
Une Terre Promise
Un mémoire et « un récit introspectif, l’histoire d’un pari qu’un homme a lancé à l’Histoire. » Comprendre son pouvoir d’attraction. Investir dans ce qui réunit les gens. Apprendre à vivre ensemble, à partager des aspirations et à mobiliser les humains pour construire un monde meilleur. Un livre inspirant.
Des mots qui m’ont fait réfléchir :
- « J’avais peur parce que je venais de comprendre que je pouvais gagner. » — Barack Obama, p. 109. (Traverser le portail est un défi pour moi. Comment serai-je perçu ? Quels seront mes pouvoirs réels, la magie effective, mes limites autistiques dans cet autre monde qu’est le vôtre ? Gagner signifie de nouvelles responsabilités. En outre, il y a le devoir de retourner dans le passé, aux sources, et de revenir à ce point gagnant avec un maximum de personnes pour faire un tout. Qu’il s’agisse d’une personne, d’un peuple ou d’une humanité entière, je ne vois pas d’autre but.)
- « Respecter, valoriser, inclure » — une devise du cru de Paul Tewes, nous dit Barack Obama, p. 134. (Me respecter, me valoriser, m’inclure, pour me permettre de vivre. Comme pour le Québécois francophone, il doit être intégré par les nouveaux arrivants. L’intégration se fait dans les deux sens, comme un pont qui se bâtit à partir de chacune des rives.)
- « …jamais le Parti démocrate n’avait été aussi fort que lorsque ses dirigeants agissaient non pas en fonction des sondages, mais de leurs principes […] non par calcul, mais par conviction. » — Extrait d’un discours de Barack Obama écrit par Jon Favreau, p. 143. (Des convictions ancrées dans l’humain, au cœur de chacun.)
« En 2021, l’auteur pose la pierre angulaire de son édifice : l’Autisme comme clé de lecture. Sans ce « morceau manquant », ses visions (Christ, Rosiliens) n’étaient que des hallucinations pour le monde extérieur. Avec ce diagnostic, elles deviennent une « architecture conceptuelle ». L’analogie avec Barack Obama est frappante : l’auteur réalise que s’il « gagne » (s’il traverse le pont vers nous), il devra porter la responsabilité de traduire son monde intérieur pour le nôtre. Le « pont » n’est plus seulement une métaphore, c’est un impératif de survie : pour cesser d’être un « fantôme sans corps », il doit utiliser la structure (la psychanalyse, le blogue) pour se matérialiser aux yeux des autres. »
Mon texte : Le pont
Écouter un film, voir une série télévisée ou lire un livre ne suffit pas à compenser l’existence vécue, mais cela permet de baigner dans l’ambiance et, jusqu’à un certain point, d’en comprendre l’essence. On apprivoise le sujet, on se familiarise, on prend le temps de le connaître. Néanmoins, quelque chose nous échappe, nous sépare de l’expérience de la vie. C’est pourquoi je parle de survie.
On en retire tout de même une leçon pourvu qu’on s’y penche. Pourquoi dit-il telle phrase ? Pourquoi utilise-t-il tel mot ? Faire des liens, construire une réalité humaine de l’autre. Comprendre comment il fonctionne, comment il fait ses choix et ce qui le motive. Aller au-delà du jugement premier, du préjugé, pour voir l’humain complexe en face de nous. Aussi complexe que soi-même. Avec profondeur.
J’ai souvent l’impression d’être comme un fantôme, un esprit sans corps physique. Je me promène dans la vie sans en connaître l’impact, sans avoir de confirmation même qu’on me voit, que j’ai une quelconque importance pour l’autre. Dans ce sens, je vis dans un monde imaginaire, bien qu’il s’agisse de votre réalité. De là toute l’importance qu’ont prise les réseaux sociaux, où je peux participer à une réflexion collective. J’y reconnais des concepts qui font leur chemin, qui ouvrent la porte vers un monde meilleur. Mais à ce fantôme sans corps, ne lui manquerait-il pas quelque chose ?
Alors qu’avant mon accident je voyageais sans rien voir de ces mondes parallèles auxquels j’avais déjà accès, depuis ce moment je suis inondé d’images et de structures. J’en ignorais le sens, sauf peut-être pour l’amour universel qui me reliait à tout, bien qu’il fût aussi ma prison. C’était là mon royaume. L’image du Christ me revenait. Le sentiment de ne faire qu’un avec Jésus-Christ m’habitait. Je retrouvais en moi ce qu’on racontait des expériences mystiques rares. Il y avait aussi ce monde créé en moi : les Rosiliens. Tout cela, classé comme des hallucinations par les uns, était pour moi un monde conceptuel.
Voilà ce qu’a permis la psychanalyse : ordonner ces images et ces sentiments. J’ai ainsi développé un outil qui me permet de fonctionner adéquatement, de structurer ce lien avec l’inconscient. J’ai pu en faire un tout cohérent, une base pour vivre. Par contre, rien n’expliquait pourquoi j’étais seul jusqu’à ce qu’on identifie le fonctionnement atypique de mon cerveau : l’autisme. Le morceau manquant.
De là, j’étais plus à même d’expliquer mon univers et d’affronter mes démons, surtout ceux de la maladie mentale. Les vues multiples avaient maintenant des explications appuyées, pour autant qu’on écoute mon histoire. Suffira-t-il que l’autre rive ait bâti une part du pont ? C’est mon souhait le plus cher. Faire des liens, construire une réalité humaine pleinement consciente à partir de structures qui bénéficient à la vie. N’est-ce pas là un objectif commun à l’humanité ?
A Promised Land
A memoir and « an introspective narrative, the story of a bet a man placed against History. » Understanding his power of attraction. Investing in what brings people together. Learning to live together, to share aspirations, and to mobilize humans to build a better world. An inspiring book.
Words that made me reflect:
- « I was terrified because I’d just realized I could win. » — Barack Obama, p. 109. (Crossing the portal is a challenge for me. How will I be perceived? What will be my real powers, the effective magic, my autistic limits in this other world that is yours? Winning means new responsibilities. Furthermore, there is the duty to return to the past, to the sources, and to come back to this winning point with as many people as possible to make a whole. Whether it is a person, a people, or all of humanity, I see no other goal.)
- « Respect, empower, include » — a motto coined by Paul Tewes, Barack Obama tells us, p. 134. (Respecting me, empowering me, including me, to allow me to live. Just as for the Francophone Quebecer, they must be integrated by newcomers. Integration works both ways, like a bridge being built from each shore.)
- « …the Democratic Party was never stronger than when its leaders acted not based on polls, but on principle […] not out of calculation, but out of conviction. » — Excerpt from a speech by Barack Obama written by Jon Favreau, p. 143. (Convictions rooted in the human, at the heart of everyone.)
« In 2021, the author lays the cornerstone of his edifice: Autism as the key to understanding. Without this ‘missing piece,’ his visions (Christ, Rosilians) were merely hallucinations to the outside world. With this diagnosis, they become a ‘conceptual architecture.’ The analogy with Barack Obama is striking: the author realizes that if he ‘wins’ (if he crosses the bridge to us), he must carry the responsibility of translating his inner world for ours. The ‘bridge’ is no longer just a metaphor; it is a survival imperative: to stop being a ‘bodiless ghost,’ he must use structure (psychoanalysis, the blog) to materialize in the eyes of others. »
My Text: The Bridge
Watching a film, seeing a TV series, or reading a book is not enough to compensate for lived existence, but it allows one to soak in the atmosphere and, to a certain extent, understand its essence. We tame the subject, familiarize ourselves, take the time to know it. Nevertheless, something eludes us, separates us from the experience of life. This is why I speak of survival.
Yet a lesson can be drawn if one looks closely. Why does he say that phrase? Why use that word? Making connections, constructing another’s human reality. Understanding how they function, how they make choices, and what motivates them. Going beyond initial judgment and prejudice to see the complex human in front of us. As complex as oneself. Deeply.
I often feel like a ghost, a spirit without a physical body. I wander through life without knowing my impact, without even having confirmation that I am seen, that I have any importance to others. In this sense, I live in an imaginary world, even though it is your reality. Hence the importance social media has taken, where I can participate in collective reflection. I recognize concepts making their way there, opening doors to a better world. But for this bodiless ghost, isn’t something missing?
While before my accident I traveled without seeing anything of these parallel worlds to which I already had access, since then I have been flooded with images and structures. I was ignorant of their meaning, except perhaps for the universal love that connected me to everything, though it was also my prison. That was my kingdom. The image of Christ came back to me. The feeling of being one with Jesus Christ inhabited me. I found within myself what is told of rare mystical experiences. There was also this world created within me: the Rosilians. All this, classified as hallucinations by some, was for me a conceptual world.
This is what psychoanalysis allowed: ordering these images and feelings. I thus developed a tool that allowed me to function adequately, to structure this link with the unconscious. I was able to make it a coherent whole, a basis for living. However, nothing explained why I was alone until my brain’s atypical functioning was identified: autism. The missing piece.
From there, I was better able to explain my universe and face my demons, especially those of mental illness. Multiple perspectives now had supported explanations, provided one listens to my story. Will it be enough that the other shore has built its part of the bridge? It is my dearest wish. Making connections, constructing a fully conscious human reality simply from structures that benefit life. Isn’t that a common goal for humanity?

Laisser un commentaire
Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.