Je, me, moi

Christian dans l'astral, par Serge Christiaenssens.**

Je, me, moi

Même après une si longue pause, je n’ai aucun texte de préparé. J’ai pratiquement épuisé ma liste d’idées de sujets que je mets plus ou moins à jour lorsque je crois tenir un thème intéressant à traiter. Bref.

Mercredi, je vous parlais de discrimination. N’est-ce pas ridicule de ma part d’être resté dans un environnement si malsain pendant autant d’années ? Ne devrais-je pas en culpabiliser, voire m’en excuser auprès de tous, ou au minimum auprès de mon enfant ?

Certainement. Ici et là, je l’ai fait. J’étais mal de voir les piètres résultats que j’atteignais malgré tous les efforts que je fournissais. Un boulet, une cruelle lourdeur m’habitait, impossible de la nommer davantage. Ce ressenti, ce vécu, avait des effets sur moi et sur ma vie, mais je ne savais pas de quoi il s’agissait. Ceci explique cela.

Qu’aurait été ma vie sans cette maltraitance familiale et sans cette violence conjugale ? Personne ne saurait le dire. Néanmoins, avec tous ces textes que j’écris sur moi, sur ma vie, sur mon vécu et avec tout ce qui se passe actuellement, je constate que j’étais victime de violence. Quel soulagement de pouvoir enfin le nommer.

Je ne tire aucune gloire à me dire avoir été victime. Vraiment aucune. Au contraire. Je pense que l’idée même d’être une victime me rebutait à tel point que je refusais de reconnaître que j’étais dans une telle situation. Qui veut être une victime ? Se voir démuni, sans ressources, pris au piège, affaibli ? Personne.

Je suppose qu’il est aussi difficile de se voir dans la position du bourreau ; de réaliser, en fin de compte, que notre façon d’agir fait du mal, voire détruit des vies. C’est sûrement une prise de conscience horrible. En même temps, qui n’a jamais été de ce côté ?

« Je, me, moi. » Cela peut être une façon de placer nos besoins avant ceux de tout le monde. Il existe la possibilité de toujours se faire passer en premier, de croire que nos besoins sont prioritaires et que ceux des autres sont insignifiants. C’est ainsi que l’on déshumanise l’autre.

« Je, me, moi » peut aussi être une façon saine de travailler sur soi, de comprendre la vie. On regarde un film, une série télévisée ou un spectacle, et l’on cherche en soi une résonance, un vécu qui pourrait ressembler à ce que l’on voit. Quelque chose qui pourrait nous faire ressentir réellement cette expérience, ne serait-ce qu’un peu. Trouver ce qui nous a honnêtement motivés dans nos actions et percevoir ce qui, possiblement, anime les agissements de cet autre être humain.

Un tel procédé permet de développer une capacité d’empathie et d’aiguiser notre compréhension de l’existence. Cela nous donne une idée de réalités différentes de la nôtre.

En mémoire de Serge Christiaenssens : Lien Wikipédia

11 mars 2026


I, Me, Mine

Even after such a long break, I have no prepared text. I have practically exhausted my list of ideas that I update more or less whenever I think I have an interesting subject to cover. In short.

On Wednesday, I spoke to you about discrimination. Isn’t it ridiculous on my part to have stayed in such an unhealthy environment for so many years? Shouldn’t I feel guilty about it, or even apologize to everyone, or at the very least, to my child?

Certainly. Here and there, I have done so. It pained me to see the poor results I achieved despite all the effort I put in. A ball and chain, a cruel heaviness inhabited me, impossible to name further. This feeling, this experience, had effects on me and my life, but I didn’t know what it was. This explains that.

What would my life have been like without this family maltreatment and without this domestic violence? No one can say. Nevertheless, with all these texts I am writing about myself, my life, and my experience, and with everything happening now, I realize that I was a victim of violence. What a relief to finally name it.

I take no pride in calling myself a victim. Truly none. On the contrary. I think the idea of being a victim repelled me to such an extent that I refused to acknowledge I was in such a situation. Who wants to be a victim? To see oneself helpless, without resources, trapped, weakened? No one.

I suppose it is also difficult to see oneself in the position of the abuser; to realize, in the end, that our way of acting causes harm, or even destroys lives. It must be a horrific realization. At the same time, who has never been on that side?

« I, me, mine. » This can be a way of putting our needs before everyone else’s. There is the possibility of always putting ourselves first, of seeing our needs as the priority while viewing others’ as insignificant. This is how the other is dehumanized.

« I, me, mine » can also be a healthy way of working on oneself, of understanding life. We watch a film, a TV series, or a show, and we look within ourselves for a resonance, an experience that might resemble what we see. Something that could make us truly live that experience, if only a little. To honestly find what motivated our own actions and to see what possibly drives the actions of that other human being.

Such a process allows us to develop a capacity for empathy and to sharpen our understanding of life. It gives us a sense of realities different from our own.

In memory of Serge Christiaenssens: Wikipedia Link

March 11, 2026


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