Auteur : Christian Legault

  • Le compromis

    Le compromis

    Le compromis

    Dark, une série écoutée sur Netflix. Une histoire intrigante où certains cherchent une façon de briser le cycle presque infernal dans lequel ils se trouvent. Nous en sommes à la saison 3.

    Mon texte : Le compromis

    À l’intérieur : Un compromis entre la vitalité d’une culture dite laïque et l’embrassement des autres cultures quelquefois plus religieuses. Voilà comment je vois la loi 21. Sous cet angle culturel, avec la compréhension du recul constructif face à la religion que la société québécoise a entrepris il y a quelques dizaines d’années, on réalise que cette distance est davantage liée à notre histoire plutôt qu’à la différence des croyances. Dans ce sens, l’approche québécoise n’est pas du tout raciste, elle est une recherche de bonne entente entre différentes cultures sans nier notre propre cheminement, nos choix de société passés.

    Cette loi n’est acceptable que dans la mesure où la discrimination envers les religions et particulièrement envers les Musulmans cesse, évidemment. Chacun faisant son bout de chemin pour rejoindre l’autre dans la paix, sachant bien que tous devront faire un certain deuil. Reconnaissons le vécu implicite de cette démarche, la volonté sincère d’accueil de nos différences qu’on soit d’un côté ou de l’autre.

    À l’extérieur : Avoir une relation d’égal à égal avec les autres nations demande plus qu’une volonté d’être respectée. Cela vient avec des responsabilités : en tant que pays, les politiques internes humaines doivent être en harmonie avec notre participation active pour la paix dans le monde et l’accueil des réfugiés. Un tout cohérent. Ceci incluant la nécessité de sécuriser et rendre plus saines les conditions de vie des pays en difficulté, afin d’éviter le déplacement d’êtres humains lorsque ce n’est pas souhaité de leur part.

    Un accompagnement devrait être disponible pour aider à cheminer vers une plus profonde humanité dans le respect des cultures des différents pays et nations. Trouver des moyens adaptés à chacun pour favoriser l’éducation universelle, des soins de santé de qualité accessibles, pour faciliter le rayonnement de leur culture et, bien sûr, inciter des investissements respectueux créateurs d’emplois afin d’améliorer les conditions de vie partout dans le monde.

    Le pont : Un gouvernement responsable est aussi un exemple pour ses citoyens. Traiter les autres avec respect, empathie et de façon constructive n’est pas valable que pour les relations internationales, mais également pour chaque citoyen. Vice-versa.

    Finalement, en résumé : Je me répète, c’est très important. Il ne s’agit pas de faire le tour des pays et de montrer à quel point nous sommes bons, mais plutôt d’offrir un accompagnement vers une plus profonde humanité dans le respect des cultures des différents pays et nations. Ainsi en va-t-il pour les individus avec l’amour sain de son prochain.

    9 mars 2026


    The Compromise

    Dark, a series watched on Netflix. An intriguing story where some search for a way to break the almost infernal cycle in which they find themselves. We are at Season 3.

    My text: The Compromise

    Internally: A compromise between the vitality of a so-called secular culture and the embracing of other cultures that are sometimes more religious. This is how I see Bill 21. From this cultural perspective, with the understanding of the constructive step back from religion that Quebec society undertook a few decades ago, we realize that this distance is more linked to our history than to the difference in beliefs. In this sense, the Quebec approach is not at all racist; it is a search for good understanding between different cultures without denying our own journey, our past societal choices.

    This law is only acceptable to the extent that discrimination against religions, and particularly against Muslims, ceases, obviously. Each person doing their part to meet the other in peace, knowing full well that everyone will have to undergo a certain mourning. Let us recognize the implicit experience of this process, the sincere will to welcome our differences whether we are on one side or the other.

    Externally: Having a relationship of equals with other nations requires more than a will to be respected. It comes with responsibilities: as a country, humane internal policies must be in harmony with our active participation for world peace and the welcoming of refugees. A coherent whole. This includes the need to secure and make healthier the living conditions of countries in difficulty, in order to avoid the displacement of human beings when it is not desired on their part.

    Support should be available to help journey toward a deeper humanity in respect of the cultures of different countries and nations. Finding means adapted to each to promote universal education, accessible quality healthcare, to facilitate the influence of their culture and, of course, to encourage respectful job-creating investments in order to improve living conditions throughout the world.

    The Bridge: A responsible government is also an example for its citizens. Treating others with respect, empathy, and in a constructive way is not only valid for international relations, but also for each citizen. Vice versa.

    Finally, in summary: I repeat myself, it is very important. It is not about going around countries and showing how good we are, but rather offering support toward a deeper humanity in respect of the cultures of different countries and nations. So it goes for individuals with a healthy love for one’s neighbor.

    March 9, 2026

  • Immigration

    Immigration

    Immigration

    Mon texte : Immigration

    Un peu partout dans le monde, nous réalisons le besoin d’un amour sain pour son prochain. Au Québec, l’héritage catholique revu et corrigé a pris une forme particulière. Les valeurs fondamentales du christianisme ont été intégrées dans notre idéal de vie. Au-delà de la pratique religieuse, plus ou moins délaissée, nous gardons un attachement certain pour ce patrimoine qu’on voit encore sacré, avec un relatif respect.

    N’empêche que notre rapport avec Dieu a changé. Dorénavant, notre idéal est projeté plus volontiers sans l’intermédiaire d’un prêtre ou d’un religieux. Nos églises sont peu fréquentées, mais plusieurs sacrements sont encore souhaités. Quand ça va mal, on cherche un accompagnement pour nous aider. On peut aussi prier secrètement. Quand ça va bien, on a tendance à remercier Dieu ou la vie ; une gratitude.

    Je ne connais pas toutes les causes de cette distance avec la religion. Je crois que les scandales sexuels jouent un rôle important, sinon majeur dans ce besoin de prendre un recul. Peut-être aussi que de réaliser une séparation entre la politique et la religion nous est apparu plus libérateur que pour d’autres.

    Ainsi, la laïcité québécoise nous permettait de contrer la guerre des religions, mais dans l’acceptation des croyances de chacun. Une approche plus française, je suppose. Le peuple s’appropriait les pouvoirs de l’éducation, des soins médicaux et les femmes commençaient à se sortir du carcan de la simple reproduction, alors que la religion traînait avec elle une vision ancestrale des us et coutumes d’un autre temps imbriqués dans le sacré.

    Cette position complexe, à mi-chemin entre la reconnaissance du sacré et la nécessaire liberté pour s’épanouir comme être humain, implique un travail considérable de compréhension. Quelquefois cela peut prendre l’aspect d’un rejet complet de la religion ou même de Dieu tout en contraste avec des démonstrations d’attachement à son patrimoine culturel. On va peu dans les églises sans vouloir les voir disparaître. Leur présence nous sécurise.

    L’idée serait donc d’en finir avec la discrimination religieuse, dans le compromis d’une certaine laïcité de l’État. Le compromis doit se faire de part et d’autre, sinon ce n’est pas un compromis : acceptation des croyances de chacun, respect de notre cheminement culturel typiquement québécois.

    Inévitablement, l’immigration se ferait sur la base du respect des cultures, sur la reconnaissance de la culture unique du Québec. Cette reconnaissance évite la diabolisation de l’autre parce que la culture québécoise n’est plus niée. Cela change tout.

    Quitter son pays, tout ce à quoi on s’identifie, c’est un grand deuil à faire ou, plus précisément, beaucoup de petits deuils qui se poursuivront pendant des décennies ; une mort lente et quotidienne, en quelque sorte. Il y a besoin d’être accueilli avec compassion, avec la compréhension de la démarche que ces personnes traversent.

    Même si on quitte pour le mieux, c’est humain et sain de regarder derrière et de prendre le temps d’assumer ce qu’on laisse. Il s’agit d’un processus de guérison pour réapprendre à vivre, pour vivre autrement aussi, mais probablement toujours avec un fond de nostalgie. L’amour de nos racines.

    Au Canada nous accueillons les nouveaux arrivés en leur disant que toutes les cultures peuvent coexister, qu’il n’y a rien à changer ou très peu. On n’explique pas du tout la culture distincte du Québec, le besoin de la revitaliser, de la renforcer pour qu’elle puisse s’épanouir. Cet aspect est nié. L’accueil se fait donc par le Canada, toujours avec ce fond britannique, implicitement de langue anglaise.

    On ne saurait réduire la culture d’une nation à sa langue, bien que cette dernière soit néanmoins fondamentale. Ainsi, le Québec a sa propre culture qui ne se limite pas à sa seule langue.

    L’accueil officiel de l’immigration donne une sécurité aux nouveaux arrivants, une preuve d’être citoyen d’un nouveau pays, d’une nouvelle organisation politique. Cette sécurité doit être conservée en ajoutant une meilleure connaissance de la réalité québécoise, de sa culture multiethnique unique, voire un multiculturalisme avec un fond français.

    Même besoin de sécurité pour les Autochtones face à des droits conférés par des traités avec la monarchie britannique tout en ayant besoin d’être réassurés sur leurs droits ancestraux et leur relation spirituelle avec la nature. Il ne suffit pas de leur dire nos bonnes intentions, il faut agir, incarner des solutions viables et constructives pour eux aussi.

    Cela est tout aussi essentiel pour le peuple québécois d’origine française. On ne peut toutefois pas passer sous silence la participation des Québécois anglophones dans l’épanouissement du Québec. Il doit y avoir une reconnaissance explicite pour eux aussi, pour une saine sécurité de tous.

    Je crois sincèrement que ceci représente les bases d’une société distincte, paisible et prête à prendre son envol. Dans un amour sain pour les uns et les autres et dans un respect mutuel des cultures de chacun, en gardant présent à l’esprit que de nier une culture est destructeur.

    9 mars 2026


    Immigration

    My text: Immigration

    All over the world, we realize the need for a healthy love for one’s neighbor. In Quebec, the revised and corrected Catholic heritage has taken a particular form. The fundamental values of Christianity have been integrated into our ideal of life. Beyond religious practice, which has been more or less abandoned, we maintain a certain attachment to this heritage which we still see as sacred, with relative respect.

    Nonetheless, our relationship with God has changed. From now on, our ideal is projected more readily without the intermediary of a priest or a religious figure. Our churches are sparsely attended, but several sacraments are still desired. When things go wrong, we seek accompaniment to help us. We can also pray secretly. When things go well, we tend to thank God or life; a gratitude.

    I do not know all the causes of this distance from religion. I believe that sexual scandals play an important, if not major, role in this need to step back. Perhaps also, realizing a separation between politics and religion appeared more liberating to us than to others.

    Thus, Quebec secularism [laïcité] allowed us to counter the war of religions, but within the acceptance of each person’s beliefs. A more French approach, I suppose. The people took over the powers of education and medical care, and women began to emerge from the straitjacket of mere reproduction, while religion carried with it an ancestral vision of customs and habits from another time, embedded in the sacred.

    This complex position, halfway between the recognition of the sacred and the necessary freedom to flourish as a human being, involves a considerable work of understanding. Sometimes this can take the form of a complete rejection of religion or even of God, in contrast with demonstrations of attachment to one’s cultural heritage. We rarely go to churches without wanting to see them disappear. Their presence reassures us.

    The idea would therefore be to end religious discrimination, through the compromise of a certain secularism of the State. The compromise must be made on both sides, otherwise it is not a compromise: acceptance of each person’s beliefs, respect for our typically Quebec cultural journey.

    Inevitably, immigration would take place on the basis of respect for cultures, on the recognition of the unique culture of Quebec. This recognition avoids the demonization of the other because Quebec culture is no longer denied. That changes everything.

    Leaving one’s country, everything one identifies with, is a great mourning to undergo or, more precisely, many small mournings that will continue for decades; a slow and daily death, in a way. There is a need to be welcomed with compassion, with an understanding of the process these people are going through.

    Even if one leaves for the better, it is human and healthy to look back and take the time to assume what one leaves behind. It is a healing process to relearn how to live, to live differently too, but probably always with a background of nostalgia. The love of our roots.

    In Canada, we welcome newcomers by telling them that all cultures can coexist, that there is nothing to change or very little. We do not explain the distinct culture of Quebec at all, the need to revitalize it, to strengthen it so that it can flourish. This aspect is denied. The welcome is therefore done by Canada, always with this British background, implicitly English-speaking.

    One cannot reduce the culture of a nation to its language, although the latter is nonetheless fundamental. Thus, Quebec has its own culture which is not limited to its language alone.

    The official welcoming of immigration gives security to newcomers, proof of being a citizen of a new country, of a new political organization. This security must be maintained by adding a better knowledge of the Quebec reality, of its unique multi-ethnic culture, even a multiculturalism with a French background.

    The same need for security exists for Indigenous people regarding rights conferred by treaties with the British monarchy, while needing to be reassured of their ancestral rights and their spiritual relationship with nature. It is not enough to tell them our good intentions; we must act, embody viable and constructive solutions for them too.

    This is just as essential for the Quebec people of French origin. One cannot, however, overlook the participation of English-speaking Quebecers in the flourishing of Quebec. There must be explicit recognition for them as well, for a healthy security for all.

    I sincerely believe that this represents the foundations of a distinct, peaceful society ready to take flight. In a healthy love for one another and in a mutual respect for each other’s cultures, keeping in mind that denying a culture is destructive.

    March 9, 2026

  • Le Ciel et l’Enfer

    Le Ciel et l’Enfer

    Le Ciel et l’Enfer

    Le dernier pape ?

    Un documentaire sur « la prophétie de saint Malachie [qui] affirme que le pape François 1er serait le dernier de sa lignée. » Suis-je le seul à spontanément penser à l’Apocalypse avec tout ce qui se passe actuellement dans le monde ? En tout cas, j’ai apprécié ce film qui mettait ensemble quelques histoires entendues au fil des ans. Certains parlent aussi de Révélation ou d’un Nouvel ordre.

    Mon texte : Le Ciel et l’Enfer

    J’ai déjà écrit sur la nécessité de diaboliser l’ennemi, celui qu’on cherche à dominer, celui qui possède les ressources qu’on veut acquérir. Il s’agit d’un passage obligé : déshumaniser l’adversaire afin de mieux le combattre. C’est une façon de nous motiver, de nous donner le courage de l’affronter, bien sûr, mais aussi de faire face à nos propres réticences intérieures. La guerre est toujours double : intérieure et extérieure.

    Cette dynamique d’opposition, de combat perpétuel, est bien ancrée en nous. Elle est humaine. On nous enseigne cette notion de bien et de mal tout au long de notre vie : dans la famille, à l’école ou même en politique. Nos systèmes de croyances religieuses sont modelés sur ce principe. En contrepartie, certains affirment qu’il n’y a ni bien ni mal, que tout est possible, sans limite.

    Ainsi, on souhaite dominer ou même exterminer cette partie à laquelle on ne veut tout simplement pas s’identifier et, en même temps, on projette une haine sur ce qui nous apparaît comme le mal. Comme c’est malsain !

    Que se passe-t-il après la conquête ? Quelle relation est-il possible de construire avec celui ou celle qu’on a diabolisé, dominé et blessé ?

    Quoi qu’il en soit, chacun sait que le bien et le mal sont là pour rester, l’un complétant l’autre pour former un tout, une sorte d’équilibre essentiel à la vie. Il me semble plus important de trouver comment harmoniser en nous ces deux aspects qui s’opposent, de faire la paix en soi pour finalement la faire autour de nous. Une harmonisation des royaumes.

    Si nous pouvions accueillir dans la paix celui que nous avons combattu, effectivement la vie serait belle. Tel n’est pas le cas. Cet adversaire, cette personne conquise, est blessé par la guerre, par notre diabolisation, par ce contraste de bien et de mal qu’on lui a imposé. La trame de fond de l’humanité.

    Il faut donc davantage créer une justice réparatrice et participative, une base à la vie paisible, un moyen pour soigner les blessures et enlever le poids du passé de part et d’autre. Faire aussi en sorte qu’il y ait un suivi pour que cette réparation soit le plus automatisée possible.

    Présentement, nous avons l’opportunité de profiter de la crise sanitaire pour grandir, pour amorcer les changements dans le but d’humaniser nos relations en nous et autour de nous. Une réalité s’est révélée à nous à travers ce virus, la COVID-19. C’est l’occasion de mettre un terme à nos façons de faire qui nous enferment dans des systèmes dysfonctionnels.

    Au Québec vit un peuple essentiellement pacifique, ce qui ne l’a pas mis à l’abri d’erreurs dans sa recherche d’identité, comme déjà mentionné dans des textes précédents. Culturellement, nous prenions conscience de nous-mêmes, de notre différence.

    De ce que je comprends, à l’international on s’entend pour distinguer les cultures, pour reconnaître le besoin de les protéger, d’où le principe onusien de multiculturalisme. Le bon fonctionnement de ce principe repose sur la reconnaissance des cultures ainsi que sur l’acceptation de leurs différences. C’est fondamental pour que toutes les nations se sentent respectées. Ainsi, de nouvelles nations pourraient se voir reconnues, basées sur la culture et sur des relations constructives avec les autres.

    Dans cette optique de nouvelle justice universelle, je vois davantage le Saint-Père comme un pape réparateur, plutôt qu’un dernier pape. Peut-être le dernier de cette ancienne lignée et le premier d’une nouvelle ? Pour moi, il n’y a pas de sang, ni de violence, mais une prise de conscience plus profonde de notre humanité, pour une nouvelle voie plus harmonieuse. (Référence à l’Épître aux Romains.)

    Ma protection.

    9 mars 2026


    Heaven and Hell

    The Last Pope?

    A documentary on « the prophecy of Saint Malachy [which] claims that Pope Francis I would be the last of his line. » Am I the only one to spontaneously think of the Apocalypse with everything currently happening in the world? In any case, I enjoyed this film which brought together several stories heard over the years. Some also speak of Revelation or a New Order.

    My text: Heaven and Hell

    I have already written about the necessity of demonizing the enemy, the one we seek to dominate, the one who possesses the resources we want to acquire. It is a mandatory passage: dehumanizing the adversary in order to better fight them. It is a way to motivate us, to give us the courage to face them, of course, but also to face our own internal reluctance. War is always double: internal and external.

    This dynamic of opposition, of perpetual combat, is well anchored in us. It is human. We are taught this notion of good and evil throughout our lives: in the family, at school, or even in politics. Our religious belief systems are modeled on this principle. Conversely, some claim that there is neither good nor evil, that everything is possible, without limits.

    Thus, we wish to dominate or even exterminate that part with which we simply do not want to identify and, at the same time, we project hatred onto what appears to us as evil. How unhealthy!

    What happens after the conquest? What relationship is it possible to build with the one we have demonized, dominated, and wounded?

    Be that as it may, everyone knows that good and evil are here to stay, one completing the other to form a whole, a kind of balance essential to life. It seems more important to me to find how to harmonize within ourselves these two opposing aspects, to make peace within oneself to finally make it around us. A harmonization of kingdoms.

    If we could welcome in peace the one we fought, life would indeed be beautiful. Such is not the case. This adversary, this conquered person, is wounded by war, by our demonization, by this contrast of good and evil imposed upon them. The background narrative of humanity.

    We must therefore create more of a restorative and participatory justice, a foundation for peaceful life, a means to heal wounds and remove the weight of the past from both sides. Also ensure that there is follow-up so that this reparation is as automated as possible.

    Currently, we have the opportunity to take advantage of the health crisis to grow, to initiate changes with the aim of humanizing our relations within and around us. A reality revealed itself to us through this virus, COVID-19. This is the opportunity to put an end to our ways of doing things that lock us into dysfunctional systems.

    In Quebec lives an essentially peaceful people, which has not shielded it from errors in its search for identity, as already mentioned in previous texts. Culturally, we were becoming aware of ourselves, of our difference.

    From what I understand, internationally there is agreement to distinguish cultures, to recognize the need to protect them, hence the UN principle of multiculturalism. The proper functioning of this principle rests on the recognition of cultures as well as on the acceptance of their differences. This is fundamental for all nations to feel respected. Thus, new nations could see themselves recognized, based on culture and on constructive relations with others.

    In this perspective of a new universal justice, I see the Holy Father more as a restorative pope, rather than a last pope. Perhaps the last of this old lineage and the first of a new one? For me, there is no blood, nor violence, but a deeper awareness of our humanity, for a new, more harmonious path. (Reference to the Epistle to the Romans.)

    My protection.

    March 9, 2026

  • La relation toxique

    La relation toxique

    La relation toxique

    La Servante écarlate

    J’ai commencé à écouter la série La Servante écarlate sur Club Illico, une adaptation du roman de science-fiction de Margaret Atwood. La série est aussi disponible sur d’autres plateformes. Un passé et un futur s’entremêlent, du moins dans les premiers épisodes que j’ai écoutés, où notre réalité quotidienne nous vient à l’esprit en regardant cette fiction. C’est choquant, cette superposition. Elisabeth Moss interprète le rôle principal, elle est excellente.

    Mon texte : La relation toxique

    De toutes les discriminations, celle qui regroupe le plus de personnes est certainement celle qui vise les femmes, les 50 % de l’humanité. Inutile de tout énumérer, chacun sait très bien la plupart des grandes injustices qu’elles vivent.

    Suffit-il de faire accroire qu’on fera des changements pour obtenir un répit de toute revendication, pour qu’elles cessent de réclamer une quelconque égalité ? Les femmes ont une très bonne conscience de la pesanteur qu’on leur fait porter, à tel point que la moindre promesse leur apparaît un avancement inouï, un soulagement total. Pourtant.

    Nous sommes dans un labyrinthe sans issue, dans une relation toxique entre les femmes et les hommes. La moindre tentative d’affirmation d’une femme, de la Femme, fait face à un mur. À chaque tournant, elle est attendue, prise au piège des accusations et des jugements élaborés au fil des siècles. Il n’y a rien à faire, elles sont dépossédées de tout pouvoir. Ultimement, l’excuse est tout simplement qu’on n’a pas les moyens d’offrir l’égalité. Déshumanisation.

    Cette réalité est la même pour les hommes. Toutes tentatives de réalisation profonde, d’avancement ou d’affirmation d’une masculinité passent par la femme, par celle qui est justement privée de son propre pouvoir. L’image qu’elle nous retourne de nous, hommes, s’en trouve nécessairement affectée. C’est frustrant.

    Ainsi nous entrons dans une spirale malsaine, déshumanisante. On l’accuse de nous rabaisser volontairement, de nous priver de notre réalisation. L’équilibre est rompu et il devient facile, simple ou même normal de vouloir remplir, quelquefois presque à tout prix, ce vide laissé en nous.

    Hommes et femmes sont pris au piège. Sous l’apparence de privilèges se cachent des besoins d’égalité, de reconnaissance de l’autre, d’une prise de conscience de l’unité de l’humanité. Détruire l’autre brise le reflet qu’on nous renvoie.

    Le jeu change de forme, bien sûr. Lentement, on adapte les règlements. L’absence de pouvoir n’est plus aussi complète qu’auparavant, bien que rien ne puisse être tenu pour acquis. Dans l’ensemble, la frustration demeure et certains se demandent ou affirment que la solution est dans le passé. Pour d’autres, une stratégie du temps, de l’essoufflement, d’un étranglement lent fait de promesses vides qui ne se réaliseront jamais ou trop tard, est utilisée. La solution finalement adoptée n’aura plus de sens lorsque mise en place, le temps ayant fait son œuvre. Nous serons déjà rendus ailleurs.

    On voit pleurer certains, au nom de tous et chacun présenter des excuses pour le mal causé sciemment par l’inaction, par un laisser-faire, ou carrément par la négation des droits les plus fondamentaux tels l’éducation, les soins de santé ou même l’utilisation de son propre corps. Je ne me demande pas s’il est plus triste d’entendre ces excuses vides que de faire le constat de cette injustice, je le sais.

    Au Canada, un gouvernement pro-femme, pro-choix, pro-égalité, majoritaire, ne fait pas avancer LA cause, sinon de façon cosmétique, de façon théâtrale. Par la suite, il est frustré de ne pas être réélu majoritaire. Nous le savons tous, hommes et femmes, que les dés sont pipés. Il n’y a aucune intention de ne plus maltraiter les femmes, ce 50 % des citoyens sacrifiés. Le système en serait bouleversé.

    Si au bout du compte la pression devient trop forte, il faut diluer la proposition, la solution longuement étudiée, une promesse vide sera à l’ordre du jour. Il faut gagner du temps pour laisser s’épuiser la colère. Je n’y crois plus à cette vie par procuration.

    La crise sanitaire actuelle est une occasion unique pour faire ces modifications, pour mettre en place cette justice réparatrice, pour en finir avec cette toxicité. Nous n’en sommes plus à chercher des façons d’être réélus, à la recherche du pouvoir le plus absolu possible, d’une quelconque suprématie plus ou moins temporaire, mais plutôt à trouver une façon de nous sauver, de permettre à notre humanité de s’exprimer dans nos actions de tous les jours.

    9 mars 2026


    The Toxic Relationship

    The Handmaid’s Tale

    I started watching the series The Handmaid’s Tale on Club Illico, an adaptation of the science fiction novel by Margaret Atwood. The series is also available on other platforms. A past and a future intertwine, at least in the first episodes I watched, where our daily reality comes to mind while watching this fiction. This superposition is shocking. Elisabeth Moss plays the main role; she is excellent.

    My text: The Toxic Relationship

    Of all discriminations, the one that encompasses the most people is certainly the one targeting women, 50% of humanity. There is no need to list everything; everyone knows very well most of the major injustices they experience.

    Is it enough to make people believe that changes will be made to obtain a respite from all demands, so that they stop claiming any kind of equality? Women are very conscious of the weight they are made to carry, to such an extent that the slightest promise appears to them as an unheard-of advancement, a total relief. And yet.

    We are in a dead-end labyrinth, in a toxic relationship between women and men. The slightest attempt at affirmation by a woman, by Woman, faces a wall. At every turn, she is expected, trapped by accusations and judgments developed over centuries. There is nothing to be done; they are stripped of all power. Ultimately, the excuse is simply that we don’t have the means to offer equality. Dehumanization.

    This reality is the same for men. All attempts at deep fulfillment, advancement, or affirmation of masculinity pass through the woman, through the very person who is deprived of her own power. The image she reflects back to us, men, is necessarily affected. It is frustrating.

    Thus we enter a healthy, dehumanizing spiral. We accuse her of intentionally belittling us, of depriving us of our fulfillment. The balance is broken and it becomes easy, simple, or even normal to want to fill, sometimes almost at any cost, this void left within us.

    Men and women are trapped. Under the appearance of privileges hide needs for equality, for recognition of the other, for an awareness of the unity of humanity. Destroying the other breaks the reflection sent back to us.

    The game changes form, of course. Slowly, the rules are adapted. The absence of power is no longer as complete as before, although nothing can be taken for granted. On the whole, frustration remains, and some wonder or assert that the solution lies in the past. For others, a strategy of time, of breathlessness, of a slow strangulation made of empty promises that will never be realized or will be too late, is used. The solution finally adopted will no longer make sense when put in place, time having done its work. We will already be elsewhere.

    We see some crying, in the name of everyone presenting apologies for the harm caused knowingly by inaction, by a laissez-faire attitude, or outright by the negation of the most fundamental rights such as education, healthcare, or even the use of one’s own body. I do not wonder if it is sadder to hear these empty apologies than to observe this injustice; I know it is.

    In Canada, a pro-woman, pro-choice, pro-equality, majority government does not advance THE cause, except in a cosmetic, theatrical way. Subsequently, it is frustrated not to be re-elected with a majority. We all know, men and women, that the dice are loaded. There is no intention to stop mistreating women, this 50% of sacrificed citizens. The system would be upended.

    If in the end the pressure becomes too strong, the proposal must be diluted, the long-studied solution; an empty promise will be on the agenda. Time must be gained to let the anger exhaust itself. I no longer believe in this life by proxy.

    The current health crisis is a unique opportunity to make these modifications, to put in place this restorative justice, to end this toxicity. We are no longer looking for ways to be re-elected, seeking the most absolute power possible, some more or less temporary supremacy, but rather finding a way to save ourselves, to allow our humanity to express itself in our everyday actions.

    March 9, 2026

  • La famille

    La famille

    La famille

    14 jours, 12 nuits. Un film réalisé par Jean-Philippe Duval, merveilleusement joué par Anne Dorval et Leanna Chea. Une histoire d’adoption qui m’a plu et m’a maintes fois ému jusqu’aux larmes. Que puis-je dire de plus que d’aller voir ce film au cinéma, comme je l’ai fait hier ?

    Mon texte : La famille

    Naître dans une famille est le début d’une quête identitaire. On vient au monde et on cherche inconsciemment la place qu’on peut prendre dans cet environnement familial. Souvent, il me semble, on se faufile dans les espaces laissés vacants par ceux qui nous ont précédés. Assez tôt, on se sent à l’étroit et on tente l’affirmation de soi. C’est le début d’un nouveau combat : qui suis-je ?

    En quoi suis-je différent des autres, unique ? Je tente des explications. La fratrie m’en offre abondamment, bien sûr. Habituellement, ce qui leur convient le mieux. Dans mon cas, je n’étais pas seulement le mouton noir, ou plutôt le « spécial », mais le malade mental qu’on devait enfermer.

    Cette dernière dénomination était payante, très payante. Dans un premier temps, ça permettait de s’accaparer d’un pouvoir sur moi, comme une vengeance ou un exutoire pour une colère indéfinie. Dans un deuxième temps, ça libérait une place qui pouvait aisément être prise par l’une ou l’autre. La vie qui m’habitait, on la voulait ; de mes relations à mon avenir en passant par mes avoirs. On « voulai[t] toute toute toute la vivre, ma vie, pas juste des p’tits boutt’s »*.

    (Dans un prochain texte, durant l’été, je vais sûrement vous parler plus amplement de l’autisme en général, mais aussi spécifiquement de l’Asperger, ma différence. Comme d’habitude, ce sera ma vision, selon mon vécu.)

    Je continue.

    Dans cette recherche identitaire, faite d’essais et d’erreurs, j’apprends qui je suis. Cette même recherche modifie justement aussi la conscience de mon identité, comme l’eau qui polit une pierre par son seul passage constant. J’enlève des parties auxquelles je m’identifiais faussement, je simplifie ma vision de moi-même. L’essentiel prend de plus en plus de place dans mon identification, mon identité se définit de plus en plus clairement.

    À 17 ans, j’ai quitté la maison familiale, si on peut appeler ça de cette façon. Ma mère vivait avec un homme violent, tous les types de violence étaient exprimés, et pas seulement qu’envers ma mère. Elle réagissait aux violences qu’elle subissait avec des chicanes incessantes, des discussions sans fin, des accusations inutiles. Elle était dans une dépendance manifeste, dans une ambiance des plus toxiques. Son labyrinthe sans issue dans lequel j’étais entraîné. Armé de ma vraie carte d’identité que j’avais modifiée pour indiquer 19 ans, j’ai loué un appartement. Seul, sans prévenir. Je mourais déjà à petit feu, alors que je voulais vivre.

    Au Québec, avec notre fond français et des origines multiethniques, nous formons une entité à part entière. On peut certainement voir le Canada comme une famille où le parent serait Ottawa et le Québec un enfant adopté de force, disons-le. Un Canada avec un fond britannique et un enfant adopté avec un fond français.

    La culture multiethnique du Québec se distingue du multiculturalisme canadien fondamentalement à cause du fond britannique sous-entendu dans ce dernier. Cette adoption s’est faite dans une guerre européenne qui n’en finit plus de finir et où le Québec n’est pas accepté comme un enfant égal aux autres. Il y a clairement discrimination avec sa différence niée. Il dérange.

    Chaque affirmation de soi est un obstacle, un élément à soumettre pour le « bien de la famille ». Toutefois, une famille sans lui, sans son essentiel, avec sa différence niée, est-ce vraiment une famille saine ? Lorsqu’un membre de la famille ne peut plus exprimer ce qu’il est au plus profond de lui, il est temps qu’il prenne son envol, qu’il s’émancipe autrement. Une famille aimante va l’aider à prendre un bon départ malgré le deuil à faire.

    *Extrait des paroles chantées par Angèle Arsenault dans « Je veux toute toute toute la vivre ma vie ».

    9 mars 2026


    Family

    14 Days, 12 Nights. A film directed by Jean-Philippe Duval, marvelously acted by Anne Dorval and Leanna Chea. An adoption story that I enjoyed and that moved me to tears many times. What more can I say than to go see this film in the cinema, as I did yesterday?

    My text: Family

    Being born into a family is the beginning of an identity quest. We come into the world and unconsciously seek the place we can take in this family environment. Often, it seems to me, we slip into the spaces left vacant by those who preceded us. Early enough, we feel cramped and attempt self-affirmation. This is the beginning of a new struggle: who am I?

    In what way am I different from others, unique? I attempt explanations. My siblings offer them abundantly, of course. Usually, whatever suits them best. In my case, I wasn’t just the black sheep, or rather the « special » one, but the mental patient who had to be locked up.

    This last label was profitable, very profitable. Firstly, it allowed for the seizing of power over me, like revenge or an outlet for an undefined anger. Secondly, it freed up a space that could easily be taken by one or the other. The life that inhabited me, they wanted it; from my relationships to my future, including my assets. They « wanted to live my whole, whole, whole life, not just little bits »* [voulai(t) toute toute toute la vivre, ma vie, pas juste des p’tits boutt’s].

    (In a future text, during the summer, I will surely talk to you more extensively about autism in general, but also specifically about Asperger’s, my difference. As usual, it will be my vision, according to my experience.)

    I continue.

    In this identity search, made of trial and error, I learn who I am. This same search precisely also modifies the awareness of my identity, like water polishing a stone by its constant passage alone. I remove parts with which I falsely identified, I simplify my vision of myself. The essential takes up more and more space in my identification, my identity defines itself more and more clearly.

    At 17, I left the family home, if one can call it that. My mother lived with a violent man, all types of violence were expressed, and not just toward my mother. She reacted to the violence she suffered with incessant bickering, endless discussions, useless accusations. She was in a manifest dependency, in a most toxic atmosphere. Her dead-end labyrinth into which I was dragged. Armed with my real identity card that I had modified to indicate 19 years old, I rented an apartment. Alone, without warning. I was already dying a slow death, while I wanted to live.

    In Quebec, with our French background and multi-ethnic origins, we form an entity in our own right. One can certainly see Canada as a family where the parent would be Ottawa and Quebec a child adopted by force, let’s say it. A Canada with a British background and an adopted child with a French background.

    The multi-ethnic culture of Quebec distinguishes itself from Canadian multiculturalism fundamentally because of the British background implied in the latter. This adoption took place in a European war that never seems to end and where Quebec is not accepted as a child equal to the others. There is clearly discrimination with its difference denied. It is a nuisance.

    Every self-affirmation is an obstacle, an element to be subdued for the « good of the family. » However, a family without it, without its essence, with its difference denied, is it truly a healthy family? When a member of the family can no longer express what they are deep inside, it is time for them to take flight, to emancipate themselves otherwise. A loving family will help them get a good start despite the mourning to be done.

    *Excerpt from the lyrics sung by Angèle Arsenault in « Je veux toute toute toute la vivre ma vie. »

    March 9, 2026

  • Ensemble: une réflexion inspirée

    Ensemble: une réflexion inspirée

    Ensemble : une réflexion inspirée

    Ensemble

    Le documentaire Ensemble, sur la tournée de l’Orchestre Métropolitain de Montréal qui se prépare à une tournée européenne, à l’hiver 2017. En outre, on apprend comment Yannick Nézet-Séguin conçoit son rôle de chef d’orchestre et la relation qu’il entretient avec les musiciens de l’orchestre. Très intéressant. Je le recommande.

    Mon texte : Ensemble

    Sans vouloir faire de pause sur quelques discriminations vécues dans nos sociétés, il me semble important de m’expliquer sur ma vision des différentes identités canadiennes qui composent cet ensemble qu’on nomme Canada.

    Ça se résume grossièrement comme suit :

    Pour les Européens qui avaient fondé leur économie sur l’exploitation des ressources naturelles, certainement que de voir des Autochtones avoir une autre relation avec la nature et le territoire leur apparaissait rudimentaire. On ne pouvait pas appeler ça une culture, je suppose. En tout cas, c’était assurément facile à dénigrer pour en tirer profit.

    Pourtant, quelques siècles plus tard, on ne cesse de parler d’écologie, du nécessaire équilibre dans notre relation avec la planète et nous réalisons plus que jamais combien l’être humain est indissociable de cette nature exploitée.

    Les Autochtones vivaient dans cette nature, s’en nourrissaient, s’en imprégnaient. Leurs langues, leurs spiritualités et leurs modes de vie transpiraient abondamment de cette communion. Leurs identités découlaient de l’environnement de chacun et du territoire où chaque communauté vivait.

    Mon point de vue.

    Des Européens de différentes origines, mais des Français en bon nombre, sont venus pour refaire leur vie ici. Ils ont eu besoin des Autochtones pour apprendre à vivre dans cet environnement. Les modes de vie se sont mélangés, tentant de prendre le meilleur de chacun.

    Tout ne s’est pas fait sans heurt, évidemment. Mais rapidement, les Français immigrés se sentaient différents de ceux vivant en France. Leur identité avait changé. Selon moi, un nouveau peuple se concevait et on pouvait ressentir une différence sans être capable de la nommer.

    Les Britanniques ont pris de plus en plus d’importance, le commerce grandissait graduellement et le territoire était davantage investi comme une ressource exploitable. La guerre européenne est devenue une réalité et le Canada s’est formé dans cette foulée, tant pour créer un ensemble paisible que pour mieux investir les ressources d’un océan à l’autre. Une stabilité était aussi demandée pour la construction d’un chemin de fer qui traverserait ce grand espace.

    Les grandes lignes de ma compréhension.

    Le pétrole de l’Ouest modifie également l’identité des personnes vivant dans cet environnement. Leur économie et leur mode de vie sont ainsi affectés, voire profondément modifiés. Les Québécois ont plutôt l’eau comme principale démarcation et ont investi dans l’hydroélectricité, ce à quoi nous nous identions volontiers.

    Le Canada doit maintenant prendre conscience de ces différentes identités, corriger les erreurs du passé lorsque c’est possible et permettre à chacune de relever les défis pour leur saine émancipation.

    9 mars 2026


    Together: An Inspired Reflection

    Together

    The documentary Ensemble, about the Montreal Metropolitan Orchestra’s tour as it prepares for a European tour in the winter of 2017. Furthermore, we learn how Yannick Nézet-Séguin conceives his role as conductor and the relationship he maintains with the orchestra’s musicians. Very interesting. I recommend it.

    My Text: Together

    Without wanting to pause on some of the discriminations experienced in our societies, it seems important to me to explain my vision of the different Canadian identities that make up this ensemble we call Canada.

    It can be summarized roughly as follows:

    For the Europeans who had founded their economy on the exploitation of natural resources, certainly seeing Indigenous people having another relationship with nature and the land appeared rudimentary to them. One couldn’t call that a culture, I suppose. In any case, it was certainly easy to denigrate to turn a profit.

    Yet, a few centuries later, we talk incessantly about ecology, the necessary balance in our relationship with the planet, and we realize more than ever how much the human being is inseparable from this exploited nature.

    Indigenous people lived in this nature, fed on it, were imbued by it. Their languages, their spiritualities, and their ways of life breathed abundantly from this communion. Their identities flowed from the environment of each person and the territory where each community lived.

    My point of view.

    Europeans of different origins, but French in great numbers, came to rebuild their lives here. They needed the Indigenous people to learn how to live in this environment. Lifestyles blended, attempting to take the best from each.

    Everything did not happen without friction, obviously. But quickly, the immigrant French felt different from those living in France. Their identity had changed. In my opinion, a new people was being conceived and one could feel a difference without being able to name it.

    The British took on more and more importance, trade grew gradually, and the territory was increasingly invested in as an exploitable resource. European war became a reality and Canada was formed in that wake, both to create a peaceful ensemble and to better invest resources from coast to coast. Stability was also required for the construction of a railway that would cross this vast space.

    The broad lines of my understanding.

    Oil in the West also modifies the identity of people living in that environment. Their economy and their way of life are thus affected, even deeply modified. Quebecers instead have water as their main demarcation and have invested in hydroelectricity, which we readily identify with.

    Canada must now become aware of these different identities, correct the mistakes of the past whenever possible, and allow each to meet the challenges for their healthy emancipation.

    March 9, 2026

  • La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    La Fête du Canada

    Comme je l’ai expliqué ici et là, le premier juillet est une journée compliquée pour moi, indépendantiste. C’est mon anniversaire, ma date de naissance. Toutefois, je vois aussi que ce « plus meilleur pays du monde » est un rêve magnifique que je partage de tout cœur. En outre, à 18 ans, je signais mon serment d’allégeance envers la Reine, serment que je continue d’honorer sincèrement du mieux que je peux. Donc, à tous ceux qui fêtent ce Jour de la Confédération, je souhaite une belle journée.

    En entrant dans l’armée, nous devons signer un tel serment et, finalement, partager un peu ce rêve de pays idéal où la liberté, l’égalité et le respect seraient des valeurs de base, une sorte d’acquis. Pour cet idéal, nous serions prêts à mourir, à donner notre vie, à défendre les êtres humains, leurs droits. Rien n’a changé pour moi quant à ce rêve, bien que je sois indépendantiste, peut-être plus souverainiste il est vrai, mais indépendantiste par dépit. Un dernier retranchement advenant que le rêve ne se réalise pas, advenant le non-respect des droits humains, advenant que ce magnifique rêve devienne un cauchemar.

    J’ai donc signé en 1983 mon serment d’allégeance, comme vous pouvez le voir sur la photo. En 2006, les Forces armées canadiennes reconnaissent rétroactivement une erreur dans le traitement de mon dossier, que la mention « médical » aurait dû apparaître. Ça peut sembler banal, mais cette mention m’aurait donné droit à des soins appropriés et à une pension, sinon à un meilleur soutien de la part de mes frères d’armes. Depuis, malgré la reconnaissance de cette erreur, mon dossier est toujours perdu dans les limbes de la bureaucratie au Ministère des Anciens Combattants ! 14 ans après que l’Armée ait elle-même reconnu son erreur, je reste en attente. On parle d’une erreur ayant été commise il y a plus de 34 ans ! 34 ans !!

    Il faut absolument voir la stratégie ici : la stratégie du temps, de l’épuisement, de l’abandon, celle de casser tout être normalement constitué. Mais je suis autiste.

    En signant ce serment, dans mon esprit je ne signais pas seulement pour entrer dans les Forces, mais pour servir quelque chose de plus grand que mon pays le Canada. Je signifiais à la Reine qu’elle pouvait compter sur moi pour faire valoir son idéal, pas son idéal personnel, mais un idéal pour l’humanité, un monde où la paix serait possible tout en préservant, comme je le disais, la liberté, l’égalité et le respect.

    Par le fait même, on comprend, on nous l’enseigne, que nous sommes signataires de différents traités internationaux, que nous participons à des missions de paix de l’ONU et que, finalement, ce que nous défendons est le droit humain partout dans le monde, partout où nous sommes appelés à servir. Merveilleux. Tout cela correspond à mes valeurs d’amour sain pour mon prochain. Une vie pleine de sens : aider les gens à réaliser leur potentiel, à grandir, à profiter du moment présent.

    Le rêve est « beau, très beau ». La réalité est autre.

    Je vis dans un pays où le racisme est institutionnalisé dans la Loi sur les Indiens, un racisme systémique qu’on refuse de changer, qu’on refuse de corriger sinon que par de belles paroles et de petites compensations financières saupoudrées pour faire taire, pour montrer qu’on fait notre possible. On gagne du temps…

    Je vis dans un pays où ma culture différente, unique au monde, est niée. La moindre tentative de vitalisation est expressément accusée de raciste à tel point qu’il devient honteux de montrer le drapeau de l’État, de notre nation niée, qui tient lieu de cœur à cette culture. Avec le temps, on compte la faire disparaître, la diluer, lui faire perdre de plus en plus de vitalité jusqu’à sa mort complète ou du moins jusqu’à un niveau contrôlable, manipulable. Le temps…

    Nier une culture, l’identité d’un peuple, peut conduire jusqu’à des excès inhumains. Ça peut se faire brutalement ou de façon plus subversive, moins apparente. Le temps est crucial dans les deux cas.

    9 mars 2026


    Canada Day

    As I have explained here and there, July 1st is a complicated day for me, an independentist. It is my birthday, my date of birth. However, I also see that this « best country in the world » is a magnificent dream that I share with all my heart. Furthermore, at 18, I signed my oath of allegiance to the Queen, an oath that I continue to honor sincerely as best I can. So, to all those celebrating this Confederation Day, I wish you a beautiful day.

    Entering the army, we must sign such an oath and, ultimately, share a bit of this dream of an ideal country where freedom, equality, and respect would be basic values, a kind of given. For this ideal, we would be ready to die, to give our lives, to defend human beings, their rights. Nothing has changed for me regarding this dream, even though I am an independentist—perhaps more of a sovereignist, it is true, but an independentist by default. A last stand should the dream not come true, should human rights not be respected, should this magnificent dream become a nightmare.

    So I signed my oath of allegiance in 1983, as you can see in the photo. In 2006, the Canadian Armed Forces retroactively recognized an error in the processing of my file, that the mention « medical » should have appeared. It may seem trivial, but this mention would have entitled me to appropriate care and a pension, or at least better support from my brothers-in-arms. Since then, despite the recognition of this error, my file is still lost in the limbo of the bureaucracy at the Department of Veterans Affairs! 14 years after the Army itself recognized its error, I am still waiting. We are talking about an error committed more than 34 years ago! 34 years!!

    One must absolutely see the strategy here: the strategy of time, of exhaustion, of abandonment, that of breaking any normally constituted being. But I am autistic.

    By signing this oath, in my mind, I was not just signing to join the Forces, but to serve something greater than my country, Canada. I was signifying to the Queen that she could count on me to uphold her ideal—not her personal ideal, but an ideal for humanity, a world where peace would be possible while preserving, as I said, freedom, equality, and respect.

    By that very fact, we understand, we are taught, that we are signatories to various international treaties, that we participate in UN peacekeeping missions, and that, ultimately, what we defend is human rights all over the world, everywhere we are called to serve. Wonderful. All of this corresponds to my values of healthy love for my neighbor. A life full of meaning: helping people realize their potential, grow, and enjoy the present moment.

    The dream is « beautiful, very beautiful. » The reality is different.

    I live in a country where racism is institutionalized in the Indian Act, a systemic racism that we refuse to change, that we refuse to correct except through fine words and small financial compensations sprinkled to silence, to show that we are doing our best. We are gaining time…

    I live in a country where my different culture, unique in the world, is denied. The slightest attempt at vitalization is expressly accused of being racist, to the point that it becomes shameful to show the state flag, the flag of our denied nation, which serves as the heart of this culture. Over time, the plan is to make it disappear, to dilute it, to make it lose more and more vitality until its complete death or at least until a controllable, manipulable level. Time…

    Denying a culture, the identity of a people, can lead to inhuman excesses. It can be done brutally or in a more subversive, less apparent way. Time is crucial in both cases.

    March 9, 2026

  • Décalage

    Décalage

    Décalage

    Je me sens quelquefois déphasé par rapport à la société ou à mon environnement social. Je vois certainement ma différence comme une explication de ce décalage. Puis, peu à peu, j’approfondis ma réflexion, comprends mieux les motivations de chacun et arrive à prendre plus de distance face à ce qui m’affecte.

    Cela me crée un autre problème : l’action. Comment dois-je réagir face à quelqu’un qui me fait du mal bien que je sois empathique à sa situation ? D’un côté, je comprends sa misère, alors que de l’autre je ne peux que constater ma souffrance qui en découle. Passer à l’action n’est pas toujours évident.

    Le pardon seul ne suffit pas à tourner la page, non plus. La personne, par exemple, continue à me faire du mal ou me laisse aux prises avec des conséquences de ses gestes, conséquences qui me rappellent ma fragilité et qui me rendent encore plus vulnérable face à d’autres personnes ou situations, conséquences qui nient mon droit d’existence. Le pardon ne peut être la seule réponse.

    C’est comme si la personne qui me fait du mal, la personne à qui je suis prêt à pardonner, devait de son côté prendre conscience du mal que j’ai, à tel point que l’action de réparer serait inévitable de sa part. Un sentiment de justice semble nécessaire pour un pardon équilibré, comme si l’empathie devait être des deux côtés.

    Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon texte est en décalage avec la Fête nationale d’hier.

    D’un côté, j’ai prêté ma maison pour la réalisation d’un grand rêve qui devait inclure le mien, de l’autre je me sens volé, abusé par l’état des lieux, par le manque de respect. Peu importe ma différence, je suis d’abord et avant tout un être humain et je ne peux tout simplement pas accepter un tel comportement. Une action est nécessaire.

    Peut-être que cela paraît abstrait. N’empêche que j’ai besoin de crier mon mal.

    9 mars 2026


    Gap

    I sometimes feel out of step with society or my social environment. I certainly see my difference as an explanation for this gap. Then, little by little, I deepen my reflection, better understand everyone’s motivations, and manage to take more distance from what affects me.

    This creates another problem for me: action. How should I react to someone who hurts me even though I am empathetic to their situation? On one hand, I understand their misery, while on the other I can only observe my suffering that results from it. Taking action is not always obvious.

    Forgiveness alone is not enough to turn the page, either. The person, for example, continues to hurt me or leaves me struggling with the consequences of their actions, consequences that remind me of my fragility and make me even more vulnerable to other people or situations, consequences that deny my right to exist. Forgiveness cannot be the only answer.

    It is as if the person who hurts me, the person I am ready to forgive, had to, on their part, become aware of the pain I have to such an extent that the action of making amends would be inevitable on their part. A sense of justice seems necessary for a balanced forgiveness, as if empathy had to be on both sides.

    Today, I feel like my text is out of step with yesterday’s National Holiday.

    On one hand, I lent my house for the realization of a great dream that was supposed to include mine; on the other, I feel robbed, abused by the state of the premises, by the lack of respect. Regardless of my difference, I am first and foremost a human being and I simply cannot accept such behavior. An action is necessary.

    Perhaps this seems abstract. Nonetheless, I need to cry out my pain.

    March 9, 2026

  • Bonne Fête nationale!

    Bonne Fête nationale!

    Bonne Fête nationale!

    À toutes les Québécoises, à tous les Québécois, je souhaite un heureux moment dans la fierté, le respect et l’amour sain de ce que nous sommes comme peuple, comme société distincte, ainsi que comme collectivité multiethnique, interculturelle et ouverte sur le monde. 💙

    9 mars 2026


    Happy National Holiday!

    To all Quebecers, I wish a happy moment in pride, respect, and healthy love for who we are as a people, as a distinct society, as well as a multi-ethnic, intercultural community open to the world. 💙

    March 9, 2026

  • Islamophobie

    Islamophobie

    Islamophobie

    Antigone

    Réalisé par Sophie Deraspe, j’ai vu ce film au cinéma il y a déjà quelques mois. On y voit le ravage que peut faire dans une famille le poids du passé et les difficultés rencontrées par le personnage principal, joué par Nahéma Ricci, pour se sortir seule de ce labyrinthe. Allez voir le Sprint Gala, Antigone s’y retrouve, du 28 mai au 21 juin 2020.

    Mon texte : Islamophobie

    Comment parler de la discrimination envers l’autisme, envers la santé mentale à travers les faux diagnostics par la même occasion, à travers le besoin de certaines personnes de se décharger de leur fardeau sur les plus vulnérables, comment parler de racisme systémique aussi, sans parler de la discrimination religieuse en général et d’islamophobie en particulier ? Impossible.

    L’idée ici n’est pas tant de définir ce qu’est cette forme de discrimination, mais plutôt de mettre en lumière une conception étrange, inhabituelle, une conception qui ne résulte pas du hasard, mais plutôt d’une réflexion étrange.

    Comme pour le racisme systémique, le concept d’islamophobie ne peut qu’être accepté de par son évidence ; chacun ne peut qu’admettre la discrimination envers les Musulmans, que ce soit par l’habillement, par une « apparence » particulière voulant reproduire le plus fidèlement possible celle du Prophète ou même simplement par le rituel de la prière. Tout cela contraste avec nos façons de faire européennes ou nord-américaines. C’est dérangeant malgré nous. La grande majorité reconnaît cela et cherche une solution pour que les deux univers se rencontrent dans la paix. La première étape de cette conception est la même que pour le racisme systémique.

    La deuxième étape consisterait à ne pas définir davantage le concept, à ne pas l’expliquer, à garder un certain flou sur sa signification. Ainsi, il suffirait de désigner tel comportement ou telle parole pour canaliser la colère que chacun vivrait face à une discrimination envers cette communauté. Je ne peux dire ma peine de voir ce labyrinthe sans issue ; des drames humains, un drame pour l’humanité.

    L’étrangeté est dans la ressemblance des deux points : l’évidence de discrimination et terme accusatoire flou et culpabilisant. Autre fait troublant, le concept structuré est utilisé pour une minorité vulnérable, mais la rend encore plus sujette à des attaques surtout de la part d’autres minorités. Une forme de compétition autodestructrice entre elles suscitée par ces deux concepts : le racisme systémique et l’islamophobie.

    9 mars 2026


    Islamophobia

    Antigone

    Directed by Sophie Deraspe, I saw this film in the cinema a few months ago already. We see the devastation that the weight of the past can cause in a family and the difficulties encountered by the main character, played by Nahéma Ricci, to get out of this labyrinth alone. Go see the Sprint Gala, Antigone is part of it, from May 28 to June 21, 2020.

    My text: Islamophobia

    How to speak of discrimination toward autism, toward mental health through false diagnoses at the same time, through the need of certain people to offload their burden onto the most vulnerable, how to speak of systemic racism as well, without speaking of religious discrimination in general and of Islamophobia in particular? Impossible.

    The idea here is not so much to define what this form of discrimination is, but rather to highlight a strange, unusual conception, a conception that does not result from chance, but rather from a strange reflection.

    As with systemic racism, the concept of Islamophobia can only be accepted by its evidence; everyone can only admit discrimination toward Muslims, whether through clothing, through a particular « appearance » intended to reproduce as faithfully as possible that of the Prophet, or even simply through the ritual of prayer. All of this contrasts with our European or North American ways of doing things. It is disturbing despite ourselves. The vast majority recognizes this and seeks a solution so that the two universes meet in peace. The first step of this conception is the same as for systemic racism.

    The second step would consist of not defining the concept further, not explaining it, keeping a certain vagueness about its meaning. Thus, it would be enough to point out such behavior or such words to channel the anger that everyone would experience in the face of discrimination toward this community. I cannot tell my pain at seeing this dead-end labyrinth; human tragedies, a tragedy for humanity.

    The strangeness lies in the similarity of the two points: the evidence of discrimination and a vague and guilt-inducing accusatory term. Another troubling fact, the structured concept is used for a vulnerable minority, but makes it even more subject to attacks, especially from other minorities. A form of self-destructive competition between them sparked by these two concepts: systemic racism and Islamophobia.

    March 9, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »