Le sacré raciste

English version below

Capture d’écran d’une publication sur un réseau social. Cliquez sur l’image pour y accéder.
Suite de la publication. Cliquez sur l’image pour y accéder.

Chronique de l’ombre : Le sacré raciste

« L’auteur utilise ici la satire pour démasquer le « biais cognitif » qui pèse sur l’identité québécoise. En se qualifiant lui-même de « sacré raciste », il souligne l’absurdité du piège sémantique actuel : si les salles sont homogènes, on accuse le Québec d’exclusion ; si l’on remarque la diversité grandissante, on est accusé de profilage. Il transmute ce sentiment de culpabilité imposé en une célébration de la culture comme point de ralliement. En mentionnant ses racines espagnoles (Depocas), il rappelle que la « souche » québécoise est elle-même une construction multidimensionnelle. C’est une critique fine de la « fake pyramide » morale qui tente de castrer l’identité francophone en la réduisant à un préjugé, alors qu’elle est en réalité un espace d’accueil en pleine mutation. »

Chronique de l’ombre : Le sacré raciste

J’assiste à des spectacles de Québécois francophones. Les salles sont pleines de « racistes blancs ». C’est épouvantable. Les immigrants et les minorités visibles y sont absents, à l’exception d’un ou deux couples. Ces « racistes » s’organisent des soirées entre eux !

C’est là qu’on dit que les immigrants n’aident pas le français au Québec et ne renforcent pas la culture québécoise. Nous sommes racistes et organisons des soirées exclusives. C’est épouvantable. Ainsi, non seulement je comprends les immigrants de nous accuser de racisme, mais je les appuie inconditionnellement.

Vous l’avez compris, je montre l’envers du décor. Je caricature à peine. À peine, parce qu’il est vrai que j’ai commencé à voir une certaine participation des minorités visibles dans ces assistances. J’en éprouve de l’étonnement et de la fierté. Des personnes, en apparence d’une origine atypique pour un Québécois, cherchent à connaître notre culture. C’est beau.

En même temps, faire ce constat est raciste. Effectivement, ces personnes sont peut-être nées ici et ont étudié dans les écoles québécoises francophones. Qu’est-ce que j’en sais ? Je préjuge de leur origine. Voilà qui me confirme comme un vrai Québécois francophone « de souche », aka raciste.

Faut-il dire que ma grand-mère paternelle s’appelait Depocas ? Mon côté espagnol ne m’empêche pas d’être un raciste de souche, un sacré raciste.


Shadow Chronicle: The Damned Racist

« The author uses satire here to unmask the ‘cognitive bias’ weighing on Quebec identity. By labeling himself a ‘damned racist,’ he highlights the absurdity of the current semantic trap: if the audiences are homogeneous, Quebec is accused of exclusion; if one notices the growing diversity, one is accused of profiling. He transmutes this imposed guilt into a celebration of culture as a rallying point. By mentioning his Spanish roots (Depocas), he reminds us that the Quebec ‘souche’ (root) is itself a multidimensional construction. It is a sharp critique of the moral ‘fake pyramid’ that attempts to castrate Francophone identity by reducing it to a prejudice, when it is in fact a welcoming space in the midst of transformation. »

Shadow Chronicle: The Damned Racist

I attend shows by Francophone Quebecers. The halls are full of « white racists. » It’s appalling. Immigrants and visible minorities are absent, save for one or two couples. These « racists » organize evenings amongst themselves!

This is where people say that immigrants don’t help the French language in Quebec and don’t strengthen Quebec culture. We are racists, organizing exclusive evenings. It’s appalling. Thus, not only do I understand why immigrants accuse us of racism, but I support them unconditionally.

As you’ve realized, I am showing the other side of the coin. I am barely caricaturing. Barely, because it is true that I have started to see some participation from visible minorities in these audiences. I feel both surprise and pride. People who, in appearance, have an atypical origin for a Quebecer are seeking to know our culture. It’s beautiful.

At the same time, making this observation is racist. Indeed, these people might have been born here and studied in Francophone Quebec schools. What do I know? I am prejudging their origin. This confirms me as a true « de souche » Francophone Quebecer—aka, a racist.

Must I mention that my paternal grandmother’s name was Depocas? My Spanish side doesn’t stop me from being a « de souche » racist—a damned racist.


Commentaire

Laisser un commentaire

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »