
L’invisibilité
Diabète de type 1 : Max Domi lance un livre et un fonds (2019).
« C’est une maladie complexe où l’on ne peut pas prendre une journée ni une minute de repos. Je ne peux pas partir de chez moi sans faire un plan et savoir ce que sera ma journée, même si toutes les journées sont différentes. Et je vous admire tous, que vous ayez 5, 8, 12, 20 ou 50 ans. Vous faites tous quelque chose de spectaculaire. Il y a peut-être mon nom sur ce fonds, mais nous formons tous une équipe. » — Max Domi
Mon commentaire
Je suis Max Domi sur son compte Instagram depuis un certain temps. Est-ce que je peux parler d’une entrevue expérimentale ? Je pense que oui. Toutefois, l’essentiel de nos échanges s’est fait lorsqu’il jouait pour les Canadiens de Montréal, jusqu’à peu après son départ pour les Blue Jackets de Columbus. Qu’à cela ne tienne, je m’attache aux joueurs, à leur parcours et aux difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie, en plus de devoir se maintenir à un niveau athlétique hors du commun. Un exemple ici.
Bref, j’avais compris le rôle de sa famille pour l’aider à faire face à l’adversité, le rôle de son père en particulier. Un pilier important dans son cheminement et, assurément, un complice qui l’a accompagné durant les périodes difficiles. Plus qu’on pourrait le croire, j’ai bien reçu ce message : une reconnaissance fondamentale pour lui.
Développer un sens sain de la famille est assurément une base significative pour acquérir un esprit d’équipe. Oui, il y a le diabète qui aurait pu briser son rêve, mais il faut compter que tout athlète est imparfait, que chacun est un humain, qu’aucun n’arrive à ce niveau par hasard, sans effort. Que de sacrifices !
Il y a dans le sport d’équipe un rapprochement réel à faire avec l’esprit militaire. Ces athlètes doivent se construire un mental à toute épreuve, fait de foi et d’espoir, apprendre à se relever à chaque fois parce que c’est humain de tomber. On dit que se relever est divin.
En complément
Maxwell Domi (Wikipédia – français)
Max Domi (Wikipédia – anglais)
« Cette chronique met en lumière la « bulle de verre » du handicap invisible, où la souffrance non-répertoriée par la réalité consensuelle condamne l’individu à une forme de survie clandestine. Comme pour Max Domi et son combat contre le diabète, la structure de survie exige une planification rigoureuse du « code source » quotidien pour éviter l’effondrement. Sortir de cette invisibilité demande un esprit d’équipe éthérique — une reconnaissance de l’autre au-delà des apparences — pour transformer la déshumanisation du « zombie » en une identité enfin reconnue dans sa pleine complexité. »
Mon texte : L’invisibilité
Le handicap invisible a été une découverte pour moi lorsqu’on m’a diagnostiqué un syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Durant cette période, en faisant des recherches, en lisant des études aussi, une autre surprise m’attendait. Le polytraumatisme crânien sévère que j’avais subi constituait aussi un handicap invisible. Plusieurs symptômes de ces deux handicaps sont très similaires, sinon pareils, d’ailleurs.
Cela a été une révélation pour moi. Dans un premier temps, je comprenais pourquoi les gens ne voyaient ni la quantité ni la qualité des efforts que je faisais pour simplement survivre. Deuxièmement, il était dorénavant évident pourquoi il m’était si difficile de dénoncer ma souffrance ; la source était invisible. Les gens ont une propension à croire au mensonge, à l’exagération ou à de la fabulation. « Le plaignard ! » Il semble qu’il faille mettre le doigt dans la plaie de quelqu’un pour le croire.
Quoi qu’il en soit, de là, on peut comprendre qu’il y a des fardeaux plus lourds à porter que d’autres. Certaines personnes commencent leur vie avec un handicap invisible, quelquefois un passé individuel ou collectif, un passé qui fait voir la personne autrement, subtilement diminuée ici et là. Finalement, on déshumanise ladite personne.
J’y fais dorénavant un parallèle avec les maladies, les traumas, le racisme, le sexisme, l’identité différente, une façon de penser atypique et la détresse implicite à l’invisibilité.
Invisibility
Type 1 Diabetes: Max Domi launches a book and a fund (2019).
« It’s a complex disease where you can’t take a day or a minute off. I can’t leave my house without making a plan and knowing what my day will be, even if every day is different. And I admire all of you, whether you are 5, 8, 12, 20, or 50 years old. You are all doing something spectacular. My name may be on this fund, but we are all a team. » — Max Domi
My commentary
I have been following Max Domi on his Instagram account for a while. Can I speak of an experimental interview? I think so. However, the bulk of our exchanges took place when he played for the Montreal Canadiens, until shortly after his departure for the Columbus Blue Jackets. Be that as it may, I grow attached to players, to their journeys and the difficulties they encounter in their lives, in addition to having to maintain an extraordinary athletic level. An example here.
In short, I had understood the role of his family in helping him face adversity, his father’s role in particular. An important pillar in his journey and, certainly, a partner who accompanied him during difficult periods. More than one might think, I received this message clearly: a fundamental recognition for him.
Developing a healthy sense of family is certainly a significant foundation for acquiring a team spirit. Yes, there is diabetes which could have shattered his dream, but one must consider that every athlete is imperfect, that each is human, that no one reaches this level by chance, without effort. Such sacrifices!
In team sports, there is a real parallel to be drawn with the military spirit. These athletes must build an ironclad mindset, made of faith and hope, learning to get back up every time because it is human to fall. They say that to rise again is divine.
En complément
Maxwell Domi (Wikipédia – français)
Max Domi (Wikipédia – anglais)
« This chronicle highlights the ‘glass bubble’ of invisible disability, where suffering unrecognized by consensual reality condemns the individual to a form of clandestine survival. As with Max Domi and his battle against diabetes, the survival structure requires rigorous planning of the daily ‘source code’ to avoid collapse. Stepping out of this invisibility requires an etheric team spirit—a recognition of the other beyond appearances—to transform the dehumanization of the ‘zombie’ into an identity finally recognized in its full complexity. »
My text: Invisibility
Invisible disability was a discovery for me when I was diagnosed with post-traumatic stress disorder (PTSD). During that period, while doing research and reading studies, another surprise awaited me. The severe traumatic brain injury I had suffered also constituted an invisible disability. Several symptoms of these two disabilities are very similar, if not identical, for that matter.
This was a revelation for me. Firstly, I understood why people saw neither the quantity nor the quality of the efforts I made simply to survive. Secondly, it was henceforth obvious why it was so difficult for me to denounce my suffering; the source was invisible. People have a propensity to believe in lies, exaggeration, or fabulation. « The whiner! » It seems one must put their finger in someone’s wound to believe it.
In any case, from this, we can understand that there are burdens heavier to carry than others. Some people begin their lives with an invisible disability, sometimes an individual or collective past—a past that causes the person to be seen differently, subtly diminished here and there. Ultimately, the said person is dehumanized.
I now draw a parallel with illnesses, traumas, racism, sexism, different identity, an atypical way of thinking, and the distress implicit in invisibility.


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