Ensemble
English version below
Je marchais vers le gymnase où je m’entraîne quand j’ai aperçu une carte d’identité sur le trottoir — vous savez, le genre de carte que l’on porte au cou avec un cordon ou que l’on épingle sur la poitrine. Une employée avait échappé cette carte qui indiquait son nom, son poste et l’organisme communautaire pour lequel elle travaillait. Connaissant ce centre, j’ai décidé d’aller la lui porter. Après avoir fait confirmer sa présence, je l’ai laissée à la réception pour qu’on la lui remette.
En reprenant ma marche, à la sortie du centre communautaire, une dame m’a abordé. Je ne me souviens plus de ses mots exacts, mais elle me parlait de sa solitude, me racontant qu’elle passait des journées entières sans parler à quiconque. C’était spontané. Je lui ai dit que je comprenais que la vie soit difficile et que la solitude imposée — l’isolement, finalement — est une forme de violence. Elle a semblé soulagée d’un poids.
Ces petits gestes ordinaires font une réelle différence. Le temps de rapporter cette carte, j’ai fait partie d’une équipe ; j’ai fait don de mon temps. J’ai aussi été un confident le temps de recueillir la souffrance de cette dame, qui m’a fait don de son vécu. C’est d’une grande générosité de sa part que de livrer ainsi ce qui se passe en elle, dans son intériorité.
La synchronicité de ces deux événements est incroyable. Deux faits distincts, apparemment banals, prennent tout leur sens parce que je les mets bout à bout : le premier où je donne, le deuxième où je reçois. La vie est belle.
Tous les jours, je lis les gens sur les réseaux sociaux. Je ne cesse de recevoir ces dons de soi, ces cadeaux, et je cherche à redistribuer ce que j’ai reçu. Comme un enfant, je crée des constructions avec ce qui m’est offert. Est-ce que ce bloc pourrait s’agencer avec celui-là ? De quelle façon ? Une négociation s’opère en moi.
Quand quelqu’un perd quelque chose, je comprends sa panique, sa détresse. C’est vrai aussi dans l’intangible. Si j’ai les moyens d’aider, je le fais ; pour moi, c’est un devoir de citoyen. C’est un bonheur que de me sentir utile, un sentiment heureux pour les deux parties. Quand quelqu’un me confie sa souffrance, je l’accueille pour ce qu’elle est : un don de soi. Dans ces moments-là, la frustration tombe. La sienne comme la mienne.
Travailler ensemble nous permet d’atteindre nos rêves, qu’ils soient réciproques ou communs. Cela peut demander du temps, des efforts ou de longues discussions, mais le rêve est là, à portée de main. Soyons imaginatifs. Il faut s’écouter soi-même et écouter l’autre, parfois au-delà des mots. Souvent, il est question de besoins de base pour vivre ou de sécurité pour grandir. Cela demande de la flexibilité ; le rêve se réalise sous différentes formes, pas nécessairement celle que j’avais imaginée.
Vivre ensemble, c’est s’entraider à construire nos rêves, de part et d’autre, et en commun.
MAJ 5 mars 2026
Together
I was walking toward the gym where I train when I spotted an ID card on the sidewalk—you know, the kind worn around the neck on a lanyard or pinned to the chest. An employee had dropped this card, which showed her name, position, and the community organization she worked for. Knowing this center, I decided to go and return it to her. After confirming she was there, I left it at the reception desk for it to be handed back to her.
As I resumed my walk, leaving the community center, a lady approached me. I don’t remember her exact words, but she told me about her loneliness, recounting how she spent entire days without speaking to anyone. It was spontaneous. I told her I understood that life can be difficult and that imposed loneliness—isolation, ultimately—is a form of violence. She seemed relieved of a burden.
These small, ordinary gestures make a real difference. In the time it took to return that card, I was part of a team; I gave the gift of my time. I also served as a confidant for the moment it took to receive this lady’s suffering, who gave me the gift of her experience. It is an act of great generosity on her part to share what is happening within her, in her inner self.
The synchronicity of these two events is incredible. Two distinct, seemingly banal occurrences take on their full meaning because I put them end to end: the first where I give, the second where I receive. Life is beautiful.
Every day, I read people on social media. I never stop receiving these gifts of self, these presents, and I seek to redistribute what I have received. Like a child, I create constructions with what is offered to me. Could this block fit with that one? In what way? A negotiation takes place within me.
When someone loses something, I understand their panic, their distress. This is also true for the intangible. If I have the means to help, I do so; for me, it is a citizen’s duty. It is a joy to feel useful, a happy feeling for both parties. When someone confides their suffering to me, I welcome it for what it is: a gift of self. In those moments, frustration falls away. Hers as well as mine.
Working together allows us to reach our dreams, whether they are reciprocal or common. It may require time, effort, or long discussions, but the dream is there, within reach. Let us be imaginative. We must listen to ourselves and listen to the other, sometimes beyond words. Often, it is about basic needs for living or security for growing. This requires flexibility; the dream comes true in different forms, not necessarily the one I had imagined.
Living together is helping each other build our dreams, on both sides and in common.
Updated March 5, 2026


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