Auteur : Christian Legault

  • Le chemin

    Le chemin

    Le chemin

    Je vais plus ou moins régulièrement sur Facebook, alors qu’avant mon blogue, j’y écrivais souvent mes états d’âme et d’autres petites anecdotes de ma vie. Bref, je me suis abonné à la page de Corneille et j’ai vu passer cette vidéo de son spectacle. Je l’ai regardée cette semaine. Je ne sais pas pourquoi — le timbre de sa voix, son vécu qui transpire dans son art ou le sens de ses mots —, mais j’apprécie beaucoup ce qu’il fait. À voir.

    La projection et l’encadrement

    À la suite de mon coma, j’ai commencé à voir ce que je ne faisais que pressentir auparavant. Voici un vécu singulier.

    Je suis dans un monde parallèle, dans une autre dimension. On peut y voir un rêve ou une représentation conceptuelle de ma situation du moment. Qu’importe, c’est une projection. Il fait nuit, encore une fois, et je me retrouve dans ce lieu. Un endroit sans délimitation précise où chacun a une petite forme ovale, sauf celui qui se trouve au centre : un grand cône lumineux immobile. Je ne bouge pas non plus, contrairement aux autres dont j’envie la chance de savoir ce qu’ils doivent faire. Ils vont et viennent sans arrêt. Nous sommes dans une salle de cours, en formation.

    Je suis là, d’abord la nuit durant mon sommeil, puis peu à peu, le jour, bien éveillé et de mon plein gré. J’observe ce qui se passe et attends impatiemment les indications du professeur. Plusieurs jours se passent, toujours différemment, mais selon ce même modèle. Soudainement, je comprends que tout ce qu’il y avait à faire était de se concentrer sur ce qui se passe, d’apprendre à fixer mon esprit. Graduellement, les autres étudiants cessent de bouger et s’installent autour du professeur. La forme de mon corps devient conique. Nous commencions notre formation sur la présence, sur l’ici et maintenant.

    Cette expérience inhabituelle, et toutes celles du même type qui ont suivi, m’ont appris à vivre avec plusieurs points de vue simultanés. Je ne pouvais être sûr que ce que je voyais ne découlait pas de lésions cérébrales dues à l’accident ; je ne pouvais nier l’aspect mystique, alors que l’idée d’une représentation conceptuelle m’apparaissait plausible. Néanmoins, ce n’est que lorsque j’ai admis la possibilité de l’autisme que j’ai pu me libérer complètement de la lourdeur du regard des autres.

    Je disais dans un texte précédent ne respecter aucun « code » d’éthique ou de déontologie dans mon implication sur les réseaux sociaux ou sur mon blogue. Je commençais d’ailleurs à me dire que je ne pouvais pas, en toute honnêteté, utiliser le terme de journaliste. Pourtant, je suivais spontanément un chemin. Mes repères sont des balises pour un sentier à suivre. L’amour de l’humain et de la vie me sert à évaluer mes gestes et mes mots. Je reste attentif à la projection sur mon écran. Finalement, j’avais adopté une éthique et établi les bases d’un code de déontologie. Un perfectionnement restait toutefois nécessaire.

    Voilà qui donne une vue d’ensemble sur l’essentiel de ma théorie de la projection, une hypothèse vivante que j’ai maintes fois vérifiée, tant pour moi que pour les autres, dans la mesure du possible.

    8 mars 2026


    The Path

    I visit Facebook more or less regularly, whereas before my blog, I often wrote about my moods and other small anecdotes of my life there. In short, I subscribed to Corneille’s page and saw a video of his show. I watched it this week. I don’t know why—perhaps the timbre of his voice, his life experience bleeding through his art, or the meaning of his words—but I truly appreciate what he does. A must-watch.

    Projection and Framework

    Following my coma, I began to see what I had only sensed before. Here is a singular experience.

    I am in a parallel world, in another dimension. One might see it as a dream or a conceptual representation of my current situation. Regardless, it is a projection. It is night, once again, and I find myself in this place. A place without precise boundaries where everyone has a small oval shape, except for the one in the center: a large, motionless, luminous cone. I do not move either, unlike the others whose fortune of knowing what to do I envy. They come and go incessantly. We are in a classroom, in training.

    I am there, first at night during my sleep, then gradually during the day, fully awake and of my own free will. I observe what is happening and wait impatiently for the teacher’s instructions. Several days pass, always differently, but following this same model. Suddenly, I understand that all there was to do was to concentrate on what is happening, to learn to focus my mind. Gradually, the other students stop moving and settle around the teacher. My body’s shape becomes conical. We were beginning our training on presence, on being in the here and now.

    This unusual experience, and all those of the same kind that followed, taught me to live with multiple viewpoints simultaneously. I could not be certain that what I saw did not stem from brain injuries due to the accident; I could not deny the mystical aspect, while the idea of a conceptual representation seemed plausible. Nevertheless, it was only when I admitted the possibility of autism that I could completely free myself from the weight of others’ gazes.

    I mentioned in a previous text that I followed no « code » of ethics or professional conduct in my involvement on social media or my blog. I was even beginning to tell myself that I could not honestly use the term « journalist. » Yet, I was spontaneously following a path. My benchmarks are markers for a path to be taken. Love for Humanity and for life serves as a guide to evaluate my actions and my words. I remain attentive to the projection on my screen. Ultimately, I had adopted an ethic and established the foundations of a code of conduct. Further refinement, however, remained necessary.

    This provides an overview of the core of my theory of projection, a living hypothesis that I have verified many times, both for myself and, as far as possible, for others.

    March 8, 2026

  • Le Ciel

    Le Ciel

    Le Ciel

    Star Trek: Picard, sur Crave. Un peu avant mon départ, je me suis abonné à Crave en français. J’ai ainsi pu écouter les deux premiers épisodes de la série. Probablement à cause des droits d’auteur ou de diffusion — c’est du moins ma supposition —, je n’ai pas accès à la série depuis le Guatemala. J’ai trouvé ces épisodes assez intrigants pour vouloir voir la suite. En attendant, sur Netflix, j’ai pu me rabattre sur l’épisode double de la saison 7 de Star Trek : La Nouvelle Génération, l’épisode 25, All Good Things… Picard y fait face à une multitude de réalités, à différentes dimensions et à des voyages dans le temps. À voir.

    Projection (une synthèse)

    L’image du Rubik’s Cube est peut-être plus simple pour illustrer mon hypothèse de la projection. L’humain se projette continuellement, tant dans ses aspirations que dans ses peurs. On peut voir dans ces images un sens, une raison profonde pour laquelle une telle représentation est choisie plutôt qu’une autre. J’ai donné l’exemple d’une personne souffrant de problèmes de dissociation qui, malgré et peut-être surtout à cause de ses études dans ce domaine, projette son problème sur les autres, davantage sur ceux qui font obstacle à ses objectifs personnels ou professionnels. Tant pis pour l’éthique et la déontologie ; elle a raison et son comportement s’en trouve donc justifié.

    Il n’est pas non plus nécessaire de croire en Dieu pour se projeter sur cet écran. Il s’agit d’une représentation de l’idéal pour un être humain, et le nom de l’écran importe peu. Avoir la certitude d’un moment meilleur est ce que j’appelle la foi.

    Il reste à se retrouver dans cet univers de miroirs. J’ai identifié un repère : l’amour. Je l’utilise aussi comme un processus. Il me sert à me relier à mes idéaux, à l’humain — en moi et à l’extérieur de moi — ainsi qu’à la vie. Chacun devient alors un repère. Cette multitude de points de vue me permet de mieux comprendre l’autre, d’être empathique envers sa réalité et, ainsi, de mieux me relier à lui. Cet autre peut même être moi dans le passé, moi devant un ensemble de choix à faire ou, pourquoi pas, moi projeté dans l’avenir.

    Perdu dans tous ces reflets, je cherche à faire une synthèse, un point de rencontre où je suis bien ancré dans le moment présent. J’y trouve un esprit critique grâce à une compréhension vivante de la situation. Mon pouvoir sur ma vie est là, pas ailleurs. Bizarrement, cela me ramène aux cours que je suis présentement, à un aspect en particulier : celui de l’éthique et de la déontologie journalistique qui tracent un chemin.

    8 mars 2026


    The Sky

    Star Trek: Picard, on Crave. Shortly before my departure, I subscribed to Crave in French. I was able to watch the first two episodes of the series. Likely due to copyright or broadcasting rights—that is my assumption—I cannot access the series from Guatemala. I found those episodes intriguing enough to want to see the rest. In the meantime, via Netflix, I fell back on the double episode of Season 7 of Star Trek: The Next Generation, Episode 25, All Good Things… Picard faces a multitude of realities, different dimensions, and time travel. A must-watch.

    Projection (A Synthesis)

    The image of the Rubik’s Cube is perhaps simpler for illustrating my hypothesis on projection. Humans continually project themselves, as much in their aspirations as in their fears. One can see in these images a meaning, a profound reason why one representation is chosen over another. I gave the example of someone with dissociation issues who, despite and perhaps especially because of their studies in that field, projects their problem onto others—particularly those who stand in the way of their personal or professional goals. So much for ethics and professional conduct; they believe they are right, and their behavior is thus justified.

    Nor is it necessary to believe in God to project oneself onto that screen. It is a representation of an ideal for a human being, and the name of the screen matters little. Having the certainty of a better moment is what I call faith.

    It remains to find one’s way in this universe of mirrors. I have identified one benchmark: love. I also use it as a process. It serves to connect me to my ideals, to the human—within and outside of myself—as well as to life. Each becomes a benchmark. This multitude of perspectives allows me to better understand the other, to be empathetic toward their reality, and thus, to better connect with them. This « other » could even be me in the past, me facing a set of choices, or even me projected into the future.

    Lost in all these reflections, I seek to create a synthesis, a meeting point where I am firmly anchored in the present moment. There, I find a critical mind thanks to a living understanding of the situation. My power over my life is there, nowhere else. Strangely, this brings me back to the courses I am currently taking, specifically to one aspect: journalistic ethics and professional conduct, which trace a path forward.

    March 8, 2026

  • Sans limite

    Sans limite

    Sans limite

    J’ai apprécié quelques entrevues de cette série. C’est très intéressant. Celle-ci, je l’ai vue une première fois il y a déjà plusieurs semaines et je l’ai réécoutée hier. J’aime beaucoup la vision de Melinda Gates ; je m’y retrouve. À écouter.

    La projection (et mes repères)

    Lorsque j’explique ma vision des religions, j’utilise l’image d’un Rubik’s Cube, pour je ne sais quelle raison. Je présente chaque face du fameux cube comme une vue de Dieu, chaque religion percevant le cube selon sa propre position. Je suppose aussi que certaines personnes pourraient jouer avec le cube, mélanger les couleurs et y reconnaître Dieu. D’autres l’appelleraient peut-être le Grand Esprit.

    Je l’ai déjà dit sur les réseaux sociaux : j’ai la foi. Je suis né et j’ai grandi dans la religion catholique. Ma mère pratiquait peu, mon père pas du tout. Ma marraine, la sœur de ma mère, allait à l’église tous les dimanches. Pour ma part, comme plusieurs Québécois, je ne suis pas pratiquant, même si je visite des églises lors de mes voyages ou par hasard à Montréal — à l’Oratoire Saint-Joseph, par exemple, où je me retrouve mystérieusement une fois ou deux par année.

    Quoi qu’il en soit, il est curieux que j’utilise l’image du cube, car la sphère me vient plus spontanément dans mon discours intérieur. La sphère et ses facettes à l’infini. Il s’agit d’une représentation conceptuelle, bien sûr. Personne ne saurait dire à quoi Dieu ressemble. En tant qu’êtres humains, nous nous projetons dans un être supérieur, dans un idéal, selon ce que nous en comprenons à un certain moment de notre évolution. Ainsi, ma vision de cet idéal a changé au fil des ans. Mon idéal est vivant, il s’adapte, mais il me pousse toujours à m’améliorer, à passer à une étape supérieure. Sans fin.

    J’ai tout de même établi un point de départ dans ma quête : Dieu est amour. Même si la remise en question a surgi de temps à autre, surtout dans les périodes difficiles, rien d’autre ne pouvait maintenir l’harmonie de l’univers tel que je le concevais. Cette sphère lumineuse, ma représentation personnelle et conceptuelle de Dieu, a toujours fini par s’imposer à moi, non pas comme une obligation, mais comme une évidence.

    Je défends aussi la laïcité de l’État, ce qui ne contredit en rien ma foi. J’y reviendrai sûrement dans un prochain texte.

    J’ai donc en Dieu un écran pour y projeter mes idéaux, le tout étant vivant. Ensuite, je dirais que je suis un amoureux. J’aime la vie, l’Humain et, évidemment, Dieu. Dans mon univers de miroirs, ce sont mes repères. De là découlent une empathie grandissante, un pardon dont le degré évolue et la compréhension d’un compromis nécessaire.

    À lire la semaine prochaine : Comment je me situe dans tout ça ?

    8 mars 2026


    Limitless

    I enjoyed several interviews from this series. Very interesting. I saw this one for the first time a few weeks ago and listened to it again yesterday. I really like Melinda Gates’ perspective; I can relate to it. A must-listen.

    Projection (and My Benchmarks)

    When explaining my vision of religions, I use the image of a Rubik’s Cube, for some unknown reason. I present each face of the famous cube as a view of God, with each religion seeing the cube from its own position. I also assume that some people might play with the cube, mix the colors, and still recognize God. Others might call it the Great Spirit.

    I have said it before on social media: I have faith. I was born and raised in the Catholic religion. My mother practiced little, and my father not at all. My godmother, my mother’s sister, went to church every Sunday. As for me, like many Quebecers, I do not practice, though I visit churches during my travels or by chance in Montreal—at Saint Joseph’s Oratory, for instance, where I mysteriously find myself once or twice a year.

    Regardless, it is strange that I use the image of the cube, since the sphere comes more spontaneously to me in my internal dialogue. The sphere and its infinite facets. This is a conceptual representation, of course. No one can say what God looks like. As human beings, we project ourselves into a higher being, into an ideal, based on our understanding at a given point in our evolution. Thus, my vision of this ideal has changed over the years. My ideal is alive, it adapts, but it always pushes me to improve, to move to a higher stage. Endlessly.

    I have nevertheless agreed upon a starting point in my quest: God is love. Even if questioning has arisen from time to time, especially during difficult periods, nothing else could harmoniously hold the universe together as I conceived it. This luminous sphere, my personal and conceptual representation of God, has always ended up asserting itself to me—not as an obligation, but as an obvious truth.

    I also defend state secularism, which in no way refutes my faith. I will surely return to this in a future text.

    In God, I therefore have a screen upon which to project my ideals, the whole of it being alive. Furthermore, I would say that I am a lover. I love life, Humanity, and, obviously, God. In my universe of mirrors, these are my benchmarks. From this flows a growing empathy, a degree of forgiveness that evolves, and an understanding of the necessary compromise.

    To be read next week: How do I fit into all of this?

    March 8, 2026

  • La distance

    La distance

    La distance

    Par une suite de hasards et de complications, je me suis retrouvé avec un billet de retour pour Cancún avant même d’arriver. Devant l’idée de faire le chemin inverse pour rentrer à la maison, j’ai cru pouvoir passer quelques jours à la plage entre deux vols. J’ai vérifié les possibilités d’hébergement sans réserver, puis j’ai acheté mon billet d’avion pour Montréal, en voyant la possibilité d’annuler sans frais étant donné le virus COVID-19. Mais voilà que les frontières sont fermées au Guatemala. La décision est prise : je reste et me mets en quarantaine ici.

    La projection

    Tout jeune, je me regardais faire. J’étais le spectateur de moi-même. J’ai souvent et longtemps confondu ce recul avec un jugement incessant ou, selon l’expression consacrée, avec le fait de « trop s’inquiéter de ce que les autres pensent ». Mais non, ce n’est pas la même chose. Je ne porte pas de jugement sur ce que je fais ; j’apprends, plutôt. Ce que je ressens, ce que je pense, ce qui me motive sont des questionnements invariables, des sources d’apprentissage. Cette auto-analyse fonctionnait tant bien que mal. Pourtant, je n’arrivais pas à me situer, à savoir si j’en étais au début ou à la fin. Cela semblait être une expérience personnelle différente de ce que l’on me rapportait. Bref, cette distance avec moi-même m’est salutaire.

    Je suis inquiet quand je me vois tenter de changer mes plans ou d’acheter aveuglément pour me sécuriser. Cela peut me prendre du temps pour comprendre ou pour définir une nouvelle façon de vivre cette insécurité, mais j’y arrive. Quelquefois avec l’aide de la vie, comme dans mon anecdote du début.

    Je suis frustré, tout m’enrage. Rien ne convient. Je projette ma frustration partout. Qu’est-ce que je tente réellement d’exprimer ? Quel besoin n’est pas comblé ?

    Je suis en colère, c’est pire. Je suis envahi par un besoin de justice, presque de vengeance. Puis, avec le recul, une réelle solution m’apparaît, une solution durable.

    Voilà qui illustre un peu plus ma théorie de la projection, que j’utilise avec un outil développé en psychanalyse. Je crois que ce fonctionnement est intimement lié au fait que je « vois » des structures, qu’il s’agit d’un tout.

    Reste à trouver des repères dans cet univers de miroirs. Vendredi.

    8 mars 2026


    The Distance

    Through a series of chances and complications, I found myself with a return ticket to Cancún before even arriving. Faced with the idea of retracing my steps to go home, I thought I could spend a few days at the beach between flights. I checked for accommodation without booking, then bought my plane ticket to Montreal, seeing the possibility of canceling without fees due to the COVID-19 virus. But now, the borders in Guatemala are closed. The decision is made: I am staying and putting myself in quarantine here.

    Projection

    From a very young age, I watched myself act. I was the spectator of my own life. For a long time, I often confused this detachment with constant self-judgment or, as the saying goes, with « worrying too much about what others think. » But no, it is not the same thing. I do not pass judgment on what I do; rather, I learn. What I feel, what I think, and what motivates me are constant inquiries—sources of learning. This self-analysis worked as best as it could. Still, I couldn’t place myself, couldn’t tell if I was at the beginning or the end. It seemed like a personal experience different from what was being reported to me. In short, this distance from myself is restorative.

    I get worried when I see myself trying to change my plans or buying blindly to secure myself. It may take me some time to understand or to define a new way of living through this insecurity, but I get there. Sometimes with a little help from life, as in the anecdote at the beginning.

    I am frustrated; everything enrages me. Nothing is right. I project my frustration everywhere. What am I really trying to express? Which need is not being met?

    I am angry; it’s worse. I am overwhelmed by a need for justice, almost for vengeance. Then, with hindsight, a real solution appears—a lasting one.

    This further illustrates my theory of projection, which I use with a tool I developed in psychoanalysis. I believe this way of functioning is intimately linked to the fact that I « see » structures, that it is a whole.

    All that remains is to find benchmarks in this universe of mirrors. Friday.

    March 8, 2026

  • Devenir: une réflexion inspirée

    Devenir: une réflexion inspirée

    Devenir : une réflexion inspirée

    La vie est faite de surprises ; tout ne peut être planifié. Pourtant, on entend des histoires comme celle-ci, des récits où la réussite semble écrite d’avance. On oublie les combats intérieurs de ces personnes et, comme dans ce cas-ci, l’improbabilité d’une telle réalisation sociale. Un livre humain qui raconte le vécu d’une femme noire. J’ai adoré.

    Projection

    Il me semble impossible d’écrire, dans mon style, sur ma vision de la projection. Cela m’apparaît par moments comme une montagne, par d’autres comme une situation irréelle. Je suppose l’un et l’autre, car la vie ne cesse de me rappeler ma condition humaine.

    Je rappelle souvent l’idée de repartir à zéro, de refaire sa vie, de renaître. Pourtant, je ne suis pas de ceux qui veulent refaire l’histoire. Ce sont pour moi deux réalités distinctes. Le défi du passé est de l’accepter.

    Pourquoi alors prendre autant de temps à reconstituer notre vécu ? Le quotidien est le résultat, la synthèse de cette histoire. On retrouve dans le moment présent la possibilité de réparer des erreurs ou des incompréhensions, et d’y apporter un nouvel éclairage. À partir de ce moment, une réflexion est nécessaire. Pour les uns comme pour les autres, un héritage est à recevoir.

    Dans une période de conquêtes, l’ennemi est diabolisé. On l’afflige de sa différence, de ce qui le démarque le plus, de ce en quoi on ne peut pas se projeter : croyances, traits physiques, orientations ou identités sexuelles, langues, cultures. Le gain ultime est que l’ennemi finisse par intégrer cette image que l’on projette sur lui. Cela démoralise ses troupes et détruit ses aptitudes psychologiques au combat. Il devient à la fois victime et soumis. Ainsi, la guerre se gagne et les révoltes éventuelles sont presque mort-nées*.

    La victime se voit à travers les yeux de son agresseur. C’est vrai pour la guerre, le viol ou toute situation de domination. Ainsi, le vaincu a tendance à se sentir coupable, étant à la fois, inconsciemment, l’un et l’autre. J’ai réalisé cela avec l’aide de mon psychanalyste. Il y a la culpabilité de ne pas s’être défendu adéquatement, et celle de se voir, à travers le regard de l’autre, dépossédé de tout pouvoir sur soi-même. Un héritage lourd à porter. Un combat intérieur commence ; un déchirement humain prend naissance.

    Je continuerai de discuter de ma théorie de la projection la semaine prochaine.


    *L’Art de la guerre, Sun Tzu.

    8 mars 2026


    Becoming: An Inspired Reflection

    Life is full of surprises; not everything can be planned. Yet we hear stories like this one—tales where success seems written in advance. We forget the internal battles these people face and, as in this case, the improbability of such social achievement. A deeply human book recounting the life of a Black woman. I loved it.

    Projection

    It seems impossible for me to write, in my own style, about my vision of projection. At times it feels like a mountain; at others, like an unreal situation. I suspect both, as life never ceases to remind me of my human condition.

    I often return to the idea of starting from scratch, of rebuilding one’s life, of being reborn. Yet I am not among those who wish to rewrite history. These appear to me as two distinct realities. The challenge of the past is to accept it.

    Why, then, take so much time to reconstruct our experiences? Daily life is the result, the synthesis of that history. In the present moment, we find the possibility of repairing errors or misunderstandings and casting a new light upon them. From that point on, reflection is necessary. For everyone involved, there is a heritage to be received.

    In times of conquest, the enemy is demonized. They are burdened with their difference—whatever sets them apart most, whatever we cannot project ourselves into: beliefs, physical traits, sexual orientations or identities, languages, cultures. The ultimate gain is for the enemy to internalize this image projected upon them. This demoralizes their troops and destroys their psychological capacity for combat. They become both victim and subject. Thus, the war is won, and any potential revolts are nearly stillborn*.

    The victim sees themselves through the eyes of their aggressor. This holds true for war, rape, or any situation of domination. Consequently, the vanquished tends to feel guilty, being unconsciously both one and the other. I realized this with the help of my psychoanalyst. There is the guilt of not having defended oneself adequately, and the guilt of seeing oneself, through the eyes of the other, stripped of all power over oneself. A heavy heritage to carry. An internal battle begins; a human tearing is born.

    I will continue discussing my theory of projection next week.


    *The Art of War, Sun Tzu.

    March 8, 2026

  • Projection

    Projection

    Projection

    J’ai toujours eu un intérêt pour la projection. Toutefois, ce n’est qu’après mon traumatisme crânien que j’y ai réfléchi plus en profondeur. Après le coma qui a suivi, les gens projetaient sur moi la personne qu’ils croyaient connaître. Étant amnésique, j’ai tenté d’endosser ces personnages projetés sur moi. Je ressentais un besoin urgent d’avoir une identité et, un peu comme un comédien qui finirait par se perdre dans le rôle qu’il incarne, j’intégrais les différentes images que l’on avait de « moi ». Poussé par ce que je sais maintenant être mon autisme, j’analysais les structures de ces personnalités jouées.

    Parallèlement, j’étais imprégné par cette expérience mystique de mort imminente. J’avais des images issues de mon coma, ainsi qu’un puissant sentiment de bien-être. Inévitablement, je voyais en cela Dieu. À mon tour, je me projetais sur l’autre, peu importe qu’il fût Dieu ! Sur cet écran, je pouvais voir la réalisation de mes rêves les plus profonds, de mes espoirs les plus fous.

    À toutes ces expérimentations s’ajoutaient des apparitions sous forme d’images, des « flashbacks » qui n’avaient aucun sens, bien qu’ils fussent possiblement des souvenirs. Tout cela faisait partie de mon univers ; il y avait de quoi être totalement confus. J’essayais d’obtenir de l’aide, mais la complexité de ma réalité rendait la projection sur moi encore plus probable. Un réflexe humain pour privilégier la simplicité, je suppose.

    Afin de faire le lien entre mes projections et celles des autres, je me suis inscrit à une formation en psychologie transpersonnelle. C’est là que j’ai approfondi mon hypothèse sur la projection et mon refus de m’arrêter à une seule interprétation de la réalité. Sans le savoir, je développais un esprit critique.

    C’est à travers la psychanalyse que j’ai finalement pu donner un sens aux structures que je percevais. J’ai élaboré un outil pour mieux les appréhender et mieux les nommer. Grâce à cette démarche psychanalytique, j’ai appris à déconstruire adéquatement ce qui avait été échafaudé sans plan précis au fil des traumas, pour finalement arriver à me rebâtir consciemment, tout en ayant connaissance de ce processus de projection.

    Exemples concrets dans mon texte de vendredi. À suivre.

    8 mars 2026


    Projection

    I have always had an interest in projection. However, it was only after my traumatic brain injury that I reflected on it more deeply. Following the coma that ensued, people projected onto me the person they thought they knew. Being amnesic, I tried to adopt these characters projected upon me. I felt an urgent need for an identity and, much like an actor who ends up losing himself in the role he plays, I integrated the various images people had of « me. » Driven by what I now know to be my autism, I investigated the structures of these performed personalities.

    At the same time, I was permeated by that mystical near-death experience. I had images lingering from my coma, as well as a powerful sense of well-being. Inevitably, I saw God in this. In turn, I projected myself onto the « other, » no matter if that other was God! On that screen, I could see the fulfillment of my deepest dreams and my wildest hopes.

    To all these experiences were added apparitions in the form of images—flashbacks that made no sense, though they were possibly memories. All of this was part of my universe; it was enough to leave anyone completely muddled. I tried to seek help, but the complexity of my reality made projection onto me even more likely. A human reflex for the sake of simplicity, I suppose.

    Partly to bridge the gap between my projections and those of others, I enrolled in a program for transpersonal psychology. It was there that I further developed my hypothesis on projection and my refusal to settle for a single interpretation of reality. Without knowing it, I was developing a critical mind.

    Through psychoanalysis, I was finally able to give meaning to the structures I saw. I developed a tool to better grasp and name them. Thanks to this psychoanalytic process, I learned to properly deconstruct what had been built without a clear plan through years of trauma, ultimately rebuilding myself consciously while remaining aware of this projection process.

    Concrete examples in Friday’s text. To be continued.

    March 8, 2026

  • Les  limites

    Les limites

    Les limites

    Je suis inscrit à des cours universitaires à distance en journalisme. Je croyais naïvement pouvoir les poursuivre sur mon cellulaire durant mon aventure. J’avais fait des tests de chez moi. Mais la concentration nécessaire, en voyage et mal outillé sur le long terme, est énorme, ce qui rend l’opération impossible. Si jeunesse savait…

    Cela me ramène au livre La Révolution Z et à cette naissance éternelle dont je parlais mercredi dernier. Suis-je un Z, un Y, un X ou même un Boomer ? Selon le regard posé, j’appartiens à chacune de ces générations, ou même à toutes à la fois.

    Mes cours portent, entre autres, sur la démocratie et les droits humains, des concepts intimement liés. Bien sûr, je souscris à leurs vertus ; j’en suis un défenseur. Néanmoins, poussés à l’extrême, ils peuvent être perçus comme des dictatures. Effectivement, on peut s’accorder pour dire qu’une chose est bonne, mais tôt ou tard, on en verra les limites, voire des effets secondaires dommageables, sinon carrément néfastes. C’est l’utilisation d’une réalité souhaitable comme une arme.

    Prenons l’exemple du multiculturalisme qui permet le vivre-ensemble. Une approche anglo-saxonne du multiculturalisme devient une faiblesse dans la mesure où, peut-être de bonne foi, elle nie plus ou moins les bases des autres cultures. Il n’y a pas de reconnaissance explicite de la différence distincte de l’impact de la langue, de l’histoire d’un peuple et de son lien avec la spiritualité. Le multiculturalisme ne peut pas être partout le même. Cette faille peut être utilisée à mauvais escient, comme une arme pour briser un peuple — un peuple qui porte une culture spécifique — afin de le faire disparaître ou de le fondre dans un ensemble.

    Ainsi, la démocratie atteint aussi ses limites. La culture et l’histoire d’un peuple doivent être respectées ; il faut prendre conscience de la différence de ses fondements. C’est certainement un défi que de le faire sans bouleversement, pour une intégration graduelle et adaptée des droits humains, ce qui reste un souhait universel. Pourrait-on créer des sortes de plateformes d’échange, des lieux où deux systèmes peuvent interagir dans un respect mutuel ? Le multiculturalisme ne doit pas signifier la disparition des différences culturelles par leur greffe sur le fond d’une culture dominante implicite. Il est sain que les peuples puissent continuer à se reconnaître dans leur culture et à vivre selon leur identité distincte. La diversité est une richesse.

    Autre aspect : la manipulation potentielle des votes via les réseaux sociaux. C’est une faiblesse dévoilée de la démocratie qu’il faut renforcer par l’éducation et par la compréhension du processus de projection de soi dans l’autre. (Comme mentionné dans La Révolution Z, ce processus de projection demande aussi un apprentissage pour les interactions avec tous les médias.)

    À l’inverse, une situation peut paraître mauvaise et se révéler être une grâce. Le désir d’avancement du Canada est miné par des inégalités devenues extrêmes, invivables. Que l’on pense aux Autochtones et à la désorganisation de leur culture ancestrale, ou aux femmes, qui comptent pour la moitié de l’humanité, et à la limitation de leurs droits. On peut voir, dans la négation de la culture québécoise, d’autres problèmes qui perdurent.

    Il y a des conséquences économiques et un coût humain dans ces cas, comme dans d’autres inégalités, qui minent tout le système, et pas seulement au Canada. Il est nécessaire d’humaniser nos façons de faire.

    8 mars 2026


    The Limits

    I am enrolled in distance university courses in journalism. Naively, I believed I could keep up with them on my cell phone during my adventure. I had tested it from home. However, the concentration required—while traveling and poorly equipped for the long term—is enormous, making the operation impossible. If youth only knew…

    This brings me back to the book The Z Revolution and that eternal birth I spoke of last Wednesday. Am I a Z, a Y, an X, or even a Boomer? Depending on the perspective, I belong to each of these generations, or perhaps all of them at once.

    My courses cover, among other things, democracy and human rights—concepts that are intimately linked. Of course, I subscribe to their virtues; I am a defender of them. Nevertheless, pushed to the extreme, they can be perceived as dictatorships. Indeed, we may agree that something is good, but sooner or later we will see its limits or even damaging, if not downright harmful, side effects. This is the use of a desirable reality as a weapon.

    Take, for example, the multiculturalism that enables living together. An Anglo-Saxon approach to multiculturalism becomes a weakness to the extent that, perhaps in good faith, it more or less denies the foundations of other cultures. There is no explicit recognition of the distinct difference of the impact of language, a people’s history, and its link to spirituality. Multiculturalism cannot be the same everywhere. This flaw can be misused as a weapon to break a people—a people that sustains a specific culture—to make them disappear or merge them into a whole.

    Thus, democracy also reaches its limits. A people’s culture and history must be respected; one must be aware of the difference in their foundations. It is certainly a challenge to do so without upheaval, for a gradual and adapted integration of human rights, which remains a universal wish. Could we create types of exchange platforms, places where two systems can interact in mutual respect? Multiculturalism must not mean the disappearance of cultural differences by grafting them onto the backdrop of an implicit dominant culture. It is healthy for peoples to be able to continue recognizing themselves in their culture and living according to their distinct identity. Diversity is a wealth.

    Another aspect: the potential manipulation of votes via social networks. This is a revealed weakness of democracy that must be strengthened through education and an understanding of the process of projecting oneself into the « other. » (As mentioned in The Z Revolution, this process of projection also requires learning for interactions with all media.)

    Conversely, a situation can appear bad and turn out to be a grace. Canada’s desire for advancement is undermined by inequalities that have become extreme and unlivable. Think of Indigenous peoples and the disruption of their ancestral culture, or women, who account for half of humanity, and the limitation of their rights. One can see other lingering problems in the denial of Quebec culture.

    There are economic consequences and a human cost in these cases, and in other inequalities, that undermine the entire system, not just in Canada. There is a necessity to humanize the way we do things.

    March 8, 2026

  • La Révolution Z: une réflexion inspirée

    La Révolution Z: une réflexion inspirée

    La Révolution Z : une réflexion inspirée

    La Révolution Z, une lecture pour les jeunes de toutes les générations. Pour se questionner sur les motivations de notre société, sur la façon de mieux concevoir notre environnement. On pourrait y trouver des messages cachés. Je recommande ce livre.

    Ma réflexion

    À quelle génération j’appartiens ? Cela dépend de mon année de naissance. C’est un problème pour moi !

    Je suis mort à plusieurs reprises à la suite de traumas majeurs. Un peu comme tout le monde, j’ai tenté de refaire ma vie, de repartir à zéro. Cela implique des deuils ; le deuil de mon identité telle que je la percevais.

    Que ce soit à travers mes expériences de mort imminente ou par ces morts psychologiques, je changeais d’univers. Je me voyais autrement, je regardais différemment et je comprenais distinctement. À chaque fois, je repars sur une nouvelle base qui modifie, à divers degrés, mon monde. Une nouvelle relation cherche dorénavant à s’établir. Une naissance.

    J’ai la particularité de tout oublier, comme si je repassais toujours par cette étape d’amnésie vécue lors des événements traumatiques de mon enfance déjà mentionnés. Autisme ou répétition inconsciente du trauma qu’est la perte de mémoire : une nouvelle vie s’offre à moi. Durant un certain temps, je suis néanmoins entre deux mondes. Je me dois de reconscientiser certaines structures et un cheminement passé. Je simplifie mon histoire pour mieux la comprendre, pour mieux me définir, pour mieux m’ajuster.

    Ma vision de l’humain s’adapte à cette réalité qui se dessine devant moi. L’être humain en moi rejoint peu à peu celui qui est dans l’autre. Par l’intérieur. Cette partie est relativement facile pour moi, quoique exigeante, voire éprouvante dans certaines situations. Un travail est nécessaire. Les limitations imposées par l’autisme, dans mon cas, sont au contraire des forces dans ces univers parallèles : un don.

    La partie extérieure, celle des limitations sociales, celle où mon don est encombrant, nécessite des solutions. C’est mon côté « Z » qui exige des solutions concrètes pour un bel avenir.

    8 mars 2026


    The Z Revolution: An Inspired Reflection

    The Z Revolution is a read for young people of all generations. It invites us to question our society’s motivations and how to better design our environment. Hidden messages might even be found within. I recommend this book.

    My Reflection

    To which generation do I belong? That depends on my birth year. That’s a problem for me!

    I have died several times following major traumas. Much like everyone else, I have tried to rebuild my life, to start over from scratch. This involves grief; grieving my identity as I once perceived it.

    Whether through near-death experiences or these psychological deaths, I would change universes. I saw myself differently, I looked at things differently, and I understood distinctly. Each time, I start on a new foundation that modifies my world to varying degrees. A new relationship now seeks to establish itself. A birth.

    I have the peculiarity of forgetting everything, as if I were always returning to that stage of amnesia experienced during the previously mentioned traumatic events of my childhood. Whether it is autism or an unconscious repetition of the trauma of memory loss, a new life offers itself to me. For a while, I am nonetheless between two worlds. I must re-internalize certain structures and a past journey. I simplify my story to better understand it, to better define myself, and to better adjust.

    My vision of the human adapts to this reality taking shape before me. The human being within me gradually reaches the one within the other. From the inside. This part is relatively easy for me, though demanding—even grueling—in certain situations. Work is required. The limitations imposed by autism, in my case, are instead strengths in these parallel universes: a gift.

    The external part—the one with social limitations, where my gift is cumbersome—requires solutions. It is my « Z » side demanding concrete solutions for a beautiful future.

    March 8, 2026

  • Entre deux mondes

    Entre deux mondes

    Entre deux mondes

    C’est toujours la même chose. Que ce soit parce que j’arrive dans un nouvel endroit ou que j’entame une nouvelle relation, tout repart à zéro. Je ne peux compter ni sur mon expérience, ni sur mes connaissances. Je ne sais pas pourquoi ; l’autisme est une supposition. Quoi qu’il en soit, je suis continuellement face à l’inconnu, dans un monde étrange que je dois découvrir. C’est anxiogène, évidemment. Perdu, abandonné à moi-même et sans accès à mes ressources mnémoniques, il ne peut en être autrement.

    Je suis comme un enfant qui rencontre une situation pour la première fois. Le regard que je porte s’impose à moi et il peut être fort différent d’une fois à l’autre. Même si, de manière abstraite, je saisis rapidement un portrait global, je ne peux rien utiliser avant qu’une certaine somme de réflexions découlant de mes points de vue ne soit effectuée. Est-ce un fonctionnement si atypique ? En tout cas, c’est mon histoire avec les structures et mon choix de ne pas les manipuler, ou le moins possible.

    Le constat est que je suis toujours ramené à l’humain. C’est la seule constante : l’humain. Que je ne connaisse pas la valeur de la monnaie locale — pour reprendre l’exemple de mon dernier texte — ou que la langue me soit étrangère même s’il s’agit de celle de ma grand-mère, que je ne puisse pas reproduire mon mode de vie habituel (un trauma qui se répète sans cesse) : tout cela revient finalement à moi, l’être humain.

    Quelquefois, je mets des mots sur un vécu et je ressens de la colère, celle découlant d’une grande injustice. D’autres fois, j’ai honte d’avoir agi comme un enfant, naïvement ou sans réfléchir. La plupart du temps, j’éprouve tout cela au même moment. Puis vient le besoin de parler de ma dignité humaine, de la mienne comme de celle des autres.

    8 mars 2026


    Between Two Worlds

    It is always the same thing. Whether I arrive in a new place or enter a new relationship, everything starts from scratch. I can rely neither on my experience nor on my knowledge. I do not know why; autism is a possibility. Regardless, I am continuously faced with the unknown, in a strange world that I must discover. It is anxiety-inducing, obviously. Lost, left to my own devices, and without access to my mnemonic resources, it cannot be otherwise.

    I am like a child encountering a situation for the very first time. The gaze I cast upon it is forced upon me, and it can differ greatly from one time to the next. Even if I quickly grasp a global picture abstractly, I can utilize nothing until a certain amount of reflection, stemming from various perspectives, has been completed. Is such a way of functioning so atypical? In any case, this is my story with structures and my choice not to manipulate them—or to do so as little as possible.

    The conclusion is that I am always brought back to the human element. It is the only constant: the human. Whether I am ignorant of the value of the local currency—to use the example from my last text—or the language is foreign to me even though it was my grandmother’s, or I am unable to reproduce my usual way of life (a trauma that repeats incessantly): it all ultimately comes back to me, the human being.

    Sometimes, I put words to an experience and feel anger—the kind that stems from a great injustice. Other times, I feel ashamed for having acted like a child, naively or without thinking. Most of the time, I feel all of this at once. Then comes the need to speak of my human dignity—both my own and that of others.

    8 mars 2026

  • Kukum: une réflexion inspirée

    Kukum: une réflexion inspirée

    Kukum : une réflexion inspirée

    J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir un peu plus le mode de vie traditionnel des Innus et les difficultés rencontrées par ce peuple à la suite de l’arrivée de nos ancêtres. L’étrangeté que l’on peut ressentir lorsqu’on se retrouve entre deux mondes.

    Ma réflexion.

    Ça y est ! Mon aventure est commencée. Une autre. Différente.

    Je ne sais pas où je vais, sinon ailleurs. À quelques reprises, je suis allé à Riviera Maya où j’ai fait des excursions touristiques. Pour la première fois, j’ai habité Cancún, la ville. J’avais des craintes, puisque plusieurs reportages et séries télévisées montraient une violence et une pauvreté insoutenables. Finalement, je n’ai été témoin de rien de violent… sinon, bien sûr, d’une pauvreté occidentale. Une grande violence où l’on ne cesse de vous rappeler ce que pourrait être votre vie « si ».

    De Cancún, j’ai pris un billet d’avion pour le Guatemala où je passerai un certain temps. C’est la première fois que je visite ce pays. Après m’être plus ou moins adapté au peso mexicain, c’était la confusion totale quand j’ai dû payer le taxi à mon arrivée à l’hôtel. Je ne connaissais pas la valeur du quetzal, ni son équivalent en dollars canadiens. Sûrement le stress, car je n’ai pas pensé à faire une règle de trois avec le prix de la chambre. De plus, j’ai demandé à passer par un guichet automatique pour retirer de la monnaie locale. Là encore, je n’avais aucune idée de ce que je retirais : Q1000*. Un sentiment bizarre.

    Mon espagnol se limite à quelques mots. J’ai perdu l’essentiel du peu que j’avais acquis durant mes voyages et mes cours. Quant à ma grand-mère espagnole, il n’y a eu aucune transmission de sa langue. Mon père, lui, me disait que cela ne servait à rien, que c’était l’anglais qu’il fallait apprendre.

    Mais bon, le chauffeur de taxi et moi avons fini par nous comprendre, bien qu’il s’agisse là d’une autre perte de repères. J’assume cette incompréhension, peut-être avec un sentiment d’impuissance. J’ai toutefois la chance de comprendre le système économique ; il me reste des repères essentiels. Heureusement. Il y a de l’espoir pour la suite.


    *Q1000 correspond à environ 173 $ canadiens. Mais que peut-on faire au Guatemala avec cette somme ?

    8 mars 2026


    Kukum: An Inspired Reflection

    I truly enjoyed this book, which allowed me to discover more about the traditional lifestyle of the Innu people and the challenges they faced following the arrival of our ancestors. It evokes the strangeness one feels when caught between two worlds.

    My reflection.

    This is it! My adventure has begun. Another one. Different.

    I don’t know where I am going, other than « elsewhere. » On a few occasions, I visited Riviera Maya for tourist excursions. But for the first time, I lived in Cancún, the city. I had fears, as many reports and TV series depicted unsustainable violence and poverty. In the end, I witnessed nothing violent… except, of course, a Western kind of poverty. A profound violence where you are constantly reminded of what your life « could be » if only.

    From Cancún, I flew to Guatemala, where I will stay for a while. It is my first time visiting this country. After more or less adapting to Mexican pesos, it was total confusion when I had to pay the taxi upon reaching my new hotel. I didn’t know the value of the quetzal or its Canadian dollar equivalent. It was likely the stress, as I didn’t think to use the room price to calculate the exchange. Furthermore, I asked to stop at an ATM to withdraw local currency. Even then, I had no idea how much I was taking out: Q1000*. A bizarre feeling.

    My Spanish is limited to a few words. I have lost most of the little I learned during past travels and classes. As for my Spanish grandmother, there was no transmission of her language. My father told me it was useless—that English was the language one had to learn.

    Regardless, the taxi driver and I eventually understood each other, though it was yet another loss of bearings. I accept this lack of understanding, perhaps with a sense of helplessness. However, I am fortunate enough to understand the economic system; essential markers remain. Thankfully. There is hope for what comes next.


    *Q1000 is approximately 173 Canadian dollars. But what can one do in Guatemala with such a sum?

    8 mars 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »