Chronique de l’ombre : L’argument du pétrole sale de l’Alberta
Rapport, pas rapport
Comme d’autres, j’ai ce réflexe de croire que le Québécois francophone va se serrer les coudes lorsque l’essentiel est en cause. Néanmoins, je recadre. Chacun et chacune a sa liberté, son histoire et ses priorités.
Au fil des années, vous m’avez vu dessiner trois pyramides dans lesquelles je classe des comportements : pyramide du bas, pyramide du haut et fake pyramide. Cette dernière est un amalgame de préjugés savamment entretenu pour permettre à un petit groupe de dominer les deux autres pyramides.
Quoi qu’il en soit, cela me permet de classer avec plus de nuances qu’en seulement noir et blanc. Tout d’un coup, j’ai accès à un monde de couleurs.
« Dans cette chronique, l’auteur utilise son modèle des « trois pyramides » pour sortir du débat binaire et accéder à un « monde de couleurs » plus nuancé. En abordant la question épineuse du pétrole de l’Alberta, il propose une vision de la souveraineté basée sur le respect des cultures économiques régionales plutôt que sur la confrontation idéologique. Pour lui, l’indépendance du Québec doit s’accompagner d’une reconnaissance de l’autonomie de l’Autre (le Canada anglais), qu’il s’agisse de pétrole ou d’électrification. Ce principe de « deux gouvernements sur un même territoire », qu’il applique tant au Proche-Orient qu’à la fédération canadienne, définit un radicalisme de paix qui cherche à protéger les identités tout en mettant fin aux guerres intestines. »
Chronique de l’ombre : L’argument du pétrole sale de l’Alberta
Point de rupture
Je vois bien que mon approche canadienne de l’indépendance du Québec en a laissé plusieurs sceptiques. J’ai perdu quelques fans. Alors, quand j’ai parlé de développer modérément notre industrie du pétrole, c’en était trop pour d’autres.
D’emblée, j’ai à la fois dénoncé l’extrême tout en m’avouant passablement radical. Conceptuellement radical, mais n’empêche, le concept tend à s’incarner. Je me reconnais comme tel. En ce sens, je suppose qu’on me voit d’extrême gauche ou d’extrême droite. Dépendant de qui projette sur moi.
Aux États-Unis, les Démocrates n’en revenaient pas de me voir demander le départ de Joe Biden. J’ai poussé fort. Dans la lumière, nous avions des positions tellement semblables. M’en voulait-on d’être inflexible, d’appuyer Kamala Harris ou même d’agir moi-même tel un fan de Barack Obama ? Je semblais lui demander de faire un troisième mandat !
Mais non, mon conflit se trouvait dans l’ombre. Si vous vous souvenez, notre désaccord s’apercevait subtilement dans la façon dont on dénonçait la guerre à Gaza et dans la façon dont on protégeait Israël.
Je n’ai pas froid aux yeux et l’adoption du rôle ingrat ne m’a pas posé problème. Entre l’arbre et l’écorce, entre l’antisémitisme et l’islamophobie, mes positions s’inscrivaient sur mon blogue et sur les réseaux sociaux. Dans mon regard, après des échanges avec les différentes parties, je voyais que le concept des deux gouvernements sur un même territoire ne pouvait qu’être la voie pour une paix réelle pour tous et toutes. Ce regard m’habite toujours. Défendre Israël demande un plan de paix radical.
L’idée des deux gouvernements fonctionne très bien avec un Québec indépendant, mais aussi avec un Canada indépendant sans le Québec. Les cultures sont ainsi protégées et les guerres intestines derrière nous.
Illustration d’un conflit similaire
Ici, le pétrole sale dénoncé fait partie d’une culture. Toute une province a construit son économie autour de cette industrie. Le Canada est très bien harmonisé avec cette culture. Se dire indépendantiste et dénoncer ce pétrole sale indique au ROC que la guerre continuera après l’indépendance du Québec. De nation à nation, l’Alberta développe son économie indépendamment de la nôtre. Cette position rationnelle permet aussi qu’on développe un minimum notre industrie du pétrole.
À l’inverse, verrait-on une autre nation se battre contre notre électrification ? ! Aucun sens.
En complément
• Calgary – L’or noir : Une immersion dans la réalité économique et culturelle de la capitale pétrolière.
• Calgary – « He wants to break Canada » : Une analyse de la perception du projet indépendantiste québécois vue de l’Ouest.
Shadow Chronicles: The Argument of Alberta’s « Dirty Oil »
Related, or Not
Like others, I have this reflex to believe that French-speaking Quebecers will stand together when the essentials are at stake. Nevertheless, I am reframing this. Each and every one of us has our own freedom, history, and priorities.
Over the years, you’ve seen me describe three pyramids in which I classify behaviors: the bottom pyramid, the top pyramid, and the « fake » pyramid. The latter is a blend of cleverly maintained prejudices designed to allow a small group to dominate the other two.
In any case, this allows me to classify with more nuance than just black and white. Suddenly, I have access to a world of colors.
« In this chronicle, the author employs his ‘three pyramids’ model to move beyond binary debate and access a more nuanced ‘world of colors.’ By addressing the thorny issue of Alberta’s oil, he proposes a vision of sovereignty based on respect for regional economic cultures rather than ideological confrontation. For him, Quebec’s independence must be accompanied by a recognition of the Other’s autonomy (English Canada), whether regarding oil or electrification. This principle of ‘two governments on the same territory,’ which he applies to both the Middle East and the Canadian federation, defines a radicalism of peace that seeks to protect identities while ending internal conflicts. »
Shadow Chronicles: The Argument of Alberta’s « Dirty Oil »
Breaking Point
I can see that my « Canadian » approach to Quebec independence has left many skeptical. I’ve lost a few fans. So, when I spoke about moderately developing our oil industry, it was too much for others.
From the outset, I’ve both denounced extremes while admitting to being somewhat radical. Conceptually radical, but nonetheless, the concept is beginning to take shape. I recognize myself as such. In this sense, I suppose people see me as far-left or far-right, depending on who is projecting onto me.
In the United States, Democrats couldn’t believe I was calling for Joe Biden to step down. I pushed hard. In the light, our positions were so similar. Was I resented for being inflexible, for supporting Kamala Harris, or even for acting like a Barack Obama fan myself? I seemed to be asking him for a third term!
But no, my conflict was in the shadows. If you remember, our disagreement was subtly visible in how we denounced the war in Gaza and how we protected Israel.
I’m not one to shy away from a challenge, and taking on an ungrateful role hasn’t been an issue for me. Between a rock and a hard place—between antisemitism and Islamophobia—my positions were documented on my blog and social media. In my view, after exchanges with various parties, I saw that the concept of two governments on the same territory was the only path toward real peace for everyone. This perspective still drives me. Defending Israel requires a radical peace plan.
The idea of two governments works very well with an independent Quebec, but also with an independent Canada without Quebec. In this way, cultures are protected and internal wars are left behind us.
Illustration of a Similar Conflict
Here, the « dirty oil » being denounced is part of a culture. An entire province has built its economy around this industry. Canada is very well aligned with this culture. To call oneself a separatist while denouncing this « dirty oil » signals to the ROC (Rest of Canada) that the war will continue even after Quebec’s independence. From nation to nation, Alberta develops its economy independently of ours. This rational position also allows us to develop our own oil industry to a minimum degree.
Conversely, would we see another nation fight against our electrification? It makes no sense.
Further reading
• Calgary – Black Gold: An immersion into the economic and cultural reality of Canada’s oil capital.
• Calgary – « He wants to break Canada »: An analysis of how the Quebec independence project is perceived from the West.


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