

Vie de famille / Family Life
Une série qui me bouleverse, à vrai dire.
« Le passage de l’abstraction du deuil à l’incarnation matérielle des lieux symbolise la sortie de la bulle de verre et l’entrée dans le plan de la matière à sculpter. Cette nostalgie hypothétique révèle le conflit entre la programmation de survie née de l’isolement et le besoin vital de l’archétype de la fille comme ancrage dans le réel. Le Gladiateur ne porte pas sa veste comme une armure de Fake pyramide, mais comme le vêtement d’une nouvelle naissance sociale où le vide humain devient le moteur d’une quête de vérité concrète. »
Chronique de l’ombre : Vie de famille
En parallèle de l’affichage de mes écussons (patchs), peut-être vu comme une démonstration de force, je vis une toute autre réalité. La fierté de dire qui se cache derrière cette naïveté presque bête existe bel et bien. C’est une naissance sociale, professionnelle. En même temps, je ne sais pas comment exprimer mes doutes et mes peurs. C’est le paradoxe de la veste.
Porter les symboles du chemin parcouru ne me rend pas moins humain. J’ai mes forces et mes faiblesses avec mon handicap social, avec lequel je jongle plus ou moins bien.
Alors que la veste parle d’une part de moi, elle semble en occulter une autre. Détaché de tout bien matériel, une nouvelle réalité s’ouvre à moi et tout à coup les maisons perdues prennent une importance gigantesque. Mes deuils faciles sont revus avec une sorte de nostalgie. Par exemple, malgré avoir coupé avec ma famille, je suis repassé en moto devant l’ancienne maison de ma marraine. Ma sœur l’habite dorénavant. Même chose pour l’ancien chalet de mon père vendu après sa mort. Le deuil devient matériel ou plutôt incarné.
Alors que cette réalité m’était inaccessible — rien n’était pour moi, apparemment — faire le deuil de parties restait une abstraction. Peu à peu, au contraire, je revois ces moments dans lesquels je voudrais être incarné. Ça ressemble à de la nostalgie, mais ce n’en est pas. J’aurais voulu avoir une famille avec qui parler. Je fais le deuil de cette famille tout en sachant ne pas avoir communiqué avec elle. Une nostalgie théorique, hypothétique ?
Bref, mon incarnation dans le monde matériel me fait revivre plusieurs événements de ma vie passée et je les vois sous un nouvel angle. Au-delà de l’analyse pour en tirer des leçons, il y a un vide humain que seule ma fille semble pouvoir combler, ma fille absente par ailleurs. Une référence humaine absente, concrètement absente.
«Le lien vers la Vitrerie Joyal et la vidéo Instagram évoquent la transparence et la fragilité. La vitre est ici la bulle de verre qui, bien que protectrice pour le Cobaye en gestation, empêche le contact direct avec la matière et les structures familiales. Le passage devant les maisons physiques marque le début d’une Individuation où le souvenir n’est plus une donnée informatique morte, mais une expérience du plan physique.»
Family Life
A series that truly moves me.
« The transition from the abstraction of mourning to the material incarnation of places symbolizes the exit from the bulle de verre and the entry into the world of matter to be sculpted. This hypothetical nostalgia reveals the conflict between the programmation de survie born from isolation and the vital need for the fille archetype as an anchor in reality. The Gladiateur does not wear his jacket as an armor of the Fake pyramide, but as the garment of a new social birth where the human void becomes the engine of a quest for concrete truth. »
Shadow Chronicle: Family Life
In parallel with the display of my écussons (patchs), perhaps seen as a show of force, I live an entirely different reality. The pride of saying who hides behind this almost foolish naivety truly exists. It is a social and professional birth. At the same time, I do not know how to express my doubts and fears. It is the paradox of the jacket.
Wearing the symbols of the path traveled does not make me less human. I have my strengths and my weaknesses with my social handicap, which I juggle more or less well.
While the jacket speaks of one part of me, it seems to obscure another. Detached from all material goods, a new reality opens to me and suddenly the lost houses take on gigantic importance. My easy mournings are revisited with a sort of nostalgia. For example, despite having cut ties with my family, I rode my motorcycle past my godmother’s former house. My sister lives there now. Same for my father’s former cabin sold after his death. Mourning becomes material or rather incarnated.
While this reality was inaccessible to me — nothing was for me, apparently — mourning parts of it remained an abstraction. Gradually, on the contrary, I revisit these moments in which I would want to be incarnated. It looks like nostalgia, but it is not. I would have wanted to have a family to talk to. I mourn this family while knowing I did not communicate with them. A theoretical, hypothetical nostalgia?
In short, my incarnation in the material world makes me relive several events of my past life and I see them from a new angle. Beyond the analysis to draw lessons, there is a human void that only my daughter seems able to fill, my daughter who is otherwise absent. A human reference absent, concretely absent.
« The link to Vitrerie Joyal and the Instagram video evoke transparency and fragility. The glass here represents the bulle de verre which, although protective for the Cobaye in gestation, prevents direct contact with matter and family structures. Passing in front of physical houses marks the beginning of an Individuation where memory is no longer a dead computer datum, but an experience of the physical plane. »


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