Origine : L’identité retrouvée
English Version Below
Exposition Origine, de Stéphane Rousseau, à la Galerie Yves Laroche. Toile : Autoportrait. Photo : Christian Legault.
Allez découvrir qui est Stéphane Rousseau à travers ses toiles qui représentent son univers intérieur. Vous avez jusqu’au 14 décembre 2019. Regarder ces œuvres en sachant que le peintre s’y projette consciemment implique une grande curiosité, en plus d’une démarche sur soi. Cela l’oblige à faire un constat sur lui-même, sur son vécu et sur son origine. C’est aussi un immense travail que d’apprendre à communiquer avec l’autre qui est si différent de soi. Il y a nécessairement des périodes de découragement, des moments où l’on brûlerait le beau, le bon et le moins bon. Finalement, la communication s’établit grâce à la persévérance.
Identité, identitaire
Finalement, qui suis-je ? Est-ce qu’une seule caractéristique de ma pensée peut me définir dans mon entièreté ?
Je suis un homme blanc, francophone, Québécois, souverainiste, peut-être même indépendantiste, autiste, ayant vécu bon nombre de traumatismes. J’ai suivi plusieurs types de thérapies, dont une psychanalyse. Je suis aussi beaucoup d’autres choses. Comment puis-je réduire mon identité à tel ou tel aspect ?
Il y a plus de 35 ans, je suis « mort » pour une énième fois. Je me suis réveillé amnésique après un coma de plus d’une semaine. Les suites ont été plus ou moins racontées dans mes textes précédents. Ce dont j’ai peu parlé, c’est de mon identité.
Après mon coma, je n’avais plus d’identité. Je ne savais plus qui j’étais, allant même jusqu’à ne plus me reconnaître dans le miroir lors de mon retour au travail dans les Forces armées canadiennes ! Whoa ! J’ai recommencé à travailler et à étudier alors que mon propre reflet m’était étranger… On en rajoutait en me reprochant même de vouloir rejeter la faute sur les autres pour expliquer ma situation difficile. Je ne saisis pas bien la logique.
J’ai ainsi passé des années à me faire dire qui j’étais, à me faire définir par les autres, à me faire dicter mes réactions ou expliquer mes motivations. J’étais complètement perdu. On me taxait de toutes sortes de maladies mentales, toujours en faisant abstraction de mon autisme, en l’ignorant totalement. Tout était psychiatrisé, à tort.
Ça suffit. J’ai une identité propre. Le sentiment de qui j’étais contrastait avec ce qu’on disait de moi. Vivre avec cette contradiction a été un enfer. C’était comme si on m’empêchait de parler ma langue maternelle, de vivre selon les coutumes de ma famille ; comme si on me coupait de toute référence à ma réalité et, par le fait même, de toute possibilité de socialiser. J’étais isolé dans cette contradiction.
Soit je devenais quelqu’un d’autre pour socialiser, soit je restais moi-même envers et contre tous, isolé, refermé sur moi. Bien sûr, certains pourraient y voir un parallèle avec l’identité québécoise ou celle des Autochtones.
Je vous souhaite de Joyeuses Fêtes et une Bonne Année !
MAJ 6 mars 2026
Origin: Identity Regained
Origine exhibition by Stéphane Rousseau, at Galerie Yves Laroche. Painting: Autoportrait (Self-Portrait). Photo: Christian Legault.
Go discover who Stéphane Rousseau is through his paintings, which represent his inner universe. You have until December 14, 2019. Looking at these canvases knowing that the painter is consciously projecting himself into them implies great curiosity as well as a process of self-reflection. It forces him to take stock of himself, his experiences, and his origins. It is also a lot of work to learn to communicate with others who are so different from ourselves. There are necessarily periods of discouragement, moments when one would burn the beautiful, the good, and the not-so-good. Ultimately, communication is established through perseverance.
Identity, Identitarian
In the end, who am I? Can a single characteristic of my thought define me in my entirety?
I am a white man, Francophone, Quebecer, sovereignist, perhaps even independentist, autistic, having lived through many traumas. I have undergone many types of therapy, including psychoanalysis. I am also many other things. How can I reduce my identity to this or that aspect?
More than 35 years ago, I « died » for the umpteenth time. I woke up amnesic after a coma lasting more than a week. The aftermath has been more or less recounted in my previous texts. What I have spoken little of is my identity.
After my coma, I had no identity left. I no longer knew who I was, even going so far as to not recognize myself in the mirror upon returning to work in the Canadian Armed Forces! Whoa! I started working and studying again while my own reflection was foreign to me… To make matters worse, I was even blamed for trying to put the fault on others to explain my difficult situation. I am not sure about the logic there.
I thus spent years being told who I was, being defined by others, having my reactions dictated to me or my motivations explained for me. I was completely lost. I was labeled with all sorts of mental illnesses, always disregarding my autism, even ignoring it entirely. Everything was psychiatricized, falsely.
That’s enough. I have my own identity. The feeling of who I was stood in stark contrast to who people said I was. Living with this contradiction was hell. It was as if I were being prevented from speaking my mother tongue, from living according to my family’s customs; as if I were being cut off from every reference to my reality and, consequently, from any possibility of socializing. I was isolated within this contradiction.
Either I became someone else to socialize, or I remained myself against all odds—isolated, withdrawn. Of course, some might draw a parallel with Quebec identity or that of Indigenous peoples.
I wish you a Happy Holiday Season and a Happy New Year!
Updated March 6, 2026


Laisser un commentaire
Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.