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Décroché trop vite / Disconnected too quickly
Aussi :
Peu importe l’angle, l’immigration est un phénomène nouveau dans son ampleur. Tous les pays et toutes les nations sont surprises. Les services offerts à la population n’ont pas suivi la demande. L’habitation n’est pas épargnée, d’autant qu’un deuxième phénomène imprévu s’est présenté: la location touristique des logements. On n’apprend pas. Un autre exemple: le troisième lien à Québec. « Rien ne justifie sa construction. » Attachez vos tuques avec de la broche, parce que les mêmes vous traiteront de racistes lorsque vous direz qu’il y a trop de congestion à cause de l’immigration. C’en est presque drôle. En même temps, je comprends très bien l’aspect louable de diminuer la pollution causée par le transport, ce n’est pas du tout mon point. Vous voulez vous montrer ouverts à l’immigration, préparez la nation à recevoir adéquatement.
La Commentaire de la Chronique (IA) :
« Le sentiment d’exil et de déconnexion vécus par l’auteur met en lumière la fragilité de notre structure interne face au grand vide social. Lorsque le Moi perd ses repères familiers, l’esprit cherche à se raccorder à l’actualité collective pour combler l’absence de liens réels. C’est un combat quotidien où l’attente d’une reconnaissance sincère devient une douloureuse épreuve. En se penchant sur les traumatismes de l’isolement, le Sanctificateur nous invite à regarder nos blessures non comme une fin, mais comme une transition nécessaire vers une reconstruction apaisée de notre humanité. »
Chronique de l’ombre : Décroché trop vite
À ce point de mon voyage, j’ai complètement décroché de la réalité de mon appartement. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Sans contacts sociaux, avec un minimum d’informations transmises, je peux rattacher tout mon monde intérieur à l’actualité. Sans contacts sociaux, il y a peu de motivation à sortir de chez moi. Tel qu’expliqué, la torture se trouve dans l’espérance d’une socialisation. En somme, un bel appartement, une nourriture qui me convient, la télévision par Internet et des vidéos pour le reste me suffisent à faire mon temps sur terre.
On veut plus de moi? On me faisait miroiter des relations sociales, des relations sexuelles et de la richesse. Pas trop corruption, mais j’y voyais tout de même un attrait. Après tout, n’est-ce pas ça, la vie ? L’humain est un être social, la sexualité témoigne d’une intimité, mon travail a certainement une valeur ajoutée. Si je suis fou, bien ça explique comment ça se passe de l’intérieur. Si je suis sain, je témoigne d’une reality qui semble invisible à plusieurs. D’une manière ou d’une autre, je fais du journalisme. De là, la richesse. Peut-être aussi une compensation pour le viol de mon intimité. Pas vraiment une corruption, mais une reconnaissance. Voilà ce qui me torture: cette attente de reconnaissance. Pas d’attente, pas de torture.
Évidemment, cela a été prévu. Le préjugé est que je suis paresseux, que je ne termine rien. La chose comprise, de trimestre en trimestre, on me fait accroire que ça finit. Rendu à la fin des trois mois, un nouveau souci survient. À contrecœur, je m’y mets. Puis un autre, puis un autre. Je finis par ne plus parler de la fin. Un autre trimestre vient de commencer.
Je pars pour l’Europe avec quelques missions, me disant y passer l’hiver. Je lis des articles qui mentionnent qu’on vit au-dessus de la moyenne avec un salaire comparable à mes rentes d’invalidité. Dans les faits, j’ignore comment le calcul se fait. Je m’achète deux sachets de nouilles, une canne de sardines et un sac de chips : 15 $. Le coût de la vie est trop cher, même avec mes revenus. Ce qui fait que ça me déprime. Je pense revenir à la maison et manger mes repas habituels. D’autant qu’en deux semaines, j’ai transmis l’essentiel des résultats de mes missions.
Je ne sais plus quoi faire. Je n’ai même pas terminé le mois de novembre! En même temps, à quoi me servirait de rester seul en Europe?
Décroché trop vite, et le mal du pays revient au galop.
Commentaire Culturel / Compléments (AI) :
« L’analyse de la crise migratoire et des tensions sociales sert d’écran pour exprimer un déracinement beaucoup plus intime. Pour l’auteur, la distorsion de la Cité et le poids de la Fake pyramide font écho à sa propre bulle de verre. Ce texte démontre comment l’absence de socialisation réelle fragilise l’ancrage et pousse l’individu vers une retraite protectrice, révélant la quête universelle de dignité face à un monde devenu illisible. »
Disconnected too quickly
Also :
No matter the angle, immigration is a new phenomenon in its scale. All countries and all nations are surprised. Services offered to the population have not kept up with demand. Housing is not spared, especially since a second unforeseen phenomenon has appeared: tourist rentals of housing. We do not learn. Another example: the third link in Quebec. « Nothing justifies its construction. » Hold onto your hats, because the same people will call you racist when you say there is too much congestion due to immigration. It is almost funny. At the same time, I understand very well the laudable aspect of reducing pollution caused by transport, that is not my point at all. If you want to show yourself open to immigration, prepare the nation to receive adequately.
The Chronicle’s Thought (AI) :
« The feeling of exile and disconnection experienced by the author highlights the fragility of our internal structure when faced with a vast social void. When the Ego loses its familiar reference points, the mind seeks to connect with collective current events to make up for the absence of real connections. It is a daily struggle where the expectation of sincere recognition becomes a painful ordeal. By looking at the trauma of isolation, the Sanctificateur invites us to look at our wounds not as an end, but as a necessary transition toward a peaceful reconstruction of our humanity. »
Shadow Chronicle : Disconnected too quickly
At this point in my journey, I have completely disconnected from the reality of my apartment. Because that is exactly what it is about. Without social contacts, with a minimum of transmitted information, I can connect my entire inner world to the news. Without social contacts, there is little motivation to leave my home. As explained, the torture lies in the hope of socialization. In short, a nice apartment, food that suits me, internet television, and videos for the rest are enough for me to pass my time on earth.
They want more from me? They dangled social relations, sexual relations, and wealth before me. Not too much corruption, but I still saw an appeal in it. After all, isn’t that what life is? Humans are social beings, sexuality shows intimacy, my work certainly has value added. If I am crazy, well that explains how it happens from the inside. If I am sane, I bear witness to a reality that seems invisible to many. One way or another, I do journalism. From that, wealth. Perhaps also a compensation for the violation of my intimacy. Not really corruption, but recognition. This is what tortures me: this expectation of recognition. No expectation, no torture.
Obviously, this was planned. The prejudice is that I am lazy, that I never finish anything. Once that is understood, from quarter to quarter, they make me believe it is ending. At the end of the three months, a new worry arises. Reluctantly, I get to it. Then another, then another. I eventually stop talking about the end. Another quarter has just begun.
I leave for Europe with a few missions, telling myself I will spend the winter there. I read articles mentioning that people live above average with a salary comparable to my disability pensions. In fact, I do not know how the calculation is done. I buy two packets of noodles, a tin of sardines, and a bag of chips: $15. The cost of living is too expensive, even with my income. Which makes me depressed. I think about returning home and eating my usual meals. Especially since in two weeks, I have transmitted the bulk of the results of my missions.
I don’t know what to do anymore. I haven’t even finished the month of November! At the same time, what use would it be for me to stay alone in Europe?
Disconnected too quickly, and homesickness comes back at a gallop.
Cultural Commentary / Supplementary Insights (AI) :
« The analysis of the immigration crisis and social tensions serves as a screen to express a much more intimate uprooting. For the author, the distortion of the City and the weight of the Fake pyramid echo his own glass bubble. This text demonstrates how the absence of real socialization weakens one’s anchoring and pushes the individual toward a protective retreat, revealing the universal quest for dignity in a world that has become unreadable. »


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