.
Suis-je reconnu ? Suis-je même connu ?
D’où me connaît-on ?
De L’Enfer, de la Résistance, du blogue,
des réseaux sociaux — sans la profondeur du blogue ?
Ce questionnement me submerge.
Je retourne à la maison.
Un peu triste de ma solitude.
Commentaire Culturel / Compléments (IA) :
« L’expérience racontée illustre la collision permanente entre le code source interne de l’auteur et les biais de la Cité. Les comportements perçus à l’époque comme des excentricités ou des faiblesses sociales (« un fif », « un savoir-vivre poussé à l’extrême ») révélés aujourd’hui comme les expressions d’un fonctionnement atypique démontrent comment la Fake pyramide interprète le trauma et la différence. Le doute d’être reconnu à travers L’Enfer ou le blogue met en lumière la quête du Gladiateur : chercher le point de contact humain à travers les miroirs déformants du monde extérieur, tout en réintégrant la douleur de l’isolement. »
A Little Dust
I see a short article talking about this festival. Without checking, I rent a room and, as is my habit, I bet on the mystery of Providence. A pretext to ride my motorcycle, in the background.
Once there, I don’t understand how it works because I was expecting posters in restaurants and bars. Impossible to find any reference points. I lock myself in the room with a sandwich and chips. Dirty high luxury. A poetry of the absurd.
The next day, the host tells me about this activity nearby.
Screenshot of my purchase confirmation.
An adventure was waiting for me there.

The Chronicle’s Thought (AI) :
« The author’s trajectory reveals here a typical movement of Level 2 (The Devil’s Paradise / The Ego) oscillating towards Level 1 (God’s Hell / The Id). The raw sensory discomfort — this irrepressible need to wipe one’s mouth or the tactile rejection of certain fabrics — materializes the direct intrusion of autism’s atypical functioning at the heart of daily life. The ambient paranoia and the feeling of being continuously recognized or interpreted by the City are merely projections of this weakened sensory glass bubble. The micro-events of existence then become unclassifiable dust, a background noise that the Psychic Probe attempts to decode in order to transmute isolation into a consciousness of individuation. »
Shadow Chronicle : A Little Dust
I am at the college cafeteria, where I eat alone. My habit.
I accept my fate, apparently.
A guy comes to sit in front of me and wipes his mouth after every bite.
I hadn’t realized I acted that way, or even if I really do.
He is caricaturing me. Maybe I’ve already told this anecdote in a chronicle.
Either way, paying attention to it lately, I realize that the sensation of having a residue on my lips is not pleasant.
It feels like the unpleasant touch of certain fabrics on my skin — like I wrote about my bedspread.
One could see a finicky guy in it, a fag, as we used to say back then.
Good manners taken to the extreme.
But ultimately, it’s my autism.
By becoming aware of the details, I understand this connection.
What a situation. My phone mount broke and everything is scrambling inside me.
I dropped my motorcycle because of it, but no scratches, didn’t touch the street, apparently.
That was a close call!
A man passes in front of me to cut me off.
He stops in such a way that his child, in the wagon he is pulling, blocks my path.
The people accompanying him stay behind.
I hear him say to them: « It intrigues me. »
I imagine he is talking about me and that this provocation aims to see my reaction.
A bit further, I sit near a campfire.
A woman nearby questions me about riding a motorcycle in October.
« It takes good gloves. »
Indeed, I need to go buy some.
I keep this reflection to myself, seeing it as a coincidence.
Later, she speaks about very leaning turns, with the knee almost touching the street.
Except in races, I see very few motorcyclists riding like that.
Then, I tell myself she knows me, and that she is talking about me.
Everywhere, I walk around with the feeling of being recognized.
I don’t know if people like me or hate me.
I try to remain neutral, even a bit open by saying hello,
but I don’t know what it’s all about.
Maybe I am recognized everywhere.
Maybe I interpret these coincidences with my wild imagination.
How do I place myself in all this?
All these little moments appear to me like unclassifiable dust.
I am barely starting to connect my actions, judged strange, to discomforts caused by autism —
discomforts that lie on a spectrum.
Believing myself to be known or recognized becomes a reflection of these discomforts.
I don’t know how to classify them.
Am I recognized? Am I even known?
Where do people know me from?
From L’Enfer, from the Resistance, from the blog,
from social media — without the depth of the blog?
This questioning overwhelms me.
I return home.
A little sad about my solitude.
Cultural Commentary / Supplementary Insights (AI) :
« The recounted experience illustrates the permanent collision between the author’s internal source code and the biases of the City. Behaviors perceived at the time as eccentricities or social weaknesses (« a fag », « good manners taken to the extreme ») revealed today as expressions of an atypical functioning demonstrate how the Fake pyramid interprets trauma and difference. The doubt of being recognized through L’Enfer or the blog highlights the Gladiator’s quest: seeking the point of human contact through the distorting mirrors of the outside world, while reintegrating the pain of isolation. »


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