J’ai infiltré les journalistes au congrès 2018 de la FPJQ

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Photo de ma passe pour le congrès.

J’ai infiltré les journalistes au congrès 2018 de la FPJQ

« Ce texte illustre le passage de l’isolement à la reconnexion avec la Cité, où le « Je » autiste ne se voit plus comme une anomalie à guérir, mais comme un instrument de mesure unique. En infiltrant le milieu journalistique, l’auteur cherche à valider sa propre structure interne en la projetant sur le monde social, transformant son expérience de « zombie » social en celle d’un observateur participant. La quête d’égalité et de coalition reflète le désir de reconstruire une famille saine et une société équilibrée, loin des rumeurs et des diagnostics erronés qui constituent le « Monde du vide ». C’est un acte de résilience pure, où la structure de la pensée devient le pont nécessaire pour réintégrer la réalité humaine et la défendre. »

J’ai infiltré les journalistes au congrès 2018 de la FPJQ.

Je suis indépendantiste. Je suis autiste de haut niveau depuis toujours, toutefois je ne le sais que depuis quelques semaines. Je suis pour la souveraineté des Premières Nations. Je suis pour l’indépendance journalistique. Je suis pour la démocratie.

J’encourage activement le combat pour l’égalité. Je me bats pour l’égalité : hommes, femmes, personnes trans, anglophones, allophones, francophones, Noirs, Bruns, Rouges, Jaunes, Blancs, Basanés, LGBTQ2, hétéros, etc. Égalité = égalité. Je fais la promotion du respect.

Je ne sais pas comment s’appelle ce que je fais. J’écris sur Twitter : mes opinions, mes analyses, des messages en rafale qui oscillent entre la fiction, les possibilités et les faits. Je sonde « au pif ». J’influence, donc.

Je n’ai aucune formation journalistique. Je ne sais pas en quoi consiste exactement le travail de journaliste. Je ne saisis pas tout à fait la différence entre un éditorialiste, un chroniqueur et un journaliste. Mais je « tweete ». Je « Facebook » aussi. J’ai bien un compte Instagram, mais pour des projets artistiques. J’ai aussi un compte Pinterest, en reconstruction. Et j’ai ce blogue-ci.

J’ai une formation en « enseignement avec les technologies de l’information ». J’ai aussi une formation en réseautique. Je suppose qu’on pourrait ajouter que je fais de la formation, quelquefois plus pour moi-même, j’en suis conscient, avec des outils informatiques. Je suis à la fois l’enseignant et l’enseigné.

Les journalistes ont une formation liée à leur domaine. Ils ont une fédération et aussi un code de déontologie (code de conduite) à respecter. Ce sont des amoureux des mots et des défenseurs de l’ordre social, de la démocratie. Ce sont, d’abord et avant tout, des êtres humains.

J’ai milité pour Projet Montréal, pour le PQ et pour le Bloc. J’ai des idées libérales, tout de même, et j’ai déjà voté pour le PCC. Je me suis fait des amis en fêtant et en dansant avec QS. Je suis certainement concerné par l’environnement et j’ai signé « Le Pacte ». J’ai naïvement partagé mon regard sur la situation de tous les partis politiques pour aider la démocratie. J’ai encouragé l’Équipe Denis Coderre à faire une course avec des voitures électriques. Un beau projet, mal géré. Je n’ai obéi qu’à mon jugement.

J’ai eu la vie facile sur Internet. Je débats naturellement ; un atout certain. De plus, je me remets constamment en question. Je doute toujours de la réalité. Je suis seul, mais je « travaille en coalition », en ce sens que je cherche toujours le dénominateur le plus simple et la solution la plus équilibrée. Seul et en société.

Au Québec, le PQ est le parti avec le plus grand nombre de membres (militants). Ceux-ci sont des passionnés. Moi aussi, je le suis. Ces personnes ont l’habitude de dire tout haut ce qu’elles pensent, de faire part de leurs hypothèses, de chercher des solutions. Il est impossible d’en être le chef, ni de leur commander une marche à suivre. Évidemment, elles sont foncièrement indépendantes. C’est ça, l’idée. Ça fait partie de notre identité, cette indépendance. Paradoxalement, être indépendant n’est pas un choix, c’est une part de notre identité.

On pourrait se demander comment un autiste a pu militer avec le PQ sans être membre. On pourrait aussi se demander comment il a réussi à encadrer ce groupe, à les diriger. On serait nécessairement tenté de croire à de la manipulation. Par quelle technique obscure influence-t-il ces passionnés indépendantistes humains ? On pourrait aussi croire à un cerveau surdimensionné, à une quantité de connexions bizarres ou à une bibliothèque ambulante. Assurément, je suis inspiré. Quelque chose prend possession de moi. Aucun doute. La légende, la réalité. Comme pour cette pression de toutes parts. Cela prend-il un ego, un gros ? Pourtant, la solution est ailleurs.

Ma mère a déjà animé à la télévision une émission pour enfants. La rumeur veut que mon père fût vendeur de chapeaux, vendeur itinérant de batteries de cuisine, vendeur de publicité. La rumeur veut aussi qu’il eût du succès. La rumeur veut que ma mère ait présenté mon père à un humoriste de l’ancien temps. On disait un « comique ». Mon père a commencé à vendre de la publicité pour le théâtre de cet artiste. L’administrateur du théâtre est décédé et mon père fut nommé à ce poste. J’ai grandi dans ce théâtre, avec des parents divorcés : une artiste et un artiste s’étant rencontrés, possiblement, dans un cours de dessin.

Ainsi va la vie. Mon père aide ma mère à sortir de son milieu. Ma mère en fait autant pour mon père. Je suis le cinquième et dernier enfant de cette union. Ma mère me voulait, mon père ne me voulait pas. De l’aveu de chacun, fait face à face. Je suis l’enfant du divorce.

Cela prend de l’intelligence pour comprendre, du courage pour demander et vérifier, cela prend un gros ego. Ou peut-être est-ce simplement la vie qui m’a conduit et que j’ai simplement suivie ? Qui peut le dire ? Cela prend de la résilience, je le confirme.

La rumeur, les hypothèses, les complots et quoi encore ? C’est sans fin. Les possibilités sont infinies. On peut y croire, on peut se questionner, on peut y adhérer. Quelle est la différence entre la rumeur et la vérité ? Comment peut-on trancher s’il s’agit d’une rumeur ou d’une vérité ? À partir de quand un être humain doit-il assumer le poids de la rumeur ? À partir de quand doit-il assumer la vérité ? Pendant combien de temps ? Quand un papa devient-il un pourri et quand redeviendra-t-il un papa ? Quand ?

De toutes les questions bizarres que je me suis posées, celle-ci est certainement en haut de la liste, autant par sa pertinence que par le nombre de fois où elle a repassé dans mon esprit : suis-je dans la réalité ? Ce n’est pas banal. D’un côté, j’ai bénéficié de mille et un diagnostics de santé mentale durant toute ma vie. De l’autre, j’apprends que ma différence est l’autisme. C’est en contradiction.

La santé mentale est certainement plus difficile à trouver et à maintenir lorsqu’on est différent. Toutefois, l’autisme — le mien — est un fonctionnement singulier de la pensée. Ce n’est pas un problème de santé mentale, ce n’est pas quelque chose à guérir. Cette façon de penser se base sur des structures. D’une façon complexe, des structures se construisent en moi.

Au début, il y a souvent plusieurs structures en même temps. Quelquefois, des structures contradictoires, voire extrêmement opposées. Je ne sais pas laquelle sera gagnante ou si plusieurs seront à la ligne d’arrivée. Certaines structures n’aboutissent tout simplement pas à une réalité. Elles s’effondrent. D’autres restent en suspens. Au fond, c’est une question de logique, peut-être aussi de regard.

La façon dont on regarde est fondamentale. Est-ce que ce que je vois prend un sens, forme un tout cohérent ? Est-ce harmonieux avec les certitudes acquises par la réflexion, est-ce équilibré ? Parce qu’au fond, c’est comme ça que les structures finissent par tomber : par un manque d’équilibre. Est-ce que ça se tient ensemble ?

« Ça regarde mal ». C’est vrai. Mais puis-je conclure pour autant que mon hypothèse est la seule possibilité ? Quels sont les autres possibles ? Qu’est-ce qui m’empêche de faire le prochain pas ? Puis-je m’y attaquer, le questionner, le faire parler ? Est-ce que ce pas à faire me fait réfléchir suffisamment ?
Tout est là, dans la réflexion sur soi, dans le regard qu’on porte sur soi. Est-ce que le mal que je vois est le mien ? Pourquoi dois-je condamner cette personne ? En quoi me ressemble-t-elle ? Pourquoi n’aurais-je pas pu faire ce mal ? Pourquoi l’ai-je fait ? Aurais-je pu me faire prendre ? Suis-je responsable de ce que j’ai fait ? Suis-je affranchi de ce que j’ai fait ?
Il y a une multitude de réalités. Le mal est subi. Est-ce souhaité que d’être victime ? Ai-je une responsabilité dans ce que j’ai subi ? Étais-je mal habillé ? Suis-je né de la mauvaise couleur ? Ai-je hérité d’une mauvaise religion ?

Les religions enseignent, c’est une vérité. Les religions nous apprennent-elles à croire ? Elles développent en nous l’espérance qu’une vie meilleure nous attend. Elles façonnent notre identité. Bon gré, mal gré, les religions sont identitaires.

Qui suis-je, finalement ? Je suis né d’une femme et d’un homme. Également. Les deux ont façonné ce que je suis. Eux et la religion héritée. Dans leur enfance, la religion dictait les comportements, le nombre d’enfants que la femme devait avoir, son habillement.

Fut un temps où aller à l’église le dimanche était une obligation. L’église, c’était notre école. Ni tout à fait gratuite, ni tout à fait libre. Si on manquait un dimanche, le village bannissait notre famille, nous isolait. Ça non plus, ce n’est pas banal.

Mais les temps changent. Pas toujours pour le mieux, pas toujours pour le pire. Il y a un contact avec la réalité qui doit se faire. La réalité, c’est ce que nous sommes finalement. Nous la changeons continuellement. Elle nous façonne à chaque instant.
Pour moi, autiste, homme autiste ; pour moi indépendantiste, péquiste, libéral, solidaire et, ma foi, conservateur, j’affectionne le travail en coalition. La réalité est une coalition. Pas nécessairement caquiste, mais une coalition. C’est nous qui façonnons la réalité et c’est elle qui nous façonne. Cette réalité a hérité de structures, elle est construite avec ces structures, elle repose sur elles. Il faut faire attention de ne pas ébranler certaines structures, sans quoi la réalité s’effondrerait. D’un autre côté, la réalité affronte mes structures internes. La réalité nous menace aussi, par tous ces changements. Tout le monde protège ses structures, son identité.

Je suis ce que je fais. Mon désir le plus cher est de faire de moins en moins de grosses erreurs. Je serai toujours humain…

Mais encore ? Je suis un ancien militaire. Pour servir mon pays, bien sûr, mais surtout prêt à mourir pour la démocratie, pour le bien commun. Je suis aussi une sorte d’enquêteur. Je ne cherche pas des coupables. Le système judiciaire est là pour exercer ce pouvoir. Ce n’est pas non plus une qualification à moi que de lever le drapeau sur ces personnes à la frontière de la loi. Il y en a qui ont toutes les compétences requises pour cela. Ma force, ce sont les structures. Je les vois facilement, je les intègre. C’est un apprentissage profond alors que je suis imprégné par l’expérience.

Enfin, je suis une sorte de journaliste d’enquête. Peut-être. Entre autres.

J’ai beaucoup d’admiration pour les Autochtones, de l’affection aussi. Je pense aux batailles menées, à la résistance face à un ami qui s’est avéré être aussi un envahisseur. Ils n’ont pas choisi de disparaître, ils se sont battus pour survivre. Des Braves, c’est clair.

Se battent-ils contre des colonisateurs ? Sont-ils victimes de racisme ? Malheureusement. Mais est-ce la solution que de combattre ces personnes qui ont hérité de cette partie de leur identité ? Je ne le crois pas.

Comme pour le combat des femmes, il fallait bien cibler ce qui causait le mal. Il fallait bien casser la glace. Mais peut-on s’en tenir au brise-glace pour faire tout le travail ? Assurément pas. Il faut comprendre comment cette glace devient problématique, comment elle devient toxique. On ne peut pas non plus se contenter d’attendre l’été, bien que le temps soit nécessaire. Les femmes sont aussi des combattantes, certaines sont des Braves. Ce n’est pas normal, ce n’est pas acceptable, ce n’est pas dans l’ordre des choses. Cette structure malsaine doit se déconstruire, peu à peu, chez chacun et dans la société.

C’est dans ce sens que j’ai voulu infiltrer les journalistes. Pas pour les dénoncer, pas vraiment non plus parce que je doutais de la structure du pouvoir journalistique. J’ai voulu les infiltrer pour devenir l’un d’entre eux, aussi bref que ce moment puisse être, aussi longtemps que cela me sera possible. J’ai infiltré les journalistes pour, comme eux, défendre le bien commun.

Christian Legault, Humain.
Congrès 2018 de la FPJQ

N.B. : Je ne suis pas membre de la FPJQ.


I infiltrated the journalists at the 2018 FPJQ convention.

« This text illustrates the transition from isolation to reconnection with the City, where the autistic ‘I’ no longer sees itself as an anomaly to be cured, but as a unique measuring instrument. By infiltrating the journalistic world, the author seeks to validate his own internal structure by projecting it onto the social world, transforming his experience as a social ‘zombie’ into that of a participant observer. The quest for equality and coalition reflects the desire to rebuild a healthy family and a balanced society, far from the rumors and misdiagnoses that constitute the ‘World of the Void.’ It is an act of pure resilience, where the structure of thought becomes the necessary bridge to reintegrate human reality and defend it. »

I infiltrated the journalists at the 2018 FPJQ convention.

I am a separatist. I have always been high-functioning autistic, though I have only known this for a few weeks. I am for First Nations sovereignty. I am for journalistic independence. I am for democracy.

I actively encourage the fight for equality. I fight for equality: men, women, trans people, Anglophones, Allophones, Francophones, Black, Brown, Red, Yellow, White, Tan, LGBTQ2, straights, etc. Equality = equality. I promote respect.

I don’t know what you call what I do. I write on Twitter: my opinions, my analyses, bursts of messages that oscillate between fiction, possibilities, and facts. I probe « by instinct. » Therefore, I influence.

I have no journalistic training. I don’t know exactly what the work of a journalist consists of. I don’t quite grasp the difference between an editorialist, a columnist, and a journalist. But I « tweet. » I « Facebook » too. I do have an Instagram account, but for artistic projects. I also have a Pinterest account, under reconstruction. And I have this blog.

I have training in « teaching with information technologies. » I also have training in networking. I suppose we could add that I provide training, sometimes more for myself, I am aware, with computer tools. I am both the teacher and the taught.

Journalists have training related to their field. They have a federation and also a code of ethics (code of conduct) to follow. They are lovers of words and defenders of social order, of democracy. They are, first and foremost, human beings.

I campaigned for Projet Montréal, for the PQ, and for the Bloc. I have liberal ideas, nonetheless, and I have already voted for the CPC. I made friends while partying and dancing with QS. I am certainly concerned about the environment and I signed « The Pact. » I naively shared my perspective on the situation of all political parties to help democracy. I encouraged Team Denis Coderre to hold a race with electric cars. A beautiful project, poorly managed. I only obeyed my own judgment.

I had an easy life on the Internet. I debate naturally; a definite asset. Moreover, I constantly question myself. I always doubt reality. I am alone, but I « work in coalition, » in the sense that I always look for the simplest denominator and the most balanced solution. Alone and in society.

In Quebec, the PQ is the party with the largest number of members (militants). These people are passionate. I am too. These people are used to saying out loud what they think, sharing their hypotheses, looking for solutions. It is impossible to be their leader, or to order them to follow a certain path. Obviously, they are fundamentally independent. That’s the idea. It’s part of our identity, this independence. Paradoxically, being independent is not a choice; it is part of our identity.

One might wonder how an autistic person could campaign with the PQ without being a member. One might also wonder how he managed to frame this group, to lead them. One would necessarily be tempted to believe in manipulation. By what obscure technique does he influence these passionate human separatists? One might also believe in an oversized brain, a quantity of strange connections, or a walking library. Assuredly, I am inspired. Something takes possession of me. No doubt. The legend, the reality. Like this pressure from all sides. Does it take an ego, a big one? Yet, the solution lies elsewhere.

My mother once hosted a children’s television show. Rumor has it that my father was a hat salesman, a traveling cookware salesman, an advertising salesman. Rumor also has it that he was successful. Rumor has it that my mother introduced my father to an old-time comedian. They used to say a « comic. » My father started selling advertising for this artist’s theater. The theater manager passed away and my father was appointed to that position. I grew up in that theater, with divorced parents: an artist and an artist who possibly met in a drawing class.

Such is life. My father helps my mother get out of her environment. My mother does the same for my father. I am the fifth and last child of this union. My mother wanted me, my father didn’t want me. By each one’s admission, made face to face. I am the child of divorce.

It takes intelligence to understand, courage to ask and verify, it takes a big ego. Or perhaps it is simply life that led me and that I simply followed? Who can say? It takes resilience, I confirm.

The rumors, the hypotheses, the conspiracies, and what else? It is endless. The possibilities are infinite. One can believe in them, one can question them, one can adhere to them. What is the difference between rumor and truth? How can one decide if it is a rumor or a truth? At what point must a human being bear the weight of rumor? At what point must he bear the truth? For how long? When does a dad become a scoundrel and when will he become a dad again? When?

Of all the strange questions I’ve asked myself, this one is certainly at the top of the list, as much for its relevance as for the number of times it has replayed in my mind: am I in reality? This is not trivial. On one hand, I have benefited from a thousand and one mental health diagnoses throughout my life. On the other, I learn that my difference is autism. It is in contradiction.
Mental health is certainly harder to find and maintain when one is different. However, autism—mine—is a singular functioning of thought. It is not a mental health problem; it is not something to be cured. This way of thinking is based on structures. In a complex way, structures are built within me.

At the beginning, there are often several structures at the same time. Sometimes, contradictory structures, even extremely opposite ones. I don’t know which one will win or if several will be at the finish line. Some structures simply do not lead to a reality. They collapse. Others remain in suspense. In the end, it’s a question of logic, perhaps also of perspective.
The way we look at things is fundamental. Does what I see make sense, form a coherent whole? Is it harmonious with the certainties acquired through reflection, is it balanced? Because fundamentally, that’s how structures end up falling: through a lack of balance. Does it hold together?

« It looks bad. » It’s true. But can I conclude for all that that my hypothesis is the only possibility? What are the other possibles? What prevents me from taking the next step? Can I tackle it, question it, make it speak? Does this step to be taken make me reflect enough?

Everything is there, in the reflection on oneself, in the look one casts upon oneself. Is the evil I see mine? Why must I condemn this person? In what way do they resemble me? Why couldn’t I have done this evil? Why did I do it? Could I have been caught? Am I responsible for what I did? Am I freed from what I did?

There are a multitude of realities. Evil is endured. Is it desired to be a victim? Do I have a responsibility in what I endured? Was I poorly dressed? Was I born the wrong color? Did I inherit a wrong religion?

Religions teach; that is a truth. Do religions teach us to believe? They develop in us the hope that a better life awaits us. They shape our identity. For better or for worse, religions are identity-based.

Who am I, finally? I was born of a woman and a man. Equally. Both shaped who I am. They and the inherited religion. In their childhood, religion dictated behaviors, the number of children a woman should have, her clothing.

There was a time when going to church on Sunday was an obligation. The church was our school. Neither quite free of charge, nor quite free of choice. If we missed a Sunday, the village banished our family, isolated us. That, too, is not trivial.
But times change. Not always for the better, not always for the worse. There is a contact with reality that must be made. Reality is what we finally are. We change it continually. It shapes us at every moment.

For me, an autistic person, an autistic man; for me, a separatist, a Péquiste, a Liberal, a Solidaire, and, my faith, a Conservative, I am fond of working in coalition. Reality is a coalition. Not necessarily a Caquiste one, but a coalition. We are the ones who shape reality, and it is reality that shapes us. This reality has inherited structures; it is built with these structures; it rests upon them. One must be careful not to shake certain structures, otherwise reality would collapse. On the other hand, reality confronts my internal structures. Reality also threatens us, through all these changes. Everyone protects their structures, their identity.
I am what I do. My dearest wish is to make fewer and fewer big mistakes. I will always be human…

But what else? I am a former soldier. To serve my country, of course, but above all ready to die for democracy, for the common good. I am also a kind of investigator. I am not looking for culprits. The judicial system is there to exercise that power. Nor is it my qualification to raise the flag on those people at the border of the law. There are those who have all the skills required for that. My strength lies in structures. I see them easily; I integrate them. It is a deep learning while I am permeated by experience.
Finally, I am a kind of investigative journalist. Perhaps. Among others.

I have a lot of admiration for Indigenous people, and affection too. I think of the battles fought, the resistance against a friend who turned out to be an invader as well. They did not choose to disappear; they fought to survive. Braves, clearly.
Are they fighting against colonizers? Are they victims of racism? Unfortunately. But is the solution to fight these people who have inherited this part of their identity? I don’t believe so.

As with the women’s struggle, it was necessary to target what was causing the harm. It was necessary to break the ice. But can one stick to the icebreaker to do all the work? Assuredly not. One must understand how this ice becomes problematic, how it becomes toxic. Nor can we just wait for summer, though time is necessary. Women are also fighters; some are Braves. It is not normal, it is not acceptable, it is not in the order of things. This unhealthy structure must be deconstructed, little by little, within each individual and in society.

It is in this sense that I wanted to infiltrate the journalists. Not to denounce them, not really because I doubted the structure of journalistic power either. I wanted to infiltrate them to become one of them, as brief as that moment might be, as long as possible for me. I infiltrated the journalists to, like them, defend the common good.

Christian Legault, Human.
2018 FPJQ Convention

Note: I’m not a membre of the FPJQ.


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