Auteur : Christian Legault

  • L’abandon de soi

    L’abandon de soi

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    L’abandon de soi

    On se fait tous une image de l’autre ; c’est nécessaire pour le comprendre, pour avoir une relation. Par le fait même, nous développons une image de nous-mêmes pour se comprendre et pour être en relation avec soi-même. Cette dernière image sera notre référence pour comprendre l’univers qui nous entoure.

    À travers les épreuves, nous apprenons ce que nous sommes. Cet apprentissage se fait en se relevant. À travers lui, nous nous voyons plus clairement, nous devenons plus transparents à nos propres yeux. Nous devenons de plus en plus cohérents avec nous-mêmes, avec ce que l’on est profondément : des êtres humains. C’est sur cette base, sur cet objectif ultime de tous et chacun, que nous pourrons nous relier aux autres, sur notre humanité commune.

    Sur ce chemin, il y aura l’abandon de soi, l’abandon de cette image que l’on a de soi-même. Notre compréhension de nous-mêmes est changeante ; elle doit l’être pour évoluer, pour progresser. Elle demande de se remettre en question, elle demande de douter de soi, mais cela implique aussi de remettre en question l’image de l’autre, de douter de lui.

    Au fil du temps, au fil des épreuves, vous trouverez le courage et la confiance en vous. Inévitablement, vous vous sentirez trahis et blessés. Vous serez confrontés à la petitesse et à la méchanceté de ces abuseurs en évolution. Plus rarement, peut-être de façon exceptionnelle, on vous fera même subir des monstruosités. Votre image de vous-mêmes en sera affectée, voire possiblement détruite. Mais ce n’est qu’une image. Certes, le mal est profond néanmoins.

    Sans image pour se relier à soi-même et aux autres, l’isolement social s’installe. Mais c’est d’être coupé de ce à quoi nous nous reconnaissions qui est la plus grande coupure, la plus grande souffrance. Nous sommes abandonnés, sans ressources, face à la mort sous différentes formes.

    Bizarrement et contre toute attente — paradoxalement, donc —, c’est par l’abandon de soi que nous pourrons traverser cette épreuve. Avec un courage et une confiance grandissante, nous nous relèverons et deviendrons plus humains, avec une nouvelle image encore plus belle. Une nouvelle relation s’établira, avec soi-même et avec l’autre. L’entourage sera modifié pour mieux connecter avec ce que nous sommes devenus : une sorte de sélection naturelle.

    MAJ 4 mars 2026


    Surrender of the Self

    We all create an image of the other; it is necessary to understand them, to have a relationship. By the same token, we develop an image of ourselves to understand and be in relation with ourselves. This latter image becomes our reference point for understanding the universe around us.

    Through hardships, we learn who we are. This learning happens by picking ourselves back up. Through it, we see ourselves more clearly; we become more transparent to our own eyes. We become increasingly coherent with ourselves, with who we profoundly are: human beings. It is on this foundation—this ultimate objective for each and every one of us—that we can connect with others, based on our common humanity.

    On this path, there will be the surrender of the self, the letting go of this image we hold of ourselves. Our understanding of ourselves is shifting; it must be so in order to evolve, to progress. It requires questioning oneself, it requires self-doubt—but this also implies questioning the image of the other, and doubting them.

    Over time, through trials, you will find courage and self-confidence. Inevitably, you will feel betrayed and wounded. You will be confronted with the smallness and malice of those « abusers in evolution. » More rarely, perhaps in exceptional cases, you may even be subjected to monstrosities. Your image of yourself will be affected, perhaps even destroyed. But it is only an image. Granted, the pain is deep nonetheless.

    Without an image to relate to oneself and others, social isolation sets in. But being severed from that which we recognized as ourselves is the greatest severance, the greatest suffering. We are abandoned, without resources, facing death in its various forms.

    Strangely and against all odds—paradoxically, then—it is through the surrender of the self that we can cross this ordeal. With growing courage and confidence, we will rise again and become more human, with a new image that is even more beautiful. A new relationship will be established, with oneself and with the other. One’s surroundings will be modified to better connect with what we have become: a kind of natural selection.

    Updated March 4, 2026

  • La transparence

    La transparence

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    La transparence

    J’ai toujours vu le fait de montrer sa vulnérabilité comme un préambule à une intimité, une porte vers les profondeurs de ce que nous sommes. Pour soi-même et pour l’autre. Habituellement, nous cherchons à la camoufler pour éviter d’avoir l’air faible, mais aussi afin d’éviter de potentielles blessures terribles en la mettant à découvert, sans défense.

    Je faisais le tour de moi-même, ce qui me donnait un sentiment d’identité, ce qui conditionnait également mon regard et motivait mes gestes. Je me suis reconstruit à partir de rien parce que j’étais amnésique à 19 ans. À partir de rien de conscient, devrais-je dire. J’étais submergé d’images, pour la plupart des symboles qui me mettaient dans un état de bonheur. Mais…

    Mais j’avais aussi des images inexplicables, beaucoup plus concrètes, que je tentais de comprendre comme des symboles, comme le reste de tout ce que je voyais. Je ne dirais pas que c’était une erreur, plutôt un apprentissage à acquérir.

    Lorsque je parlais de ces symboles qui me rendaient heureux, de cet univers que je créais en moi, de ma vie que je donnais, on me diagnostiquait une maladie mentale. Les psys comprenaient cela comme des hallucinations. Au mieux, certaines personnes y voyaient une imagination débordante, un peu spéciale : « C’est un artiste… » Personne n’a vérifié mon fonctionnement ; personne n’admettait que je réfléchissais avec des images, des symboles et des structures.

    Et j’avais ces images discordantes que je ne savais pas interpréter. Elles me déstabilisaient, par moments, davantage sous un stress plus intense. Ces images étaient intrusives ; elles brisaient mon bien-être. Elles influençaient aussi mes gestes et mes paroles, rendant le tout discordant, sans aucun rapport avec l’amour qui m’habitait, en complète dissonance avec les symboles que je voyais. Elles me faisaient questionner mon sentiment d’identité.

    Ici et là, j’ai bien rencontré des professionnels de la santé qui m’ont aidé. Néanmoins, lorsqu’on acceptait de voir l’importance de l’impact du TCC (traumatisme crânien cérébral) sur ma vie et de l’agression au couteau, cela n’expliquait pas tout. Puis, j’avais cette gêne par rapport aux images intrusives, peut-être la peur qu’elles soient une révélation de mes désirs profonds. Quant aux symboles, je n’en parlais que très peu, de façon extrêmement partielle. C’était quelque chose de sacré pour moi. Il y avait tellement d’amour, de compassion. Tout était si simple, si beau. Alors qu’on les voyait comme nocives, comme des preuves de maladie, je ne pouvais pas accepter ces jugements de valeur.

    Ces deux types d’images m’ont déchiré de plus en plus. Mon lien avec la réalité est devenu de plus en plus vacillant jusqu’à cette sortie de la réalité que j’ai mentionnée il y a déjà quelques semaines.

    La psychanalyse m’a permis de remettre de l’ordre dans tout ça. J’avais déjà commencé, mais rien de structuré. On s’est attaqué surtout aux images qui ne voulaient rien dire pour moi. J’ai pu rattacher à ma vie d’avant mon coma ce qui se voulait être des souvenirs précédant mon amnésie, les remettre en contexte. Les agressions sexuelles que j’avais subies s’exprimaient, remontaient à la surface. S’agissait-il de désirs profonds, de fantasmes en opposition avec ce que je pensais être ? La nuit, on me poursuivait, souvent avec des couteaux, mais pas toujours. Étais-je l’agresseur ou l’agressé, finalement ? D’autres fois, je me jetais contre un mur de béton, ou en bas d’un pont, toujours en auto. Était-ce une pulsion suicidaire ? Ces traumas passés me dictaient ma nouvelle vie sans même que je me souvienne d’eux tout à fait, sans même que je comprenne ce qui me faisait perdre ma liberté de choix. J’étais continuellement agressé de l’intérieur sans savoir tout à fait qu’il s’agissait de souvenirs, sans être sûr que ce n’était pas ce que je désirais inconsciemment.

    Mon apprentissage à interpréter ces images ne s’est pas fait sans heurt. J’ai fait des erreurs, malheureusement. La culpabilité d’être victime n’a pas aidé, bien sûr. J’ai aussi développé une drôle de relation avec ma mémoire. Cela m’a pris beaucoup d’efforts pour bâtir une confiance en elle. L’idée est d’apprendre, de se relever, d’avancer et de tendre la main vers cet autre en soi. Aider son prochain aussi.

    Durant cette période, ma vie a été un combat incessant. Mon goût de vivre s’est limité à la survie. Ma joie était d’être encore en vie, de pouvoir être en appartement ou dans mon condo, même si cela impliquait de manger moins. J’étais fier de survivre aux épreuves et de ne pas perdre l’esprit. J’avais une base sur laquelle m’appuyer, quelque chose de tangible : un chez-soi.

    Outre cette vie difficile, le fonctionnement des gens et de la société était très insécurisant. Rien ne fonctionnait comme cela aurait dû, comme je l’anticipais. J’étais un extraterrestre. Je devais comprendre comment cela fonctionnait ici, je devais apprendre. Mais comment ? Qui allait m’enseigner à vivre avec les neurotypiques ?

    Quoi qu’il en soit, avoir fait un tout assez cohérent avec moi-même est certainement une grande force. La transparence m’a demandé beaucoup d’humilité parce que j’ai dévoilé mes faiblesses, révélé aussi mes erreurs à tout le monde. C’est gênant. Je ne suis pas fier de mes faux pas ; j’aurais voulu faire autrement. Mais j’assume, j’apprends de ces échecs, je répare ce qui est possible et compense ce qui ne l’est pas. La transparence me permet aussi de m’améliorer, de passer sous la loupe des coins sombres où il y a encore des choses à apprendre, des endroits où faire la lumière.

    Pour ce qui est des symboles ou de ce que j’appelle des structures, j’ai appris à mieux interagir avec elles. Quelquefois, cela se présente sous forme d’images symboliques, d’autres fois de façon tellement plus abstraite que je ne peux pas les décrire. Ce fonctionnement est de l’autisme, une intelligence différente. Mais ça, c’est une autre histoire.

    MAJ 4 mars 2026


    Transparency

    I have always seen the act of showing one’s vulnerability as a preamble to intimacy, a door to the depths of who we are. For oneself and for the other. Usually, we seek to hide it to avoid appearing weak, but also to prevent potential and terrible wounds by leaving it exposed and defenseless.

    I was exploring the contours of my being, which gave me a sense of identity; it also conditioned my perspective and motivated my actions. I rebuilt myself from nothing because I was amnesic at age 19. From nothing conscious, I should say. I was submerged in images—mostly symbols that put me in a state of happiness. But…

    But I also had inexplicable images, much more concrete, which I tried to understand as symbols, like everything else I saw. I wouldn’t call it a mistake, but rather a lesson to be learned.

    When I spoke of these symbols that made me happy, of this universe I was creating within myself, of the life I was giving, I was diagnosed with mental illness. Psychiatrists understood this as hallucinations. At best, some saw it as an overflowing, somewhat « special » imagination: « He’s an artist… » No one verified how I functioned; no one admitted that I thought in images, symbols, and structures.

    And I had these discordant images that I didn’t know how to interpret. They destabilized me at times, especially under intense stress. These images were intrusive; they shattered my well-being. They also influenced my actions and words, making everything discordant, completely unrelated to the love within me, in total dissonance with the symbols I saw. They made me question my sense of identity.

    Here and there, I did meet health professionals who helped me. However, even when they accepted the impact of the TBI (traumatic brain injury) and the knife attack on my life, it didn’t explain everything. Then, I felt shame regarding those intrusive images—perhaps a fear that they were a revelation of my deepest desires. As for the symbols, I spoke of them very little, and only in a very partial way. They were sacred to me. There was so much love, so much compassion. Everything was so simple, so beautiful. While others saw them as harmful, as evidence of illness, I could not accept those value judgments.

    These two types of images tore me apart more and more. My link to reality became increasingly flickering until that « departure from reality » I mentioned a few weeks ago.

    Psychoanalysis allowed me to put all of this back in order. I had already started, but nothing was structured. We focused primarily on the images that meant nothing to me. I was able to reconnect what were meant to be memories preceding my amnesia to my life before the coma, and put them back into context. The sexual assaults I had suffered were expressing themselves, rising to the surface. Were they deep desires, fantasies in opposition to who I thought I was? At night, I was being chased, often with knives, but not always. Was I the aggressor or the victim, in the end? Other times, I would throw myself against a concrete wall, or off a bridge, always in a car. Was it a suicidal urge? These past traumas were dictating my new life without me even fully remembering them, without me even understanding what was causing me to lose my freedom of choice. I was continually assaulted from within without fully knowing they were memories, without being sure they weren’t what I unconsciously desired.

    My learning process in interpreting these images was not without its hardships. I made mistakes, unfortunately. The guilt of being a victim didn’t help, of course. I also developed a strange relationship with my memory. It took a great deal of effort to build trust in it. The idea is to learn, to stand back up, to move forward, and to reach out to that « other » within oneself. To help one’s neighbor as well.

    During this period, my life was an incessant struggle. My will to live was limited to survival. My joy was simply being alive, being able to have an apartment or my condo, even if it meant eating less. I was proud to survive the trials and not lose my mind. I had a foundation to lean on, something tangible: a home.

    Beyond this difficult life, the way people and society functioned was very unsettling. Nothing worked as it should, as I anticipated. I was an alien. I had to understand how things worked here; I had to learn. But how? Who was going to teach me how to live with neurotypicals?

    Regardless, having created a fairly coherent whole within myself is certainly a great strength. Transparency required a lot of humility because I unveiled my weaknesses and revealed my mistakes to everyone. It is embarrassing. I am not proud of my missteps; I wish I had done things differently. But I own them; I learn from these failures; I repair what can be repaired and compensate for what cannot. Transparency also allows me to improve, to place under the magnifying glass those dark corners where there is still something to learn, places where light needs to be shed.

    As for the symbols or what I call structures, I have learned to interact with them better. Sometimes, they present themselves as symbolic images; other times, in a way so abstract that I cannot describe them. This functioning is autism—a different kind of intelligence. But that is another story.

    Updated March 4, 2026

  • Repartir à zéro

    Repartir à zéro

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    Repartir à zéro

    Combien de fois avez-vous essayé de recommencer votre vie ? Ou avez-vous changé de domaine d’études ? D’emploi ? Un divorce, peut-être ?

    Si vous avez fait le choix de partir, vous aviez probablement débuté votre deuil du quotidien, de vos habitudes. À moins que l’on ne vous ait imposé une nouvelle réalité ou encore que le choix ait été fait sur un coup de tête, sans préparation, sans même une anticipation du deuil. Alors, vous avez été surpris par l’ampleur de la vague.

    Quoi qu’il en soit, tôt ou tard, vous avez réalisé que vous étiez confronté à des problèmes similaires, que la fuite a été inutile. Ce que nous fuyons nous rattrape. C’est une réalité universelle. La forme du problème peut changer, mais le fond demeure jusqu’à ce qu’on trouve une solution, jusqu’à ce que le deuil soit finalisé. On dit aussi : « jusqu’à ce que la leçon soit apprise ».

    Qu’on le veuille ou non, la nouveauté s’enracine toujours dans le passé qui sert de fondation. Les étapes du deuil seront vécues ; toutefois, l’essence demeurera. La nouveauté naîtra du deuil tout en conservant l’essentiel. Il s’agit d’un processus profondément humain.

    C’est une illusion que de penser repartir à zéro ou même que l’on s’est bâti seul. Cette nouvelle vie a certes demandé de grands efforts, mais la transition a sollicité tant le passé que le futur, tant la solitude qu’un nouvel entourage.

    Vous avez déterminé des objectifs, regardé les chemins possibles. La réussite demande d’être réaliste et de ne viser que quelques cibles cohérentes entre elles, à partir desquelles nous pourrons construire. Rêver, oui, mais se structurer, se discipliner. L’objectif est indissociable de son chemin.

    Peut-on rêver d’un monde plus écologique, par exemple, d’un mode de vie plus près de la nature ? Il faut planifier la transition après avoir conscientisé ce que l’on voulait modifier au départ, ce que l’on voulait quitter, ce qui nous causait du tort ou ce qui nous empêchait d’évoluer sainement.

    Jeune, je rêvais de la fin du capitalisme sans vraiment connaître son système rival, le communisme. Au fond, j’espérais un système plus humain, plus sensible à ma réalité. Comment est-il possible de rendre le système capitaliste plus humain, plus respectueux de la nature humaine ?

    Avec les années, j’ai appris à fonctionner dans ce système, ce qui ne m’empêche pas de militer pour qu’il devienne plus humain.

    MAJ 4 mars 2026


    Starting from scratch

    How many times have you tried to start your life over? Or have you changed your field of study? Your job? A divorce, perhaps?

    If you made the choice to leave, you had probably already begun the mourning of your daily life, of your habits. Unless a new reality was imposed upon you, or the choice was made on a whim, without preparation, without even anticipating the grief. In that case, you were caught off guard by the magnitude of the wave.

    Regardless, sooner or later, you realized that you were facing similar problems—that running away was futile. What we flee from catches up to us. It is a universal reality. The form of the problem may change, but the core remains until a solution is found, until the mourning is finalized. As they say: « until the lesson is learned. »

    Whether we like it or not, novelty is always rooted in the past, which serves as its foundation. The stages of grief will be lived through; however, the essence will remain. Newness is born from mourning while preserving what is essential. This is a profoundly human process.

    It is an illusion to think one can start from zero, or even that one has built oneself alone. This new life certainly required great effort, but the transition called upon both the past and the future, both solitude and a new inner circle.

    You determined objectives; you looked at possible paths. Success requires being realistic and aiming only for a few coherent targets upon which to build. To dream, yes—but to structure oneself, to remain disciplined. The objective is inseparable from the path taken to reach it.

    Can we dream of a more ecological world, for example, of a lifestyle closer to nature? We must plan the transition after becoming conscious of what we wanted to change in the first place, what we wanted to leave behind, what was harming us or preventing us from evolving in a healthy way.

    When I was young, I dreamed of the end of capitalism without really knowing its rival system, communism. Deep down, I was hoping for a more human system, one more sensitive to my reality. How is it possible to make the capitalist system more human, more respectful of human nature?

    Over the years, I have learned to function within this system, which does not stop me from advocating for it to become more human.

    Updated March 4, 2026

  • L’image

    L’image

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    L’image

    Comment élabore-t-on l’image que l’on a d’une personne, d’une communauté, d’une société ? Tout se jouerait dans la première impression. Il semble que notre cerveau capte un ensemble d’informations au sujet de notre nouveau contact : l’apparence physique, l’habillement, le comportement, la façon de communiquer, le propos, l’environnement, etc. Dans ce lot de données reçues plus ou moins consciemment, nous filtrons celles avec lesquelles nous sommes le plus habitués, me semble-t-il, celles pour lesquelles il y a déjà eu un traitement auparavant. Cette image peut aussi découler d’une éducation où le chemin a été répété à maintes reprises.

    Nous faisons une sorte de généralisation pour nous situer dans cette nouvelle relation, cette nouvelle réalité. Nous cherchons des repères. L’incompréhension n’est pas vraiment permise, sinon en termes de « spécial » ou de maladie mentale. L’incompréhension doit être jugée, apparemment. Il faut la justifier. Auparavant, pour diaboliser l’Autre — l’Ennemi, puisque nous étions au temps des conquêtes —, nous disions « les Barbares », « les Sauvages », « les Sorcières », pour nous différencier de celui qu’on cherchait à soumettre. L’interprétation était dictée par une volonté de supériorité. Pourrait-on vraiment soumettre quelqu’un que l’on considère comme notre égal, notre ami ?

    C’est ainsi qu’on démonise l’ennemi, qu’on l’affaiblit à nos yeux et aux siens, qu’on lui enlève de la valeur. On lui refuse une distinction hors de notre cadre, hors de ce qu’on lui a permis dans notre esprit. L’Autre n’est plus un humain à proprement parler. Il n’a pas la même valeur que soi ; il vaut moins. C’est une première blessure, et pas la moindre, puisque c’est elle qui permettra d’affaiblir psychologiquement l’ennemi tout en donnant le courage aux troupes de combattre ces « moins que rien ».

    Le préjugé devient une arme de guerre, une arme de destruction massive. Détruire la force mentale de l’adversaire pour miner son courage.

    Quelle réponse peut-on avoir face à une telle attaque ? Spontanément, on se défend. On nie être un minable, on affirme notre valeur. Quelquefois, cela sonne creux, simplement parce que nous entretenons tous un doute sur nous-mêmes. Personne n’est parfait et chacun croit que tous voient notre faiblesse ou notre différence comme si l’on se limitait à cet aspect. Au fond, nous sommes divisés en nous-mêmes et l’attaque sème un doute qui fera son chemin.

    Il faudra retourner à nos sources, redevenir un enfant — comme je le disais dans des textes précédents — et se relever à force d’amour pour soi. La colère fera place à la fierté. La réflexion sur qui nous sommes, sur nos motivations et sur notre façon d’exprimer nos intentions permettra de dépasser et de combattre ces préjugés. La réflexion donne de la profondeur.

    Quelle image est-ce que je laisse à quelqu’un lorsque je le rencontre pour la première fois ? Est-ce que je me présente comme lui étant supérieur ? Est-ce que je lui impose ma vision supérieure ? Pourquoi me sentirais-je inférieur ? Comment un être humain peut-il avoir moins de valeur qu’un autre ? Il y a encore tant de questions à se poser.

    Lectures complémentaires 

    Première impression

    Généralisation

    Stéréotype

    MAJ 4 mars 2026


    The Image

    How do we develop the image we have of a person, a community, or a society? It seems everything is decided in the first impression. Our brain appears to capture a set of information about our new contact: physical appearance, clothing, behavior, communication style, speech, environment, etc. Within this batch of data received more or less consciously, we seem to filter for what we are most accustomed to—those elements for which there has already been prior processing. This image can also stem from an upbringing where the path has been repeated time and again.

    We engage in a kind of generalization to orient ourselves within this new relationship, this new reality. We seek landmarks. Incomprehension is not truly permitted, except in terms of being « special » or « mentally ill. » Incomprehension must be judged, apparently. It must be justified. In the past, to demonize the Other—the Enemy, since we were in an era of conquest—we said « Barbarians, » « Savages, » « Witches, » to differentiate ourselves from those we sought to subdue. Interpretation was dictated by a will for superiority. Could one truly subdue someone considered an equal, a friend?

    This is how the enemy is demonized, weakened in our eyes and their own, stripped of value. We deny them a distinction outside of our framework, outside of what we have allowed them within our minds. The Other is no longer a human being, strictly speaking. They do not have the same value as oneself; they are worth less. This is a first wound, and a significant one, as it is what allows for the psychological weakening of the enemy while giving troops the courage to fight these « good-for-nothings. »

    Prejudice becomes a weapon of war, a weapon of mass destruction. To destroy the opponent’s mental strength to undermine their courage.

    What response can one have to such an attack? Spontaneously, we defend ourselves. We deny being pathetic; we assert our worth. Sometimes, this rings hollow, simply because we all harbor doubts about ourselves. No one is perfect, and everyone believes that others see our weakness or our difference as if we were limited to that single aspect. Deep down, we are divided within ourselves, and the attack sows a doubt that will find its way.

    We must return to our sources, become a child again—as I mentioned in previous texts—and rise through self-love. Anger will give way to pride. Reflection on who we are, our motivations, and how we express our intentions will allow us to transcend and combat these prejudices. Reflection provides depth.

    What image do I leave with someone when I meet them for the first time? Do I present myself as superior? Do I impose my superior vision? Why would I feel inferior? How can one human being have less value than another? There are still so many questions to ask.

    Updated March 4, 2026

  • Se relever

    Se relever

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    Se relever

    Ce film est un documentaire uniquement en anglais ; pas de traduction n’est disponible sur Netflix. On y voit Beyoncé en spectacle dans des chorégraphies incroyables, incluant l’orchestre. Les costumes ne sont pas en reste. On découvre les circonstances de sa production et on y communique le cheminement nécessaire, la discipline, pour sa réalisation. D’emblée, je dis que j’ai adoré ce film. Voici la réflexion qu’il m’a inspirée.

    On fait notre petite vie et, dans l’ensemble, tout va bien jusqu’à ce qu’une tempête arrive. Notre univers est renversé. Peu à peu, on se rend compte que nos rêves et nos croyances sont confrontés à une nouvelle réalité où ils n’ont plus de sens. La panique s’installe au fur et à mesure que l’on voit disparaître nos espoirs, notre raison de vivre.

    Un processus de deuil s’enclenchera. Cela peut prendre du temps. La tempête doit se calmer d’abord. Il faut prendre conscience de notre désespoir, de la raison de notre colère aussi. Que ce soit pour une personne, une communauté ou une société, ce vécu et cette réaction sont légitimes, même si on peut ne pas s’y reconnaître. Notre univers a changé et nous a mis face à notre impuissance.

    C’est le temps de faire le tour de notre nouvelle réalité. C’est le temps aussi de se connecter à nos origines, de connaître d’où l’on vient et de comprendre les changements survenus.

    À nouveau, on peut vivre beaucoup de colère. C’est sain d’en prendre conscience, de nommer les injustices et les séquelles. Peu à peu, on apprendra à mieux communiquer notre parcours, nos erreurs, les injustices subies et les sacrifices concédés. La colère fera place à autre chose. Tout n’est pas négatif.

    Ultimement, on apprend à s’aimer dans ce processus de réappropriation de notre histoire. Qu’est-ce qui me ressemble, qu’est-ce qui est différent de moi ? Qu’est-ce qui fait partie de moi, bon gré mal gré, de mon peuple, de ma culture ?

    La colère aura fait place à l’amour de soi, puis une fierté en découlera éventuellement. La fierté d’avoir fait face à la tempête, d’être encore en vie, d’avoir assumé cette perte de nos espoirs, d’avoir eu le courage de traverser ce qui est souvent horrible.

    Un nouveau bilan devra se faire. Qui suis-je devenu ? Comment puis-je me consolider ? Comment puis-je vivre en paix avec moi-même et avec ma nouvelle réalité ? Sainement.

    C’est un temps nouveau. Il faut regarder vers l’avenir, avoir une nouvelle vision. Cela ne peut être la même que celle de nos ancêtres ; tout a changé. La tempête, voire les orages successifs, a établi une nouvelle réalité. Mais on peut être en harmonie avec nos origines tout en étant différent. Il faut trouver l’essentiel.

    En fait, c’est le temps de se consolider, de se rebâtir. Différemment.

    MAJ 4 mars 2026


    Rising Up

    This film is a documentary available only in English; no translation is available on Netflix (Homecoming). We see Beyoncé performing with incredible choreography, including a full orchestra. The costumes are equally impressive. We discover the circumstances of its production, and it communicates the necessary journey—the discipline—required for its realization. From the start, I must say I loved this film. Here is the reflection it inspired in me.

    We go about our little lives and, for the most part, everything is fine until a storm arrives. Our universe is overturned. Little by little, we realize that our dreams and beliefs are confronted with a new reality where they no longer make sense. Panic sets in as we watch our hopes and our reason for living disappear.

    A mourning process will begin. This can take time. The storm must first subside. We must become aware of our despair, and the reason for our anger as well. Whether for an individual, a community, or a society, this experience and this reaction are legitimate, even if we might not recognize ourselves in them. Our universe has changed and brought us face-to-face with our helplessness.

    It is time to take stock of our new reality. It is also time to connect with our origins, to know where we come from and to understand the changes that have occurred.

    Once again, we may experience a great deal of anger. It is healthy to be aware of it, to name the injustices and the after-effects. Gradually, we will learn to better communicate our journey, our mistakes, the injustices endured, and the sacrifices made. Anger will give way to something else. Not everything is negative.

    Ultimately, we learn to love ourselves through this process of reclaiming our story. What resembles me, what is different from me? What is part of me, for better or worse—of my people, of my culture?

    Anger will have given way to self-love, and then pride will eventually follow. The pride of having faced the storm, of still being alive, of having accepted the loss of our hopes, of having had the courage to go through what is often horrific.

    A new assessment must be made. Who have I become? How can I consolidate myself? How can I live in peace with myself and with my new reality? Healthily.

    It is a new time. We must look toward the future, have a new vision. It cannot be the same as that of our ancestors; everything has changed. The storm—even successive storms—has established a new reality. But we can be in harmony with our origins while being different. We must find the essential.

    In fact, it is time to consolidate, to rebuild. Differently.

    Updated March 4, 2026

  • Le règne de la terreur

    Le règne de la terreur

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    Le règne de la terreur

    Définition de « terreur » d’après le Larousse :

    • Peur violente qui paralyse : Un cataclysme qui provoque la terreur de la population.
    • Pratique systématique de violences, de crimes en vue d’imposer un pouvoir : Un dictateur qui ne se maintient que par la terreur.
    • Personne ou chose qui inspire une grande peur, qui effraie : Ce garçon est la terreur du quartier.

    On voit de plus en plus de menaces, entre autres sur les réseaux sociaux et dans les manifestations : menaces de jugement (raciste, ignorant, malade mental, menteur ou « fake news », etc.). Cela fait des années que ça dure. Que ce soit une allusion à une origine ou à une autre distinction, l’accusation de racisme ressort inévitablement. Cette fameuse peur alléguée de l’autre, comme si c’était la seule et unique explication possible. Ces accusations font un mal considérable ; elles sont une atteinte à l’intégrité psychique de la personne visée ou d’une population.

    Accuser tous et chacun d’être raciste, par exemple, banalise le racisme et il devient alors très difficile d’identifier et de combattre le vrai racisme. La dénonciation perd de son sens, peut-être même complètement. Cela cause un tort immense à toute la société.

    Initialement, la peur de l’inconnu est un système de défense bien établi dans la nature. Elle permet de se protéger des prédateurs ; c’est l’instinct de survie. C’est très positif, et tout animal, incluant l’humain, me semble-t-il, est habité par cet instinct.

    Dans d’autres cas, une personne peut mal s’exprimer. Le concept qu’elle tente de défendre n’est peut-être pas suffisamment clair ou réfléchi, ce qui peut entraîner un mauvais choix de mots. Ou encore, la personne a vécu une expérience spécifique ou a entendu une opinion et, voilà qu’elle généralise : ils sont tous gentils, ils sont tous méchants… Il y a des préjugés, de part et d’autre.

    Souvent, lorsqu’on est bien intentionné, il suffit de prendre le temps de s’apprivoiser l’un l’autre. Mais attention, pour l’un comme pour l’autre : « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

    Mais qu’est-ce qui peut motiver quelqu’un à proférer par Internet une menace de viol ? Ici, la ligne est dépassée depuis un moment. Comment quelqu’un peut-il justifier de faire vivre à autrui la peur incessante du viol ? C’est clairement vouloir instaurer un régime de terreur. Menacer quelqu’un de le déposséder de son corps, de se servir de celui-ci comme réceptacle de haine. Quelle honte !

    Menace d’atteinte à l’intégrité physique et menace de mort parce que l’opinion de l’autre ne convient pas. Cela signifie aussi que la personne visée vit avec la peur continue d’aller en public, avec la peur que l’inconnu qui l’a menacée décide à tout moment de passer à l’acte. Cela peut arriver n’importe quand. Bien sûr que cela fait du mal : la personne se voit attaquée ou mourir plusieurs fois par jour. Menacer est criminel.

    Le régime de terreur vise à soumettre une personne ou une population. C’est une tactique militaire qui vise à faire croire à l’impuissance et à l’inutilité de se rebeller. La victime deviendra manipulable, docile. Terrorisée, la personne ou la population n’a plus de résistance.

    *Source de la définition de terreur : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/terreur/77456

    **Le Petit PrinceAntoine de Saint-Exupéry.

    MAJ 4 mars 2026


    The Reign of Terror

    Definition of « terror » according to Larousse:

    1. Violent, paralyzing fear: A cataclysm causing terror in the population.
    2. Systematic practice of violence and crime to impose power: A dictator maintaining rule only through terror.
    3. A person or thing that inspires great fear, that frightens: This boy is the terror of the neighborhood.

    We see more and more threats, notably on social media and in protests: threats of judgment (racist, ignorant, mentally ill, liar or « fake news, » etc.). This has been going on for years. Whether it is an allusion to an origin or any other distinction, the accusation of racism inevitably resurfaces. This famous alleged fear of the « other, » as if it were the one and only possible explanation. These accusations cause considerable harm; they are an attack on the psychological integrity of the targeted individual or population.

    Accusing everyone of being racist, for example, trivializes racism, making it very difficult to identify and combat true racism. Denunciation loses its meaning, perhaps even entirely. This causes immense harm to society as a whole.

    Initially, fear of the unknown is a well-established defense system in nature. It allows for protection against predators; it is the survival instinct. This is very positive, and every animal, including humans, it seems to me, is inhabited by this instinct.

    In other cases, a person may express themselves poorly. The concept they are trying to defend may not be clear or well-thought-out enough, which can lead to a poor choice of words. Or, the person has had a specific experience or heard an opinion and begins to generalize: they are all kind, they are all mean… There are prejudices on both sides.

    Often, when intentions are good, all it takes is time to tame one another. But beware, for one as for the other: « You become responsible, forever, for what you have tamed. »

    But what can motivate someone to issue a rape threat over the Internet? Here, the line was crossed long ago. How can anyone justify forcing another to live in the incessant fear of rape? It is clearly a desire to establish a reign of terror. Threatening to dispossess someone of their body, to use it as a vessel for hatred. What a shame!

    Threats of physical harm and death threats because another’s opinion is inconvenient. This also means the targeted person lives with the continuous fear of going out in public, fearing that the stranger who threatened them might decide to act at any moment. It can happen anytime. Of course, it causes harm: the person sees themselves being attacked or dying several times a day. Threatening is criminal.

    A reign of terror aims to subdue a person or a population. It is a military tactic designed to foster a belief in helplessness and the futility of rebellion. The victim becomes manipulable, docile. Terrorized, the person or the population has no resistance left.

    *Source for the definition of « terror »: https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/terreur/77456

    ** The Little Prince, Antoine de Saint-Exupéry.

    Updated March 4, 2026

  • De bonne foi

    De bonne foi

    English Version Below

    De bonne foi

    L’autre rive

    La méchanceté

    À partir de quel moment quelqu’un devient-il méchant ? Quand pouvons-nous le condamner ? Mais aussi, où tracer la ligne entre la conséquence d’une erreur, d’un acte méchant, d’un comportement répétitif, nocif et volontaire ? Quelqu’un qui partage sans cesse la même vision est-il méchant ou se sent-il incompris ?

    Comment y répondre ? Est-ce que la conséquence peut devenir elle-même un acte de méchanceté ? À quelqu’un qui répète sa vision, doit-on lui rappeler sans cesse la nôtre ? Est-ce du harcèlement, d’un côté ou de l’autre ?

    Je n’ai évidemment pas de réponse ; c’est un peu à chacun de faire son examen de conscience. Néanmoins, en société et sur les réseaux sociaux, on se questionne de plus en plus ouvertement sur le manque de règles sociales, tant pour évaluer le comportement que pour y répondre.

    Faux diagnostics J’utilise cette drôle d’expression sur les réseaux sociaux. Je me réfère à une autre, couramment utilisée : « faux positif », pour dire que le résultat d’un test médical donne faussement un résultat positif. Des indicateurs sont activés et le résultat sort positif, mais il est quelquefois erroné pour différentes raisons.

    En psychiatrie, en psychologie ou en neuropsychologie, par exemple, il y a aussi des grilles d’évaluation pour identifier différentes maladies mentales, troubles psychologiques ou troubles du développement. Peu importe la cause, il existe de faux diagnostics.

    Comment s’assure-t-on que le diagnostic est le bon ? Comment fait-on le ménage dans son dossier médical pour faire enlever ces mauvais diagnostics quand cela fait cinq ans qu’on nous traite pour la mauvaise maladie ? Qui sera responsable d’avoir peut-être brisé la vie d’un patient ou d’un client, de l’avoir emprisonné dans une fausseté ? A-t-on vraiment le droit de laisser planer un doute sur la santé mentale d’un être humain en prétextant le droit à une opinion professionnelle ? De bonne foi ? Ce ne serait pas moral de le faire pour une maladie physique. Où est la responsabilité de ces professionnels ?

    « Fake news » Il a suffi que quelqu’un lise, dans mon profil, que j’étais journaliste pour qu’il crie à la « fake news » dans le but de me discréditer. Nous avions un désaccord aucunement lié au journalisme, mais sur le sens de ses affirmations à lui et de leurs implications.

    Pour d’autres, il suffit de voir que je suis un Blanc, un homme, un autiste, un souverainiste, etc. N’importe quoi sert de prétexte pour détruire l’adversaire. Mais pourquoi vouloir anéantir son adversaire ? À quel besoin cela répond-il ?

    Tous et chacun, développons notre sens critique. Orientons-nous vers une solution en prenant connaissance du passé, en tirant des leçons des épreuves vécues.

    (Lecture suggérée sur le développement du sens critique : Améliorer son esprit critique)

    Le combat « Ne fais pas à ton ennemi tout le mal que tu pourrais lui faire, parce qu’il peut devenir ton ami. » (Proverbe)

    Dans la mesure où les Québécois forment un peuple, que tous sont citoyens, est-ce judicieux d’écraser son adversaire ? Lorsqu’on garde à l’esprit que l’adversaire est un allié potentiel, peu importe ce qui semble nous séparer, on ne combat pas de la même façon. Le débat est plus nuancé.

    Dans L’art de la guerre, Sun Tzu dit : « En règle générale, il est préférable de préserver un pays plutôt que de le détruire, un corps d’armée plutôt que de le détruire, un bataillon plutôt que de le détruire, une escouade plutôt que de la détruire, une brigade plutôt que de la détruire. »

    Les opinions opposées peuvent nous dévoiler nos erreurs, nos oublis. L’erreur est humaine. Notre devoir est d’avancer, de se perfectionner, de se dépasser. Individuellement et comme collectivité.

    MAJ 4 mars 2026


    In Good Faith

    The Other Shore

    Malice

    At what point does someone become malicious? When can we condemn them? And where do we draw the line between the consequence of an error, a mean act, and repetitive, harmful, willful behavior? Is someone who constantly shares the same vision malicious, or do they simply feel misunderstood?

    How do we answer this? Can the consequence itself become an act of malice? Should we constantly remind someone who repeats their vision of our own? Is it harassment, on one side or the other?

    I obviously have no answer; it is up to each individual to examine their conscience. Nevertheless, in society and on social media, there are increasingly open questions about the lack of social rules, both for evaluating behavior and for responding to it.

    False Diagnostics I use this odd expression on social media. I am referring to another commonly used term: « false positive, » meaning a medical test result that falsely indicates a positive result. Indicators are triggered, and the result comes out positive, but it is sometimes erroneous for various reasons.

    In psychiatry, psychology, or neuropsychology, for instance, there are also assessment grids to identify various mental illnesses, psychological disorders, or developmental disorders. Regardless of the cause, false diagnostics exist.

    How do we ensure a diagnosis is correct? How do we clean up a medical file to remove these incorrect diagnoses when we have been treated for the wrong illness for five years? Who will be responsible for perhaps shattering a patient’s or client’s life, for imprisoning them in a falsehood? Do we truly have the right to let a doubt linger regarding a human being’s mental health under the guise of a professional opinion? In good faith? It would not be moral to do so for a physical illness. Where is the responsibility of these professionals?

    « Fake News » It only took someone reading in my profile that I was a journalist for them to cry « fake news » in an attempt to discredit me. We had a disagreement entirely unrelated to journalism, but rather on the meaning of their own assertions and their implications.

    For others, it is enough to see that I am white, a man, autistic, a sovereignist, etc. Anything serves as a pretext to destroy the opponent. But why wish to annihilate one’s adversary? What need does that fulfill?

    Let us all develop our critical thinking. Let us move toward a solution by learning from the past and drawing lessons from the trials we have lived through.

    (Suggested reading on developing critical thinking: Improving one’s critical spirit)

    The Combat « Do not do to your enemy all the evil you could do to them, because they may become your friend. » (Proverb)

    Since Quebecers form a people and all are citizens, is it wise to crush one’s opponent? When we keep in mind that the adversary is a potential ally, regardless of what seems to divide us, we do not fight in the same way. The debate becomes more nuanced.

    In The Art of War, Sun Tzu says: « In general, it is better to preserve a country than to destroy it, an army corps rather than to destroy it, a battalion rather than to destroy it, a squad rather than to destroy it, a brigade rather than to destroy it. »

    Opposing opinions can reveal our errors and omissions. To err is human. Our duty is to move forward, to refine ourselves, to surpass ourselves. Individually and as a collective.

    Updated March 4, 2026

  • Le débat

    Le débat

    Le débat

    English version below


    Cela fait quelques débats que nous tenons sur le thème de la laïcité, à moins que ce ne soit toujours le même qui perdure sans fin. Qu’importe le thème, un débat a la plupart du temps une structure commune. Chaque camp fait valoir ses arguments pour influencer les autres. Le gouvernement se doit de trancher pour y mettre fin. Le statu quo gagne lorsqu’il n’y a pas de décision. Ne rien faire ne signifie pas qu’il n’y a pas de choix.

    Peu importe la décision, il y aura des mécontents. Il y a des passionnés de toute part et, finalement, leurs réactions font peur. Quel climat s’installera lorsqu’un gouvernement ira de l’avant avec son orientation privilégiée ?

    Qu’est-ce que débattre ? Le débat est une discussion où chacun fait valoir son point de vue dans le but de convaincre un maximum de personnes, sinon son interlocuteur. Mais plus encore, c’est la qualité des arguments qui va faire réfléchir, qui pourra amener un autre regard sur la situation. Grâce à des visions opposées, le débat s’enrichira.

    Pour ce faire, il faut trouver les arguments qui font que l’on décide de regarder la situation de telle façon. Parce qu’il y en a. Cela peut être pour des raisons inconscientes, mais elles sont là. Donc, dans un premier temps, on se fait une idée sur un sujet — normalement, c’est une hypothèse — on l’appuie avec ces arguments conscientisés et on les partage dans le débat. Chaque camp fait de même ; il se prépare.

    La confrontation des arguments opposés peut amener à invalider certains d’entre eux. Ce n’est pas un mal : cela permet au débat d’avancer avec une plus grande qualité. Ensuite, les arguments qui demeurent seront sûrement nuancés pour englober le plus possible le point de vue de l’autre, de celui qui s’oppose. Cela veut dire que l’on a écouté la position adverse, qu’on y a réfléchi et qu’on la comprend. Ce processus se répète à de multiples reprises pour en arriver à un consensus élargi. C’est à ce moment que l’on met un terme à la discussion, au débat.

    Mais il y a des risques de dérapage lorsque nous utilisons des termes toxiques et irresponsables. Insérer dans la discussion des images qui conduisent le débat sur un autre terrain — un terrain où la violence existe, par exemple — est irresponsable puisque cela ouvre un chemin, cela fait craindre le pire et des réactions peuvent s’ensuivre. Les mots ont une portée, des conséquences. Faire peur, intimider ou insulter, plus ou moins clairement, ne sont pas non plus des arguments de qualité.

    Il faut donc comprendre et travailler sur la qualité de nos arguments. Cela ne peut être qu’une question d’image, d’émotion ou de vague impression. C’est le devoir de chacun d’enrichir le débat, d’ajouter de réels arguments dans le but ultime d’engendrer le plus grand consensus possible, le plus sain possible. Le but n’est pas d’avoir raison, mais de trouver la meilleure solution possible.

    MAJ 5 mars 2026


    The Debate

    We have held several debates on the theme of secularism, or perhaps it is always the same one that persists endlessly. Regardless of the theme, a debate usually follows a common structure. Each side puts forward its arguments to influence others. The government must eventually decide in order to bring it to a close. The status quo wins when no decision is made. Doing nothing does not mean that no choice has been made.

    Regardless of the decision, there will be those who are dissatisfied. There are passionate people on all sides, and ultimately, their reactions are frightening. What kind of climate will settle in when a government moves forward with its preferred direction?

    What does it mean to debate? A debate is a discussion where everyone puts forward their point of view with the aim of convincing as many people as possible, if not their direct interlocutor. But even more so, it is the quality of the arguments that prompts reflection, that can bring a different perspective to the situation. Through opposing visions, the debate is enriched.

    To do this, one must find the arguments that lead to deciding to look at the situation in a certain way. Because they exist. They may stem from unconscious reasons, but they are there. So, first, we form an idea on a subject—usually a hypothesis—we support it with conscious arguments, and we share them in the debate. Each side does the same; they prepare.

    The confrontation of opposing arguments can lead to the invalidation of some of them. This is not a bad thing: it allows the debate to move forward with higher quality. Then, the remaining arguments will likely be nuanced to encompass as much as possible the point of view of the other, of the one who opposes. This means that we have listened to the opposing position, reflected on it, and understood it. This process repeats multiple times to arrive at a broad consensus. That is the moment when the discussion, the debate, is concluded.

    However, there are risks of things going off the rails when we use toxic and irresponsible terms. Inserting images into the discussion that lead the debate into another territory—a territory where violence exists, for example—is irresponsible because it opens a path; it sparks fear of the worst, and reactions may follow. Words have reach, and they have consequences. Spreading fear, intimidating, or insulting, whether overtly or subtly, are not quality arguments either.

    We must therefore understand and work on the quality of our arguments. It cannot merely be a matter of image, emotion, or vague impression. It is everyone’s duty to enrich the debate, to add real arguments with the ultimate goal of generating the largest and healthiest consensus possible. The goal is not to be right, but to find the best possible solution.

    Updated March 5, 2026

  • Le rêve

    Le rêve

    Le rêve

    English version below


    Peu importe le parti politique, finalement, ce qui est vendu est du rêve. Tout le monde souhaite une vie meilleure, une vie avec moins de fardeaux. Que ce soit à travers un projet collectif ou grâce à une offre précise à une clientèle dont on fait partie, l’esprit se libère dans le rêve. Temporairement, c’est de l’évasion.

    Dans le Larousse, on peut lire : « Littéraire. Se représenter par l’imagination ce qu’on souhaite d’une manière plus ou moins chimérique : Rêver pour les siens un avenir merveilleux. » C’est un peu comme lorsque nous parlons de promesses électorales. C’est un peu amusant, un peu frustrant. Au réveil, on se rend compte qu’il y aura du travail à faire pour que cela se réalise, quand on ne se dit pas que ce n’était qu’un rêve.

    Faire rêver le citoyen grâce à un programme et à des promesses : je veux bien, mais comment ? Est-ce un programme réaliste ? Sera-t-il lu et compris ? Qui l’analysera et le commentera ?

    D’une part, les programmes ont-ils l’attrait d’être lus ? Selon moi, la forme des programmes électoraux est déficiente ; elle n’offre pas clairement une vision d’ensemble et sa lecture ressemble à celle d’une liste d’épicerie. Le programme devrait faire rêver, me semble-t-il.

    Justement, il faut aussi faire rêver le journaliste et l’analyste grâce à des débats, des discussions, mais aussi des mises en scène honnêtes et pédagogiques. Il est possible de planifier des débats sains.

    Je crois qu’il y a un avantage à voir le journaliste comme un allié, comme un professionnel de l’information qui raconte sa vision. L’important est de permettre de simplement distinguer l’opinion de l’information. Je crois que la plupart sont prêts à discuter de leurs points de vue, à en débattre. Nul besoin de faire changer d’idée qui que ce soit, il suffit de faire valoir les bons points. Cela enrichit la discussion.

    Je parle surtout des réseaux sociaux, car c’est là que je suis le plus présent. Je vois le cynisme de la population qui découle de promesses irréalistes, de promesses qui impliquent tellement de changements qu’elles ne pourront jamais se réaliser, ou de promesses trahies. Cela engendre frustration, colère et cynisme. Il est aussi de la responsabilité de tous de démasquer l’incohérence.

    Peu importe le palier de gouvernement, il faut déterminer le chemin pour atteindre la cible. Il y a toujours des obstacles, des imprévus. Néanmoins, en fixant l’objectif et en comprenant que des concessions seront à faire, l’avancement est possible. Le travail pour l’accomplissement est toujours requis.

    Passons de l’évasion à la réalisation. J’ai un beau rêve…

    MAJ 5 mars 2026


    The Dream

    Ultimately, regardless of the political party, what is being sold is a dream. Everyone desires a better life, a life with fewer burdens. Whether through a collective project or a specific offer to a group we belong to, the mind finds freedom in dreams. Temporarily, it is a form of escape.

    In the Larousse dictionary, we read: « Literary. To represent through the imagination what one desires in a more or less chimerical way: To dream of a wonderful future for one’s own. » This is much like when we talk about election promises. It is a bit amusing, a bit frustrating. Upon waking, we realize there will be work to do to make it happen—if we don’t simply tell ourselves it was only a dream.

    To make the citizen dream through a platform and promises: I am all for it, but how? Is the platform realistic? Will it be read and understood? Who will analyze and comment on it?

    On one hand, do platforms have the appeal to be read? In my opinion, the format of election platforms is deficient; it does not clearly offer a global vision, and reading them feels like looking at a grocery list. A platform should inspire dreams, it seems to me.

    Precisely, we must also inspire the journalist and the analyst through debates, discussions, but also through honest and pedagogical presentations. It is possible to plan healthy debates.

    I believe there is an advantage in seeing the journalist as an ally, as a professional of information who shares their vision. The important thing is to simply allow for a distinction between opinion and information. I believe most are ready to discuss their points of view, to debate them. There is no need to change anyone’s mind; it is enough to highlight valid points. This enriches the discussion.

    I am speaking primarily about social media, as that is where I am most present. I see the cynicism of the population stemming from unrealistic promises—promises that involve so much change they can never be fulfilled, or betrayed promises. This breeds frustration, anger, and cynicism. It is also everyone’s responsibility to unmask inconsistency.

    Regardless of the level of government, the path to the target must be determined. There are always obstacles and unforeseen events. Nevertheless, by setting the goal and understanding that concessions will have to be made, progress is possible. Work is always required for fulfillment.

    Let us move from escape to realization. I have a beautiful dream…

    Updated March 5, 2026

  • L’idéal et la colère

    L’idéal et la colère

    L’idéal et la colère

    English version below


    Sur Twitter, je suggérais qu’une des causes de la mauvaise presse du PQ était sa passion, à la fois belle et colérique.

    Cette armée de militants, d’indépendantistes, qui cherchent une terre à eux, qui se battent pour un lieu bien à eux : je trouve cela beau et attirant, comme beaucoup, comme peut-être plus de 50 % de la population. On aura compris que ce n’est pas cette beauté qui nuit au Parti Québécois.

    C’est plutôt la frustration de voir que l’indépendance n’est pas encore faite qui fait du tort ; le fait que ce ne soit pas comme souhaité, que l’idéal ne soit pas réalisé. C’est aussi l’attaque, quelquefois acharnée, de certains militants envers certaines personnes. Des commentaires où la colère transpire, où l’adversaire est déshumanisé.

    On retrouve cette façon de faire dans tous les partis politiques, surtout parmi les militants les plus passionnés. Toutefois, après 50 ans d’existence, le revers de la médaille commence à être connu et la réputation a pris le dessus. La colère est maintenant appréhendée.

    Leur adversaire a toujours été le Parti libéral du Québec (PLQ). Si l’on garde la même vision, on y voit aussi de la beauté et de la colère, mais sous une autre forme. Le PLQ se bat pour l’unité canadienne, un idéal attrayant. Par contre, la Confédération n’en est pas une, et c’est la crise d’un océan à l’autre. Un mirage, finalement, où personne ne trouve sa place.

    Tout militant indépendantiste qui cherche à prendre sa place au sein du Canada est visé avec colère. « Pourquoi aurait-il une place que nous-mêmes n’avons pas ? Comment se fait-il que celui-ci puisse ouvertement s’attaquer à notre unité canadienne ? C’est une trahison. » Et il est déshumanisé.

    Un nouvel adversaire du PQ est Québec solidaire (QS). Mais encore là, toujours sous ce même regard, on voit un bel idéal attirant — plusieurs idéaux, en fait — et une colère. Les idéaux des militants de QS tournent autour de la reconnaissance de l’être humain, de la nécessité de l’intégrer dans un système où il est devenu un objet, un dossier. « Être humain » est l’avenir.

    Mais un idéal sans compromis, intransigeant, conduit inévitablement à de la colère. Tout ce qui entrave la réalisation de ces idéaux, tout ce qui entrave l’être humain, doit disparaître. Tout. L’adversaire est déshumanisé.

    La Coalition avenir Québec (CAQ) me semble plus difficile à regarder sous cet angle. Il ne m’est pas aisé de définir simplement l’idéal visé. Peut-être un Québec autonome dans un Canada uni ? La position peut sembler conciliante et générer peu de colère. Il y a même des signes d’ouverture du « Reste du Canada ». Peut-être que finalement, avec les changements appropriés d’un peu tout le monde, chacun pourrait y avoir une place respectée.

    On ne peut qu’espérer que la CAQ continue de travailler positivement avec les autres partis politiques et trouve, dans l’essence des idéaux de chacun, un lieu commun.

    MAJ 5 mars 2026


    Ideal and Anger

    On Twitter, I suggested that one of the causes of the PQ’s bad press was its passion—at once beautiful and angry.

    This army of activists, of independence seekers, who search for a land of their own, who fight for a place truly theirs: I find this beautiful and attractive, as do many, perhaps more than 50% of the population. It is understood that it is not this beauty that harms the Parti Québécois.

    Rather, it is the frustration of seeing that independence is not yet achieved that causes harm; the fact that things are not as desired, that the ideal has not been realized. It is also the sometimes relentless attack by certain activists against specific individuals. Comments where anger seeps through, where the opponent is dehumanized.

    This way of operating is found in all political parties, especially among the most passionate activists. However, after 50 years of existence, the flip side of the coin has become well known, and reputation has taken over. Anger is now anticipated.

    Their adversary has always been the Quebec Liberal Party (PLQ). If we maintain the same perspective, we also see beauty and anger there, but in a different form. The PLQ fights for Canadian unity, an attractive ideal. On the other hand, the Confederation is not truly one, and there is a crisis from coast to coast. A mirage, ultimately, where no one finds their place.

    Any independence activist seeking to take their place within Canada is targeted with anger. « Why should they have a place that we ourselves do not have? How is it that this person can openly attack our Canadian unity? It is a betrayal. » And they are dehumanized.

    A new adversary for the PQ is Québec Solidaire (QS). But here again, under this same gaze, we see a beautiful, attractive ideal—several ideals, in fact—and an anger. The ideals of QS activists revolve around the recognition of the human being, the necessity of integrating them into a system where they have become an object, a file. « Human being » is the future.

    But an ideal without compromise, uncompromising, inevitably leads to anger. Everything that hinders the realization of these ideals, everything that hinders the human being, must disappear. Everything. The opponent is dehumanized.

    The Coalition Avenir Québec (CAQ) seems more difficult to look at from this angle. It is not easy for me to simply define the targeted ideal. Perhaps an autonomous Quebec within a united Canada? The position may seem conciliatory and generate little anger. There are even signs of openness from the « Rest of Canada. » Perhaps, finally, with appropriate changes from everyone, each could have a respected place.

    One can only hope that the CAQ continues to work positively with other political parties and finds, within the essence of each person’s ideals, a common ground.

    Updated March 5, 2026

Longueuil, mon pays (Québec)

« Pédagogie et philosophie des enjeux de société par le prisme des TI. »